UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LA JUSTICE…

Dans la démarche religieuse, qui aime diriger les gens vers la collection des vertus ou qualités spirituelles, afin de les mener vers la sainteté, une tâche impossible, puisque l’Absolu, le Parangon de vertu, en détient une infinité, le mot «justice» exprime la vertu morale qui porte l’être incarné à remettre à chacun ce qui lui revient.  Mais ce même mot répugne à l’esprit de la majorité des gens en raison de l’autorité arbitraire que s’arrogent des êtres humains peccables (au sens d’évolutifs), de juger les autres, selon des critères de bien et de mal, qu’ils ne s’appliquent pas eux-mêmes, surtout le bras séculier (le gouvernement, avec les corps policiers et les représentants du système de justice) et le bras spirituel (la hiérarchie religieuse), une conduite qui, par amalgame mental, amène les êtres humains à considérer Dieu comme une entité susceptible de mouvements de colère (ou de courroux) qui pourrait aller, quelle aberration, jusqu’à appliquer, en sanction, la damnation éternelle.

lion-et-brebisAussi, en spiritualité, en général, on nie l’existence de cette vertu, ainsi définie, pour parler plutôt, bien simplement, d’«équité».  Ainsi, bien que certains instructeurs y parlent parfois de Justice immanente, par référence utile à une réalité que la masse comprend bien, l’Initié préfère évoquer la Providence divine, l’Approvisionnement universel ou la Causalité éthique.  En effet, la majorité des êtres incarnés détiennent une idée bien étroite de la vertu de «justice» qui, pour eux, se confond avec leurs besoins sensibles, ce qui laisse entendre, l’obtention de ce qu’ils veulent, dans leur égoïsme, ce qui ne peut se faire qu’au détriment d’autrui.  On peut trouver dans les motivations égocentriques des êtres humains l’explication des conflits relationnels et des litiges internationaux.

Par exemple, n’est-ce pas au nom d’une justice mal comprise que cinq pays, en raison de leur richesse pécuniaire et de leur puissance armée, détiennent un droit de veto à l’ONU et que le pays dominant des ces cinq nations, les États-Unis, aime se concevoir comme la Police du monde, se permettant de mentir sur les faits et d’intervenir sans l’accord de la majorité des membres de l’Assemblée des Nations?  Ne s’agit-il pas de l’incarnation du principe ridiculisé par Jean de La Fontaine dans l’une de ses fables par laquelle le roi des animaux se justifie péremptoirement de ses interventions abusives par les mots : «quia nominor leo» (parce que je m’appelle lion).

Dans cette audace, le pire, c’est qu’un gouvernement ose se substituer à la Régence de l’Absolu, parce qu’il gère le Cosmos d’une manière différente que l’être humain le fait, un mode d’intervention qui comporte un équilibre parfait entre la rigueur et la clémence et ne s’exerce, à pont nommé, non pour punir, mais pour faire comprendre, que dans une perspective de patience et d’équité conforme aux nécessités de l’apprentissage évolutif des êtres incarnés.  Surtout que Dieu reste le Maître de tous ses enfants, autant de ceux d’un clan que ceux de l’autre, ne pouvant accorder de privilège à l’un plutôt qu’à l’autre.  Car si l’équité existe, la vraie justice ne peut se définir que comme le choix individuel et collectif de laisser passer à travers eux le cours de l’Ordre cosmique.

Cela revient à dire : «Que ta Volonté se fasse, afin que la mienne se fasse ensuite», non en ce sens qu’un être timoré s’en remet à une autre instance pour décider de ce qui est bien, bon, beau, vrai et juste pour lui, mais qu’il se relie à l’Amour qu’il porte dans le cœur afin d’écarter toute possibilité d’erreur et toute limitation dans le verdict.  Nul ne peut juger, pour éviter d’être lui-même jugé, mesuré à l’aune même de son propre jugement.  Une société détient le droit de se protéger contre ses citoyens délinquants et contre les agressions extérieures, mais elle ne peut le faire qu’en considérant les intérêts de sa collectivité.

