NOTRE AMI LE CHIEN, UN MODÈLE DE DÉVOUEMENT ET D’AMOUR INCONDITIONNEL

Les premiers mammifères apparurent il y a deux cents millions d’années et, comme ils se nourrissaient d’herbe, ils peuplèrent la plus grande partie du globe.  Il y a environ cent millions d’années, la diversification des espèces donna naissance aux Créodontes qui, pour leur part, se nourrissaient de chair.  Ils devinrent les premiers carnassiers.  Les Créodontes évoluèrent à leur tour et, cinquante millions d’années avant l’ère présente, ils laissèrent la place aux Miacidés, des petits carnivores de la taille et de l’apparence de la belette.  Ils colonisèrent d’abord l’Amérique du Nord et, plus tard, l’Eurasie, une région qu’ils gagnèrent par le détroit de Béring, à l’époque non encore immergé.  Cela se passait il y a trente-cinq millions d’années.  Pendant les vingt-cinq mchienillions d’années suivantes, cette famille de carnivores s’implanta dans différentes régions, évoluant en fonction des climats, des terrains et des différentes proies auxquelles ils durent s’adapter.  Les Miacidés devinrent les «Cynodictis», puis les «Hesperocyons» et, enfin, les «Tomarctus».

Il y a dix millions d’années, des sujets repassés en Amérique du Nord, au hasard de leurs migrations, finirent par s’y fixer. C’est alors qu’apparut le «Canis Lépophagus», qu’on peut à juste titre comme l’ancêtre du canidé moderne.  À son tour, ce dernier repassa le détroit de Béring.  En Amérique du Nord, il donna, dans sa descendance, le chacal et le loup américain, tandis que, en Eurasie, il engendra  le «Canis Lupus Chanco» et le «Canis Lupus Pallipes».  Ce dernier animal est à l’origine des Chiens dits primitifs, une race que les êtres humains n’ont jamais réussi à domestiquer, d’où leurs caractéristiques ont gardé des traits voisins de l’animal originel, comme c’est notamment le cas chez le dingo australien, apparu il y a douze à treize mille ans.  En Europe le «Canis Cipio» engendra ultérieurement le coyote, tandis que le «Canis Etruscus» donna naissance au loup européen.  La période historique qui suivit ne permet pas de préciser exactement la filiation et l’évolution des différentes espèces.  Ainsi, on ne sait pas trop quel animal, du chacal, du coyote ou du loup, est le grand-père du «Canis Familiaris», le véritable aïeul du chien moderne?  Suite à des fouilles, les théories scientifiques actuelles, s’appuyant sur de récentes découvertes, tendent à identifier le loup.  Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, on distingue deux branches issues de cette évolution : le «Canis», qui comprend le chien, le loup, le chacal, le coyote et l’hyène et le «Vulpus», qui regroupe toutes les variétés de renards.

De nos jours, on définit le chien comme un mammifère domestique de la famille des canidés, proche parent du loup et du renard.  On le considère comme le premier animal sauvage à avoir été domestiqué.  Autrefois regroupé dans une espèce à part entière, connue sous le nom scientifique de «Canis canis» ou encore «Canis familiaris», on a dû admettre qu’il provenait d’une autre origine.  Par défaut, les scientifiques regroupent l’ensemble des races de chiens au sein d’un groupe nommé «Canis lupus familiaris», une sous-espèce de «Canis lupus», à laquelle appartiennent également d’autres sous-espèces comme le loup gris.  Curieusement, des chiens domestiqués, tournant au marron, ont créé leur propre groupe homogène qui est considérés comme une autre sous-espèce du «Canis lupus», par exemple les dingos et le chien chanteur.

À notre époque, il existe de nombreuses races de chiens.  Environ les trois quarts de celles qui sont reconnues sont très anciennes et elles sont issues de la sélection naturelle, produite selon les lois du morphisme, combinée à une sélection artificielle relative au comportement, dont on trouve des exemples dans l’Husky sibérien et le Berger de Brie.  Le dernier quart provient d’une sélection artificielle récente, comme c’est le cas du Berger allemand et du Golden Retriever.  Ces dernières races ont rapidement gagné en popularité du fait qu’elles ont été modelées à la convenance de l’homme.  D’autres races de chiens furent créées à partir de croisements antérieurs.  Actuellement, pour qu’un chien mérite l’appellation de race pure, selon la loi dans les pays régis par la «Fédération Canine internationale» (dont les pays d’Amérique du nord et d’Europe), il doit obligatoirement être inscrit dans les registres des origines de son pays de naissance.  Sans cet enregistrement, bien qu’un chien semble appartenir à une race, on ne peut jamais savoir s’il ne procède pas de croisements, dans son lignage, d’où il devrait être légalement considéré comme un membre d’une race bâtarde.

On s’entend généralement pour dire que le loup est l’ancêtre du chien, mais des expériences en cours depuis une cinquantaine d’années, ajoutés à des croisements sélectifs de renards, semblent donner des résultats similaires à ceux observés chez le chien (comportement particulièrement social, pédomorphisme, tempérament enfantin, etc.)  La domestication du chien commença probablement entre seize et quinze mille ans avant J-C., chez des groupes de chasseurs.  Le chien primitif serait un chien de chasse qui aidait l’être humain.  Le chien aurait été préféré à d’autres animaux tels le chacal ou des rongeurs.  C’est le seul animal qui a été maintenu en dépendance du fait qu’il a démontré le plus d’aptitudes à une socialisation primitive.  En réalité, les premières traces de cohabitation et de domestication du «Canis familiaris» remontent à environ dix mille ans.  L’homme de l’époque vivait en groupe hiérarchisé, comme le chien vivait en meute.  En outre, il chassait le même gibier et il fréquentait les mêmes territoires.  Tous deux démontraient un fort instinct grégaire, une nécessité de survie.  Il est probable que cette promiscuité, ajoutée à cette concurrence, ait donné lieu à de sanglantes rencontres avant que quelques représentants canins, peut-être tenaillés par la faim, ne se laissassent tenter par la chaleur d’un foyer.  On peut résumer ainsi les premières tentatives visant à former une indissociable coopération.  Très vite, l’homme a compris les avantages qu’il pouvait retirer des merveilleuses qualités de cet animal.  Celui-ci était doté de sens plus aiguisés que les siens, de facultés physiques mieux adaptées à la chasse, d’une endurance supérieure à la sienne et d’une socialisation facilitée par sa volonté d’intégration instinctive.  Dans chaque région, sous chaque climat et à chacune des étapes de son évolution et de sa survie, l’homme a pratiqué un élevage sélectif qui a affiné les caractères spécifiques du chien et a donné à sa race autant de variétés qu’il y avait de situations différentes.  Avec le temps, à partir de l’emploi primitif de chasseur qu’on lui avait attribué, le chien est devenu le gardien efficace des habitations sédentaires ou nomades de l’homme et des troupeaux qu’il élevait.

