QUEL QUE SOIT LE PAYS ET SON RÉGIME POLITIQUE, LES ENQUÊTES PUBLIQUES REMETTENT EN QUESTION LA MARGE DE LA RESPONSABILITÉ D’UN EMPLOYÉ DANS LE CADRE D’UN EMPLOI

Ici, au Canada, plus précisément au Québec, la Commission Charbonneau n’a toujours pas remis son rapport. Pour les gens d’ailleurs, cette commission d’enquête tire son nom de sa commissaire et présidente, juge de la Cour supérieure de la province.  Au cours de cette dernière, il s’est présenté toutes sortes de situations étranges dont on peut se demander, à bon droit, sans désir de faire de jeu de mots, si, bien qu’ils soient conformes aux lois de l’État, elles respectaient les normes de la moralité ou de la maturité cosmique. commission d'enquête

Pour éclairer l’étranger, rappelons que, au cours des dernières années, après la divulgation de scandales majeurs, dans le secteur de l’industrie de la construction, qui ont imposé aux contribuables de lourds tributs inutiles, l’Assemblée nationale a investi cet organisme temporaire, doté de pouvoirs de coercition de comparaître, de la mission de faire la lumière sur les mœurs dans ce secteur d’activité, à partir d’un mandat comportant trois volets : «1. d’examiner l’existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques;  2. de dresser un portrait de possibles activités d’infiltration de l’industrie de la construction par le crime organisé;  3. d’examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.»

Sans revenir sur les tenants et aboutissants qui ont attiré le commentaire d’introduction de ce texte, chacun ne peut que gagner à réviser ses positions éthiques à partir des principes spirituels qui régissent l’activité humaine, particulièrement dans le monde de l’emploi.  Ainsi, sans porter de jugements particuliers sur les faits inquiétants qui entourent les travaux de cette commission, la question qui se pose est celle de savoir ce qu’implique un emploi en termes de responsabilité de conscience, ce qui diffère souvent considérablement des obligations légales, qui restent d’invention humaine.  Or, dans tout dilemme qui interpelle la conscience personnelle, à moins de s’exposer au péril de sa vie ou à des sanctions démesurées, chaque être humain est appelé à respecter, sans la moindre concession, les principes intimes les plus élevés qui guident son existence.

La Loi de l’Amour, qui n’est autre que la Loi unique établie par l’Absolu, prévaut sur les multiples principes qui la précisent, l’explicitent et l’ajustent à une situation particulière.  En cela, le premier devoir d’un employé, c’est d’accomplir ou d’exécuter sa tâche au mieux de ses capacités, sans déroger aux conceptions et principes qu’il s’est formé, selon son degré de conscience, pour ce qui a trait à ses devoirs envers Dieu et l’humanité.  Car, en toute situation, le Plan divin doit rester le premier servi.  Encore faut-il savoir ce que la Loi unique, aussi appelée Providence universelle ou Justice immanente, stipule à cet égard, ce que peuvent éclairer les Archives subtiles de l’Enseignement spirituel immémorial.

En principe, avant d’assumer une fonction, dans la mesure qu’il en connaît les tenants et aboutissants, tout être incarné devrait informer, de son mieux, les mandataires d’une entreprise ou d’une organisation chargés de l’embauche de ses propres convictions et principes de conscience, de sorte qu’ils ne puissent, par la suite, intervenir et exiger qu’il se soumette à des choix qui en réduiraient l’importance et l’incidence.  Il va sans dire que, même dans un État de droit laïque, toute relation émanant d’un emploi doit respecter les fondements de l’honnêteté, de l’intégrité, de l’équité et de la justice, autant dans le domaine privé que dans le domaine public.

Ainsi, dans le monde du travail, ce n’est pas la position qu’un employé occupe qui importe, mais l’esprit dans lequel il remplit sa fonction ou exécute le travail qui relève du poste qu’il a accepté.  En cela, pour rester en accord avec lui-même, il doit émettre l’intention formelle d’agir en conformité avec son But ultime, soit de respecter les principes évolutifs tels qu’il les comprend à un moment donné, dégagé de toute coercition extérieure.  En cela, toute intention de tourner, détourner ou contourner la loi — selon l’un ou l’autre des points de vue — dans l’intention de s’assurer un gain supérieur ou de cacher des faits nuisibles avérés représente la commission d’une faute contre la société.

Mais qu’en est-il si ce sont des collègues ou des supérieurs de l’employé qui se livrent à de tels actes répréhensibles?  Est-il soumis à l’obligation légale de sa région ou de son pays de les dénoncer?  Pour ce qui a trait à ses supérieurs, l’employé doit se souvenir qu’il ne fait pas partie de ses attributions cosmiques de s’en prendre aux actes illégaux de ses supérieurs qui, de toute manière, interviennent probablement dans l’hermétisme d’un cercle restreint, plus ou moins fermé, dont il ne peut obtenir que des échos plus ou moins vagues et véridiques et , d’où il ne peut savoir avec certitude ce qu’ils peuvent révéler ou cacher d’une affaire.  Ainsi, celui qui, dans une entreprise ou une organisation, occupe un poste de rang inférieur doit se considérer comme un agent secondaire, non comme un agent essentiel de leur gérance, puisqu’il ne peut exercer d’influence directe sur les événements qui s’y déroulent.

D’une part, même si un employé subalterne suspectait que, à des niveaux supérieurs, ses chefs s’adonnent à  des malversations, donc à des fautes commises contre la société, il gagnerait à se rappeler qu’il ne peut se fier aux apparences et qu’il ne peut se prononcer à partir de soupçons, uniquement à partir de faits avérés.  D’autre part, déjà, à l’endroit de ses propres collègues, de par le principe d’innocuité ou de non ingérence, deux principes qui modulent et colorent la loi de l’Amour, le devoir d’un employé consiste à accomplir ou exécuter le mandat qui lui a été confié et à remplir cette tâche au meilleur de ses capacités, mais en restant en accord avec les conceptions et les principes intimes qui le guident en regard du bien commun de l’humanité dont il fait partie et du Plan divin qui régit le Cosmos.