Tout ce qui se produit sur Terre évoque l’effet d’une cause invisible, la réaction d’une action, le reflet d’une réalité dans un autre miroir.  Ce juste retour, cette compensation, cette rétribution, cet effet boomerang, porte généralement le nom de Causalité éthique ou de Karma, connue dans les religions chrétienne et juive comme loi du Talion, une loi qui exige de punir l’offense par une peine du même ordre que celle-ci,  (ce qui est exprimé par l’aphorisme antique «Un œil pour un œil et une dent pour une dent» ou cet autre plus récent «Qui tuera par l’épée périra par l’épée»).

Mais Jésus, Le Maître de l’Ère des Poissons,  celui qui a proféré ce dernier aphorisme, n’a-t’il pas exprimé le fait qu’il était venu remplacer cette ancienne loi par celle de l’Amour?  Cette intervention providentielle rappelle que, malgré sa neutralité et son effet mécanique, automatique, la Causalité n’est pas irrépressible, intangible, fatale.  Bien au contraire, elle est harmonisable : n’importe quel être peut ramener le principe à l’Ordre par une intervention à point nommé, soit avant que la répercussion ne se produise, pour en réduire la portée ou l’éliminer.  Les Orientaux appellent cette loi d’Harmonisation, qui met un terme à l’œuvre d’une énergie négative, lancée dans un cercle d’action de sa source à sa cible, qui est la même, par une énergie constructive qui en annule l’énergie, le «karmayoga» ou «karmada nayoga».

Le karmayoga représente, en termes occidentalisés, le «service dans l’abnégation» ou l’«accomplissement de son devoir d’état dans une conscience éclairée».  Il conseille d’accomplir des œuvres dans le détachement, dénués d’intérêt personnel, sans attente, sans désir de retour ou de récompense pour faire contrepoids aux actes négatifs qu’on peut avoir posés.  Car on ne va tout de même pas annuler ses karmas positifs, quoi qu’il s’agisse d’une condition indispensable pour se tirer de la Roue de la vie par des incarnations successives.  En fait, le sujet les pose à seule fin de racheter ses «fautes» passées ou, mieux dit, de rétablir ses déséquilibres du passé, avant que leur répercussion ne se manifeste, en les harmonisant ou en les vidant d’énergie.

Dans son expression de karmada nayoga, qui peut se traduire par le «Yoga du don des actions au Seigneur de l’Univers», l’oriental ajoute une petite nuance au principe qu’on vient d’expliquer.  Car cette expression invite à offrir ses actions et ses prières à l’Être suprême, à servir sans attente de retour, à produire des activités sans rétribution.  Il suggère de prier le Maître absolu pour le Monde et l’Univers et de participer de façon désintéressée l’Évolution cosmique.  Il permet de voir le divin sur tous les visages et dans tous les êtres en exprimant l’esprit de service et la compassion.  Il amène à se considérer, non comme celui qui accomplit l’action, mais comme un instrument de l’Être suprême, là où on se trouve, pour mieux aimer et servir, dans le désir sincère de partager avec les autres et de les aider à  évoluer, plutôt que d’exiger des dettes ou de maintenir un fardeau pesant sur l’âme.  De ce fait, toute implication doit être mue par l’Amour divin sans attention aux incitations des désirs égoïstes.  Par ses bonnes actions discrètes, silencieuses, secrètes, menées sans autre intention que de se purifier, un être peut contribuer à dissoudre ses dettes en regard de la Causalité.

N’est-ce pas merveilleux que d’apprendre qu’un être peut diminuer son fardeau karmique, même rompre cette conséquence karmique, n’importe quant et où il le souhaite, dans la mesure qu’il prend les dispositions pour y parvenir?  Ou, puisque le karma n’existe plus, qu’il peut adoucir les effets d’une conséquence grave.  Il s’agit de l’équivalent du «sacrifice purificateur» des autres religions du monde, qui ne doit pas viser à poser des actes méritoires pour gagner son salut, mais simplement pour annuler ses dettes karmiques (appelées «péchés» ou «transgressions morales».  Sans cette intervention, dans l’expression parfaite de la Loi unique, la Causalité éthique ou le Karma ramène éternellement dans les plans inférieurs, là où un être a posé son action négative (pensée, parole, ressenti ou acte),  emprisonnant dans la Roue des réincarnations.  Par sa rigueur, il organise une existence dans le temps, le lieu, les relations propices à acquitter ce joug subtil, imposant le canal d’incarnation et le plan de vie compensatoire, ce qui s’ajoute aux obligations du rôle fonctionnel.  Voilà une explication de la vie bien lourde de certains êtres incarnés.   Sauf qu’il ne peut s’en tirer, dans son aspiration à se réaliser, en se projetant dans les mondes spirituels, où il peut finir par apprendre à lire et à déchiffrer ses archives akashiques, prenant du coup connaissance des causes du passé qui expliquent son destin actuel et des moyens de dissoudre graduellement ses dettes.

