AU JOUR DE L’AN, IL RESTE QUELQUES TRADITIONS, MAIS LES TEMPS CHANGENT… 

En Occident, le Jour de l’An, soit le début de la nouvelle année, représente la journée la plus festive de l’année.  Chaque pays possède ses traditions pour le célébrer.  Dans la griserie des rencontres, on oublie souvent que, à l’origine, ce moment marquait d’abord le triomphe de la Lumière sur les Ténèbres et le début d’un nouveau cycle d’évolution.

En ce jour béni, comme on aime formuler de bons vœux à l’endroit des personnes que l’on aime!  Cela permet de se montrer gentil envers elles et d’en ressentir un petit velours au niveau de l’ego.  Selon le dcelebrationegré d’estime de soi qu’on s’accorde, c’est valorisant ou revalorisant.  Mais on aura beau leur souhaiter tout ce qu’on voudra, il n’est pas sûr qu’on atteigne toujours la cible, du fait que chaque être est doté du libre arbitre et qu’il fait bien ce qu’il veut de ce qu’on lui envoie, comme de sa vie.

 À vrai dire, il n’est pas très certain que les vœux que l’on émet envers les autres améliorent leur situation.  Un vœu, c’est une proclamation, mais c’est d’abord une énergie qui doit passer à travers le filtre de l’assentiment d’autrui.  Pour qu’une émission altruiste devienne efficace, il faut que la personne à laquelle elle est destinée l’accepte consciemment ou inconsciemment.  Si l’autre personne n’est pas ouverte à l’émission qu’on lui envoie, celle-ci l’effleure comme un boomerang et revient à son émetteur.

Cet émetteur ne perd rien au change puisque, s’il a suivi les règles de l’art de la créativité et de l’innocuité, se fondant notamment sur l’amour et agissant dans la pureté d’intention, il reçoit le retour au centuple de son acte.  Autrement dit, il augmente sa propre force, d’autant plus que son geste reçoit l’appui du Cosmos quand il vise à mousser l’Unité dans une intention fraternelle et solidaire envers son espèce.

En effet, dans la perspective cosmique, nul n’est séparé de Dieu, des autres membres de son espèce ni d’aucune créature, puisque rien n’y est divisible.  Le Tout est un Tout inséparable que nul ne peut morceler.  Au-delà des apparences, tout se tient.  Ainsi, l’autre est et reste une part de soi, un autre soi   Et tout ce qu’un être fait agit, selon diverses modalités, sur le Tout et sur chaque partie du Tout.  Mais là où il existe un libre arbitre, l’effet ne se produit chez autrui que s’il y a consentement tacite ou explicite.

En outre, il faut que le vœu émis trouve une correspondance dans la conscience du destinataire.  Si un être humain émet une intention à l’endroit d’une autre personne mais que celle-ci n’a rien mis en œuvre dans ce sens, il y a fort à parier que son intention trouvera chez elle peu d’écho.  Par contagion, il pourra tout au plus lui donner le désir de prendre de l’expansion dans ce domaine.  Autrement dit, le destinataire doit avoir formulé ou proclamé une intention similaire, il doit en avoir fait un moule de pensée ou un moule de ressenti.  À ce moment, les vibrations qu’on a émises à son endroit renforcent ses propres choix.

Pour toutes ces raisons, ce qui compte le plus, au Jour de l’An, c’est moins d’émettre de bons souhaits à l’endroit des autres que de prendre la résolution de vivre sa vie et de laisser vivre et de  s’occuper de ses propres affaires et de bien le faire.  Chacun est le seul responsable de son propre destin.  Et chacun détient tout ce dont il a besoin pour organiser son destin à son image et à sa ressemblance

Alors, à l’arrivée de la Nouvelle Année, chacun devrait en profiter en commençant par établir un bilan de ce qu’il a vécu au cours de l’année antérieure.  Dans la Tradition judéo-chrétienne, comme dans d’autres Traditions spirituelles austères, cet exercice passe trop souvent par une introspection morbide pour bien déterminer ses grandeurs et ses faiblesses, mais surtout pour repérer ses travers.

En spiritualité, qui n’appelle qu’à assumer l’évolution de son être à tous les niveaux, en se concentrant amoureusement sur le moment présent, cette pratique vise un tout autre but.  L’esprit dynamique de cet exercice appelle à s’examiner sans trop de sévérité pour éviter de se condamner avec trop de rigueur pour ses travers, ce qui aboutit à leur accorder plus d’importance qu’à ses progrès.

