TOUTE HABITUDE CREUSE DE PROFONDES ORNIÈRES ET ELLE FINIT PAR VIVRE EN AUTOMATE, AMÈNE À SE SCLÉROSER, À S’ÉTIOLER… 

Effectivement, l’habitude est une disposition acquise par des actes répétés, une impulsion automatique à continuer ou à reproduire un acte, à partir d’un signal déclencheur, développée avec le temps par répétition.  Autrement dit, l’habitude devient une loi inconsciente du subconscient.  Cette loi fixe, enseignée par le conscient et acceptée par le subconscient, se répète aussi longtemps que la consciencanape-paresse-genece objective n’en décide pas autrement.  Dans ce processus, le subconscient en vient à préparer le terrain par prévenance en raison d’actes répétés.  La force et le mode de fonctionnement d’une habitude dépendent proportionnellement de la force et de l’impact de la volonté objective qui l’ont engendrée.

  En conséquence, en un sens, l’habitude constitue, par sa relation directe avec la mémoire, une sorte de volonté subconsciente ou une force du subconscient.  Wellington avait raison de dire: «On dit que l’habitude est une seconde nature; l’habitude est deux fois plus forte que la nature.»  Il entendait par là que, même si elle facilite parfois la vie, l’habitude ne se modifie pas facilement. Chassez le naturel et il revient au galop, rappelle le dicton.  Nombre d’habitudes favorisent une économie d’énergie.  Elles permettent de faire face à des situations inédites, de s’engager dans de nouvelles tâches et de satisfaire de nouveaux besoins, parce qu’on a moins à se soucier d’autres aspects de sa vie ou d’autres apprentissages.  Mais les habitudes, les routines et les coutumes font d’un être ce qu’il est et sera, alors que certaines sont fort préjudiciables.  Celles-là emprisonnent ou assoupissent la conscience et, par l’ennui de la monotonie, elles font vieillir de manière prématurée.

Tous ont développé de bonnes et de mauvaises habitudes, sauf que les gens qui évoluent le mieux ne sont pas nécessairement les plus intelligents, les plus talentueux, les plus ingénieux, ni les plus forts. Ce sont plutôt ceux qui sont capables de convertir leurs mauvaises habitudes en des dispositions plus constructives et plus bénéfiques.  Voilà qui est simple à dire, mais si difficile à accomplir.

Les habitudes maintiennent dans un certain bien-être car, mu par la loi du moindre effort, l’être humain aime à chercher son petit confort et à s’y maintenir, n’aimant pas être dérangé ou se remettre en question.  Mais nombre d’entre elles représentent des ornières qui entretiennent dans l’illusion et la médiocrité.  L’être humain n’aime pas trop explorer de nouvelles frontières quand elles l’appellent à se contenter du strict minimum qui l’empêche de s’encombrer et de faire rater son exploration.  Ainsi, les habitudes l’empêchent d’atteindre son plein épanouissement au rythme qu’il souhaiterait afin de se libérer une fois pour toutes de ce que, précisément, il déteste et qui le frustre le plus, les conditionnements, les limites, les carences.  Entravé par la loi de l’attraction, qui l’amène à résister à la vie, il lui est facile de se perdre dans la tentation de ménager ses aises et de toujours choisir le plus facile et le moins dérangeant.  Dans l’ordre évolutif, pour l’être peu motivé, l’idéal n’est-il pas de prendre le meilleur de tous les mondes et de laisser le pire aux autres?

Et pour cause.  L’une des plus grandes difficultés de l’être humain, c’est de changer ses automatismes parce que, mû par la loi de l’inertie et de la moindre résistance, il s’oppose naturellement aux changements et il redoute la nouveauté.  Pour éviter de modifier leurs attitudes et leurs comportements, nombre de gens préfèrent accuser les autres de ce qui leur arrive ou projeter sur eux leurs torts.  Mais, puisque la source du problème, c’est presque toujours une mauvaise habitude qu’ils ne veulent pas changer, le problème reviendra sous une forme différente tant et aussi longtemps qu’ils ne se seront pas débarrassés de ces réflexes bien ancrées au plus profond d’eux-mêmes.