Ce n’est pas d’hier que, dans certaines civilisations, on consomme la chair du chien.  En particulier, le chow-chow et les chiens nus américains (chien nu mexicain et chien nu péruvien) étaient sélectionnées spécifiquement comme source de viande.  En fait, le chien a été inclus dans l’alimentation humaine sur pratiquement toute la planète, sauf chez les Musulmans, car leur religion interdit la consommation de la viande des canidés.  Les Gaulois mangeaient du chien, comme l’ont démontré des excavations de tombes.  En France, on trouvait quelques boucheries canines jusqu’à la première moitié du XIXᵉ siècle.  De nombreux écrivains du XIXᵉ siècle (Victor Hugo, Gustave Flaubert et d’autres) décrivent des repas comportant de la viande de chien.  Actuellement, en France, rien n’interdit encore la consommation de la viande canine, sauf que la «Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes» peut faire fermer un établissement qui vendrait de la viande canine sous une autre appellation. En Allemagne, la dernière boucherie canine a fermé dans les année 1940.  N’empêche qu’il est culturellement mal vu de consommer du chien en Europe, aux États-Unis et au Canada depuis quelques décennies.  Mangé traditionnellement en Chine (République populaire de Chine et République de Chine), en Corée, au Vietnam, aux Philippines, au Laos ou au Myanmar, cette viande sert en part importante dans l’alimentation du fait qu’elle est plutôt maigre et riche en protéines.  En Chine, on considère la chair de certains types de chiens, consommés en fondue plutôt par les hommes, comme bons pour les reins.  On lui attribue des vertus excitantes proches du café.  Mais certains pays d’Orient, notamment la Chine, sont le théâtre d’un trafic de chiens, détenus et utilisés dans des circonstances que les  associations de défense des animaux qualifient d’inhumaines, d’où elles s’insurgent contre ces pratiques.  En Afrique Sub-saharienne, il n’existe aucun tabou par rapport à la viande canine et il est possible d’en consommer dans plusieurs pays (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Bénin, Togo, etc.)

Dans certains pays, les fourrures du chien et du chat font l’objet d’une demande importante dans les industries de la mode.  Elle est désormais interdite d’importation et d’exportation en Europe depuis janvier 2009.  Les mesures prises par l’Europe dans ce domaine visent à mettre fin aux abus constatés dans le commerce des fourrures, en particulier en provenance des pays asiatiques, dont l’étiquetage est souvent mensonger (fourrure de chat ou de chien importée sous d’autres désignations, par exemple, comme fourrure synthétique).  Encore une fois, ces pratiques seraient en particulier le fait de la Chine, qui se livrerait à l’élevage de ces animaux dans des conditions particulièrement choquantes afin d’être en mesure de faire le commerce de leur fourrure à grande échelle.

Malgré sa domestication et la dépendance à l’homme qui en découle, le chien a gardé sa musculature athlétique qui en fait un animal sportif et actif.  Il possède un thorax large et descendu, de même que des pattes qui ne reposent au sol que par leur troisième phalange.  Les membres antérieurs comportent quatre doigts, les postérieurs généralement cinq, le pouce pouvant manquer, chez certaines races.  S’il existe, il ne touche simplement pas le sol.  Les doigts se terminent par des griffes et ils sont soutenus par des coussinets plantaires.  Ce qui fait du chien un digitigrade.  Chez cet animal, la taille et le poids varient énormément d’une race à l’autre.  Par exemple, dans les extrêmes, le poids du chihuahua peut être de 900 g tandis que celui du mastiff peut atteindre 140 kg.  L’espérance de vie de cet animal est en moyenne de onze ans, mais elle peut s’étaler de huit à vingt ans.  Son sens de l’orientation est beaucoup plus précis que celui de l’être humain.  De même, son sens de l’équilibre serait légèrement plus développé.  Son cerveau des chiens reste d’assez petite taille, puisqu’il ne pèse, en moyenne, que les deux tiers de celui du loup.  En revanche il possède des sens très développés, notamment l’odorat qui est trente-cinq fois plus développé que chez l’être humain.  Sa membrane olfactive mesure 130 cm2 (contre 3 cm2 chez l’homme).  Il faut noter qu’à partir de ce sens, il peut discerner : il est capable de déceler et de suivre une odeur précise parmi une multitude d’autres odeurs, même si celle-ci est en proportion infime.  L’être humain profite de cette aptitude, l’utilisant pour la recherche de drogues, d’explosifs, de personnes disparues, etc.  Il détient également une ouïe très précise : il est capable d’entendre des sons inaudibles pour l’homme comme les ultrasons qui l’agacent au plus haut point.  De plus, les oreilles du chien peuvent s’orienter vers une source sonore en pivotant grâce à l’intervention de nombreux muscles.  Enfin, il peut dissocier les sons pour ne se mettre à l’écoute que des sons qui l’intéressent.  La vision du chien se démontre meilleure de nuit, car, même s’il distingue mal les couleurs et les détails –-du fait que son spectre visuel ne varie que du jaune au bleu– il offre, derrière la rétine, une surface réfléchissante derrière la rétine (le «tapetum lucidum») qui renvoie la lumière et lui donne un effet d’yeux brillants dans l’obscurité.  Le champ de vision du chien est d’environ 250 degrés.  En revanche, son sens du toucher est en revanche peu développé, d’où il peut faire la différence entre une caresse et une correction, la chaleur et le froid, mais de façon limitée.  De même, son goût est peu développé puisque son rôle, relativement limité, est compensé par un odorat fin

