L’ESPRIT D’ENFANCE, L’EXPRESSION DE L’ENFANT INTÉRIEUR…

Le Grand Maître Jésus a dit : «Si vous ne redevenez comme des enfants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume des cieux.»  Depuis, on évoque l’importance de l’esprit d’enfance, cet état de pureté, d’innocence, de confiance, de transparence, de naïveté, de spontanéité, de simplicité, de candeur et d’émerveillement angéliques comme état préalable à l’obtention de la connaissance appelée «Sagesse spirituelle» ou «Savoir initiatique».

L’esprit d’enfance consiste à vivre dans le présent dans une intense concentration et une imagination libre, en maintenant un clair souvenir de la vie de l’Esprit, la Réalité véritable.  Il porte à vivre dans la simplicité et l’innocence qui garde la confiance en Dieu, le Père-Mère, à vivre dans la joie et l’amour inconditionnel en proclamant clairement sa vérité, en faisant ce qui réjouit le cœur et enesprit-d-enfance résolvant ce qui l’alourdit.  Chaque matin, un être peut se lever avec la confiance que l’Univers ne peut que s’occuper de lui, s’il respecte les principes de la Loi cosmique.  Ainsi, délivré de la peur, il peut se dire que, à chaque jour suffit son activité et que seul le moment présent compte. Mais cet état d’abandon serein ne doit pas confiner à l’infantilisme, à l’inconséquence, à la négligence ou à l’irresponsabilité.

Au dire des Guides spirituels, l’esprit d’enfance résulte de la rencontre avec l’Enfant divin qui réside dans le cœur ou du contact avec la Triple Flamme qui vibre dans ce centre subtil.  Éternellement pur, infiniment confiant dans l’approvisionnement constant de ses Parents spirituels, le Père divin et la Mère céleste, dits la Providence, il peut prendre par la main et diriger directement vers ce qui est bien, bon, beau, vrai et juste puisqu’il désigne le Centre fusionnel de toutes les directions et de toutes les énergies.  Il invite à retrouver son enjouement et son enthousiasme pour s’unir à son âme et à son Centre divin, à agir dans l’insouciance, en laissant son cœur s’ouvrir pleinement pour mieux s’unir, dans le présent, au Ciel et à la Terre, ce qui permet de s’unir à toutes les Forces de l’Univers dans la plus sûre des protections.

L’Enfant intérieur évoque l’aspect de soi qui n’a ni présent, ni passé, ni futur, parce qu’il est le Présent éternel et qu’il amène à vivre dans la joie du moment présent infini.  C’est l’aspect intime qui vit dans l’instant, qui ne détient aucune référence par une compréhension mentale et qui n’établit nulle référence dans un passé ni nulle projection dans un futur.  C’est l’aspect lumineux qui est établi dans l’innocence, la spontanéité, le dénuement, la confiance indéfectible dans la Source divine et son Approvisionnement universel.  C’est l’aspect vibrant et rayonnant qui vit le Christ, non comme un Sauveur, mais comme la Vérité essentielle de la Lumière, comme le Fils du Père-Mère, comme l’Intermédiaire de la Source suprême.

Ainsi, l’Enfant intérieur représente la Vérité ou la Réalité d’un être quand celui-ci a abandonné tout ce qu’il n’est pas.  Il désigne l’âme des commencements de chaque être humain et il suggère une confiance totale dans le Père-Mère, le Créateur.  Il implique les aspects intimes d’innocence, de candeur et de pureté qui maintiennent la foi de parvenir à unir en soi les aspects mâle et femelle de la polarité, un phénomène sans lequel toute tentative d’évolution ou d’ascension reste vaine.  Cet aspect de l’être, qui loge dans le cœur, comporte un concept de vitalité, de sécurité, de sérénité et d’insouciance, car il ne peut éprouver du regret par rapport à hier ni de la crainte au sujet du lendemain.   Il figure la petite voix paisible que l’on se doit d’écouter, d’entendre et de comprendre, car celle-ci délivre la parole utile dans le moment du fait qu’elle contient le plan des étapes présentes de la croissance psychologique et spirituelle du chercheur incarné.

À titre de Centre spirituel, l’Enfant intérieur permet à un être de se situer par rapport à sa réalité du fait qu’il connaît la manière d’équilibrer tous ses liens et tout son vécu de manière à parvenir à son accomplissement.  Mais le plus notable, et le plus important, c’est qu’il regarde toujours tout par le cœur, rayonnant sans cesse l’Amour pur.

