MARIE-MADELEINE, NON UNE PROSTITUÉE CONVERTIE, MAIS UNE INITIÉE ET UNE INITIATRICE

Beaucoup plus ancien en Orient, le culte de Marie-Madeleine s’est répandu en Occident depuis le XIe siècle.  Les exégètes chrétiens continuent à se demander s‘il faut lui attribuer ce que les évangélistes disent de Marie de Béthanie et d’une certaine pécheresse publique qui aurait oint la tête et les pieds de Jésus.  En effet, l’Évangile met en scène à trois reprises la dénommée Marie, sœur de Marthe et de Lazare, qui habitait Béthanie, en Judée.

Dans saint Luc (chapitre X), on la voit assise aux pieds du Maître pendant que Marthe, affairée, lui reproche de ne point se soucier du repas. (En passant, on célèbre sainte Marthe, patronne des hôteliers, dont on crut découvrir les reliques à Tarascon, en 1187, le 29 juillet de chaque année.)  Alors, celui-ci s’empresse de dire : «Marthe, Marthe, tu t’inquièteMaria-Magdalenas de bien des choses;  pourtant, une seule est nécessaire;  c’est Marie qui a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera pas enlevée.»  Dans les écrits de Jean (XI), on la voit reparaître tout au long du chapitre qui narre la résurrection de Lazare.  Enfin, d’après Marc XIV), Matthieu (XXVI) et Jean (XII),  on la retrouve avec Marthe et Lazare, à un repas qu’offrit Simon le Lépreux en l’honneur de Jésus.  Ce jour-là, elle répandit une livre de nard sur le corps du Maître bien-aimé, ce qui suscita la réprobation de Judas qui s’exclama : «Pourquoi ne pas avoir vendu ce parfum trois cents deniers et les donner aux pauvres?»  Et Jésus de rétorquer : «Laissez-la, vous ne manquerez jamais de pauvres, tandis que moi, vous ne m’aurez pas toujours.»

Sans la nommer, l’Évangile (Luc VII) rapporte ailleurs une pécheresse publique qui, chez Simon le Pharisien, vient s’agenouiller devant le Seigneur, oignant ses pieds de parfum, les couvrant de larmes et de baisers, et les essuyant avec ses cheveux.  Au pharisien scandalisé, Jésus déclara : «Ses nombreux péchés lui sont pardonnés, et cela parce qu’elle a beaucoup aimé.»  Puis il congédia la dame en lui disant : «Va en paix, tes fautes te sont remises.»  Enfin, l’Évangile parle encore d’une femme de Judée, nommée Marie-Madeleine ou Marie de Magdala, en ces termes : «Elle était de ces quelques femmes que Jésus avait délivrées d’esprits malins… et qui, depuis, le suivaient en l’assistant de leurs biens.»  Pour sa part, elle aurait été «délivrée de sept démons», ce qui ne signifie en rien qu’elle eût été pécheresse puisque la possession diabolique n’implique aucunement, pour les Juifs et les Chrétiens,  l’état de péché.  La spiritualité véritable ne pourrait être de cet avis.

Quoi qu’il en soit, on signale encore sa présence dans l’Évangile (Mathieu XVIII;  Marc, XVI;  Luc XXIV;  Jean XX).  On la retrouve notamment au Calvaire, observant de loin le supplice de Jésus.  Puis, elle assiste à la mise au tombeau de son corps, revenant au sépulcre le dimanche, avant l’aube.  Elle devient le premier témoin de la résurrection du Maître qui la charge d’annoncer son triomphe sur la mort aux disciples.  Alors, Jésus lui cria : «Marie! Et elle, s’étant retournée s’exclama : Rabboni! c’est-à-dire : Maître!»  Jésus ajouta : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père.  Mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et le vôtre, vers mon Dieu et votre Dieu.