Les chiens ont un rythme cardiaque très particulier puisqu’ils sont en mesure de contrôler leurs battements de cœur, ce qui leur permet de gérer leur température corporelle.  Surtout, ces animaux, en particulier les plus grands et les plus musclés (comme les Terre-Neuve et les Boxers) et les plus vifs (les Bergers des Pyrénées et les Terriers) ont besoin d’espace et de jeu.   Le jeu est indispensable à leur équilibre psychologique, même chez le chien adulte, car il permet d’évacuer les tensions accumulées.  À défaut d’un jardin où il pourrait séjourner autant de temps qu’il le souhaite, qui possède un chien devrait le sortir au moins quatre fois par jour (environ une fois toutes les six heures, c’est-à-dire deux fois moins qu’un humain allant aux toilettes) pendant une vingtaine de minutes, histoire de lui permettre de dépenser son trop-plein d’énergie.  Mais, aussi et surtout, cela lui éviterait les infections urinaires, généralement consécutives à une trop longue stagnation de l’urine dans la vessie.  Cette moyenne de quatre sorties par jour devrait être augmentée en cas de risque aggravé d’infection urinaire, risque signalé par un vétérinaire.  C’est le cas notamment de certaines races de chiens, comme les bergers allemands (susceptibles de connaître de nombreux problèmes rénaux) ou les autres chiens qui consomment des aliments peu recommandables.

Comme l’homme, le chien est un animal social qui aime les contacts.   Pour lui, le marquage du territoire est un acte d’une grande importance.  Il ressent le besoin de flairer ses propres traces, celles de ces congénères et d’en déposer de nouvelles.  La solitude le fait grandement souffrir puisqu’il a toujours besoin de faire des rencontres avec des congénères.  Il se met fréquemment à la recherche de partenaires, que ce soit pour le jeu, le toilettage mutuel ou la reproduction.  Si on laisse son chien seul toute une journée, il faut garder à l’esprit que, à défaut de présence humaine, pour lui, le meilleur compagnon reste un autre chien.  Toutefois, il faut veiller à n’amener un autre chien sur le territoire du sien qu’après avoir vérifié ses réactions au moment d’une double promenade.  Un chien qui n’en connaît pas un autre se battra immanquablement avec lui s’il n’accepte pas de sociabiliser et de jouer avec lui.

L’éducation fait aussi partie de la santé de l’animal domestique.  En cela, l’autorité du propriétaire doit être fermement établie dès que possible.  En outre, c’est par la socialisation qu’on peut intégrer un chien au sein d’une famille, surtout s’il s’y trouve des enfants ou d’autres animaux domestiques.  Comme pour tout apprentissage, il n’y a pas qu’une technique efficace dans toutes les situations, mais une large palette de moyens d’apprentissage.  Il revient à chaque maître de trouver celle qui fait le mieux comprendre à son chien ce qu’il attend de lui.  De plus, bien que certaines races de chiens soient naturellement plus calmes que d’autres, le comportement d’un chien dépend toujours de l’éducation et de l’attention qu’on lui a prodiguées.  Il faut toujours rester conscient qu’un animal reste un animal, avec sa part d’instinct, notamment celui d’un prédateur.  En matière d’éducation canine, contrairement à certaines idées reçues, certains croient que les femmes obtiennent de meilleurs résultats que les hommes à cause de leur voix plus fluette, comportant des tons plus élevés en fréquence, donc mieux adaptés à l’audition canine.  Les hommes, en effet, ont une voix de 75 Hz, leur premier surton étant de 150 Hz, alors que les femmes possèdent une voix de 150 Hz, avec un premier surton de 300 Hz.  Quand à la langue de dressage, il semble que les ordres donnés en anglais et en allemand aient plus d’impact, alors que les compliments sont mieux reçus en en italien ou en français.

L’alimentation doit être adaptée aux besoins spécifiques du chiot ou du chien adulte.  Une alimentation saine et équilibrée leur assure une croissance ou un maintien harmonieux et elle contribue au bien-être, à la forme et à la longévité du chien.  Toute modification alimentaire doit se faire progressivement, par exemple sur une semaine, afin de lui permettre de s’adapter aux niveaux gustatif, digestif et métabolique.  Le temps permet à sa microflore intestinale, beaucoup plus adaptée que celle de l’homme à ce que le chien mange, de se reconstituer spécifiquement de manière à mieux digérer le nouvel aliment.  Cet animal n’est heureux que s’il reçoit le même aliment chaque jour à la même heure, au même endroit, dans la même gamelle.  Il faut adapter le nombre de repas à son état physiologique en prenant soin de le peser régulièrement.  Il faut calculer ses rations quotidiennes en fonction de son besoin énergétique de en les pesant régulièrement et en les adaptant à l’évolution de son poids afin d’éviter toute dérive lente vers l’obésité.  Qu’il soit familial ou industriel, l’aliment doit renfermer tous les nutriments dont le chien a besoin, il doit être donné en quantité satisfaisante et dans des proportions adaptées à son gabarit (petit, moyen ou grand chien), à son état physiologique (entretien, reproduction, sport), à son âge (chiot, adulte mature, chien âgé), voire à son niveau d’activité physique (actif, sportif, passif, dormeur).   En effet, la manière de donner compte autant que ce que l’on donne.  Enfin, il faut éliminer les déchets de table, les friandises, les sucres, les pâtisseries, le chocolat de l’alimentation d’un chien.  Le chocolat contient de la théobromine, substance mal tolérée par les chiens : même à dose faible (deux grammes pour les plus petits), il peut leur être fatal.  Pour le choyer, il vaut mieux recourir, par exemple, à de petites croûtes de fromage.  On gagne à régler l’efficacité du rationnement et son adaptation sur la base d’éléments aussi simples que l’évolution de son poids, la qualité de son poil et l’apparence de ses excréments, son appétit et son comportement au quotidien.

