Dieu, personne, famille, société, humanité, univers.  Tout est.  Indivisible, finement entrelacé, toujours ordonné.  On constate qu’il en est ainsi et on est heureux.  C’est un besoin, une vérité et une réalité de ce moment même.  Il suffit de s’y arrêter un instant pour que le plus petit commun dénominateur, le facteur d’unité, se révèle.  On le découvre en toutes choses, en tous, en soi.  On le suit.  L’oiseau, l’eau qui coule, l’être cher ou le moment difficile à passer, tout chante le même refrain précieux pour peu qu’on y prête attention.  On est solidaire de tout.  La responsabilité, c’est l’état d’être volontairement accepté de celui qui s’ouvre à ce sentiment chaleureux d’appartenance, de solidarité, d’unité.  L’amour se fraie un chemin du cœur à la main de celui qui devient responsable.

             On est maître de son corps, on accepte consciemment d’être responsable de sa santé, de sa souplesse, de sa vitalité, de sa jeunesse.  On est maître de sa pensée;  la clarté, l’ordre, la constance, cet état inspiré de sa pensée, on en est responsable, on les maintient.  Personne ne peut le faire à sa place.  Ceci est son univers, soumis à la Loi de cause à effet.  Ce qui fait de soi un être responsable, c’est l’acte conscient d’assumer son univers, d’obéir et de s’harmoniser aux lois qui le régissent, de reconnaître le Principe qui l’anime et de s’identifier à lui.

            Son univers prend la réalité qu’on lui donne.  Les choses, les idées, les états d’être n’y prennent de réalité que dans la mesure où on en est conscient, qu’on leur donne de sa vie.  Tout y est.  On puise dans l’abondance d’une manière plus ou moins efficace, complète, selon qu’on accepte que tout y soit.  Faire des prises de conscience, des découvertes, c’est relativement facile.  Le Yoga m’en enseigne la manière.  Ce qui est plus exigent, c’est de prendre ce qui les accompagne, d’être responsable.  On est comblé selon ses besoins, non selon ses désirs.  Un désir devient un besoin lorsqu’on s’intègre, qu’on se fait entier.  On réalise que sa vie quotidienne s’y investit complètement.

            On capitalise sur la satisfaction du besoin qu’on ressent dans l’intérêt commun.  On poursuit son travail avec plus d’efficacité, on sert encore plus intensément.  On ne va pas pleurer avec ceux qui pleurent, souffrir avec ceux qui souffrent.  On se fait plutôt baume sur leurs plaies, sourire sur leurs lèvres.  On reste soi-même.  On est responsable de ce qu’on est, de son univers.  On est solidaire de tout ce qui est : c’est son univers.

Janaka-anandâ © 1980-2014 Yogi Inn, Vermont, USA.

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