L’Église d’Orient interprète les différentes apparitions de cette femme dans le Nouveau Testament de manière différente que l’Église d’Occident, celle de la Papauté, qui y voient trois personnages distincts : Marie-Madeleine, Marie de Magdala et Marie de Béthanie.  Dans ce contexte, Marie-Madeleine, qui est entrée si profondément dans l’intimité de Jésus, ne serait pas nécessairement une ancienne pécheresse.  Et c’est précisément l’avis de la spiritualité ésotérique, qui voit en elle la parèdre de Jésus et qui lui attribue un Évangile apocryphe, évidemment non reconnu par les diverses églises chrétiennes.

Du reste, dans cette conception métaphysique, tout le mal qui a été dit de cette femme sublime relèverait de falsifications tardives de l’Empereur romain Constantin qui fit du Christianisme la religion d’État de son royaume.  Il faut savoir que Constantin, le véritable inspirateur de l’Évangile, a fait rédiger le «Nouveau Testament» par ses scribes à partir d’une source antérieure qu’il a lui-même désignée.  C’est à partir de ce document unique que, au IVe siècle, ces derniers écrivirent les «Évangiles» du «Nouveau Testament», attribuées, pour plus de crédibilité, à Matthieu, Marc, Luc et Jean. Dans ce premier document, ils ne pouvaient retrouver que les enseignements de Jésus spécifiquement approuvées par l’Empereur Constantin.  Et c’est ce qu’on peut retrouver dans le «Nouveau Testament» de la «Bible» d’aujourd’hui.

Dans l’édification de son Église romaine universelle, Constantin rencontrait un problème de taille dans les femmes qui étaient les disciples du Cercle intérieur de Jésus, dont Marie-Madeleine était la plus élevée.  Ces femmes disciples pouvaient procéder à des guérisons miraculeuses à la manière de leur Maître.  En outre, les premiers adeptes de Jésus se servaient de leurs maisons comme lieux de rassemblement où ils pouvaient procéder aux pratiques spirituelles qui leur étaient enseignées.  Surtout, parmi les disciples, ces mêmes femmes initiées comptaient parmi les enseignants du plus haut niveau de la sagesse spirituelle de l’époque.  Mais, dans son Église, Constantin ne voulait absolument pas accorder l’égalité aux femmes, ce qui représentait pour trop des peuples soumis à Rome une transgression à un tabou culturel important.

C’est ainsi que, en plus de l’élimination de nombreux évangiles apocryphes, les femmes ont perdu du galon dans l’Église chrétienne dès les premiers siècles.  Aussi, c’est ainsi que l’on a perdu le souvenir de son séjour en Gaule, où elle a probablement terminé ses jours.  D’après la geste provençale gnostique, débarquée à Marseille, cette sainte femme se serait mise à prédiquer et à enseigner aux foules, devenant ainsi l’apôtre de Provence.  Mais les Chrétiens ont largement perdu le sens de l’importance de la figure de Marie-Madeleine et son importance dans la conversion de la Gaule.

Qu’elle ait été l’épouse de Jean l’évangéliste ou la compagne de Jésus, comme nombre d’écrits le supposent, cela importe peu.  Ce qui lui confère toute sa valeur, c’est d’abord que, allégoriquement, elle incarne le Féminin sacré, représentant, d’une certaine manière, un aspect la Déesse-Mère, dont le culte s’étendait au Moyen-Orient dans l’Antiquité.  Dans ses récentes révélations récentes, la Vierge Marie, incarnation d’Isis, la présente comme l’une de ses douze compagnes de rayonnement.

Ce qui augmente encore l’importance de Marie-Madeleine dans l’histoire humaine, c’est que, loin d’avoir été une prostituée, elle émergeait en droite ligne de l’arbre royal hasmonéen d’Israël et qu’elle comptait parmi les disciples les plus éminents du Maître.  Aristocrate fortunée, elle avait été formée à la philosophie grecque et, initiée par Jésus lui-même, elle se permit d’enseigner, de baptiser et d’exorciser, devenant l’un des piliers de l’émergence du Christianisme.  Elle fait ainsi partie des personnages les plus illustres du début du Christianisme, écartée à tort par la misogynie des Pères de l’Église, mal inspirés par la propre méfiance de l’apôtre Paul à l’endroit des femmes, qui a toujours détenu, dans l’Église chrétienne primitive, probablement par intervention des Forces sombres, une influence bien plus grande que celle de Pierre, pourtant son présumé Chef absolu et premier pape.

