COMPRENDRE LE SENS DU VIDE OU DU NÉANT

La sensation de vide ne démontre pas toujours un état régressif, bien au contraire.  Car il existe un «vide initiatique» tout à fait favorable à l’évolution. Cette expression peut désigner l’état de conscience dans lequel on peut entrer, inconsciemment ou pas, pour s’ouvrir davantage, écarter ses limites habituelles, se débarrasser ses schémas anciens, accéder à un nouveau évolutif.  Dans une période de vide, le sujet doit en profiter pour réviser ses croyances, faires de nouveaux chois, en abandonnant derrière lui les structures, les habitudes, les comportements, les attitudes, les pensées, tout ce qui est désuet, en plongeant en lui-même.  Il doit créer de nouveaux scénarios qui correspondent à une vibration plus élevée.  Dans cet état, il peut recevoir des éclairs d’intuition qui serviront à effectuer un travail intérieur considérable,  C’est par son aptitude à entrer dans le vide, à y plonger à volonté, à en faire un ami qu’il s’aide à évoluer plus rapidement dans un contexte plus heureux.  Le vide survient toujours lorsqu’un candidat laisse partir les aspects de sa personnalité qui ne correspovide-neantndent plus à ce qu’il veut devenir.  Cet état développe un nouveau degré d’abandon de la personnalité pour mieux accepter la direction du Grand Moi.  Il favorise l’émergence d’un nouvel aspect de son Étincelle divine dans sa réalité.

Le vide ne révèle rien d’autre qu’un état de transition et de changement.  Les phases de vide permettent la capitulation de l’ego, ce qui fait de la place à l’Esprit de Vie en soi.   Chacun fait à nombre de reprises cette expérience dans sa vie, s’il accepte d’évoluer, parce que sa compréhension s’affinant, il laisse aller des concepts et des croyances qu’il découvre ne pas faire grand sens.  Dans cet état, l’être incarné ressent ou constate vaguement que ses fondations s’écroulent, ne laissant plus rien de solide auquel il peut s’accrocher.  Mais en s’ouvrant et en s’abandonnant, il sent que sa vie se transforme rapidement, que quelque chose de nouveau se prépare.  Il ressent que quelque chose se passe à l’intérieur de lui, même s’il ne perçoit aucun changement tangible dans sa vie.  C’est une expérience très inconfortable pour la personnalité qui aime les réalités sûres et certaines.  Le vide se ressent dans toute situation de changement, dans toues expérience où l’être en ascension entre dans une dynamique nouvelle, dans toute circonstance où le jeu de la vie se joue d’une autre manière, alors que, dans une perte de repères, ’il n’en connaît pas encore les règles.  Cette expérience contribue d’abord à délivrer son cœur, l’aidant à s’aimer et à s’accepter davantage, à mieux percevoir qui il est et ce qu’on veut vraiment faire de sa vie.

Dans toute période d’incertitude, on devient plus compréhensif, plus rempli de compassion, plus chaleureux, plus amoureux.  Alors, on élève ses vibrations pour passer au-delà de ses habitudes et de ses vieux schémas.  Tout en se ressentant plus rempli de compassion et d’amour, on peut pourtant se sentir moins sociable qu’on l’était.  On peut se retrouver seul, sans réelle relation, se sentir plus distant des êtres chers, éprouver moins de désirs pour les relations physiques intimes.  C’est normal puisqu’on cherche subtilement à libérer son champ énergétique des énergies des autres personnes pour parvenir à élever ses propres vibrations.  On peut se sentir intérieurement vidé ou isolé, même au milieu d’une assemblée ou d’une foule.  On peut ressentir le besoin de passer plus de temps seul, même de s’isoler, dans une quête plus ou moins consciente de mieux s’unir à Son Grand Soi.  Dans une sagesse qui a pu grandir à son insu, on ressent que le contact avec les autres personnes ne peut combler son désir profond de devenir parfaitement soi-même, parfaitement uni à son Essence.  En prenant du temps seul, on apprend à se connaître.  C’est un moment privilégié pour approfondir ses sentiments, ses ressentis et ses pensées, pour repenser à ce qu’on veut faire de sa vie.  Plus on se connaît soi-même, plus le sentiment d’isolement disparaît.

