LE DHARMA, L’ORDRE UNIVERSEL OU COSMIQUE…

Depuis l’ouverture aux religions orientales, notamment à l’Hindouisme et au Bouddhisme, on entend de plus en plus parler du «Dharma».  On entend surtout dire que tel ou tel maître s’est incarné pour rétablir le «Dharma universel».  Mais il est probable que ce mot sanskrit, donc étranger, échappe à la compréhension de l’occidental, tellement moins religieux ou spirituel.  Habituellement, on l’illustre par une roue à 8 rayons.

En lui-même, ce mot de deux syllabes désigne une «loi» ou un «principe».  Mais dans la religion et la philosophie hindoues, dans un sens élargi, ce mot prend une connotation très importante, évdharmaoquant d’une part une «bonne manière de vivre», parce qu’elle est conforme à certaines disciplines qui conduisent à l’Union mystique avec le Brahman.  Sauf que celle-ci varie selon la caste ou la personne qui doivent la découvrir par elles-mêmes.  D’autre part, ce mot met en exergue l’Ordre fondamental et universel, avec sa tradition et sa mission, comme Loi profonde et intérieure qui dirige la Nature, l’action et la vie de l’être humain, comme des collectivités et de l’espèce.

Le Dharma désigne l’Ordre universel cosmique ou la Loi unique et éternelle et il fait référence aux lois régissant le monde, au niveau du macrocosme et du microcosme.  Enfreindre ces lois entraîne un déséquilibre qui met en péril le Cosmos à tous les niveaux.  Ainsi, dans la Roue des réincarnations, la société humaine accède à la Libération dans une ascension progressive en quatre paliers, chacun portant sa dynamique propre à élever la conscience.  Le fait de transgresser les lois cosmiques entraîne un déséquilibre de la société et pourrait entraîner la destruction de l’Univers dans son entier.  Par incompréhension, l’Inde a institué le système des castes, sensés leur correspondre, un système qui, bien qu’aboli, se poursuit.  Outre le devoir en fonction des castes, le Dharma fixe également les missions propres à chacun des quatre âges de la vie (Roue du Dharma) qui vont d’un âge de Lumière à un âge de Ténèbres, pour ramener sans fin dans la Lumière, mais, chaque fois, dans un état plus achevé ou plus parfait.  On comprend alors l’empressement de tant de gourous à vouloir rétablir le Dharma planétaire avec la présente dégradation des mœurs.

De ce fait, on peut l’associer aux expressions de «Loi unique», «cosmique» ou «divine» des spiritualités occidentales, car il s’agit de la Loi innée de l’Être unique et de ses œuvres, comme Principe fondamental de l’Activité cosmique.  Elle révèle le Mouvement juste et spontanément correct des choses, éclairant le caractère éminemment éthique de la Vie, tout en fondant le Code de conduite, appuyé sur des valeurs d’intégrité.

Cette loi fonde la notion de «Devoir suprême», la fonction naturelle et éternelle de l’être distinct, qui appelle à suivre les lois naturelles et les principes cosmiques, à servir l’Absolu avec amour et dévotion.  Elle inculque le Mouvement universel et cosmique, façonnant la Voie du Ciel.  Au pluriel, ce mot désigne les «principes de l’Ordre».

Pour mieux comprendre, on peut se référer aux mots «daruma», «artha», «kama» et «muksha».  Le premier mot, «daruma», désigne l’«enseignement de sagesse».  Avec la majuscule, il désigne aussi un grand être (premier patriarche chinois de l’École Zen, symbole de patience et de ténacité, qui serait resté assis, jambes croisées, durant neuf ans, pour méditer devant un mur.   Le deuxième, «artha» signifie «ce qui est connu», soit les «formes» ou l’«intérêt de soi-même»,  la «satisfaction d’ordre matériel», aussi le «sens» ou la «signification correcte d’une chose»;  encore, une «direction», la «justesse», la «rectitude».  Le troisième, «kama», désigne autant les «désirs», l’«amour sensuel», l’«âme» ou le «plan astral».  Cette inclination conduit soit vers l’ascèse ou la notion de but, soit vers la luxure et la concupiscence.  Il désigne même un dieu, celui du Désir, qu’on appelle aussi le «Mâle éternel», la «Volonté créatrice», figurée par les flèches des cinq sens.  Le quatrième mot, «muksha», dévoile la «Libération spirituelle» qui résulte de l’ascèse, de l’absence de désirs, le but de toute vie humaine.  Il désigne aussi une «figurine à vœux».

Tout bien compris, le «dharma» évoque la conformité à la Loi, donc aux principes universels de la Nature, qui permet d’éviter la déchéance et d’échapper à la souffrance.  Il s’agit d’une droiture naturelle qui se fonde sur le devoir comme inhérent aux circonstances dans lesquelles un être humain se trouve en toutes circonstances.  Il se réalise par l’étude patiente et persévérante des principes de la sagesse, en se fixant un but précis, pour se détacher de la matérialité et des désirs, afin de se libérer dans l’Absolu.

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Le Dharma racial devient synonyme de «mission raciale».  En ce sens, on dit que l’Occident doit conquérir et transmuter la Matière dense, alors que l’Occident doit faire descendre l’Esprit dans la Matière, l’une et l’autre partie du Monde devant partager leurs expériences pour découvrir l’Équilibre universel dans le Juste Milieu entre les influences du Ciel et de la Terre.

Dans le Bouddhisme, le Dharma sthapana réfère à la restauration de la Vraie mission ou le rappel de la Voie juste.  Chaque fois que le «Dharma planétaire» ou «systémique» décline au point que le désordre y règne souverainement, un «Avatar» s’incarne, avec ses associés, pour rétablir l’Ordre, sauvant les bons et anéantissant les méchants, et pour inculquer à la planète ou au système une nouvelle impulsion spirituelle.  Cette mission s’exercerait autant au niveau politique et social que spirituel pour mettre un terme aux expériences stériles des êtres incarnés et pour engendrer les conditions d’un nouveau départ évolutif des espèces.

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