En principe, du fait que la Causalité ou la Providence divine, qui forment un seul et même Aspect régulateur de l’Ordre cosmique, au nom du Créateur originel, dans sa Régence de tous les systèmes de la Manifestation, nul être ne peut se substituer à cette Instance suprême.  L’être humain a beau compter sur une prompte sanction des crimes et des délits de ses semblables, parce qu’il croit au hasard et à l’arbitraire du Destin, un être consciente ne peut, lui, s’interposer entre un autre être et le Créateur unique qui, pour sa part, n’agit pas selon les attentes humaines, mais intervient, par sa Loi immanente, à point nommé, soit au moment le plus opportun par rapport à l’aptitude d’un sujet incarné particulier de bien comprendre une leçon de vie.  Dieu, qui ne juge jamais et n’entend jamais punir, mais simplement faire comprendre la direction à suivre, n’a que faire des incompréhensions des ses créatures en évolution pour ce qui concerne l’Ordre évolutif du Cosmos et des créatures qui le composent.

Dans ce contexte, du point de vue de la Loi divine, l’appel à la délation, de plus en plus à la mode chez les autorités policières et judiciaires, désireuses de se faciliter leurs enquêtes, se révèle parfaitement illicite, illégitime et immoral.  Si ce n’est de la manière qui amène à tenir ce dernier propos, comment devrait-on comprendre l’injonction de Jésus qui a dit : «Que celui qui n’a jamais péché (lui) lance la première pierre»?  On ne peut l’interpréter autrement, à moins qu’on préfère croire qu’elle relève d’un mythe religieux ou de la fabulation d’un illuminé égaré dans ses brumes subtiles!  Ce propos laisse entendre que, même l’employé investi d’un poste de direction n’est pas soumis à la nécessité de dépasser les attributions de son poste, soit du devoir d’engager ses subalternes dans un travail efficace selon les attributions de l’entente initiale conclue avec leur entreprise ou leur organisation, une entente qui, du reste, ne peut rien contenir d’immoral, même dans le cas où elle est soumise à un code de déontologie.  En pareil cas, même s’il lui appartenait de sévir, il ne peut intervenir que dans le respect de la loi de l’Amour, ce qui l’invite au respect d’autrui, même des coupables, en appliquant la compréhension et la compassion dans le cadre d’une intervention fraternelle et solidaire.

Il peut être facile de critiquer cette position millénaire des Écoles initiatiques, pour l’observateur qui se trouve en dehors du contentieux, soit du débat ou du litige.  Mais, à titre d’être évolutif ou perfectible, a-t-il pensé que nul ne peut savoir, même pas celui qui proteste avec véhémence, comment il aurait pu agir, placé dans la même situation et dans les mêmes circonstances que celui qu’il juge avec sévérité.  Dans son intransigeance, il s’appelle une expérience prochaine qui lui permettra de pondérer ses élans et d’interpréter, par la suite, les faits avec plus de circonspection, soit avec plus de prudence et de sagesse.  Dans une entreprise ou une organisation, chacun doit rester à sa place et agir dans le cadre plus ou moins strict de ses attributions.  Seule la peur de l’arbitraire du Destin peut amener un être à penser autrement parce qu’il ne comprend pas encore la dynamique de la loi de l’Attraction (de Cause à Effet ou d’Action et Réaction) qui régit la troisième dimension, celle de la densité et de la dualité.  Ainsi, la peur de vivre une injustice peut motiver un être à chercher à conjurer l’apparent arbitraire du Sort, alors que seule la connaissance des principes subtils, qui engendre la maîtrise de soi, peut assurer la sécurité qu’il recherche.

Dans l’Ordre du Plan divin, nul n’est tenu de suppléer aux carences d’autrui, d’empiéter sur son rôle, d’exécuter sa tâche ou une part de sa tâche à sa place, ce qui correspondrait à une transgression de sa liberté et de sa responsabilité.  Derrière le fait de se penser plus moral ou plus juste qu’autrui, se voile un amour-propre qui confine à l’orgueil spirituel ou à la débilité spirituelle.  C’est oublier que, dans la vie, sans la moindre exception, donc jusqu’au plus petit détail, l’Absolu régit le Cosmos par son Principe providentiel, qui se fait rigueur ou miséricorde selon le besoin, au moment le plus opportun, puisque, s’il existe, au-delà des apparences, le hasard ne peut exister nulle part.  Et ce Principe universel s’applique d’autant mieux que l’être incarné évite toute interférence.  Car, lorsque l’être humain se prend pour Dieu, celui-ci se croise les bras et rit dans sa barbe, dans l’attente que ce malheureux s’impose lui-même une leçon de pertinence.

Ainsi, c’est avec raison qu’on peut aller jusqu’à penser que, dans une période de récession économique et de chômage élevé, nul ne gagnerait à s’exposer, par des révélations qu’il pourrait voir contestées, malgré leur degré de vérité, ou par des gestes dépassant les attributions de son cadre d’emploi, à s’attirer une sanction qui le placerait dans une situation encore plus précaire.  Ces vérités ne vous amènent-elles pas à porter un autre regard sur la Commission Charbonneau comme sur toute enquête sur les crimes en hautes sphères?  Dans bien des pays, si l’auteur de ce texte ne jouissait pas de l’immunité du droit de parole, comme au Canada, il viendrait d’avoir scellé son destin, s’assurant d’avoir raccourci ces jours ou de s’être imposé de les finir en détention.

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