LE SYMBOLISME DE L’ARDENTE ABEILLE

Insecte hyménoptère, ouvrière de la ruche, dotée d’un aiguillon venimeux, l’abeille est élevée pour son miel, son pollen, sa propolis et sa cire.  Elle est pourvue de quatre ailes membraneuses, de six pattes et d’une bouche munie d’une trompe avec laquelle elle aspire le miel qu’elle va ensuite déposer dans les alvéoles en rayons de sa ruche.  Cette ruche est habitée abeillepar un essaim composé d’ouvrières neutres chargées de toutes les besognes, de faux-bourdons mâles, tous groupés autour d’une reine unique, seule pondeuse, entourée de tous les soins et de toutes les attentions.

Au premier chef, l’abeille parle de la communauté et de l’esprit de la fête perpétuelle, invitant à célébrer constamment l’existence mystérieuse et merveilleuse de la vie que les événements particulièrement heureux, rappelant, par son murmure, combien il fait bon vivre et qu’une vie de cohésion et d’harmonie, en société, peut exister.  En outre, associée à Diane, la Déesse lunaire de la Chasse, elle agit comme messagère des Dieux et elle exprime l’Énergie guerrière féminine.  Car elle peut devenir le Juge rigoureux qui sanctionne une erreur par une piqûre.  En communication avec l’Autre Monde, le Royaume des morts, elle aide les esprits reliés à la Terre à se rendre au bon endroit, au moment de leur transition.  Elle évoque diversement les notions de communauté, d’amour mutuel, d’expression dans la douceur, de service, de créativité, de rassemblement des élus, de concentration sur la tâche, de prospérité, de coopération ou de travail de groupe, d’assiduité, d’éloquence, de chasteté, de pureté morale.  Elle sait accumuler des trésors dans le Ciel.  En fait, elle représente la vie harmonieuse en société et la fête dans la communauté, invitant à célébrer les événements heureux ou, tout simplement, le phénomène merveilleux et mystérieux de la vie sans cesse en évolution.  On travaille vite et bien, mais de manière plus mécanique qu’intéressée à sa tâche.  On gagnerait à mettre plus d’énergie à son propre service en apprenant à s’écouter davantage.

En fait, l’abeille symbolise l’âme, animatrice de l’Univers, lien entre le Ciel et la Terre, opérant sa transformation spirituelle (son illumination) en s’abreuvant au pollen de la connaissance pour élaborer le miel d’immortalité.  Elle évoque comment un être peut s’unir au monde de la Nature en rendant hommage au Soleil, en centrant sa vie sur l’Esprit, pour travailler en communauté, soit avec autrui, dans une parfaite cohésion.  Elle éclaire comment il peut, à travers sa tâche quotidienne, centré sur le moment présent, conçu comme un jeu amoureux, constamment faire la fête et comment, s’il n’a pas de raison spéciale de célébrer, il peut rendre grâce pour la merveille et le mystère d’être vivant.  À chaque instant, il détient cette aptitude de vivre amoureux de lui-même, en harmonie avec les autres, toujours heureux de leur présence, puisqu’ils sont indispensables pour lui permettre d’évoluer dans l’échange et le partage.  Tout individu ne peut se percevoir que dans l’unité du Tout, comme un être collectif, comme membre d’un groupe, qui assure la pérennité de son espèce.

