LA RÉSIGNATION CACHE UN MANQUE DE COURAGE OU UNE DÉMISSION FORCÉE…

La résignation, qu’il convient d’éviter de confondre avec l’abandon, désigne la propension à adopter une attitude d’acceptation douloureuse ou amère, à se soumettre béatement ou servilement, à subir sans réagir, à tout admettre sans résister, malgré les désagréments.

Cette attitude se rencontre souvent chez des sujets qui ont été complètement écrasés dans les premières années de leur vie ou y ont rencontré des conflits apparemment insolubles, parce qu’on a sapé leurs dynamismes vitaux.  De bonne heure, ils ont renoncé à leurs espoirs, parfois à la vie.  La résignation giving-uppeut encore s’expliquer par d’autres facteurs.  Certains ont développé un sentiment vague de la vanité de la vie.  D’autres vivent de cette prétention d’appartenir au petit nombre de ceux qui sont parvenus à se détacher du troupeau humain et ont choisi la meilleure part.  D’autres sont foncièrement des êtres passifs, stoïques ou cyniques: ils manquent de foi dans leur valeur personnelle ou dans leurs moyens, ils ont déserté tout idéal, ils se complaisent dans une lassitude générale, ils privilégient la loi de la moindre résistance.

Le problème de la résignation, c’est qu’elle implique la soumission à une expérience, ce qui laisse entendre qu’il y a un refus d’acceptation, un dépit d’avoir perdu le contrôle ou une démission consécutive au constat de ne pas pouvoir tout gérer à sa guise.  Or l’acceptation, qui mène  au lâcher-prise, est souvent le premier pas vers le retour à l’équilibre ou à l’harmonie.  Sauf que l’acceptation, au sens qu’il faut l’entendre, porte à tenter de comprendre l’expérience qu’on doit vivre.  Il faut la considérer comme utile à son évolution.  Alors, il n’y a plus de résignation, il y a une compréhension qui aide à l’accepter.

On pourrait dire que la résignation est le revers de la médaille, l’aspect négatif de l’acceptation.  C’est l’acceptation dans la compréhension qui dispose à avancer.  La résignation porte à accepter le statu quo, ce qui n’aide pas à avancer : elle porte à stagner, puis à régresser.  Bien sur, une personne peut protester parce qu’elle se sent limitée, qu’elle est malade, qu’elle manque d’argent, qu’elle n’est pas suffisamment aimée.  Mais la protestation ne suffit pas.  Elle doit s’accompagner d’une intervention au niveau des causes intérieures.

La Terre est une école d’apprentissage où rien n’est facile à celui qui ne sait pas se servir de sa créativité mentale.  Il faut être fort pour se sortir de cette expérience dans la densité et la dualité.  La solution réside d’abord dans le fait qu’un être se fait attentif à lui-même et qu’il cherche à comprendre la raison pour laquelle il se retrouve dans une expérience particulière.  Puis il doit découvrir son pouvoir de tout changer, même de transcender sa programmation ou ses conditionnements.  La résignation n’allège que les maux sans remèdes, ce qui, justement, n’existe pas.  De ce fait, la résignation ne doit jamais trouver de place dans sa vie.

Dans la vie, il n’y a que deux attitudes possibles : accepter son sort, tentant de tirer le meilleur de sa situation, ou défier le sort et se mettre courageusement à l’œuvre de la changer.  L’un fait passer à côté de la vie, l’autre ouvre la porte de la vie.  Rien n’est jamais acquis, il fgive-upaut sans cesse mener d’autres conquêtes.  En cela, chaque instant de résignation ressemble à la préparation d’un suicide.  Car dans la résignation, qui implique une plus ou moins grande part de fatalisme, une soumission sans protester, un être travaille contre lui-même, il accepte ce qui le réduit, le limite, le fait rapetisser.  Cela expose à l’exploitation, en commençant par l’exploitation de soi-même.   Se résigner, n’est-ce pas amener un peu la froideur de la mort à s’immiscer dans dune vie trop bien menée, trop sage, trop servile, donc ennuyeuse à crever?

Il vaut probablement mieux croire que tout être est responsable de ses choix et de leurs conséquences.  Cela entretient au moins l’espoir de mettre un jour le doigt sur son problème, qui est l’incompréhension du sens de la vie : un grand jeu amoureux.  Oliver Lockert a dit : «Il n’y a qu’une façon d’échouer, c’est d’abandonner avant d’avoir réussi.»  Car, abandonner en cours de route, c’est une attitude de défaitiste, de perdant, d’impuissant.  Il faut abandonner celui qui se résigne pour qu’il prenne sa leçon dans une vie terne et morose, sans aucun imprévu, bien que, en général, sa situation douloureuse  finisse par l’anesthésier.  Car, en pareil cas, celui qui en abandonne un autre ne le trahit pas, il le rend à lui-même.

Un homme n’est pas achevé quand il est vaincu, il est achevé quand il abandonne et se résigne à cet abandon.  Celui qui se résigne accepte de vivoter.  Celui qui accepte de changer ou de se changer se permet d’évoluer.  Or qui évolue vit toujours davantage.

 

© 2013-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

   

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