Dans le vide, on peut se sentir physiquement différent, débordant ou vidé d’énergie.  En général, on a besoin de dormir plus que d’habitude pour permettre au travail intérieur de se faire.  On a besoin de plus de repos pour intégrer les changements internes qui se produisent.  On gagnera à ne pas se soucier de ce manque d’énergie qu’on ne peut s’expliquer.  Qu’on accepte de se reposer.   Sinon, on s’expose à se créer inconsciemment des petits malaises pour accepter de le faire.  Parfois, on s’impose de force d’interrompre son travail pour se donner le temps de réfléchir en développant un malaise physique suffisamment important.  Dans le vide, un processus de nature à élever ses vibrations, on traverse souvent une grande période de confusion entraînant bien des hésitations à agir.  Cela s’explique par le fait que l’ancien n’est pas encore entièrement abandonné, alors que le nouveau n’est pas vraiment clairement établi.  L’ancien et le nouveau coexistent pour forcer à faire le ménage dans ses buts, ses objectifs, ses priorités.

Dans le vide, on peut passer par des états d’âme très fluctuants, devenant presque insensible à tout ou plus émotif que d’ordinaire à la moindre frustration.  C’est que le travail intérieur s’intensifie, permettant au mental de changer d’apprendre à penser d’une manière nouvelle.  Diversement, on a de la difficulté à penser comme auparavant, à penser clairement, à rassembler ses souvenirs.  On peut même se demander si on n’est pas en train de perdre la mémoire ou de devenir fou.  On ne sait plus trop ce qu’on veut, quelle décision prendre, comment la prendre, comment la prendre rapidement.  Pourtant, il s’accompagne aussi de longues périodes de grande clarté, remplies de nouvelles idées ou visions, ramenant des souvenirs d’événements passés oubliés depuis longtemps.  Une lumière nouvelle éclaire sa vie faisant voir les choses de manière différente.  On pense à faire le point sur sa vie pour comprendre ce qu’on veut garder et ce qu’on veut abandonner.  Alors, on ressent que certaines choses s’en vont d’elles-mêmes, que certaines choses qu’on pensait établies ne donnent plus les résultats d’antan, qu’on doit abandonner certaines de ses créations.

Le vide aide toujours à faire prendre conscience de ses attachements.  Aussi invite-t-il à examiner ses relations, ses sentiments, ses attitudes, ses valeurs pour remplacer ce qui ne sert plus.  Sinon la période se prolongera au besoin pour qu’on choisisse de le faire.  Le vide est un espace de transition, de passage, qui ressemble au néant.  On ne sait plus quoi croire, quoi penser, quoi faire et on se sent souvent trahi et abandonné.  C’est une période qui appelle à chercher à connaître de façon différente, en abandonnant ses illusions, pour s’ouvrir à de nouvelles connaissances.  C’est un état d’être où il faut miser sur l’immobilité et le silence plus que sur le faire pour se trouver une nouvelle identité.  Il faut changer ce à quoi on s’est identifié jusque là pour se permettre d’évoluer vers une identité plus vaste.  C’est le moment de chercher à mieux comprendre son individualité propre.  Si on se permettait d’entrer quotidiennement dans ce vide plein, quelques instants, pour l’explorer, on n’aurait probablement pas à vivre, comme de force, le vide initiatique.  Le silence est la voie qui mène à de plus grandes connaissances pour découvrir un potentiel énergétique dépassant toute conception.

Car le vide initiatique est plein, permettant d’en ressortir grandi.  Peu à peu, il offre de nombreux chois tirés de toutes les possibilités pour autant on cherche à mieux se relieur à son Grand Soi.  En y élevant ses vibrations, en rayonnant partout amour et lumière, on ne peut que s’attirer de nombreuses possibilités nouvelles.  Dans cet état, il importe de bien mesure ses décisions car elles auront un effet à long terme du fait qu’on se trouve à la croisée de plusieurs futurs probables.  Il faut prendre les bonnes décisions, abandonner ses idées préconçues, partir à la découverte des choix infinis qui se présentent à soi.  Il faut donc prendre le temps de repasser ses rêves, de les ajuster au Grand But, de les imaginer se réaliser.   Car on se surprendra souvent à repasser son passé et à penser à son futur pour découvrir les nouveau choix possibles.  Même si, pour l’instant, on ne voit pas la manière de créer la vie qu’on désire,  il faut continuer à imaginer sa vie idéale.  On se retrouve dans l’état le plus favorable pour attirer à soi les circonstances qui peuvent permettre de réaliser cette vision.

Plus on élèvera ses vibrations, plus on connaîtra souvent ce vide.  Mais ce vide pourra n’affecter qu’un domaine de sa vie, sans impliquer les autres.  On vivra le vide dans les domaines inadaptés au mouvement de la vie qui passe sans cesse.  Peu importent les aspects de sa vie que ce vide implique, on ne s’en sortira bien que si on apprend à s’aimer davantage.  Si on ne s’aime pas comme on est, on s’enfoncera davantage dans le vide, ressentant un plus grand sentiment d’impuissance.   Au contraire, si on accepte de s’aimer, on verra de nouvelles circonstances apparaître, bien meilleures que dans le passé.  En acceptant les circonstances présentes, en les aimant, en y cherchant la lumière, on entrera plus vite dans ses nouvelles visions.

