LA PROVIDENCE PEUT AUSSI BIEN ÉLEVER QU’ABAISSER, SELON LE PRINCIPE DE LA CAUSALITÉ ÉTHIQUE…

La Providence désigne la Suprême sagesse dans le gouvernement de toutes choses, dans le Cosmos, qui est attribuée à Dieu, le Créateur.  Il s’agit de l’Absolu qui gouverne la Création conformément à un Plan amoureux, laissant agir la loi de la Causalité dans la troisième dimension.  Ainsi, celui qui se réfugie dans la Providence dans l’espoir de vivre dans l’impunité, malgré sa mauvaise conduite, gagnerait-il de se réfugier dans le giron de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, l’illustration maternelle de la Force de Compassion assurée en tout temps, si tant est qu’elle existe, car il n’est pas sûr qu’il puisse toujours échapper àdivine-providence la Justice immanente, l’illustration du Juste Retour sur leur auteur des pensées, des sentiments, des paroles et des actes conscients et inconscients.  Même la, la Vierge ne pourra que l’entourer d’Amour et lui fournir les inspirations utiles incapable de le soustraire à son destin s’il n’accepte pas d’harmoniser sa situation. Chacun n’est-il pas, en tout temps, son propre Sauveur?

En effet, souvent, ce titre ou cet attribut divin porte à ne voir, dans l’expression du gouvernement divin, que les aspects bénéfiques et salutaires de la miséricorde du Créateur.  Voilà qui fait oublier que la Providence est synonyme de Justice immanente, et qu’elle peut appliquer autant la rigueur que la miséricorde, selon les circonstances exactes, non selon l’appel particulier des créatures.  Car celui qui conserve est le même que celui qui détruit, celui qui élève, le même qui abaisse, selon les besoins de la compréhension individuelle.  En principe, par la Providence, Dieu exerce une règle équilibrée qui résulte de la pondération parfaite de la miséricorde et de la rigueur.  Lahiri Mahasaya, un sage hindou, a dit cette phrase réconfortante: «Bien que l’ingéniosité de l’homme à se mettre dans le pétrin soit sans fin, le Secours Infini n’est pas moins ingénieux.»

Ainsi, la loi de la Providence n’est nulle autre que celle de la loi de l’Approvisionnement universel conjuguée à celle de la Causalité, qui ramène à chacun selon sa demande, ses actes, son mérite personnel.  Elle révèle le sage gouvernement de Dieu dans sa Création.  C’est donc à tort que certains la conçoivent comme une loi d’exception qui peut sauver le fautif malgré ses œuvres mauvaises, du simple fait qu’il réclame la clémence et la miséricorde.  Du reste, c’est cette incompréhension du libre arbitre de l’être humain et du respect divin de la Nature qu’il a crée qui laisse parfois croire que Dieu est incapable d’agir comme un Dieu et de s’imposer dans certaines situations inhérentes à l’Ordre de l’Évolution cosmique.

À propos, Sri Aurobindo Ghose a dit un jour: «La Providence n’est pas seulement ce qui sauve du naufrage quand tous les autres ont péri.  La Providence est aussi ce qui m’arrache ma dernière planche de salut, tandis que les autres sont sauvés, et me noie dans l’océan désert.»  Par cette remarque, on comprend mieux le proverbe persan qui se lit comme suit: «Dieu n’est pas obligé d’aller sauver celui qui saute dans un puits.»  Qui sait lire entre les lignes comprendra que le Père divin, le Principe créateur, veut bien veiller sur tous ses enfants, avec générosité et clémence, mais qu’il n’est pas stupide, bonasse ni débonnaire.  Il est bien capable de laisser ses foudres se déclencher sur celui qui s’entête dans ses entreprises vaines, stériles ou hostiles, incapable d’accorder des privilèges, des faveurs ou de sauver par des prodiges ou des interventions d’exception.

Dieu ne fait ni acception ni exception de personne, considérant tous les hommes comme égaux.  Il les considère tous comme dignes d’un même amour.  Aussi, laisse-t-il agir sa loi, rigoureuse précise, pour chacun.  Aussi, lorsqu’un être doté de libre arbitre fait appel à sa Providence, il ne peut que lui rappeler au fond de son cœur, s’il est sincère, comment il devrait se comporter dans la situation qu’il vit.  Dieu n’est pas responsable du degré d’ignorance de l’être humain qui résulte de ses choix antérieurs, qui remontent loin dans le passé, au niveau évolutif.  Jamais Dieu ne fera à la place de qui que ce soit ce qu’il doit découvrir et appliquer par lui-même, en commençant par reconnaître la validité de ses choix ou leur conformité avec la Loi divine.

Le Maître Sri Aurobindo Ghose a admirablement résumé ce principe en disant: «La vraie sanction pour le bien et le mal n’est pas le bonheur pour l’un et le malheur pour l’autre, mais que le bon nous conduit à une nature plus haute qui finalement s’élèvera au-dessus de la souffrance et que le mal nous fait descendre vers la nature inférieure qui reste toujours dans le cercle de la souffrance et du mal.»

Le Créateur agit toujours pour le plus grand bien de tous et chacun et il ne cherche jamais à punir.  La punition, chacun se l’impose lui-même par sa culpabilité, d’où il ressent le devoir de se racheter ou de payer une dette.  Dieu sait que la punition ne donne aucun autre résultat que d’engenProvidencedrer la peur, attisant la colère et ouvrant la porte à d‘autres délits ou à d’autres conflits, ce qui amène à s’isoler, à se rebeller ou à se replier sur soi, mettant son âme en danger, avec la vie des autres.  Alors, elle doit être remplacée par une saine discipline qui prévoit des conséquences adaptées, donc logiques et réalistes.  Elle apprend à un être en croissance à identifier ses comportements erronés, à en assumer la responsabilité, à résoudre ses problèmes tout en respectant sa dignité.  Par elle, il apprend à maîtriser sa vie, à prendre des décisions éclairées et à résoudre ses propres problèmes.

Mais agir pour le plus grand bien d’un être consiste à lui retourner son dû en positif comme ne négatif de sorte qu’il puisse tirer une leçon de vie de ses expériences.  Ainsi, il peut apprendre à mieux se gouverner dans le choix de ses actes, de ses paroles, de ses pensées et de ses ressentis pour se maintenir dans le juste milieu.

Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’être humain a choisi d’en savoir autant que son Créateur au terme de son expérience évolutive.  Par respect pour son libre arbitre, Dieu, qui reste dans les coulisses du Théâtre de la Vie, se contente de l’assister, quand il fait appel à lui.  Mais il ne peut rien faire d’autre que de guider cet être évoluant par l’intuition, s’il s’ouvre à elle.  Pour le meilleur ou pour le pire, tout ce qu’il ferait à la place de sa créature le priverait d’un aspect de l’expérience qu’il a choisi de mener, d’où il ne pourrait jamais parvenir à se reconnaître son égal (partie intégrante de la Source créatrice) au terme de son long cheminement à travers les divers plans de conscience.

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