Contrairement à une idée largement répandue, on n’a pas à varier l’alimentation d’un chien.  Même que des changements trop nombreux peuvent provoquer chez lui des problèmes de santé ou de comportement.  En effet, sa flore intestinale s’est adaptée à sa nourriture quotidienne et elle risquerait de se trouver modifiée par un nouvel apport nutritionnel, provoquant chez lui des désordres digestifs, par exemple la diarrhée ou une gastro-entérite.  Les différentes sources irrégulières d’apports en minéraux, graisses, vitamines et autres nutriments pourraient aussi provoquer, à la longue, des carences nuisibles à sa santé.  Par ailleurs, les nouveaux choix qu’on lui ferait pourraient déclencher des préférences alimentaires et éveiller d’éventuels caprices, ce qui pourrait l’amener à bouder sa gamelle.  Le chien n’a pas besoin de grande variété de nourriture.  Pour cette raison, une fois qu’il est habitué à une ration, complète, il est préférable de ne pas en changer.  Il existe pourtant des moments incontournables où il faut lui proposer un nouvel aliment.  Tout d’abord, il peut y avoir des raisons médicales : la prescription d’un aliment diététique en cas d’obésité, d’insuffisance rénale, cardiaque, hépatique, aliment susceptible de contribuer nettement à améliorer ses conditions de vie.  Il y a aussi des raisons physiologiques puisque les besoins nutritionnels de tout animal évoluent au cours de sa vie. Un chiot en croissance n’a pas les mêmes besoins qu’un adulte ou un animal âgé.  Le mode de vie intervient aussi : on ne donne pas le même aliment à un chien en période de chasse intense que s’il hiverne à la maison, bien installé sur sa couche, en attendant la saison suivante.  Dans tous ces cas,  il convient de bien préparer la transition alimentaire du fait qu’un changement brutal pourrait provoquer des troubles digestifs : diarrhées, vomissements, etc.  De plus l’animal peut tout simplement refuser le nouvel aliment en raison de la différence de goût.  Ainsi, pour que tout se passe bien, en cas de transition alimentaire, il est nécessaire de suivre quelques règles simples en l’encadrant bien.  Par exemple, on peut incorporer progressivement le nouvel aliment à l’ancien.  En outre, la durée de la transition peut être rallongée si l’animal refuse son repas.  Quand il s’agit d’alimentation humide (nourriture en boîtes), l’appétence peut être quelque peu stimulée en servant l’aliment tiédi.

L’abreuvement du chien doit être suffisant.  On doit laisser constamment à l’usage du chien une eau potable, fraîche, la renouvelant souvent, retenant que sa consommation moyenne est de 60 ml par kilogramme de poids corporel et par jour, et qu’elle augmente chez le chiot, chez la chienne qui allaite, sous un climat chaud et en période de travail.  Comme pour tout animal domestique, il faut veiller à mettre de l’eau à disposition, jour et nuit, et en quantité suffisante.  Cependant, lors du repas il faut penser à retirer la gamelle d’eau, car l’ingestion de liquide rend la prise de nourriture plus difficile.  On pourra remettre l’eau environ un quart d’heure une fois le repas terminé.  Le chien est un carnivore à tendance omnivore.  Certains le considèrent résolument comme un animal omnivore du fait de son comportement opportuniste.  Un tiers environ de son alimentation devrait être constituée de viandes.  Puisque les céréales et les légumes contiennent des fibres, ils permettent à l’animal de mieux digérer.  Même si le chien peut se permettre de manger plusieurs catégories d’aliments (viandes, poissons, légumes et autres), certains présentent pour lui de réels.  Les propriétaires sont souvent tentés de donner des os à ce merveilleux compagnon.  Pourtant, il faut savoir que certains d’entre eux sont pointus ou friables (os de poulet par exemple) et qu’ils peuvent causer des lésions après l’ingestion.  Il en va de même pour les bouts de bois que le chien à tendance à ronger lors d’une excursion.  Alors, pourquoi ne pas plutôt lui offrir un bel os, comme une rotule de bœuf, sur lequel il pourra se nettoyer les dents.  On peut également offrir des friandises spécifiques, en guise de récompense, à cet animal assez gourmand, dans la mesure où on ne favorise pas le développement de l’embonpoint, un point faible de certaines races (labradors, boxers, etc.

Comme compagnon de l’être humain, en dehors du cadre familial, où il aime se dépenser, partager les jeux et les joies, tout en protégeant le foyer où il monte la garde, on trouve le chien dans diverses activités.  On s’en sert pour de nombreuses tâches qui font appel à des qualités spécifiques, selon les besoins.  Depuis longtemps, les chiens des bergers surveillent les troupeaux en montagne.  Au XIXe siècle, notamment en France, en Belgique et aux Pays-Bas, on utilisait des chiens, appelés chiens de charrette, pour tirer la petite voiture des livreurs de lait, une pratique désormais interdite.  On peut se servir des chiens de race, reconnus pour leur résistance et leur endurance, comme animal de trait, de sauvetage et d’assistance.  Les chasseurs (chien de chasse), les chercheurs de truffes (chien truffier), les forces policières (chien de détection dans la lutte anti-drogue) et les sauveteurs (chien pisteur comme le berger allemand) recourent aux chiens reconnus pour leurs capacités d’attention, d’obéissance et de flair.  Le chien de garde doit se monter à la fois agressif et soumis.  D’autres chiens sont dressés pour l’aide auprès des personnes handicapées, notamment les personnes non voyantes (chien guide d’aveugle, comme les labrador).  Enfin, celui qui est suffisamment curieux, enjoué, complice avec son maître, peut servir comme chien de cirque, chien acteur de cinéma, chien de sports ou de loisirs.  On fait aussi appel au chien en temps de guerre, rappelant l’exemple le plus connu de chien anti-char.  Aujourd’hui, diverses armées emploient un certain nombre de chiens dans des manœuvres militaires.  Ne sont-ils pas des auxiliaires très efficaces dans la recherche d’explosifs (des opérations ont été menées pour la recherche de mines anti-personnelles ou de stupéfiants, pour la détection d’intrus dans les locaux de la défense).  Du personnel hautement qualifié forme chaque année des équipes cynégétiques.  Le maître-chien militaire doit instaurer avec son partenaire animal une complicité à toute épreuve dans les pires situations.  Il doit maîtriser l’ensemble des techniques permettant de transporter le chien en montagne et sur mer (faire du rappel ou des sauts en parachute avec lui, etc.).  Le Berger Belge Malinois est un chien très apprécié pour son tempérament rusé, sa vivacité et sa perspicacité.  Les chiens, principalement des beagles, sont également utilisés pour la recherche scientifique.  En France, l’usage des laboratoires est réglementé par un décret de 1987 qui stipule que la fourniture de chiens et l’expérimentation animale restent légales, alors que de nombreuses associations s’insurgent contre ces pratiques.  Chez nous, au Canada, les conditions d’expérimentation sont notamment définies par le «Conseil canadien de protection des animaux». Enfin, la zoothérapie fait parfois appel à des chiens pour aider à résoudre des problèmes comportementaux chez les enfants, les psychopathes et les personnes âgées.