Dans le vide, c’est un tournant qui s’impose.  C’est un moment où une note très profonde est émise à travers soi pour affermir sa détermination, sa volonté, son esprit de décision pour prendre une nouvelle direction.  C’est un moment où le changement s’installe permettant de devenir plus lucide quant à ce qu’on désire.  Bien sûr, au début, on n’est que très vaguement conscient des décisions à prendre et `des moyens à mettre en action.  Mais, si on fait les premiers pas, les étapes suivantes se préciseront.  Ainsi, on quittera progressivement le vide, cet espace d’intuition visionnaire, révélant de nouvelles possibilités, pour accéder à l’espace dans lequel on pourra exprimer ces visions.  En entrant dans un espace supérieur, on apprend à voir où elles portent.  Nul ne doit attendre de perdre des choses dans sa vie pour s’approprier les occasions qui s’offrent dans ce vide.  Dès qu’on ressent intérieurement que les choses ne correspondent plus à ce qu’on est, on doit les laisser aller.  Dès qu’on désire donner une nouvelle direction à sa vie, on doit le faire.  Il suffit de se détendre, de penser de façon ouverte et créative, de s’aventurer par l’imagination dans le monde des futurs probables, en accueillant la nouveauté et en aimant l’incertitude inéluctable qu’elle comporte.

Le passage à vide, l’impression d’un passage à travers le vide, ne résulte pas d’une sanction.  Il vise plutôt à stimuler, à encourager, à ouvrir davantage, à faire de la place, afin d’évoluer avec plus de facilité.  En pareil cas, ce n’est donc pas le moment de prendre des décisions hâtives pour se rassurer ou faire échec à l’indécision.  Puisque l’Univers fonctionne de façon parfaite, on a toutes les raisons de croire que les changements suggérés serviront son évolution.  On ne pourra quitter ce vide que lorsqu’on sera prêt.  Et on est prêt quand on a reconnu le chois intérieur essentiel à faire.  Quoi qu’il en soit, le vide, avec son manque de certitude, de structure, de direction précise, aide toujours à faire de grands bonds en avant.  Au sortir de cette expérience pénible, mais salutaire, on retrouvera son désir de communiquer avec les autres, mais d’une manière différente, plus ouverte et plus respectueuse.  On se sentira plus sûr de ce qu’on veut, de ce à quoi on a droit.  On aura acquis un sens affiné de l’à-propos.  Ayant enraciné ses visions, on verra les résultats bénéfiques de sa gestation intérieure commencer à se manifester.

Il faut aimer le vide, même si rien ne semble d’y passer.  Le vide initiatique est un espace où une grande évolution intérieure s’accomplit.  Il offre l’occasion d’orienter son futur à sa manière, à son goût, à son gré, dans une perspective plus élevée.  Tout temps d’incertitude sert de tremplin pour se propulser vers des possibilités nouvelles, pour accéder aux étoiles.  Encore faut-il savoir se visualiser avec tout ce qu’on désire.  Il faut aimer ce vide, ne serait-ce que pour l’occasion qu’il offre de faire de grands bonds en avant, d’accélérer son évolution.

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Quant au «vide mental», il évoque l’absence de pensée dans la méditation.  Il s’obtient par le filtrage des pensées, pour écarter les idées et les sensations extérieures à l’objet de sa concentration, afin d’atteindre l’immobilité psychique (anéantissement sensoriel et élimination des pensées inutiles du mental).  Évidemment, nul ne peut parvenir à faire le vide mental parfait, il ne peut que réduire au maximum le nombre de ses pensées inutiles en se concentrant sur ce qu’il fait et veut.  Ainsi, le candidat peut se concentrer ses pensées sur le déroulement logique de son souhait afin de faire vibrer correctement le clavier invisible, s’astreignant à développer de nouveaux engrammes, seul gage de son succès.  Sri Aurobindo appelle cet état la «claire austérité» et il la définit comme le moyen qui permet d’engendrer une faille, dans son mental, par laquelle le nouveau monde peut se faufiler, dan son état vivant, actif, dynamique.  D’autres parlent de «transparence mentale» pour préciser cet état dans lequel tout se tait en soi pour que les vibrations supérieures puissent passer sans déformation ni altération dans la limpidité de sa conscience.  Cet état s’obtient mieux dans la pénombre silencieuse et dans l’immobilité physique.

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