Ainsi, l’Abeille figure l’Initié qui, par son travail intérieur, transforme tout en or spirituel.  Elle représente le disciple pur et fidèle qui œuvre au perfectionnement de l’ensemble universel, lequel sert autant le multiple que l’Un.  L’ouvrier prépare le miel (nectar), la nourriture la plus délectable et la plus unique, qu’il extrait de la fleur, image de l’Univers.  Il enseigne à chacun comment extraire le miel de sa propre existence en élevant son esprit et en l’emplissant du parfum suave et enivrant des vibrations supérieures de la vie.  Il doit s’investir de façon laborieuse, disciplinée, prudente, infatigable, honnête, humble, ardente, courageuse et persévérante dans une activité créatrice qui, en le reliant au Ciel, l’aide à mériter sa pitance, dans une tâche concrète, pour fertiliser la Terre.  Mais l’abeille symbolise aussi l’éloquence, la poésie, l’intelligence, la résurrection, la pureté, l’amour, la sagesse et la vérité.  Elle accomplit sa tâche dans le plus grand respect des autres et de la Nature.  Ne la voit-on pas butiner les fleurs en les frôlant, sans jamais les flétrir, bien que débordante d’ardeur ignée?  Elle se nourrit sans détruire, recueillant le pollen élaboré par les fleurs, contribuant même à le disperser pour en féconder d’autres fleurs de la même espèce, en récupérant suffisamment pour que l’être humain trouve, dans le miel qu’elle en produit, sa nourriture essentielle, le miel, symbole d’amour et de connaissance.  À son exemple, il doit capter le pollen de la Vie, émané du Soleil, pour élaborer en lui une substance spirituelle qui attirera à lui, pour l’aider dans son évolution, les Intelligences supérieures.  En ce sens, l’abeille évoque toujours consciencieusement et diligemment occupée à des activités constructives, choisies conformément à sa compréhension, à son rythme et à ses moyens.  Elle veille à apprendre à un sujet comment il doit se comporter en collectivité et agir au sein d’un groupe en y trouvant sa juste place et en obéissant à l’autorité légitime.  On lui attribue également les qualités de perfection, de royauté, de douceur, de délicatesse, de courage, de purification, de justice, surtout d’ardeur infinie.

Dans son aspect inversé, l’abeille dépeint un sujet égoïste et individualiste qui, par son égocentrisme ou son manque de modestie, n’a pas su trouver son rôle dans la vie ou ne se sent pas relié à tout l’Univers.  Ne connaissant pas sa tâche ou sa mission, dans l’écologie locale ou dans l’économie universelle, il se sent peu productif, se ressentant un peu comme une entité négligeable.  Aussi peut-il se sentir séparé de la communauté, manquer de motivation pour ce qu’il fait, devant sans cesse s’aiguillonner de force à agir, pour éviter que les autres accomplissent toute sa part d’ouvrage, minant ses meilleures énergies à se désespérer ou à se contrôler.  Le temps est venu pour lui de reconsidérer la mission qu’il doit alvéoles-mielréaliser et le service qu’il doit rendre dans la vie, de prendre une décision en accord avec son sens de l’à-propos, de clarifier son idéal, de poursuivre le but qu’il verra surgir de son introspection.  Il doit reconnaître la valeur du sens de l’organisation et du labeur et se ressentir intérieurement comme un membre à part entière de la communauté de la Nature et du Cosmos.

Au chapitre des données historiques ou mythologiques, les habitants de l’Égypte ancienne croyaient que l’abeille était née des larmes de Râ, le Dieu-Soleil.  La Tradition mystique la considère plutôt comme un don de la planète Vénus, ce qui n’indique nullement une contradiction.  Dans la Grèce antique, on affirme que c’est Aristée, le fils d’Apollon de Cyrène (le Dieu du Soleil), qui aurait appris aux êtres humains à élever les abeilles.  Malheureusement, celui-ci fit involontairement mourir une nymphe du nom d’Eurydice alors qu’il enseignait à ses compagnes l’art de soigner les troupeaux et de cultiver l’olivier.  Elles se vengèrent en détruisant ses abeilles.  Du côté de l’Islam, on considère Ali comme le Prince des abeilles.

La présence d’une abeille solitaire attire souvent l’attention sur un Maître des Âges désireux d’instruire un sujet, donc intéressé à lui révéler une part de la Vérité de la Source de toute connaissance.

ABEILLE (Aiguillon ou Dard de l’) : C’est le stylet de la Vérité qui prévient avec éloquence et ardeur d’une perversion dans l’usage de la force vitale.  Un être courageux et justicier cherche à purifier son être et à le ramener sur la Voie droite.  Il cherche à ramener dans l’ordre de la Sagesse, de l’Amour et de la Vérité.  Il vise toujours à purifier en détruisant toute velléité de transgression de l’ordre social et cosmique.  Défense et Justice immanente.

ABEILLE (Bourdonnement de l’) : Tout bourdonnement d’insecte symbolise le Verbe divin en expression avec toute son éloquence, sa poésie, son intelligence et son efficacité pour conformer toute âme à son chant amoureux.  C’est un son royal de sagesse, de vérité et de perfection.  Parfois, il invite à la médiation ou au sommeil pour explorer le pays de ses rêves ou se relier au Paradis.

