PLUS UN ÊTRE EST CONSCIENT, PLUS IL RAYONNE…

En termes banals, le rayonnement désigne le fait de se répandre, de se propager ou de diffuser en ligne droite ou de distribuer une clarté.  En physique, le rayonnement désigne l’émission et la propagation d’un ensemble de radiations, de longueurs d’ondes variées et d’énergies différentes, avec transport d’énergie et possible émission de corpuscules.  En spiritualité, il exprime l’impression de force lumineuse ou heureuse que dégage une personne ou un organisme.

En tant qu’être incarné, l’être humain est enfermé dans un corps physique.  En conséquence, il éprouve toutes les limitations de la matière : il se déplace lentement et maladroitement dans l’espace et il finit par se fatiguer, devant se reposer, refaire ses énergies.  A l’inverse, le déplacement dans le temps se fait en sens unique. Sa pensée n’est en rien limitée, à part dans son entendement, puisqu’elle se déplace instantanément d’un point à l’autre de l’univers rayonnementconcevable, qu’elle peut remonter le cours du temps, pour explorer le passé, aussi facilement qu’elle peut s’élancer pour prospecter l’avenir.  Mais, si l’être humain est de ce monde, il n’appartient pas à ce monde et, par d’autres instances, il n’est pas limité à lui.  A titre d’être multidimensionnel, relié à la Source divine, il rayonne un degré de lumière spirituelle qui correspond au degré de conscience qu’il a atteint.

Fort de ces notions, on devrait mieux comprendre la «loi du Rayonnement» qui comporte ses propres normes.  Ainsi, autant un être doit éviter de mettre sa Lumière sous le boisseau, autant il gagne à éviter de l’exposer ou de l’imposer.  Il doit s’accorder le droit d’être ce qu’il est et le vibrer dans le silence et le secret, donc sans donner d’explication.

Tout être humain représente un être entier, complet, total et parfait en lui-même.  Il est un microcosme doté de tous les potentiels du Macrocosme.  Chacun a été manifesté à l’image et à la ressemblance de Dieu (essence et matière, intuition et intellect).  Chacun détient un rôle et une mission.

Ainsi, il est inutile d’essayer de sauver les autres malgré eux, même nuisible de tenter de le faire.  Chacun doit se sauver de lui-même, au moment où il juge cette entreprise utile.  Inutile d’essayer d’entraîner les autres dans son sillage, de les convertir à ses idées, de leur refiler les vérités qu’on découvre.  Il faut respecter l’innocuité, la non-intervention, le silence et le secret.

En fait, un être sincère brille spontanément sa vérité qui, avec le temps, magnétisera les autres d’elle-même, sans effort.  Portant naturellement témoignage à la Vie, il vivifie tout sur son passage, rendant meilleur tout ce qu’il touche, s’il se présente de façon constructive et amoureuse.

Lorsqu’un autre fait appel aux lumières d’autrui, la personne interpelée doit savoir l’adapter à ses besoins pour éviter de l’aveugler, de lui faire peur ou de le démotiver.  Il ne s’engage à répondre à son appel que s’il possède la compétence, s’il détient l’autorité et s’il reçoit la permission intérieure de le faire.  Une ingérence indue est une transgression à la loi de l’Action personnelle et à celle de la Justice immanente qui mérite sa sanction.

En restant lui-même, en se mêlant de ses affaires, en laissant vivre, un être impressionne si fortement les autres, surtout les êtres réceptifs, qu’ils se tourneront d’eux-mêmes vers la Lumière.  Nul n’est invité à nourrir un autre être à la petite cuillère.  Il doit éviter de prendre le fardeau de qui que ce soit, à moins d’y être invité et de vraiment pouvoir le faire.  Car la loi de la Compassion a été récemment abrogée de manière que chacun trouve ses solutions par lui-même.

