LA PERSONNALITÉ TROP FORTE RETARDE L’EXPRESSION DE L’IDENTITÉ SPIRITUELLE…

La personnalité, aussi appelée «ego» ou «petit moi», désigne la fonction par laquelle un individu se perçoit comme un moi, comme un sujet singulier, unique et permanent, différent de tout autre.  Il s’agit de l’instance artificielle ou factice de l’être qui surgit de la conscience dissociée, séparée, divisée, — extraction de l’Unité — donc de la partie matérielle de l’homme, élaborée par le mental, qui développe des traits de caractère, un tempérament, des comportements, des aptitudes, des motivations, un rôle social, une façon de penser, exerce une influence, bref tout ce qui constitue son individualité propre.  Elle revient à l’image mentale qu’un sujet se forme de lui-même, révélant ses traits distinctifs et ses dispositions générales dans sa façon de sentir, de penser, de parler et d’agir ou de réagir.  Elle amène à porter des masques, à se montrer égotique, égoïste, nombriliste, même narcissique, pouvant autant porter au sentiment de supériorité que d’infériorité, par manque d’estime réel de soi, ce qui amène à perdre le sens de soi-même… et de sa liberté.

En somme, la personnalité représente ce qui fait qu’une personne est elle-même et pas une autre et qui correspond à sa manière de raisonner, de percevoir son milieu et son environnement, de s’adapter au milieu, de réagir face aux événements, de témoigner sa sensibilité (sentiments), de présenter son apparence physique, ajoupersonnalité2té à ses comportements, attitudes, aptitudes, habitudes, postures, qualités et défauts, volonté, adresse, agilité, éducation, centres d‘intérêt, degré d’acceptation de soi, croyances, modes de créativité, maîtrise individuelle, degré de conscience.  Ainsi, elle recouvre la totalité des caractéristiques individuelles.

Sauf que celle-ci vous amène à porter divers masques, selon les besoins de domination et de contrôle, puisqu’elle ne vise qu’une seule fin : empêcher un être de se rappeler Qui il est Réellement, au point qu’il préférerait le maintenir dans le chaos et de confusion, par rapport à sa véritable identité, plutôt que de le laisser se souvenir de ses origines divines, parce qu’il est convaincu, pour ainsi dire, qu’il va littéralement cesser d’exister si celui-ci décide d’adopter un mode de vie ajusté à la Vérité, à savoir que chacun est un Enfant de Dieu, même Dieu, et que, dans cette redécouverte, toute distance s’abolit, toutes les différences et les contradictions internes se dissipent.  En fait, la démarche évolutive a prévu l’individualisation, par le développement de l’ego, afin d’amener un être incarné à se protéger quand il s’estimait attaqué ou lésé.  Il assurait qu’il puisse, en tout temps, s’affirmer, argumenter et se défendre contre toute velléité d’ingérence de la part  d’une autre personne, dans le cas où elle semblait se placer sur votre chemin pour l’empêcher de s’exprimer.  Ce concept a donné naissance à la notion illusoire du libre-arbitre individuel, cette apparente  liberté de faire, de dire, de penser et de ressentir tout ce qu’un être voulait, sans égard à l’influence qu’il exerçait sur les autres, dans son oubli de l’unité de l’humanité par la conscience de groupe.

Dans ses recherches livresques, tout lecteur gagne à éviter toute confusion dans les termes, car, contrairement à cette définition, la Rose+Croix conçoit la «personnalité» comme la qualité subtile du moi intérieur qui se révèle parfois à travers les éléments matériels de la manifestation humaine.  Dans l’être humains, c’est un attribut de l’âme ou le reflet spirituel de l’âme, continuellement en formation.  Pour elle, elle équivaut donc à la conscience spirituelle.  Il faut expliquer que, en philosophie, la personnalité équivaut au sujet conscient et pensant.  En fait, il s’agit de l’ego qui, en psychologie, désigne le moi ou le petit moi.  Ainsi, selon les documents consultés ou selon le contexte, on parle d’ego ou de faux-ego pour désigner la personnalité, l’entité psychosomatique, aussi appelée le petit moi, la part de chacun, élaborée par le mental, qui donne l’image intériorisée de la conscience de soi et de sa valeur, qui favorise le culte du moi, le développement personnel, en marge de l’altérité.  Ailleurs, on parle d’ego matériel ou de faux-ego.