ABEILLE (Cire d’) : Elle symbolise la matière évoluée, rendue souple, malléable, adaptable, d’où, en Alchimie, elle évoque la Matière des Sages poussée au blanc.  On s’en sert également pour confectionner des cierges, illustrant la matière docile qui se donne au feu pour être transmutée, de même que pour former des cachets et des sceaux, évoquant le secret qui entoure certaines vérités spirituelles.  En Alchimie, on l’identifie par le symbole qui apparaît ci-à côté.

ABEILLE (Danse de l’) : Elle symbolise le mouvement solaire, dessinant une lemniscate parfaite, signe de l’Infini ou de l’Amour universel.

essaim1ABEILLES (Essaim d’) : Elle symbolise une collectivité en migration, donc qui cherche un nouveau milieu de travail cosmique.  On peut la comparer à une nébuleuse en formation.  Mais l’essaim sauvage peut évoquer l’égarement ou la rébellion.

ABEILLE (Miel d’) : Il symbolise l’aliment solaire, la force vitale ou l’énergie électrique, souvent par opposition au lait, l’aliment lunaire ou terrestre, l’énergie magnétique du filon d’argent.  C’est l’aliment qui rend immortel.  Il figure l’amalgame de tous les pollens de fleurs, donc l’aliment des adeptes et des Initiés.  En tant que nourriture des Dieux, il exprime la sagesse, la renaissance, le changement spirituel constructif, le sens des valeurs.  À l’occasion, il peut évoquer l’enseignement du Maître des Âges destiné aux êtres humains, puisé à la source de toute connaissance.

ABEILLE (Ouvrière) : Elle symbolise l’âme qui se reconnaît partie indissociable du Tout et qui accepte de travailler à sa place dans un monde organisé d’innombrables créatures, se sentant une égale des autres, acceptant l’autorité légitime pour la réalisation d’un idéal commun.  C’est le Principe vital qui exprime son Verbe divin dans l’ordre, la méthode, la discipline et l’harmonie.

ABEILLE (Pollen récupéré par l’) : Il symbolise les éléments fertiles et féconds en soi, ces prémisses suaves de la Connaissance dont on pourra élaborer le miel d’immortalité.  Il évoque la Connaissance embryonnaire qui enivre, les qualités merveilleuses, apanage de l’âme, montant comme un parfum vers les plus hautes cimes de l’Univers.  Il traduit les aspirations les plus élevées de son être qui annoncent de bons retours de la vie, de bonnes nouvelles évolutives, des bienfaits certains.  On connaîtra sous peu de la joie à profusion pouvant découler d’invitations, de rencontres d’amis, de relations nouvelles, de contrats à signer, d’achats longuement désirés et enfin rendus possibles.  Il est toujours relié à la réalisation émerveillante de souhaits chers au cœur, formulés depuis longtemps, qui auront une grande répercussion ou se signaleront par une grande pérennité.

Comme on le sait, le pollen constitue la semence mâle des fleurs, source d’énergie, de vitalité et de fécondité.  Il est relié à la propagation de la vie et à la redistribution des biens, invitant à une nouvelle façon de donner, d’aider, d’échanger et de partager.  Il signale la fin d’un cycle et le début d’un nouveau pendant lequel on pourra faire éclater ses limites et connaître un grand rayonnement.  On l’associe souvent à la Pensée créatrice qui cherche son pistil pour enfin se manifester.

En thérapie, on recourt au pollen d’abeilles pour accroître la vitalité, relever l’appétit, corriger la maigreur, accélérer la croissance, enrayer les troubles intestinaux, éliminer la nervosité et la neurasthénie, prévenir la fatigue, réduire la chute des cheveux, améliorer la vue, améliorer la qualité de la peau, clarifier le mental.  Il contient de la rutine, un produit utile pour corriger les troubles cérébraux, les problèmes cardiaques et vasculaires, les maladies de la prostate, les troubles de la ménopause, l’impuissance mâle, l’épuisement, l’intoxication des fumeurs, l’anorexie, les troubles de la croissance, les signes de vieillissement.  Il contient des acides aminés essentiels à la vie, de même que des vitamines et des oligoéléments que l’organisme ne produit pas spontanément par son métabolisme.

ABEILLE (Propolis d’) : Il symbolise la purification.  C’est le meilleur antibiotique naturel connu.

ABEILLES (Reine des) : Elle symbolise la Déesse-Mère, régente de la Nature et de la Société idéale, qui invite, comme autorité absolue, tous les membres de la ruche, donc de la collectivité, à se centrer sur elle pour garder sa cohésion et son harmonie.  Elle figure la suprématie de la Nature éternelle que l’être humain ne pourra jamais dominer, d’où il doit se former une pensée écologique et une perception sociale adéquates à l’Idéal cosmique.  Elle se révèle comme la Maîtresse de l’ordre et de la prospérité, toujours fertile et pure.

