SAVOIR RELEVER CORRECTEMENT LES DÉFIS DE LA VIE?

  On définit le défi comme l’incitation à faire quelque chose par provocation en prétendant une incapacité à le faire.  Ainsi, celui-ci invite à se mesurer à une réalité comme adversaire pour démontrer sa force, son audace ou son courage.  On gagnerait à plutôt les considérer comme des obstacles naturels, inhérents au développement de la conscience.  Les défis du quotidien donnent un sens à la vie quiles-défis-de-la-vie ne défie plus que celui qui a renoncé et a abandonné la partie.

   Sur la route de la Lumière suprême, chaque plan de conscience comporte ses leçons propres.  Une des façons les plus faciles d’évoluer consiste à reconnaître chaque expérience, non comme un défi ou un obstacle insurmontable, mais comme une occasion de grandir et de progresser.  Au gré de l’évolution, les expériences ne disparaissent jamais, elles changent de nature.  Au-delà de la matière, il n’existe plus de contingences, mais il reste des expériences à mener.  Nul ne peut grandir sans se confronter à des obstacles.

   C’est par son attitude à l’endroit d’un obstacle qu’un être se complique ou qu’il se simplifie la vie, s’élevant ou descendant.  Selon l’attitude de chacun, l’un s’élève toujours plus haut et plus vite tandis que l’autre peut s’emprisonner longtemps dans les plans de la densité.  Plus un être repousse les problèmes et les difficultés, plus il se tend, plus il se rebelle, plus il les projette sur autrui, et plus longtemps il les maintient, comme une hantise, dans son esprit, les amenant à perturber sa vie.  Pour qui n’y prend garde, les niveaux inférieurs de la conscience peuvent devenir des sables mouvants qui entraînent vers le bas.  Qui s’y laisse prendre, se piège par ses propres pensées : il les fait tourner sans cesse autour de ce qu’il considère comme un élément négatif, donc un élément à fuir ou à rejeter.  Chacun réussit à s’élever en changeant la direction de ses pensées et de ses ressentis, en les orientant vers le haut, les mettant ainsi au service de son évolution.  En se débattant dans ses problèmes et en luttant pour trouver des solutions, on se maintient dans les niveaux denses de l’énergie.  On en vient à résister, à rationaliser et à se justifier au lieu de se servir de son imagination créatrice pour se libérer.

   Louis-Simon Roy, un écrivain et conférencier contemporain, a joliment écrit : «Nous avons dit à quelques reprises que la nature spirituelle constituait une force qui allait à contre-courant de l’entropie.  C’est justement cette nature souvent insoupçonnée qui permet à la vie de prendre des chemins bien mystérieux pour nous obliger à porter un regard nouveau sur notre environnement et sur nous-mêmes. Par l’entremise de certains évènements troubles, la vie nous offre une réelle possibilité de développer une vision où les évènements sont des moments propices à l’apprentissage de l’amour et cessent d’être des défis insurmontables mis sur notre route parce-que la vie est injuste. Ceci nous amène à porter notre attention sur l’impact de nos croyances.»  Et il ajoute plus loin : «En développant et élargissant la perception que nous avons sur les évènements qui nous arrive, il est plus facile de percevoir le sens de notre existence et ainsi remettre en question des perceptions du monde qui nous cachent une bonne partie du mystère dont la vie est porteuse. Et ce sens plus qdéfisue tout autre chose, est primordial pour contribuer en la foi profonde que chaque situation, si banale soit elle, possède une raison d’être et survient dans notre vie, avant tout pour favoriser notre épanouissement et notre évolution.»

  Dans un autre contexte de la notion de défi, le chercheur spirituel n’a rien à prouver ni à démontrer, ne vivant pas esclave du regard d’autrui.  En conséquence, il ne relève jamais un défi, même pas celui qu’il se lance lui-même, pour ne pas entrer dans la dynamique de la performance ou de la concurrence.  Surtout, il évite soigneusement de considérer l’accomplissement spirituel comme un défi.  Il fait toujours ce qu’il peut, au meilleur de ses connaissances et de ses moyens, sans attente des résultats.  Toute attente crée une tension qui empêche les choses de se produire.  Par ses expériences personnelles, chacun ne cherche qu’à se connaître lui-même dans ce qu’il est déjà, au-delà des apparences.  Aussi convient-il de consacrer son temps et d’investir son énergie à la découverte de son Être intérieur pour devenir conscient de ce que l’on est vraiment.  Or on devient conscient de soi-même en prêtant attention à ses pensées et à ses sentiments du moment.  Et on peut amplifier son éveil en leur prêtant toujours davantage d’attention.  C’est toute la différence entre chercher à être et chercher à avoir, bien que l’un ne puisse aller sans l’autre, au niveau de la matérialité,  Il s’agit de savoir établir ses priorités.  L’avoir doit supporter l’être, non l’inverse.

   Le plus grand défi, c’est peut-être de témoigner d’assez de force de caractère et d’intégrité pour rester soi-même dans un monde où chacun veut qu’on change quelque chose en soi pour se conformer à sa vision de la réalité.

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