Pendant des siècles avant l’arrivée des Européens, partout au Canada, le chien partageait l’existence des autochtones où il remplissait certaines fonctions : transport, traction, chasse, vêtement et parfois alimentation humaine.  Chez les Inuits, il servait encore à tirer les traîneaux et à transporter des sacs à dos.  Encore aujourd’hui, il est aussi utilisé pour la chasse au phoque et il offre une protection contre les ours polaires.  Avant de recourir aux chevaux, au début des années 1700, les Indiens des Plaines canadiennes utilisaient cet animal comme moyen de transport (travois à chien).  Toutefois, les espèces qu’ils utilisaient ont maintenant disparu.  Sur la côte ouest, les Salish élevaient un petit chien au poil laineux utilisé pour le tissage.  Ce dernier a disparu vers les années 1860. Le chien jouait aussi un rôle important dans la religion.   Par exemple, le «White Dog Festival», que célèbrent certaines tribus de l’Est, exigeait le sacrifice de chiens d’une race particulière.

Alors, si le chien descend du loup, cet habile rejeton aura connu un véritable succès planétaire.  Sur le plan démographique, il dépasse désormais son lointain ancêtre.  Selon Ray Coppinger, éthologue canin et professeur au «Hampshire College» du Massachusetts, sur terre, on compterait aujourd’hui mille fois plus de chiens que de loups, soit quatre cents millions de quadrupèdes!  Mais le chien domestique, tel que nous le connaissons de nos jours, démontre un comportement beaucoup plus complexe que celui du loup.  Au fil des millénaires de sélection, il a même acquis des talents et qualités physiques remarquables.  Certains chiens de traîneau peuvent ainsi parcourir quatre fois quarante kilomètres par jour, et ce, trois jours de suite.  Voilà un exploit que nul loup ne saurait accomplir.  Parmi les pays où on compte le plus de chiens, on peut mentionner les État-Unis (61 millions, donc un animal pour cinq habitants);  l’Afrique du Sud (9,1 millions et même ratio per capita);  la Pologne (7,5 millions et même ratio);  l’Australie (4 millions et même ratio);  le Brésil  (30 millions, soit un animal pour six habitants).  Dans les maisons françaises, il y a 8,1 millions de chiens (un pour huit habitants).  Au Canada, on présente à peu près le même ratio par habitants.  Les pays où l’on compte le moins de chiens sont la Malaisie (1,5 millions, soit un pour dix-sept habitants);  l’Indonésie (1,3 millions, soit un pour vingt habitants);  et l’Inde (440 000, soit un pour 2 609 habitants).

Comme on le constate, partout où l’être humain s’est installé, le chien a toujours pris une place importante dans la liste des animaux domestiques.  Au cours des siècles, il est apparu des centaines de races différentes, certaines créées par l’isolement régional, d’autres par des sélections volontaires d’intervention humaine.  Les nombreux clubs canins recensent des centaines de races, dont certaines se trouvent dans le monde entier, notamment le caniche, le berger allemand, le setter irlandais.  Par exemple, le «Club canin canadien» (CKC), qui tient les dossiers d’enregistrement des chiens canadiens de race pure, reconnaît officiellement cent quarante-trois races.  Pourtant, il existe plusieurs autres races qui ne sont pas enregistrées.  Quant aux races reconnues, elles sont divisées en plusieurs catégories en fonction du but de leur élevage : chiens de chasse, chiens d’utilité, chiens terriers, chiens miniatures, chiens de compagnie et chiens de garde.  Il existe une catégorie «divers» pour les races en instance d’homologation complète.

Signalons qu’un tiers des abandons de chiens sont justifiés par le fait que cet animal demande plus de soins que prévu.  Aussi faut-il se préparer convenablement lorsqu’on commence à songer à acheter ou  à adopter un animal.  Adopter un animal, quel qu’il soit, est loin d’être un acte anodin : c’est s’engager à en assumer la responsabilité et à veiller sur lui, c’est-à-dire à faire tout ce qui peut être requis par sa santé, son équilibre et son bonheur.  Et ceci tout au long de sa vie, sachant que la durée de vie moyenne d’un chien se situe entre dix et quinze ans, selon sa race et ses conditions de vie.  En effet, un animal n’est pas un jouet, il représente un être vivant, un individu à part entière qui présente des besoins spécifiques et une sensibilité dont il faut tenir compte au quotidien. Il faut donc veiller à lui apporter une alimentation, des soins et des conditions de vie adaptés à son espèce, à sa race, à son tempérament et à son état de santé, ce qui peut représenter un certain nombre de frais (notamment alimentaires et vétérinaires : visites périodiques, stérilisation, vaccins, vermifuges, etc.) et de contraintes (besoin d’espace, d’exercice, de sorties, de soins réguliers, le problème des vacances, etc.)  De plus, il faut aussi assurer son éducation pour lui inculquer les bonnes manières à la maison;    favoriser de bonnes relations avec le voisinage, les passants, les livreurs;  lui poser des limites claires de sorte que sa place soit explicitement et définitivement établie.  Tout cela reste indispensable à son équilibre psychologique comme au bon déroulement de la vie commune.  Voilà qui demande du temps et des efforts, même si ceux-ci appellent à partager avec l’animal de bons moments partagés afin d’augmenter la complicité et de s’apporter autant de bien qu’à l’animal.  Enfin, il ne faut pas oublier les moments de jeux, de balades et de tendresse qu’on devra lui accorder parce qu’ils sont nécessaires à son moral!  Tout bien compté, offrir un foyer à un animal, c’est aussi accepter une responsabilité : que son bonheur dépende de soi!