ABEILLE (Ruche d’) : Elle symbolise un centre de travail spirituel, formé des âmes parfaites de tous les temps, rassemblées dans les limites de la Vérité pure, invitées à réaliser le Plan cosmique de Dieu.  Elle représente une société bien dirigée, paisible, fondée sur une synarchie à chef unique qui dirige l’effort commun.  La ruche elle-même révèle l’enveloppe d’une idée abstraite, soit du crucheoncept spirituel de l’Idéal divin, dans laquelle se poursuit l’évolution, dans laquelle mûrit la Pensée créatrice, préparant sa complète percée.  Elle contient, à cette fin, une accumulation d’énergies vivifiantes multiples, mais parfaitement coordonnées, pour réaliser le But ultime de la Vie.  Relié à l’ordre et à l’autorité dans l’organisation et la structure des choses, elle renvoie à des notions de hiérarchie légitime, de commandement, de distribution des rôles, de règlements relatifs à une collectivité, d’esprit de collaboration.  Chaque membre d’une communauté doit exercer son activité spécifique et jouer son rôle particulier conformément à sa compréhension et à ses    moyens réels, à sa mission et à son rythme évolutif.  En effet, le bien de l’ensemble dépend du respect des individus entre eux et du but commun, fondé sur la fraternité et la solidarité.  Chaque sujet doit veiller à maintenir un juste équilibre entre son bien et ses préoccupations personnels et le bien et les objectifs communs, d’où il faut développer l’art des concessions nécessaires.  Chacun  doit faire valoir son point de vue en mettant en valeur ses talents et ses aptitudes, mais en tenant compte des ressources des autres.  Chacun doit de même prendre son rôle au sérieux, même s’il s’exerce à un second plan ou à un plan subalterne.  Il s’agit de prendre sa véritable place en développant sa conscience sociale.

L’apparition de la ruche peut éclairer le besoin de donner de soi, mais elle invite à ajuster ses buts personnels aux intérêts de la collectivité.  Elle rappelle qu’on retirera une grande satisfaction à prêter son concours et son soutien à une œuvre commune mais qu’on devra agir de façon responsable dans cette participation humanitaire.  Parfois, elle invite simplement à mettre de l’ordre dans ses idées pour mieux structurer sa pensée à l’égard d’un objectif principal ou de son but ultime.

ABEILLE (Venin de l’) : Selon l’usage qu’on en fait, il symbolise le feu qui empoisonne et détruit ou qui purifie et régénère, ouvre le Ciel, guérit à nouveau.  En fait, dans la Nature ou la Manifestation, tout est neutre en soi.  Avec le temps,  par un principe d’immunisation, tout poison peut être ingéré, assimilé, intégré, transmuté, si on vise le But véritable avec les bonnes dispositions d’esprit, soit avec intégrité, sincérité et pureté d’intention.  Si le venin empoisonne, il illustre un bris intérieur d’intégrité ou l’ignorance des processus évolutif qu’on applique en recourant à l’énergie de la Conscience cosmique, donc à la force vitale.  Il signale alors que le feu intérieur d’un sujet s’éteint, qu’il l’active trop ou que son psychisme devient moins vibrant.  Alors, il annonce l’échec d’un projet ou la perte de son équilibre psychique, peut-être la maladie ou la désintégration.  Il peut encore  plus simplement attirer l’attention sur un déclin de sa motivation ou sur la perte de sa joie de vivre.  À l’inverse, il peut prévenir d’une remise en cause brutale et violente, d’événements graves, donc définitifs et inchangeables, perturbant ses conditions de vie.  Pour mieux comprendre, on devra se rappeler que le venin évoque souvent une perversion de l’énergie sexuelle, un excès de violence, une poussée de la vanité, un effort de négation de l’Esprit, une exaltation de l’imagination, l’entretient d’illusion, l’enfoncement dans l’ignorance, un dérèglement psychique, ou un usage malsain des forces de la Nature.  D’une façon ou d’une autre, la force vitale, pervertie, doit retrouver la Voie droite.  Il faut s’interroger sur ses actes ou ses pensées pour transformer ce poison en remède de guérison ou en lumière de résurrection.

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