LE REJET BLESSE PRONFONDÉMENT PARCE QU’IL REMET EN CAUSE L’ESTIME DE SOI

Le rejet, quand il est réel, représente l’une des pires blessures et il explique un bon nombre des cas de dépression.  Il réveille d’anciennes blessures et il entraîne une baisse immédiate de l’estime de soi.    Ce n’est sûrement pas pour rien que, dans les sociétés anciennes, on choisissait d’exiler un membre indésirable en raison de son comportement perturbateur.  Dans une société, existe-t-il pire châtiment que l’exclusion?   On ne le faisait pas seulement pour se protéger contre ses actes antisociaux, en l’exposant au péril ou à la persécution des étrangers, on le forçait à se regarde en face pour découvrir l’impact négatif qu’il avait sur les autres membres de sa collectivité.

rejet2La peur du rejet prend sa racine autant dans l’atavisme historique que dans les expériences traumatisantes de l’enfance.  D’une part, à une époque lointaine, la vie collective représentait une condition de survie dans un monde hostile, l’isolement prolongé signifiant la mort.  De là, tout être humain compte faire partie d’un groupe cohérent et se sentir accepté, voire apprécié,  de ses membres.  Mais dans sa présente incarnation, il subsiste en lui les souvenirs évanescents de sa peur de l’abandon, en tant que nourrisson, surtout après le sevrage.

Cette peur ne peut que s’’être amplifiée si l’être a vécu des traumatismes comme le fait d’avoir été retiré de la garde de ses parents, comme dans le cas d’une naissance prématurée, d’une maladie infantile ou de celle des parents, peut-être même de leur mort.  Puis il peut y avoir eu des épisodes d’intimidation à l’école, de dérision en raison d’un handicap physique ou mental, sans oublier les cas du mouton noir ou du bouc émissaire.   Le fait d’avoir été élevé par des parents critiques, sévères, sérieux, distants, négligents, absents ne peut qu’avoir compliqué la compréhension de l’enfant et avoir entaché sa conception de la vie et des relations humaines.  Tout cela peut finir par engendrer une paralysie psychique résultant de sentiments d’impuissance et de colère réprimée.

Car, dans la peur du rejet couve souvent la passivité d’un dépendant affectif qui se sent d’être différent et de vivre à part et qui a sans cesse besoin d’être rassuré sur l’opinion ou les sentiments d’autrui.  Sans s’en rencontre, il perd la maîtrise de sa vie, attribuant un trop grand pouvoir aux autres, incapable de donner son opinion.  Ainsi, par sa difficulté à s’assumer, surtout en présence des autres, diversement, il peut croire que les autres détiennent la responsabilité de satisfaire ses attentes, ses désirs et ses besoins ou qu’ils doivent le prendre en charge dans l’intégration au groupe.  Pas de doute qu’il ne puisse qu’accorder une importance exagérée à l’opinion d’autrui et qu’il ne parvienne à s’estime qu’à partir du regard des autres.

Celui qui vit dans la peur du rejet vit dans l’apitoiement.  Il se met à la merci des autres, optant pour un rôle de victime.  Pas étonnant que, au moindre signe de rejet ou de rupture, qu’il endosse tous les torts ou qu’il les projette, il s’empresse de remette en question sa propre valeur, s’estimant moins que rien, ou qu’il cherche à s’isoler.  Alors, il peut entrer dans un cercle vicieux : en venant à vivre dans l’anticipation du rejet, il le crée, puisqu’il attire ce qu’il redoute d’autant plus certainement qu’il le redoute.  Alors, il finit par s’isoler pour s’éviter d’autres rejets.  Alors, vivant dans une solitude amère, il ne cesse de ruminer les événements qu’il a vécus au lieu de penser à tirer les situations au clair et de passer à l’action d’effectuer les changements qui s’imposent.

C’est oublier  que, dans l’établissement de relations interpersonnelles, chacun détient des responsabilités : le devoir de s’engager dans la mesure de son intérêt à faire partie d’un groupe, de s’impliquer activement dans les échanges, de parler honnêtement en révélant son for intérieur, d’écouter et d’observer attentivement pour éviter les malentendus.

Dans une relation affective, celui qui est affligé de la peur du rejet n’est pas reposant dans sa conduite quotidienne.  Dans sa dépendance, il s’inquiète pour un rien, il exige beaucoup de présence, il exprime sans cesse le besoin d’être rassuré sur les sentiments du partenaire et il finit par en faire trop, pour acheter l’amour, vivant dans le stress qui le mène à l’épuisement.  En outre, il se peut que, inconsciemment, il coure après ceux qui ne sont pas en mesure de l’accueillir ou de l’accepter, des névrosés comme lui, incapables d’aimer, d’où il essuie rupture après rupture.

Celui qui se sent rejeté ou qui redoute le rejet doit reprendre son pouvoir.  Il doit commencer par se demander si sa peur est fondée, si elle s’appuie sur la réalité.  Dans bien des cas, elle est irréelle, en ce sens qu’elle traduit simplement une méconnaissance de la manière que se tissent les liens dans les temps présents, une ère de vitesse.  Très individualistes, pressés par le travail et leurs propres nécessités vitales,  les gens deviennent de plus en plus indifférents au destin d’autrui.  Le nouvel arrivant dans un groupe ne doit pas confondre la méfiance naturelle, la prudence, l’indifférence ou la distraction pour du rejet.

En outre, l’impression d’être mal accueilli peut résulter du fait que les autres ne facilitent pas sa propre inclusion dans leur milieu ou qu’ils n’ont pas le loisir de le faire, ce qui peut être interprété comme un manque ce collaboration ou une fin de non recevoir.  Personne n’est appelé à faciliter l’existence d’autrui quand il est déjà surchargé ou dépassé par les événements.   Il appartient à chacun de se faire sa place au soleil.

Si le rejet est réel, le sujet rejeté gagne à commencer par se questionner sur les moyens auxquels on recourt, consciemment ou inconsciemment, pour obtenir un tel résultat, pour s’attirer un tel traitement.  Puis il lui faut rehausser son estime de lui-même, suivre sa propre conscience, apprendrrejete à exister à partir de ses propres critères, prendre ses affaires en mains.  Pour y arriver, il doit apprendre à se connaître pour reconnaître ses forces et ses faiblesses et s’accepter tel qu’il est.

Par bonheur, le rejet réel a cela de bon qu’il informe clairement sur le degré qu’on s’assume dans l’existence;  il aide à mesurer la qualité de ses interactions et à leur apporter des ajustements.

Somme toute, le rejet résulte souvent du fait qu’une personne croit que l’autre, dans sa différence, cherche à envahir, à exploiter ou à mettre en tort.  Alors, il résulte d‘un sentiment d’attaque, qui appelle une défense, qui suggère de protéger sa valeur, ses biens ou son honneur à tout prix.  Il peut sombrer dans la confusion du fait qu’il ne comprend pas qu’il ne veut pas d’abord exprimer une colère, mais qu’il souhaite rendre l’autre conscient de sa peine, de son désaccord, de son manque d’affinité.  Qui est rejeté est trop différent, dangereux ou égoïste pour celui ou ceux avec qui il veut s’associer.

Même quand on se croit seul au monde de son espèce, dans leur amour infini, Dieu, les anges et les guides ne sont jamais loin.  Chacun est éperdument aimé et chéri de toute éternité.

© 2014-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.  

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