Ainsi, il faut envisager l’achat ou l’adoption d’un chien doit devenir une décision mûrement réfléchie.  Il faut agir en pleine connaissance des conséquences de ce que cela implique.  Il faut penser à ce qu’une telle décision changera dans sa vie et dans son foyer.  Ceux-ci ne doivent pas se faire sur un coup de tête ou pour faire plaisir à son enfant qui en a toujours voulu un.  En effet, ceux-ci impliquent un engagement et un investissement sérieux envers son futur compagnon, vendu sur le marché ou abandonné par ses anciens propriétaires.  Ce nouvel arrivant apportera de nombreux changements dans la vie quotidienne du nouveau propriétaire, d’où il importe de préparer son arrivée à l’avance.   La présence d’un chien à la maison nécessite une grande disponibilité mais aussi un budget conséquent (outre le prix de l’adoption, variable selon le lieu et le chien).  Il existe tout un tas d’obligations à respecter relativement aux besoins matériels et affectifs du nouvel arrivant.  Pour adopter un tel animal, il faut faire le choix de race le plus judicieux.  Ainsi, on doit d’abord décider de la race qu’on choisira en fonction de certains critères.  On peut préférer visiter des refuges animaliers et attendre d’avoir un coup de cœur pour celui qui plaira sur place (ce qui peut d’ailleurs arriver, même si on a choisi préalablement la race).  Mais attention, un coup de cœur ne suffit pas.  Il faut veiller à récolter le plus d’informations possibles sur la provenance du chien.  Enfin, il faut garder en mémoire qu’il est fortement déconseillé d’offrir un chien en cadeau, même si le futur destinataire a de nombreuses fois exprimé le désir d’en posséder un.  Il vaut mieux que le propriétaire du chien entre en contact avec celui-ci avant son adoption et qu’il le choisisse lui-même, ce qui suscitera plus d’attachement de sa part.

Dans un autre domaine, voici ce qu’il faut savoir, avant un déménagement, lorsqu’on possède un animal.  Le chien développe un grand attachement pour son maître.  Il s’agit d’un animal social qui aime avant tout se retrouver en sa présence ou l’accompagner dans ses sorties.  Il devrait donc vivre ce changement de lieu d’habitation sans souci particulier.  Dès l’arrivée dans sa nouvelle maison, on devrait établir les règles et les fondements de vie commune.  En passant, le déménagement peut être le moment idéal pour remettre de l’ordre chien-1dans une éducation un peu anarchique.  C’est le moment de montrer à l’animal où il va dormir et l’endroit où il pourra trouver sa gamelle.  On gagnerait à lui offrir des repères afin qu’il puisse reproduire le train-train auquel il était habitué.  Ainsi, on peut placer son panier ou sa couche dans un endroit tranquille et facile d’accès, ni trop froid, ni trop chaud, à l’abri des courants d’air et des allées et venues de la maison.  Et puis, on peut en profiter pour lui interdire l’accès au canapé ou à d’autres meubles.  Dans son nouveau foyer, il devrait obéir sans rechigner.

Surtout, au grand jour du déménagement, pour éviter qu’il soit trop perdu au milieu des cartons et de l’agitation collective, on devrait le faire garder, s’il y a possibilité.  On n’aimerait sûrement pas qu’il lui arrive un accident ou qu’il échappe à sa vigilance au milieu des cartons ou des déménageurs.  Ensuite, si on déménage d’un appartement à un pavillon, qu’on n’aille pas imaginer qu’un jardin va lui suffire.   On devra continuer de le sortir et de lui faire rencontrer d’autres personnes, d’autres chiens, d’autres milieux.  Voilà qui est bon au niveau de la socialisation.  En fonction de son gabarit, le chien a besoin de courir et de se dépenser pour garder la forme et le moral.  Du reste, son plus grand plaisir, c’est de renifler partout pour capter sans cesse de nouvelles odeurs, un peu comme l’être humain aime varier ses lectures!  À l’inverse, si on passe d’une maison à un appartement en milieu urbain, il faudra le sortir souvent.  On gagnera à faire preuve de patience, car, au début, un chien qui a été habitué à faire ses besoins dans l’herbe pourra fort bien être un peu désorienté face aux rues pavées et au caniveau.  Enfin, on devra bien retenir que, dorénavant, il faudra forcément ramasser les déjections de son animal de compagnie qu’on ne peut laisser traîner dans un milieu urbain!

Note: Cette première partie de l’article est largement inspirée de «Wikepedia»

Le symbolisme du chien

Mammifère carnivore digitigrade domestiqué depuis les temps les plus lointains pour la chasse, la garde, l’agrément et le trait, considéré comme le meilleur ami de l’homme.  L’historie plus récente nous signale la grande importance du chien dans le milieu de l’homme.  En Égypte, trois mille avant l’ère chrétienne, Anubis, le Gardien des morts, prit la forme d’un chien et il fut momifié avec les Pharaons.  En Grèce il devint Cerbère, l’animal gardant les portes de l’Enfer. En Chine, les Empereurs lui firent une place sur leur trône.  Quant aux Romains, ils l’initièrent à l’art de la guerre.   Ainsi, ce n’est qu’à partir de la fin du XIXe siècle qu’un nouveau rôle lui a été attribué, un rôle qui rend vraiment hommage à son intelligence, à son affection et à sa fidélité : celui de compagnon de tous les jours.  Dans l’Antiquité, les chiens servaient aux combats, comme ce fut notamment le cas de l’«Irish Wolfhound», ils étaient élevés pour leur viande et ils servaient encore de support à des croyances et des rites de type religieux.  Plus tard, sous l’Empire romain, ils devinrent des animaux de compagnie, des gardiens de troupeaux, des chasseurs.  Au Moyen âge,, dans les campagnes et les milieux populaires, ces animaux suscitaient des peurs collectives et ils étaient l’objet d’exterminations quotidiennes.  En revanche, dans les milieux nobles, ce fut l’âge d’or de la vénerie.  À la Renaissance, la passion pour la chasse réussit à conserver aux chiens une place dans la société.  La noblesse considérait cet animal comme un signe de puissance et de grandeur, ce qui favorisa le développement de races de chiens de compagnie.  Au XIXᵉ, la populatiochien-2n de chiens connut une expansion en nombre, ce qui en fit un animal commun.  Vers 1855, on a reconnu les anciennes races de chiens ont été reconnues officiellement et on a homogénéisé leur type, tandis qu’on procédait simultanément à la création de nouvelles races.  Voilà ce qui donna naissance à la cynophilie, l’étude des chiens et des races de chiens.  À la Belle Époque, puis entre les deux guerres, les artistes, les écrivains et les hommes politiques apprirent à choisir des animaux qui les différenciaient du commun des mortels, ce qui entraîna l’apparition des teckels, appréciés pour leur petite taille, ou les caniches, estimés pour leurs poils.