Mais, au sens spirituel, on peut aussi parler d’Ego (noter la majuscule) qui désigne l’Esprit divin ou la Conscience subjective, l’unité transcendantale du Soi, du Moi supérieur ou de l’Individualité spirituelle, ce qui le distingue du faux ego.  Pour les Orientaux, il contient l’«Atma», la Volonté spirituelle, la «Buddhi», le Principe christique ou l’Amour-Sagesse, source de l’intuition et de l’inspiration) et le «Manas» supérieur, le Mental abstrait ou causal.  Dans ce contexte, il s’agit de ce que d’autres appellent l’Ego divin, une autre manière d’évoquer l’Étincelle divine, l’Essence spirituelle, la Monade divine, l’Atome divin, même parfois l’Âme universelle ou l’Esprit-Saint.  Il traduit le sens que l’Être a de son identité, au moment de la Création, en tant que Moi divin dans la Conscience supérieure ou dans la Source de l’être.

Dans son acception psychologique, la  personnalité représente le contraire du Vrai Moi ou du Moi véritable et il amène à s’identifier à son corps, à sa raison, au plaisir et à la matière.  On dit qu’elle résulte de l’action du feu qui pousse à l’action autonome.  De ce fait, elle couvre une force solaire indispensable à la maturation et à l’individualisation, une transition difficile, mais obligatoire, au cours de l’évolution, afin de comprendre l’Unité dans l’Amour.  En effet, dans sa première phase de manifestation, si elle n’est pas maîtrisée, elle devient la déformation même de l’identité de l’Amour, ne figurant plus qu’une phase stagnante de cette énergie conceptuelle.

Ces distinctions établies, on peut dire que, en général, la personnalité projette vers l’extérieur, menant à la quête d’un paradis illusoire, à la satisfaction immédiate des besoins et des désirs et à la domination sur les autres, les percevant comme des concurrents, dans l’ordre de la vie et de la survie, se posant en opposition sur la voie de l’individualisation (la fusion avec l’Individualité divine).  Bien que très utile dans son ordre, quand elle commence à déborder, elle retarde l’expression de d’Identité spirituelle.   Elle ne s’attache qu’à la forme des choses et aux résultats apparents, redoutant les normes des autres, ce qui inclut celles de la société, d’où elle amène à vivre conformément au regard d’autrui.  En fait, elle amène à se former un masque personnel qui établit une différence aliénante et qui induit dans la séparativité.  Depuis sa naissance, chaque être incarné a enregistré des milliards d’informations et il a développé nombre de comportements et d’attitudes qui voilent son Être véritable.  D’où il n’est personne tant qu’il n’est pas individualisé, qu’il n’a pas redécouvert sa vibration propre et originale, restant une caricature de sa Réalité supérieure.

Tout ce qu’un être fait, sous l’empire de sa personnalité, il l’a emprunté aux autres, notamment aux personnes qui ont eu de l’influence sur lui, auxquelles il cherche à ressembler ou à s’opposer.  Pour s’individualiser, il doit retrouver, dans toutes ces données accumulées, ce qui appartient vraiment à lui, ce qui est vraiment lui, provient de lui et correspond à son idéal profond.  Car, tant qu’il cherche à prouver à autrui qui il n’est pas, il dévoile sa personnalité, non son individualité.  Ainsi, il n’a pas prouvé ou démontré ce qui est évident.  La personnalité sert de moteur aux pulsions égocentriques, égoïstes et narcissiques.

Ce manteau extérieur, qui forme une coquille, amène à tout faire converger vers le moi inférieur mu par les pulsions, les appétits, les désirs et les passions.  Elle est la source du besoin excessif de prendre, de dominer, d’agresser, de paraître, de perdurer dans la matière.  Laissée à elle-même, elle ne recherche qu’un intérêt limité, étroit et borné, n’apportant, la plupart du temps, que faiblesses, erreurs et peine.  Elle doit servir de fondement aux manifestations de l’individualité (centre divin), inclinant à aimer, à partager, à rendre les autres aussi heureux qu’on l’est soi-même, à travailler pour le bien-être et la réalisation de la collectivité, après avoir réalisé les siens, afin de rendre libre et lumineux.  En fait, la personnalité, une entité psychique, est la seule instance de l’être qui a besoin de perfectionnement, au cours de l’évolution, en passant par des incarnations successives de l’âme qui l’anime.

