PUISQUE DIEU LUI-MÊME EST SIMPLE, QUAND LES CHOSES SE COMPLIQUENT, IL Y A DÉSERTION DU COEUR POUR SE FAIRE, PAR L’EGO, L’ESCLAVE DU MENTAL, QUI AIME INTERVENIR PARTOUT ET DÉTAILLER TOUT À L’EXCÈS, JUSQU’À LA TORTURE ET À LA CONFUSION, MALGRÉ SES LIMITES ÉVIDENTES.

La simplicité, qui comporte l’essentiel et reste pure, résumant le sens réel des choses, représente le sceau de la vérité et elle s’exprime en bonté et en beauté.  Elle écarte de la complexité engendrée par la vanité et les fausses ambitions.  Sauf qu’il faut éviter de confondre simplicité et simplisme et superficialité.

Nul n’est d’un commerce plus agréable que l’être simple, parce qu’il ne risque pas ce compliquer les choses, car cela ne fait pas partie de ses habitudes.  Comme on le sait, contraire de la complexité, la simplicité décrit un être qui est facile à comprendre, qui  se présente sans fard ni artifices, tel qu’il est, et qui ne laisse pas d’autre choix que de le prendre comme il est dans le moment présent.  Il ne cherche jamais à plaire aux autres, mais à s’accomplir téléchargementconformément à sa vision.  Dans l’expérience du quotidien, il se conserve le droit d’explorer ses faiblesses et ses grandeurs, ce qui peut l’amener à passer, dans l’immédiat, par divers états.  Dénué de prétention, transparent, il se comporte avec franchise, loyauté et naturel.  Chacun peut lire en lui comme dans un livre ouvert.  Dans le dépouillement, il s’attire de belles réalités limpides, pures, légères, claires.

Un grand sage a dit de cette qualité : «Être simple, c’est être assez franc et direct pour pouvoir, sans détours diplomatiques, dévoiler la vérité pure, fût-ce à un ennemi.»  À vrai dire, elle commence par l’état de celui qui se tient loin de la complication et de la complexité.    La vie est simple quand on sait comment s’y prendre.  Un être vit dans cet état  dans la mesure où il se concentre sur les choses les plus importantes et il évite ou abandonne les choses moins importantes.  Une montgolfière ne saurait s’élever bien haut si, en plus d’être surchargée, elle n’était pas dégagée de ses amarres.  Dans l’alpinisme spirituel, qui appelle à gravir la Montagne sacrée, il faut savoir être simple et faire simple.  En cela, rien n’importe plus que l’être ou que le Savoir qui mène à être.

Ainsi, la simplicité implique la clairvoyance et la limpidité de l’âme.  Ce qui laisse entendre qu’elle ne peut aller sans un courage certain, mais qui est spontané, jamais forcé.  L’être simple est authentique, ouvert, intègre, candide, peu suspicieux, d’où il ne recourt jamais aux jugements, à la finesse, à la séduction, à la flagornerie, à la ruse.  Il agit tout bonnement à son gré, respectueux d’autrui, et il parle avec sincérité, tout en respectant la discrétion qu’exige la prudence.  Droit, direct, vrai, clair et net, sans arrière-pensée, il déconcerte par sa vision claire, vive, dénuée d’intérêt et, quand il le peut, d’affectivité.

Notre Maître, Janakanandâ, a émis un jour l’avis : «L’âme simple accomplit son œuvre à l’écart, loin de la louange et du bruit, comme le rosier produit sa fleur, en plein soleil sans doute, mais loin du monde et de ses tracas.»  C’est un fait qu’un tel être sait vivre tranquille, calme et serein, sans s’entourer de cérémonies, parce qu’il incarne la vérité, l’innocence et la charité.  Sans démonstrations bruyantes, plein d’assurance, il s’appuie sur le courage et l’audace spirituelle pour avancer, allant tout droit son chemin, sans contrainte, sans crainte parce qu’il sait qu’on ne pourra jamais l’accuser à raison d’être vaniteux, de prendre des détours, de recourir à l’hypocrisie, comme peut le faire l’être oblique ou obséquieux.

Ayant gardé son cœur d’enfant, transparent comme la lumière, l’être simple n’a jamais peur d’être découvert, d’être pris de court.  C’est pourquoi il reste naturel, naïf, confiant, ne défendant jamais d’images, ne présumant pas de méchanceté chez autrui, acceptant ce qu’on lui dit, agissant en toute innocence dans la magie et la fantaisie.  Cela ne le rend pas crédule pour autant.  Il se fie plutôt à ce qu’il ressent.

C’est un fait que, dans n’importe quel domaine, ce qui est inutile ne peut qu’encombrer.  Or, c’est rarement le cas que ce qui encombre devienne, vitalement, indispensable.  Celui qui est porté à s’encombrer tente de compenser à un manque qu’il gagnerait à combler autrement.  Trop de biens, trop d’activités, trop de relations, trop de sorties – chacun dispose de sa petite recette pour surcharger son univers et alourdir son sort — cela finit par empêcher d’évoluer.  L’être compliqué a du se laisser entraîner dans un système de valeurs fausses, ce qui l’a amené à se perdre et à éteindre sa flamme.  Contrairement à lui, l’être simple sait rester près de ses besoins fondamentaux, ce qui l’amène à garder un juste milieu en tout.  Un être ne peut rien comprendre à la vie quand il a trop de croyances et d’a priori et qu’il s’engendre des besoins artificiels.

Il doit y avoir de la vérité dans l’expression : «c’est d’une simplicité enfantine»!  Probablement que l’enfant qui n’a pas été perverti par des adultes compliqués reste la plus belle image de la simplicité.  Bien qu’il ne s’agisse pas forcément de la vérité, il se montre tel qu’il est et il dit toujours ce qu’il pense.

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