Tout être peut émettre des pensées impersonnelles d’amour, de lumière, de paix, de sagesse, de force, de joie ou d’une autre qualité.  Sauf qu’il doit éviter d’envoyer des pensées précises dans l’intention d’influencer le comportement d’autrui, même s’il s’agissait des ses êtres chers.  Même doté des meilleures intentions du monde, nul être incarné ne sait ce qui est réellement bon et profitable pour autrui, ce qu’il doit accepter avec humilité.  Comme il n’a aucune perception suffisante du destin d’autrui, il ne peut, pour se prononcer, se fier à son mental raisonneur qui prétend tout savoir et décider arbitrairement ce que devrait faire autrui.  Suggestionner autrui par la pensée, pour qu’il accomplisse telle ou telle action ou  pour qu’il cesse de l’accomplir, pour qu’il adopte tel ou tel comportement, c’est un choix mental erroné, même quand il croit savoir et avoir raison.

Dans le rayonnement spirituel, l’action mentale doit être impersonnelle et inconditionnelle, dépourvue d’attente et de jugement.  Elle ne doit s’entacher d’aucune appréciation ni d’aucun espoir fomenté par la personnalité.  En renonçant à influencer autrui, de la manière précise qu’il croit être pour lui la meilleure, en se contentant de déverser sur lui des pensées constructives, un être devient un canal impersonnel de la grâce divine.  Aussi doit-il se contenter d’émettre vers autrui des pensées neutres. Il doit intervenir sans se préoccuper du résultat, soit de la manière dont l’autre les utilisera.  Il se limite à déverser sur lui un flot de pensées lumineuses, sans vouloir influencer son comportement de telle ou telle manière particulière et sans chercher à vérifier si son intervention s’est démontrée efficace. Que peut-il savoir du mystère de l’intériorité des êtres?  Aussi doit-il se résigner à rayonner sa pensée vers autrui et à l’abreuver de sa lumière.  Il se présente alors comme un soleil spirituel qui peut nourrir tous les êtres sans acception ni exception, s’absorbant dans la joie de ce qu’il fait.  Autant il doit éviter de connaître le résultat de son impact, autant il doit éviter d’attendre un témoignage de reconnaissance, se satisfaisant d’être un canal de l’Esprit de Vie.  En outre, autant il doit intervenir discrètement, autant il doit garder son action secrète.  Il doit apprécier le seul fait d’être une manifestation bénéfique, tutélaire, mais impersonnelle de la Lumière de l’Absolu.

En déversant sa lumière sur le monde, un être doit éviter de s’interroger sur la manière dont les gens capteront ses effluves puisqu’ils ont le droit de les accepter ou de les refuser.  Ce qu’un être refuse, ce qui est son droit, fait le tour du Cosmos pour revenir amplifié à son auteur, à sa source d’émission.  Dans le rayonnement, il faut respecter entièrement la liberté d’autrui.  Partager sa lumière ne revient jamais à l’imposer.

Qui aide autrui s’aide lui-même, et ceci pour plusieurs raisons : d’abord, à cause de l’Unité qui relie tous les êtres, qui ne sont jamais séparés qu’en apparence ;  ensuite, à cause du mérite ou juste retour naturel qu’il accumule et qui fructifiera dans son destin à venir ;  enfin, à cause du pouvoir qu’il développe pour avoir activé un potentiel, pour avoir développé un don originel.  Ainsi, aider un autre être, visible ou invisible, c’est, à chaque occasion, augmenter son pouvoir de réalisation personnelle correspondant.   Évidemment, l’ego peut tenter de récupérer tout pouvoir à des fins personnelles, ce qui représente un grand danger,  puisque, détourné de sa fonction, il ne peut plus favoriser l’évolution spirituelle d’un individu.  C’est ce qui explique l’importance de l’impersonnalité et de l’inconditionnalité dans toutes ses actes.

Lorsqu’il est assis l’Être de Lumière peut rayonner sa réalité  dans toutes les directions de l’espace.  Lorsqu’il se déplace, il peut penser à purifier la terre qu’il parcourt et à élever la conscience des gens qu’il rencontre.  Mais, dès qu’il réalise que le monde, projection de l’Unique Mental est en lui, non à l’extérieur de lui, il voit la Lumière divine imprégner la totalité des phénomènes perçus.  C’est le rayonnement constant du sage désintéressé qui ajoute sa quote-part au destin du monde et du Cosmos.

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