Quand on accorde plus d’importance à ses erreurs ou à ses tares qu’à ses accomplissements et à ses vertus, ce qui est une position irréaliste, on ne peut que saper sa joie de vivre et sombrer dans le pessimisme.  Celui qui accorde plus de ses soins à entretenir les mauvaises herbes de son jardin qu’aux plantes qu’il désire y voir croître et prospérer ne doit pas se surprendre que les plantes utiles s’étiolent et finissent par mourir.

En fait, le bilan ne doit jamais commencer par une recension de ses défauts ou de ses faiblesses, il doit d’abord faire ressortir ce qu’on a appris à bien faire, ce dont on est satisfait, ce qui a aidé à progresser au niveau des contingences et à grandir en conscience au cours d’un cycle d’évolution.  De ce fait, on gagne à commencer par inventorier les aspects créatifs et constructifs que l’on peut porter à son crédit humain et à son avantage spirituel, procédant dans la joie sereine, sans complaisance ni vanité.

C’est n’est qu’ensuite, si on en a le goût, qu’on peut considérer les raisons qu’on peut avoir de ne pas être satisfait de soi dans ses pensées, ses paroles, ses actes, ses ressentis, ses relations, ses comportements, ses attitudes, ses choix.  Alors, on précise ses limites en toute simplicité, dans une constatation éclairée, mais sans appuyer, afin de prendre les résolutions qui s’imposent pour l’avenir, se déterminant à les suivre.

Tous savent que, ce à quoi on est le moins fidèle, c’est bien aux résolutions qu’on prend.  Cela tient généralement au fait que, inconsciemment, on en a raz le bol d’en prendre, parce qu’on se sentait obligé de le faire, qu’on se préparait à mettre les bouchées doubles, pour se reprendre, d’où on se mettait la barre trop haute par rapport à son envie d’en prendre et à ses moyens immédiats pour y arriver.

Au chapitre des résolutions, il ne faut jamais se montrer trop ambitieux, surtout pas perfectionniste, car on ne les tiendra pas.  La vertu n’est pas dans le nombre, mais dans la qualité.  On gagne à commencer par comprendre son rythme évolutif et ses limites en la matière. Annee ATR 01   Les gens etaient nombreux a faire le decompte 2012 su Grande-Allee a Quebec, samedi le 31 décembre 2011. (ANNIE T ROUSSEL/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)

Dès qu’un être s’est engagé à évoluer, il a retrouvé son titre d’Enfant de l’Infini.  Alors, il n’est pas appelé à tout réussir en un jour puisqu’il jouit de l’Éternité pour y parvenir.  À partir de ce moment, il lui est seulement demandé d’agir au meilleur de sa compréhension et de ses moyens du moment.  Il faut toujours bien discerner entre l’idéal à atteindre et les possibilités du moment.  Toutefois, celui qui veut changer n’a pas intérêt à ne rien faire et à remettre ses décisions au lendemain.  Il doit tirer les conséquences de son agir et opérer immédiatement les changements qui s’imposent.  Quant aux moyens qu’il choisit, ils doivent rester simples, précis et efficaces.

Une fois son bilan terminé, il importe de se récompenser pour ses bons mouvements de l’année précédente, ce qui permet de se lancer dans la Nouvelle Année du bon pied.  Pourquoi toujours attendre après les autres pour obtenir des présents?  Quand on sait se choyer soi-même, on ne pense pas à déplorer que les autres, dans leur égoïsme, ne pensent pas à soi.  Un être plein et comblé n’attend rien d’autrui à part des échanges sains et des partages sincères.

À bien y penser, peut-être que la meilleure résolution que l’on puisse prendre, à l’aube d’un nouveau cycle d’expansion, c’est de simplement de vivre de façon amoureuse, au jour le jour, et de célébrer la vie sous toutes ses formes, expérimentant un peu de tout ce dont on a envie sans jamais faire d’abus.  Il paraît que l’amour contient tout et mène à tout, même à la Réalisation.

Un Sage a dit qu’il ne servait de rien de tenter de collectionner les vertus pour atteindre la sainteté quand l’amour les contient toutes.  Mais on ne s’aide pas davantage en contemplant ses vices et ses travers, ce qui ne contribue qu’à se désoler et à se décourager.  Le mal, il n’existe jamais dans les choses, il ne réside que dans les actes et il ne résulte que de l’abus des choses.  Dieu n’a rien créé qui soit mauvais en soi.