Le chien symbolise tous les attributs du Maître des Odeurs, le Gardien invisible, image d’un être plein de ressentis et doté d’intuition, qui détecte et écarte de la demeure les influences hostiles ou indésirables.  Selon les versions, on le relie  à Mars, à Mercure, à la Vierge, à la Terre.  Nous préférons le lier à la Lune et à l’eau, ce qui semble mieux expliquer son symbolisme d’Ami fidèle et de Compagnon dévoué, prêt à donner sa vie pour son maître,   Guide docile du Grand Homme universel ou comme psychopompe (guide des âmes défuntes).  Peut-être devrait-on plutôt le relier au Soleil à titre de Gardien des Mystères du Monde souterrain, ce qui l’apparenterait à Sirius, le Compagnon de la vie concrète et de la vie spirituelle.  Dans l’Antiquité, on le consacrait à Artémis ou à Diane.  À Rome, on disait qu’Hécate prenait parfois la forme d’un chien ou d’une jument pour hanter les carrefours, suivie d’une meute infernale.  Avec le serpent, il sert d’attribut aux Érinyes, les Muses de la Vengeance, qui le lançaient contre les hommes coupables pour les punir de leurs fautes.  En Chine, c’est le «T’ien K’ian», le Chien céleste, rouge comme le feu, adversaire du Hibou démoniaque.

Le chien évoque le Gardien des frontières et des territoires qui appelle à la vigilance.  Dans sa loyauté indéfectible, il exprime l’amour inconditionnel, même la compassion agissante.  Il comprend naturellement tout ce qui est sensuel.  Éminemment protecteur, il détient cette aptitude à pressentir le trouble et le danger.  Il aide à guérir les blessures émotionnelles.  Toujours en service, intuitif, généreux, fidèle, il indique une aptitude ignorée ou oubliée à se réapproprier et à réactiver.  Il assure que, si on maintient des bonnes valeurs et des intentions pures, on fait sa marque dans le monde et on réussit.  Par la diversité des races, il aide à tirer l’Humanité de ses blocages inconscients pour ouvrir le cœur des hommes et pour guérir le plan sensible de la Terre.  En alchimie, il désigne la matière primitive, le soufre naturel, l’or matériel.

Le chien intervient comme le compagnon de l’homme dans les jours de sa vie et comme le guide de son âme dans la nuit de la mort.  Grand guide des âmes dans leur passage vers l’Au-delà, il a reçu pour mission d’emprisonner ou détruire les ennemis de la Lumière et de garder les portes des Lieux secrets.  Associé aux phases lunaires, il symbolise la persévérance dans les retours cycliques, l’amitié fidèle, les bonnes relations du voisinage, la protection de sa réputation, le support inconditionnel dans les difficultés, la protection loyale de sa demeure, la soumission, l’abandon, le renoncement.  Vaillant guerrier, c’est le Cerbère, le Gardien du Seuil, qu’on ne peut mâter que par le Savoir, la force et la séduction.  Il suggère toujours un renouvellement initiatique.  Accompagnateur et protecteur docile, il veille, patient, sans jamais mordre son maître, séducteur incontinent, débordant de vitalité comme la Nature à son renouveau, apprécié pour son flair et son ouïe développés.  Il exprime l’esprit de sacrifice, pouvant accepter d’intervenir au prix de sa vie pour sauver ou défendre celui qu’il accompagne.  Il révèle souvent l’équilibre de l’animalité, donc des instincts et des sens, ou la purification des pulsions sensibles.  Gardien du Temple, il peut prévenir qu’on traverse une période cruciale de sa vie, mais qui tire à sa fin.  Ainsi, une fois qu’on aura franchi de nouvelles portes, on devra continuer sa route, même si elle apparaît imprévisible et inquiétante, en tenant compte de ses recommandations.

Associé aux mois chauds de l’été, le chien symbolise la direction sûre et la protection loyale, pouvant annoncer un renouveau, voire la guérison.  Cette noble bête, qui sait agir férocement, mais reconnaît toujours les bonnes intentions, enseigne à aller au bout de soi-même avec fidélité, sincérité et patience, ne craignant pas le don de soi-même.  Il lance un cri d’alarme devant un danger imminent, assiste à la chasse, garde au chaud pendant les longues soirées  d’hiver, apaise  la solitude, compagnon indéfectible de l’être amoureux ou cruel.   Il désigne le serviteur de l’humanité sous toutes ses formes, le soldat de service, le gardien vigilant de la maison contre les attaques par surprise.  Il allie la tendre délicatesse du meilleur ami à la férocité du protecteur indéfectible afin de défendre un territoire, méritant toujours la confiance qu’on lui accorde.  Son cœur en vient à  ressembler à celui de son maître: il développe les mêmes affinités et les mêmes aversions que lui.  Son apparition dans son espace psychique peut donc inviter à approfondir son sens du service auprès d’autrui, même si on est mal apprécié ou traité, non par stupidité, mais par compréhension compatissante des défauts des autres.  Il illustre l’esprit de tolérance qui amène à accepter les différences.  Mais cet animal possède une nature difficile à percer.  Même quand il se montre très sympathique, il peut cacher des accès d’angoisse et un esprit tourmenté.  Actif et vigilant, doué d’un sens moral très développé, il prend  toujours des décisions justes.  Sensible, noble de cœur et d’esprit, détenant un sens critique aigu, il démontre l’esprit d’écoute, mais abhorre l’esprit de clan.  Il se met au service d’une cause sans se disperser, intègre, doté d’une grande puissance de travail, laissant passer les intérêts collectifs avant les siens.  Il invite à témoigner de confiance et de loyauté dans les relations avec ses proches pour mieux reconnaître ces mêmes qualités dans les autres.  Il appelle à défendre courageusement ses valeurs et à protéger avec la dernière ardeur ce qu’on considère comme sacré.  Il vient toujours aider à traverser un seuil, à travers l’obscurité, au-dessus des eaux de l’inconscient, pour mener au royaume lumineux de la Mère divine.  Il allie la dévotion, la loyauté, l’égalité d’humeur et la dépendance.