Dans l’«Évangile» des Chrétiens, Marie de Magdalena apparaît comme la sœur de Marthe et de Lazare et elle désigne la présumée pécheresse qui fut défendue et convertie par Jésus, ce qui exprime que les péchés de la chair ne constituent pas forcément les transgressions les plus graves.  La Tradition gnostique en fait la fille de Joseph d’Arimathie et de Marie de Magdala.  Pour plusieurs spiritualistes, elle symbolise la présente phase de vie de l’Humanité où les êtres humains mènent une existence matérialiste et agnostique, soumis à des coutumes stéréotypées et à des croyances limitées, englués dans leurs rêves illusoires, bien qu’ils ressentent, d’une façon vague, une aspiration à la vie intérieure et spirituelle.  Alors, ils oscillent entre le désir de ne rien changer et celui de se transformer.  Mais un jour, l’âme repentante et contrite se forme le ferme propos de transférer ses énergies sacrées vers l’accomplissement du Règne de Dieu.  Selon la légende provençale, après la mort de Jésus, elle aurait fait pénitence de ses péchés dans une grotte, à la Sainte-Baume.

Certains exégètes en font l’épouse secrète du Sauveur et la mère d’une fille, Sarah, d’autres d’une fille et d’un garçon.  Dans cette perspective, Marie de Béthanie, de la famille de Benjamin, illustrerait le Calice d’argent.  En fait, d’après le Registre akashiques, Marie-Madeleine représente une manifestation de la Divine Énergie de compassion, d’abnégation et de service désintéresse à la cause divine, telle que figurée par la Déesse de la Miséricorde, «Kwan Yin» ou «Quan Yin».  Elle s’incarna pour collaborer à l’œuvre de rédemption de Jésus, cette mission de renaissance spirituelle de l’Humanité.

Pour ce qui a trait à son caractère, esprit féminin indépendant, libre et un peu rebelle, elle s’est ingéniée diversement à rompre le rôle social des femmes, tel qu’on le concevait de manière traditionnelle ou atavique, conformément aux normes de la biologie et du rôle social alors admis.  Pour cette raison, le lignage patriarcal s’est vengé en lui faisant une bien mauvaise réputation.  Comme elle passait de longs moments en compagnie de Jésus, pour méditer, on risqua une version erronée de sa vie, une version peu flatteuse, en faisant une prostituée, ce qu’elle ne fut jamais.  Il est vrai que, Maître de la Kundalini, elle a souvent accepté de démontrer la fonction essentielle de cette énergie à certains hommes, spirituellement bien préparés.

Bien qu’elle eût vécu très proche de Jésus, la plupart veulent croire qu’elle ne devrait pas jamais avoir assumé le rôle d’épouse ou d’amante de Jésus, en agissant plutôt auprès de lui comme une sœur ou une collaboratrice spirituelle.  Les Registres akashiques semblent démontrer le contraire, lui conférant un rôle beaucoup plus intime dans la vie de Jésus de qui elle aurait eu deux enfants.

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4 Responses

  1. popotte didier

    Bonsoir,
    Le Nouveau Testament que l’Église à approuver, Mathieu XVIII; Marc, XVI;Luc XXIV; Jean XX,
    il a eu plusieurs évangiles, dont l’évangile de Thomas, que dit l’Église ?

  2. Bertrand Duhaime

    Il faudrait le demander à l’Église, vous ne pensez-pas, pas à moi, car je n’appartiens à aucune religion? Et qui est l’Église, quand il y a tant de religions. toutes des sectes du fait qu’elles ne rallient pas l’ensemble des croyants du monde sous une même Couronne!

  3. Claudine

    je pense qu’il n’y a même pas à demander car Marie Madeleine est la représentation énergétique du Féminin Sacré dont nous avons tellement besoin aujourd’hui. Mais ce n’est que mon point de vue.

  4. Nathalie

    bonjour, je suis tout a fait d’accord avec vous Claudine. Pourquoi demander à l’église, leur réponse ne sera que mensonge, encore et encore !