Une autre bonne résolution à prendre, au tournant de l’année, c’est de s’ouvrir au changement et à la nouveauté.  On peut changer des activités de sa vie, pour sortir de ses habitudes et de ses routines sclérosantes, et des manières de penser, pour se tirer de ses ornières mentales régressives.  Mais on peut surtout vider ses garde-robes, penderies, placards, salles de débarras, entrepôts de ce qui est brisé, encombre, ne sert plus ou n’est plus utile.  Un Fils ou une Fille de Dieu doit s’accorder les meilleurs instruments et les meilleurs traitements conformément à ses moyens.  En psychologie, on dit que ce qui n’a pas servi depuis deux ans sert rarement dans l’avenir.  Pas nécessaire de tout jeter : on peut penser offrir les vieilleries qui peuvent encore servir aux bonnes œuvres ou les porter aux centres de recyclage.

Surtout, avec la venue de la Nouvelle Année, on gagne à exprimer sa gratitude profonde pour ce qu’on a reçu et pu accomplir au cours de l’année antérieure.  On dit que la reconnaissance sincère, qui se signale par sa spontanéité et une grande joie, est la vertu qui ferme la boucle des vertus.  On dit encore que, plus puissante que l’amour, elle est la vibration la plus puissante après celle de la peur.  L’amour est une vibration plus élevée que la reconnaissance, mais il est moins vibrant, parce que plus coutumier.

Il est sage de se rappeler que nul n’est propriétaire de quoi que ce soit et que nul n’est redevable de quoi que ce soit.  Même si la vie sur ce plan terrestre n’est pas toujours rose, parce qu’on se la complique par manque de connaissances, nul ne s’accumule de mérite pour avoir fait son devoir d’être évolutif.  Au-delà des conceptions erronées, c’est l’Esprit de Vie qui donne et fait tout à travers soi.  Sans lui, personne ne peut rien penser, rien sentir, ni même lever le petit doigt.

Alors, en cette période de l’année, chacun peut commencer par exprimer sa gratitude pour le simple fait de vivre, soit de participer encore à un plan de conscience où il peut apprendre et expérimenter pour mieux se connaître, mieux être et prendre de l’expansion.  Puis il peut repasser ses autres motifs d’exprimer sa reconnaissance bien sentie au Créateur de toutes les formes de vie.

Mais on peut aussi se remercier d’avoir été, à son meilleur, l’instrument d’expression de la Vie totale, d’avoir servi la Source divine de son mieux, malgré ses erreurs et ses échecs apparents.  On peut se placer devant un miroir, se faire un petit salut, en s’inclinant devant soi, car il ne faut jamais s’incliner devant personne d’autre.  Puis, pour rire un brin, comme on ne peut pas se donner un baiser sur la bouche ou sur le front, on peut s’en donner un sur les deux épaules et se dire qu’on s’aime, si on peut le faire sincèrement!  On gagne toujours à se centrer sur ses forces, à se montrer raisonnablement indulgent envers soi et à s’exprimer des marques d’estime personnelle.

Le nouvel an est relié à la Lumière de l’incréé et il annonce le retour de la Grande Lumière.  Cette fête correspond à un rite très ancien qui servait à faire un bilan de ses expériences personnelles et de ses relations ajour-de-l-an-jour-de-l-anvec les autres pour prendre les résolutions qui s’imposaient afin de mener une vie meilleure.

Encore aujourd’hui, l’être incarné gagnerait à en profiter pour effectuer un retour sincère sur lui-même afin de déceler les états de conscience douloureux ou stériles qu’il risque de reproduire s’il ne se transforme pas.  Il devait retenir ce moment pour oublier totalement ce qui l’a blessé l’année précédente.  Il devrait donc lui servir à examiner soigneusement son attitude d’esprit et ses réactions envers les êtres et les événements, en un mot envers ses équivalences mentales.

Alors, il pourrait se déterminer à mieux accomplir son devoir d’état et à toujours mieux faire.  Il devrait apprendre à rester lui-même, à diriger ses pensées, à faire le plus de bien possible avec le meilleur discernement.  Dans l’immédiateté, il devrait se préparer des jours meilleurs.  Pour l’être ordinaire, ce moment sert d’occasion pour déchirer la page de l’année antérieure, contenant ses réalisations agréables et désagréables.  Il ne veut plus y avoir accès que par le souvenir, oubliant de préférence les faits négatifs.

L’être éclairé vit cette période dans la continuité.  Pour lui, l’année précédente reste une période de progrès et d’aboutissement s’ajoutant à ses réussites.  Aussi ne tourne-t-il pas la page, considérant l’année qui s’est écoulée comme un trait d’union le menant à des réalisations et à un développement plus complet.  Voilà pourquoi il anticipe des promesses plus grandes.  Chaque année nouvelle lui rappelle que chaque expérience successive lui permet de devenir plus sain, plus fort, plus aimant, donc plus lumineux.

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