Après avoir développé l’être, vient le moment de l’action.  C’est le moment où l’individu perçoit sa place dans l’Univers, acceptant de jouer son rôle et de prendre position par rapport à son évolution.  Au contraire, tant que ce développement n’est pas complété, il se sent impuissant et il développe un esprit critique envers lui-même et envers tout ce qui l’entoure.  Il ne réalise pas que la perfection du monde n’est pas complétée du fait qu’elle dépend de tous les êtres et que nul ne peut se contenter de s’asseoir et de blâmer les autres pour ses erreurs.

            La perception juste permet d’établir un lien entre les événements sans y percevoir la moindre erreur, mais n’y trouvant que des vérités moindres qui évoluent vers des idées plus grandes.  Qui s’extrait de l’échelle des valeurs s’alarme de la moindre anomalie : il perçoit ici un animal monstrueux, il voit là un insecte nuisible, il aperçoit ailleurs un corps infirme ou un visage difforme.  Celui qui réagit ainsi ne parvient plus à comprendre que chacun est un artisan capable de se servir de l’énergie et de lui assigner une direction.

            La Nature atteint son accomplissement le plus élevé dans la forme humaine.  Elle commet certaines erreurs apparentes, mais tout comme dans une usine de plastic, elle refond le vase mal formé pour le retourner à la Matière première.  Ainsi, elle retourne à la Source beaucoup de plantes et d’êtres qui se sont manifestés, par la lutte, dans un contexte défavorable.  La Nature ne s’en attriste pas, elle œuvre à se perfectionner. 

            Mais l’homme ne comprend pas qu’il puisse exister des déformations, d’où il se chagrine.  Cela s’explique par le fait que sa compréhension des causes est très limitée.  Ce n’est qu’à partir du moment où il cherche une solution à son dilemme de compréhension qu’il peut trouver une réponse.  Il peut chercher longtemps, la lumière lui venir tard, mais elle finit toujours par lui parvenir, et c’est ce qui importe.  Beaucoup ne veulent pas faire cet effort de compréhension et ils se satisfont des réponses qu’ils ont sans chercher davantage.  Ils ne font pas usage de leur forces, attentant d’être obligés de le faire.

            Il est difficile de comprendre l’action qu’on peut exercer si on n’a pas développé cette aptitude à comprendre et à observer qu’on appelle la clairvoyance.  Nombre de ceux qui ont atteint ce degré de vision ont sombré dans le déséquilibre, devenant névrosés.  Cherchant l’évasion ou l’originalité, ils ont vite opéré une révolution, après leur première évolution.  Manquant personnellement de force, incapables de trouver quelqu’un sur qui s’appuyer, ils se sont trouvés seuls et perdus.  Pourtant, il n’appartient pas à l’ordre de la logique de se retirer de son milieu en l’abandonnant puisqu’il est formateur.  Tous les conflits auxquels on y est confrontés deviennent autant de moyens de se guider.

            En vérité, l’être humain parvient à la réalisation de lui-même, c’est-à-dire au plein épanouissement de son entité, lorsqu’il parvient à se situer dans l’ordre et qu’il entre dans le mouvement universel à travers toutes les parties de son organisme.  C’est pourquoi l’adepte du Yoga accepte de prendre conscience de la réalité de son corps et de le soumettre à une rigoureuse éducation par le mouvement sous toutes ses formes.  Il met ses muscles en mouvement pour les alimenter, les assouplir, les développer harmonieusement.  Par cette discipline, qui éveille tout son corps à la conscience, il arrive à expérimenter les bienfaits de la sécurité et de la plénitude du monde extérieur.

            Depuis longtemps, à la lumière de la sagesse acquise dans leurs recherches et leurs méditations, les Orientaux enseignent que le corps physique opère sous la tutelle d’une partie directrice, appelée le «conscient», et d’une partie inspiratrice, appelée le «subconscient».  Pour arriver à se servir de cette faculté directrice de façon harmonieuse, il faut commencer par développer le système de communication qui existe entre le corps et de centre de commandement.  En langage oriental, c’est par le travail et l’éveil des secteurs nerveux des chakras, qui régissent l’activité des différentes fonctions du corps, qu’un être accède à la conscience.      

 

Janaka-anandâ © 1980-2014 Yogi Inn, Vermont, USA.

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