LA MANIÈRE D’AGIR DANS L’ÉPREUVE RÉVÈLE LE DEGRÉ DE CONSCIENCE

Sénèque a rappelé: «Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient.»  Et il avait bien raison, car c’est à travers les épreuves de sa vie, qui ne contribuent nullement à le briser, mais à le renforcer, qu’il grandit et devient plus conscient.  En fait, il y aurait peu de souffrances dans chaque existence s’il y avait abandon au courant de la vie et rejet de l’ego.

C’est dans le dénuement et l’épreuve qu’un être peut le mieux mesurer la qualité d’un être et qu’un être peut déterminer la loyauté et la sincérité de ses amis.  Dans l’abondance, la richesse, la prospérité, l’opulence, l’être vide se ferme et il devient pingre, craintif, arrogant, condescendant, égoïste.  Dans la pénurie, la pauvreté, la déveine, la dèche, l’êtépreeuve-seulre vide se ferme aussi, devenant exploiteur, opportuniste, possessif, accaparant, exigeant, égoïste.  Dans l’un et l’autre cas, qu’il peut difficilement connaître, en raison de son équilibre et de sa compréhension du Juste Milieu, l’être plein de lui-même, ne change en rien, restant autonome et indépendant, fraternel et solidaire, continuant secrètement et silencieusement d’aimer, de collaborer et d’œuvrer pour le bien commun.  Il ne quitte personne, ce sont les autres qui le quittent et le trahissent.

Ainsi va la vie que c’est dans les contraintes extrêmes qu’un être donne la pleine mesure de sa qualité et de sa conscience.  Ainsi, chacun peut se fier et croire à la fidélité de l’être qui reste le même dans le succès et l’échec, insensible à l’éloge autant qu’à l’insulte, car il ne détermine pas sa valeur à partir des propos des autres et des résultats qu’il obtient, mais de ce qu’il pense de lui-même à partir de ce qu’il a découvert de lui, à l’intérieur de lui-même.

L’être qui, par son lien avec son Centre divin, devient sa propre source d’élévation et d’approvisionnement, ne redoute jamais de manquer de quoi que ce soit, ne s’inquiétant ni de l’expérience agréable ni de l’expérience désagréable, ne se souciant ni du passé ni du futur, se contentant de vivre pleinement le moment présent dans l’amour et l’esprit ludique, simple, humble, détaché, serein, car il sait qu’il ne peut pas lui arriver ce qu’il ne s’attire pas, même si son voisin s’attire le pire, ce qu’il sait ne pas le concerner personnellement.  Et s’il lui arrive d’être conduit sur la plus haute falaise, devant le plus profond des précipices, il ne bronche pas, ni intérieurement ni extérieurement, car il devine que l’Absolu se prépare alors à le sauver, en cas de chute, ou à lui apprendre à voler.

Dans la seule Réalité immobile de l’Absolu, apparemment, tout passe, tout change, tout se transforme, ce qui appelle à la souplesse, à la flexibilité, à l’adaptation constante.  De son point de vu inversé, l’être incarné réalise mal que ce qu’il croit vivre résulte d’une illusion, de la Grande Maya, qui se déploie depuis le plan causal,  et qui ne résulte que de la focalisation atavique de sa conscience sur un point précis de son histoire cosmique à partir duquel, dans un grand rêve, il laisse sa conscience dériver dans une continuité linéaire projetée vers l’avant, le futur – mais qu’il pourrait tout aussi bien, à tout moment, inverser vers un prétendu passé — alors qu’en fait, il ne fait que se remémorer des épisodes relatifs à l’expérience intime de l’Étincelle de vie particulière qu’il est, donc de son propre Rayon spirituel, alors qui s’élève dans la Grande Spirale d’une Création cosmique qui s’est déployée de l’Alpha à l’Omega en un seul instant, formant le lemniscate infini de l’Instant éternel, mais qu’il révise passage par passage, pour mieux se connaître et se comprendre dans sa totalité, comme s’il repassait, image par image, la bobine d’un Film cosmique unique, intangible.

Pourquoi se donner tant de peine et déployer tant d’efforts quand l’essentiel consiste à réaliser que ce que chacun cherche existe déjà, pleinement réalité, dans l’une ou l’autre couche de ses profondeurs subconscientes et qu’il n’a qu’à en réaliser l’existence?  Alors, au lieu de tant osciller de l’extrême des Ténèbres à celui de la Lumière, de tant se battre et se débattre jusqu’à l’épuisement ou au désespoir,  il ne lui resterait qu’à dire, en toute occurrence : «Cela est!» Du coup, selon son degré de foi en sa propre puissance, il fusionnerait avec sa Réalité éternelle, Source d’Unité, de Plénitude et de Félicité, mettant pour toujours un terme à tous ses drames.  Pour chacun, la clef réside dans l’Amour et la pureté d’intention dans sa détermination d’Être pleinement ce qu’il Est déjà de toute Éternité.

L’être humain est né nu et il retournera à son Point d’origine dans le même état, car sans la transparence, symbole de la pureté absolue, d’innocence originelle, d’intégrité complète et d’authenticité parfaite, il ne peut réintégrer le Paradis.  N’est-il pas significatif qu’il réprouve autant l’exposition du corps dans son plus simple appareil?  La mise à nu suscite chez lui un sentiment de pudeur ou une émotion de honte qui masque une mauvaise acceptation de lui-même dans ses faiblesses ou sa pauvreté, car les vêtements lui fournissent l’impression de cacher aux autres quelque chose de précieux, un semblant de richesse.

© 2014-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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