Après avoir pris les rênes de la planète, dans la deuxième partie du siècle dernier, l’Absolu a aboli toutes les dettes karmiques des êtres incarnés.  Mais cette rémission providentielle n’a pas annulé le principe de la Causalité éthique qui prévaut dan la troisième dimension, sans pouvoir agir dans les plans spirituels, ce qui peut amener un être à s’engendrer de nouveaux fardeaux karmiques.  Celui qui s’élève dans les plans supérieurs de la Conscience cosmique, parce qu’il est assez pur pour y parvenir, échappe du coup à toute possibilité de se causer un tel préjudice.  Mais celui qui maintient sa concentration dans la densité et la dualité, par exemple en cultivant la rancœur ou en exprimant un désir de vengeance, ne peut que réactiver un piège qui peut se refermer sur lui pour longtemps.  D’où l’importance de s’accorder le pardon absolu pour ses propres erreurs et d’accorder un pardon général à tous les êtres humains qui ont pu intervenir négativement dans l’une ou l’autre de ses vies antérieures ou dans sa présente vie.

Mais celui qui nourrit l’esprit de vengeance et maintient le désir d’appliquer la justice à sa manière et à son rythme, pour se faire justice, blessé dans son amour-propre — au lieu de laisser une telle administration à l’Absolu, sûrement plus compétent que lui en la matière, en raison de sa neutralité — ne peut que se compliquer  l’existence.  C’est ce qui arrive à tous ces gens qui cherchent à gagner quelque avantage du fait d’avoir été lésé de quelque manière, notamment en poursuivant devant une cour de justice, et qui ne comprennent pas qu’ils ne peuvent qu’être la source consciente ou inconsciente d’un tel retour.

Par exemple, pour en revenir à la situation internationale, notamment au cas de la Syrie, toute intervention du gouvernement d’un pays ne peut qu’imposer un lourd fardeau karmique à son peuple qui ne l’empêche pas d’agir, se croyant impuissant à le faire.  Mais on pourrait en dire autant de tous les pays où sévit présentement la guerre, à laquelle on ne mettra jamais un terme tant que l’humanité ne remontera pas aux causes du mal, pour la reconnaître et la transcender.  Tout recours aux armes contre ces pays, qu’on croit si efficace, malgré les coûts faramineux en argent et en vies, ne revient qu’à mettre un cataplasme sur une jambe de bois.  Mais on dira qu’on n’a pas le temps, en pareille situation d’urgence, de convaincre les peuples et de mettre en pratique de nouveaux moyens pour en vérifier l’efficacité, surtout que, sans amour sincère, ils ne pourraient qu’être inopérants.

N’empêche qu’il vaudrait mieux rappeler de recourir à l’arme supérieure de l’Amour, qui comporte l’application de l’équité, de la compassion et le pardon des offenses jusqu’à l’oubli, et qui, appliquée par une collectivité imposante, ne pourrait que donner des résultats magiques contribuant à élever la conscience du monde entier, plutôt que de l’abaisser par des menaces qui peuvent mener à d’autres interventions belliqueuses plus dévastatrices.  Cela s’appelle l’escalade de la voilence préférée à la pacification de l’Amour pur.  Ainsi, au lieu de consacrer des sommes faramineuses et de sacrifier des enfants innocents de la nation et de verser celui d’enfants tout aussi innocents d’autres pays – qui ne sont jamais que des frères en incarnation — les gouvernants devraient appeler à une méditation nationale sur le thème de la réconciliation planétaire.  Mais il semble que, malgré l’appel du pape et de certains instructeurs spirituels, la planète, qui en a pourtant ras-le-bol, n’ait pas encore tout à fait atteint ce degré de sagesse de chercher toute solution heureuse dans le rayonnement de l’Amour divin.

© 2013-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.  

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