                À vrai dire, la capacité personnelle de changer les automatismes nuisibles par des pratiques plus profitables influence directement le niveau de succès.  C’est pour cette raison qu’il faut trouver une manière de sortir de ses accoutumances dommageables en les remplaçant par des comportements plus adaptés ou adéquats, donc plus avantageux, qui permettront la réalisation d’un rêve ou d’un objectif qui tient à cœur.

En conséquence, celui qui désire profondément changer une mauvaise habitude en une bonne doit tenir compte de deux facteurs :  il doit  désirer plus fortement obtenir les avantages à long terme d’une bonne habitude, nouvelle, que ceux à court terme de sa mauvaise habitude, elle, ancienne;  il doit s’appuyer sur un ou plusieurs éléments déclencheurs, par exemple un choc émotionnel ou rationnel assez puissant pour enclencher la démarche de l’intégration de cette habitude et la maintenir jusqu’à ce qu’elle soit assimilée.  Dans ce dernier cas, pour ainsi dire, il doit se faire des peurs.

Ces facteurs sont essentiels dans le choix de développer de bonnes habitudes.  Mais surtout, la maîtrise de nouvelles dispositions permettra d’obtenir ce qu’on désire à un niveau ou à un autre.  Alors, celui qui n’est pas satisfait de ce qu’il vit, possède ou lui arrive devrait prendre le temps de réfléchir et de prendre tous les moyens de passer à l’action.  Car il est un fait d’évidence que, s’il continue de s’y prendre toujours de la même manière, il obtiendra toujours les mêmes résultats.  Autrement dit, si on continue de faire ce qu’on a toujours fait, on obtiendra ce qu’on a toujours obtenu.  Les mauvaises habitudes conduisent à des résultats désolants, les bonnes, à des résultats enthousiasmants.  Mieux, les bonnes habitudes déterminent la qualité de sa vie.  À chacun de choisir le genre de vie qu’il veut vivre!

Il suffit de persister dans un nouveau comportement pour qu’il devienne une habitude.  Et on estime qu’il faut répéter un acte de vingt à trente fois pour qu’il devienne une nouvelle habitude.  Certains préfèrent parler de vingt et un jours.  On peut douter de ces brefs délais, vu la force des habitudes anciennes, mais on peut croire que, dans un mois ou deux, on y parvient.

Les bonnes habitudes fournissent un raccourci vers le succès à tous égards.  Un bon moyen de réussir à changer ses mauvaises habitudes, c’est d’en faire la liste et de voir à les enrayer une à une de sa vie.  En outre, on commence par développer les habitudes les plus faciles à acquérir pour renforcer sa confiance par le contentement qu’on en éprouhabitudes12ve.  Il faut savoir que tout changement trop radical empêche de s’adapter à une nouvelle situation.  Pour cette raison, il faut savoir s’y prendre mollo sans devenir complaisant avec soi.  Alors, on peut constater que son comportement change et on peut voir que ses résultats généraux s’améliorent.  Un autre petit truc consiste à étudier les habitudes de ceux qui ont réussi pour les adopter.

On ne peut parler des habitudes sans parler de la routine puisque celle-ci représente l’habitude de toujours faire une chose de la même manière.  La routine induit engendre la monotonie qui, à son tour, engendre la monotonie.  Cette seule boutade d’E. de Girardin résume tout un chapitre : «Tout le monde parle de progrès et personne ne sort de la routine.»  Progrès et routine font mauvais ménage!

Chacun aime ses habitudes parce, par ses aspects mécaniques et les résultats prévisibles, elles sécurisent et semblent lui faciliter la vie.  Pourtant, elles amènent à tourner en rond et à stagner.  Elles n’apprennent plus rien.  Comme, à proprement parler, rien ne peut stagner, en s’incrustant dans ses habitudes, on devient, sans s’en rendre compte, purement régressif.

Ne serait-il pas merveilleux si on prenait l’habitude de changer d’habitudes pour sortir de la routine, s’ouvrir au changement et à la nouveauté?  Vive le changement!  Vive la nouveauté!  Ils peuvent troubler, inquiéter, déranger, perturber, mais, au moins, ils apprennent quelque chose, ils ouvrent l’esprit, ils aident à rajeunir de caractère.

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