Nul ne peut fusionner à son Esprit, une étape qui ne se force ni ne s’impose, sans d’abord s’unir à cette dimension de son être, au plus profond de son cœur.  Car c’est l’Enfant intérieur qui est et demeure l’artisan la sublime opération ultime de la Réalisation en Dieu.  Cet état se développe par l’abolition des barrières mentales et des débordements de l’ego qui éveillent et entretiennent la division et la discorde, qui amènent à devenir grave, sérieux, sévère, compassé, amer et à se flétrir de façon prématurée.  Il implique l’adoption du rythme spontané de l’âme qui apprend à un être à vivre dans l’immédiateté, concentré sur ce qu’il aime et sur ce qui importe.  Il confère la souplesse intérieure qui amène à refuser de juger autrui et à pardonner rapidement les erreurs, qu’elles viennent de lui ou des autres.  Il aide à s’extraire des dogmes et des systèmes, à éliminer les fausses obligations, à réprouver l’ambition, l’esprit de concurrence ou de performance.

En revanche, l’esprit d’enfance amène à expérimenter de façon neuve, à imaginer de nouvelles réalités, à se lancer dans des initiatives différentes, à faire preuve d’inventivité, d’ingéniosité, d’esprit ludique.  Cette détermination culmine dans l’aspiration à vivre dans l’émerveillement constant de la Présence divine.  Car l’esprit d’enfance implique le fait de rester ouvert à ce qui se passe dans l’instant présent, attentif au réel, au-delà de l’Illusion.  Il invite à refuser de se laisser emprisonner dans ses connaissances ou par ses biens.  Il entraîne dans une course aux secrets et aux trésors où on accepte de poser les «comment» et les «pourquoi» qui s’imposent.  Il porte à rester actif, mobile, pimpant, toujours curieux, vigilant, dynamique, avide de savoir.

L’esprit d’enfance invite un être à progresser dans la maîtrise de la vie par la conquête de lui-même en commençant par s’aimer et par faire confiance à ceux qu’il aime.  Aussi ne doit-il jamais craindre son degré de dépendance ou de petitesse apparente, se culpabiliser de ses erreurs, pour rester vrai, intègre, authentique.  Surtout, il lui faut accepter son unicité, cette différence qui rend si original, et de là, si précieux, voire irremplaçable dans l’économie universelle.  Un être peut se sentir faible, mais à qui cela importe-t-il s’il cherche, à son rythme, conformément à ses connaissances et ses moyens, la force qui lui manque encore en tant qu’être partiellement inaccompli, mais doté d’un pouvoir infini.

En cela, nul n’est jamais appelé à s’illusionner ou à chercher à réaliser l’impossible, car pourrait l’induire dans l’esprit de performance et dans la confusion qui en résulte toujours, ultimement.  L’esprit d’enfance commence par l’enthousiasme qui découle du fait qu’un être se sent très lié à Dieu par un lien indissoluble.  C’est le sens de l’Alliance éternelle entre le Créateur et sa créature.  Alors, parfaitement confiant, se sentant libre, il s’attache si fort à ses objectifs et à son but ultime, mais sans tension ni attente, qu’il les amène à se réaliser en toute facilité.  Toujours, il avance dans la légèreté, la grâce, l’élégance, la finesse, la délicatesse, la facilité.  Il ne cherche pas les miracles ni la sagesse ni la perfection, mais l’accomplissement de la perfection du moment, découvrant des petits et des grands bonheurs dans ce qui se propose naturellement à lui, même dans les revers qui l’instruisent et le rendent plus compétent, plus efficace et pertinent.  Il sait se diriger vers la Perfection des Perfections par la perfection du moment.  Aussi applique-t-il tout son être amoureux dans ce qu’il choisit de faire, considérant que tout ce qui n’est par rempli d’Amour ne vaut pas la peine d’exister ou d’être entrepris.   Il grandit sans idées préconçues, acceptant de porter un regard sans cesse renouvelé sur les réalités et les événements, prenant chaque expérience pour ce qu’elle est, un apprentissage, sans la cataloguer ni la comparer à son vécu du passé.

Par l’application de l’esprit d’enfance, un être se garde libre de se former une opinion en se fondant sur ses réactions immédiates, dégagé des notions anciennes, des hypothèses et des croyances bien ancrées.  Ainsi, il n’exagère jamais la négativité de son expérience présente parce qu’il refuse de la comparer à une expérience antérieure.  Voilà qui lui permet de prendre des décisions conformes à la réalité immédiate, non à partir de ses préjugés.  Qui vit ainsi avance en suivant son cœur, dégagé des notions moralisantes de vices et de vertus, de bien et de mal, se sentant bien dans cette vie qui lui apporte toujours du nouveau, sachant que rien ne peut lui causer de mal s’il reste uni à son Créateur, le Père-Mère.  Car qui vit en Dieu reçoit le support du Tout, restant invincible, puisqu’il s’assure de l’impunité, de  l’immunité, du maintien de son intégrité, de l’invulnérabilité, de la sérénité et, ultimement, de la Maîtrise totale.

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