Dans son sens inversé, le chien peut exprimer une puissance sexuelle excessive ou dénaturée ou des pulsions sensuelles exagérées.  Il peut encore évoquer l’imprudence, l’avidité, la gloutonnerie, le manque de vigilance ou de loyauté, l’inattention, la sécheresse du cœur, le détachement du destin collectif, une carence au niveau de l’intégrité ou l’instabilité affective, comme la jalousie.  Dans  nombre de cas, il suggère la dépendance et l’asservissement.  Sait-on s’investir comme un modèle de dévotion et de service, mais dégagé de la complexité et des ambigüités des relations humaines?  Accorde-t-on son degré de fidélité à la qualité des être de son entourage?  Sait-on s’investir sans l’innocence et l’altruisme sans se charger des fardeaux qui découlent des heurts intellectuels ou sentimentaux?  Agit-on de façon loyale avec soi-même et avec les autres?  Sait-on reconnaître la loyauté des autres?       Sait-on reconnaître la valeur de ses proches, de ses amis, de son partenaire?  Perd-on ses amis par égoïsme, par manque de détachement?  Maintient-on sa fidélité à un maître cruel sous prétexte de lui rester fidèle?  Le besoin d’approbation dénature-t-il la qualité de ses relations?  Respecte-t-on sa vérité personnelle?  Les commérages ont-ils diminué son affection pour un ami ou un groupe?  Ne rejette-t-on pas quelqu’un qui tente de devenir un ami fidèle?  Reste-t-on sincère face à ses buts?  Est-on devenu trop critique, voire méchant, à cause des gens qu’on fréquente?  Cherche-t-on ailleurs l’ennemi qui se terre en soi-même?  Est-ce qu’on dit, pense ou fait des choses qui témoignent d’un manque de respect pour soi ou pour les autres?  Viole-t-on présentement un territoire, l’intimité des autres?  Colporte-t-on des potins et des ragots sur les autres?  Évite-t-on d’intervenir pour faire taire des rumeurs ou pour remettre à sa place quelqu’un qui propage des calomnies ou des médisances?  Refuse-t-on de rendre des services sous de faux prétextes ou par apathie?  Craint-on de ne pas être à la hauteur d’une tâche ou d’une responsabilité?  Se sent-on exclu d’un groupe?  Raconte-t-on des plaisanteries blessantes ou déplacées?  Agit-on surtout comme son meilleur ami?

CHIEN ABOYANT : Il désigne la masse stupide et méchante des mécréants, cette portion de l’humanité qui se moque des efforts valeureux du mystique.  Il prévient d’un danger quelconque qui se trame à son insu.

CHIEN AGRESSIF : Il éclaire un manque de fidélité, d’authenticité ou de respect pour soi-même ou pour les autres ou de la part des autres à son endroit.  Potins, rumeurs, médisances, calomnies, ragots, qu’en-dira-t-on, opinions fallacieuses, histoires déplacées, propos grivois, impolis, impertinents, injustifiés, cruels, critiques, immoraux, cyniques.

CHIEN À LONGS POILS : En Chine, il exprime le Chaos.  C’est l’animal qui vit sans pourtant avoir les cinq viscères.  Il a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas, un nez mais il ne sent pas…

CHIEN BLANC : Il désigne à prime abord le Petit Chien, source des énergies solaires.  Il figure ensuite le Guide bienveillant, la joie de l’esprit, l’intuition, la Réalité lumineuse.

CHIEN CRACHEUR DE FEU : Emblème de Dominique, fondateur des Dominicains ou Chiens du Seigneur.

CHIEN DE PAILLE : En Chine, figurines, filtres à maléfices, qu’on détruit après usage, en la piétinant et  en la brûlant.  Ce chien figure le caractère éphémère du monde terrestre auquel le Sage refuse de s’accrocher, comprenant qu’il faut rejeter ce qui a cessé d’être utile, car cela peut devenir néfaste.  Avant l’offrande, on le garde dans un coffre enveloppé d’une belle toile.

CHIEN D’HADÈS : Dans la Tradition grecque, il s’agit de Cerbère, le Gardien du Seuil et le Protecteur des Enfers.

CHIEN ENRAGÉ : L’inconscient en crise.              

CHIEN ERRANT : Il symbolise la mort ou les errances des défunts.  Il indique la vélocité et l’agression.  Il peut souligner des sentiments ou des sensations exacerbées.

CHIEN JAUNE : Pour les Turco-mongols, il figure la lumière qui féconde les femmes.

CHIEN NOIR : Il désigne la constellation du Grand Chien, source des énergies lunaires.  Il identifie aussi le chien-fantôme, présage de mort, patrouillant les réseaux des vieux sentiers et des vieilles routes, tous les lieux de transit ou de transition.  Il évoque parfois le Diable tentateur, le tourment de l’esprit, l’égarement de l’imagination, l’Illusion stérile.  En fait, c’est le Guide secret qui aide à retracer la route de ses origines.

CHIEN ROUGE : En Chine, la tradition du «T’ien K’ian» décrit un Chien de feu, image de l’orage et du météore, qui émet le bruit du tonnerre et la fulgurance de l’éclair.  Il agit comme l’adversaire du Hibou démoniaque.

CHIEN SACRIFIÉ : Dans la Cabale, il sert d’image magique à Tiphereth, le Soleil.

CHIEN (Constellation du) : Treizième et dernière constellation du Zodiaque Maya, d’inspiration lunaire, qui introduit des idées de fin, de mort, de monde souterrain, d’initiation, de renouvellement.

CHIENS AFFRONTÉS (Deux) : Animus et Anima en évolution, encore à leur stade animal.  Ils invitent à se nourrir des énergies de la Mère divine, dans la réceptivité, pour devenir plus créatif.

CHIENS CÉLESTES : Le Grand Chien (noir) et le Petit Chien (blanc) de la sphère céleste qui ont pour mission d’aboyer à  la Lune pour la prévenir de ne pas franchir la limite des Tropiques en s’écartant, inconstante, frivole et capricieuse, de la ligne de l’Écliptique, tracée par le Soleil.  Ils deviennent ainsi le symbole des Cerbères qui défendent l’accès aux régions interdites où l’imagination tend à s’égarer.

CHIENS (Aboiements de) : Pour les Arabes, c’est un présage de mort.  Dans d’autres traditions, ils figurent les psychopompes qui révèlent les tendances dangereuses de l’Être et les dangers de mort.  Ailleurs, ils dénotent un danger imminent provenant de personnes malveillantes de son entourage : pièges, traquenards, problèmes, fourberies, rumeurs préjudiciables.

CHIENS (Morsure des) : Il exprime la crainte du Temps destructeur.  Il peut signifier qu’on met les doigts où on n’a pas d’affaire, qu’on brime l’intimité des autres, qu’on s’investit de façon néfaste dans leur milieu, qu’on atteint à leur intégrité ou à leur réputation.

 

© 2013-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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