LE CHÔMAGE, SURTOUT PROLONGÉ, ATTENTE À LA DIGNITÉ INDIVIDUELLE ET À L’ESTIME DE SOI…

Le chômage désigne l’interruption forcée ou la cessation contrainte de l’activité professionnelle ou du métier, généralement par licenciement.  Pendant la période ou la situation résultant d’un arrêt de travail, selon le temps qu’il a travaillé, ce qui exige un minimum de mois, le travailleur peut recevoir une allocation qui n’est versée qu’aux demandeurs d’emploi qui ont participé à un fonds spécifique.

Après une longue période de chômage, l’être humain perd en sens de la dignité personnelle et en estime de lui-même, même qu’il devient apathique et dépendant, perdant tout goût à l’activité physique dans un cadre rigide.  Si la nécessité se présente de chercher un emploi, pour mieux assurer sa subsistance, il se cherche sporadiquement du travail, sans méthode et sans motivation, priant pour ne pas en trouver.  Inconsciemment, il n’est prêt à accepter qu’un emploi qu’il conçoit comme le travail idéal qu’il mérite, un travail grassement rémunéré qui ne perturbera pas trop ses petitechômeurs habitudes.  Pas étonnant que son indolence ne lui apporte pas de résultats fructueux dans sa démarche.  Pour lui, le travail présente une influence vile, servile, vicieuse et menaçante pour sa tranquillité et son bien-être.

Le chômage représente une condition avilissante et un héritage grossier pour l’être incarné puisqu’il l’empêche d’exercer ses plus belles facultés et limite sa liberté.  Et il vitupère et fulmine intérieurement conte cet esclavage contingent.  Cet ex-travailleur devrait comprendre que, puisqu’il a encore besoin d’argent pour vivre, s’il ne peut se l’attirer par la sueur de front, il doit se la procurer par la sueur de bras.  Il est normal qu’il travaille pour se procurer cet argent.  Il a tort de s’installer dans l’oisiveté, où il croupit, bien qu’il laisse généralement entendre qu’il s’y épanouit, et de vivre aux crochets des autres ou de la société.  Ce qui est toujours le cas, s’il ne s’est pas amassé un petit pécule personnel pour parer à ses besoins.  Et, pour sa motivation à retourner au travail, il doit réviser sa notion de cette contingence, lui redonner son véritable sens.  D’abord, pourquoi est-il opposé au travail?  Il sait fort bien qu’en ce bas monde, toute expérience humaine contient sa part d’agrément et de désagrément qui commande un effort physique ou mental.  Même dans le divertissement, il faut produire un effort.  Et c’est là qu’il devrait comprendre son désinvestissement.  Pourquoi apprécie-t-il ses loisirs?  Parce qu’il les choisit par goût, éliminant tout sentiment d’aversion.

Alors, puisqu’il doit travailler, pourquoi ne prendrait-on pas le temps de trouver un travail à son goût, en déterminant avec précision ses affinités?  Et si un travailleur n’a pas la compétence pour se dénicher cette activité valorisante, pourquoi n’a-t-il pas prévu de se former, dans sa période de transition, ce qui peut souvent se faire à moindres frais ou de façon autodidacte.  Un être n’éprouve de l’aversion pour le travail  que s’il ne s’investit pas dans une activité utile ou valorisante.  Celui qui aime sa tâche ne s’y adonne pas comme un robot, gardant toute sa pensée et toute sa conscience rivées sur les moments de liberté et de loisir.  Il travaille sans voir le temps passer.

Souvent, le problème du chômeur, c’est qu’il attend qu’on lui trouve un emploi au lieu de se créer son propre emploi.  Il devient un dépendant chronique qui a sapé ses dynamismes vitaux dans l’oisiveté qu’il chérit, même s’il s’ennuie et stagne.  Il ne s’est pas dégagé de la mentalité grégaire et servile qui amène à considérer comme fatale la nécessité d’accepter n’importe quoi quand on n’a plus de ressources financières et la propension à prendre du bon temps quand on est en chômage.  Se sentant désinvesti, humilié, dévalorisé, on s’isole et on tourne en rond au lieu de se prendre en main.  Curieusement, pour la majorité des individus, ils s’occupent au ralenti pendant cinq ou six jours de travail et, en fin de semaine, en quelques heures, ils dépensent plus d’énergie que tout au long de la semaine, pour compenser à leur ennui ou à leur démobilisation.  Ils sont improductifs au travail et stériles dans leurs loisirs, s’activant dans des futilités pour se donner l’impression de vivre intensément.  Une telle attitude ne peut être qu’abrutissante et faire mépriser la valeur sacrée du travail.

Nul ne peut réussir dans la vie ni réussir sa vie sans aimer ce qu’il fait.  Alors, pourquoi se contenter d’une occupation médiocre qui ne comble pas?  Un jour, il faut décider de s’investir dans quelque chose prend pour soi un sens.  Mais voilà, le chômeur chronique ne sait plus ce qu’il aime parce qu’il a laissé sa créativité s’ankyloser, flétrir sa dignité, étioler sa joie de vivre dans l’amertume et l’inactivité.  Il y a perdu sa confiance en lui-même, son estime de soi, son sens de l’échange et du partage humain. chomage

Dans les circonstances actuelles, il est certain que ses intérêts principaux d’un être particulier peuvent difficilement être assouvis dans l’emploi, en raison de sa rareté.  Mais ce n’est pas une raison pour négliger des intérêts secondaires qui pourraient éventuellement conduire à satisfaire ses intérêts principaux.   Il faut bien commencer quelque part si on ne veut pas rester au rancart et sombrer plus profondément dans l’inertie et le désespoir.  Ne vaut-il pas mieux trouver une satisfaction moindre, dans un secteur secondaire de ses intérêts, que d’accepter une corvée ou de croupir dans l’indolence.  Il s’agit de se permettre de trouver progressivement sa motivation dans une activité créatrice.

Quelqu’un ne déteste jamais le travail que parce qu’il accepte une tâche très éloignée de ses intérêts ou parce qu’il n’a pas découverts ses talents créateurs, à moins d’être un paresseux ou un flâneur professionnel.  Quoiqu’on dit que la paresse n’existe pas vraiment, elle exprime simplement un manque de motivation pour une activité particulière.  Il n’empêche que le travail reste, dans les temps présents, une nécessité évolutive qui permet de développer la dextérité créatrice et d’apprendre à fraterniser dans la solidarité humaine.

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