La personnalité ou l’ego mène un être à interpréter Dieu et l’Univers à sa manière au lieu de chercher à les connaître tels qu’ils sont.  Voilà la personnalité individuelle portée à l’égoïsme et à la vanité, s’opposant aux forces de l’âme.  Fondamentalement, l’ego désigne l’aspect mental de l’être qui pense, ressent, agit, conscient de la différence qui le distingue de l’entité d’autrui, de l’objet de ses pensées, de ses ressentis et de ses autres activités.  Il recouvre la partie de l’être individuel qui est conscient et qui mène diverses expériences.  Il souligne l’importance du soi qu’un être incarné conçoit de lui-même et qui lui confère un sentiment de pouvoir.

Dans le processus évolutif, la personnalité amène à s’identifier à la matière et, de là, à la personnalité, à l’aspect purement physique.  Elle conduit à porter une attention exagérée au faire, au paraître, au pouvoir, à l’avoir, au jouir, au point d’en faire oublier l’aspect d’être pleinement.  Alors que le Soi ou l’Individualité ne cherche qu’à vibrer à la fréquence de l’amour, du détachement, de la générosité, de la compréhension, de la compassion, de l’harmonie cosmique, l’ego amène à manipuler, accumuler, privilégier, conquérir, dominer, exploiter, exclure, calculer.  De ce fait, devenant rapidement diviseur, il entraîne dans la comparaison, l’émulation, la concurrence, l’ambition, l’opposition, la rivalité, ouvrant la porte à toutes les formes de l’agressivité et de la domination.  Il veille à la réalisation du paradis artificiel, écartant de la quête spirituelle du Paradis perdu.  Il se met au service exclusif de la satisfaction personnelle, cherchant partout son intérêt, à toujours occuper plus d’espace, même au détriment des autres.  Il comprend la notion des droits, mais peu celle des devoirs, ce qui l’amène à peu se soucier de la Réalisation spirituelle.

Ainsi, l’ego établit rapidement le principe du deux poids et deux mesures et il conduit à affirmer ses besoins et ses désirs comme des absolus.  Il propose de vivre une vie à rabais fondée sur la quête du plaisir, du confort et du bien-être, de l’accumulation des biens,  de la domination et du contrôle, uniquement à l’écoute des pulsions primitives (sentiments, émotions et passions), négligeant les aspirations de l’âme.  Il interprète tout à partir de la notion de ses attentes, emprisonnant dans les illusions et les apparences.  Il pousse l’individu à se centrer sur lui-même comme s’il était le nombril du monde.  Il engendre la peur, la peur et la division.  Il force à nier la vérité quand elle contrarie les croyances ou les intérêts personnels, ce qui peut aboutir au scepticisme et à l’athéisme.  Il engendre la forme d’hypnose que l’on appelle le sommeil de l’homme ordinaire qui amène à prendre l’illusion du monde extérieur pour la réalité.

Dédaigneux de l’intuition et de l’inspiration, l’ego place le mental sur un piédestal, écartant de l’Esprit.  Il amène à s’opposer à l’Univers et à la Nature plutôt qu’à couler avec eux.  Il engendre les attentes et les attachements multiples, source d’envie et de jalousie.  Il porte à agir au gré des préférences, non du bon sens ou du discernement.  Il voit dans l’adversité, non une leçon à apprendre, mais une limite à la liberté, donnant sa caution au libertinage et au libéralisme outré.  Bref, engendrant la dualité, il constitue la source de tous les problèmes et difficultés, tirant hors des sentiers de l’amour et hors de la voie de l’ordre, de l’équilibre, de l’harmonie.  Le Maître Saï Baba a dit : La chaîne de montagne de l’ego cache Dieu.  Voilà pourquoi il est dit que l’oubli des misères du petit moi augmente la puissance de réalisation dans la Lumière.

Un ego trop puissant amène à vivre dans l’égoïsme, cette propension à se préoccuper exclusivement de son propre plaisir et de son propre intérêt sans se soucier de ceux des autres ou cet attachement excessif à soi-même et à ses intérêts qui s’exerce au détriment ou aux dépens des autres.  L’égoïste aime s’isoler pour jouir de ses choses, refuse de les prêter, évite de s’associer aux autres, s’abstiens d’aider les autres ou de leur porter son concours.  L’égoïsme est la cause de tous les conflits et la source de toutes les mauvaises actions.  C’est l’obstacle majeur qui se pose sur la vpersonnalitéoie de la libération.  Pour évoluer, on gagne à vivre dans le détachement et à participer au bien commun.

Un bon moyen de se détacher de sa personnalité, c’est de considérer le caractère éphémère de la vie et le caractère transitoire des choses.  Tout passe, car tout se transforme.  Sivanandâ a affirmé: «Celui qui meurt à la partie inférieure de lui-même s’élève à l’immortalité. Ainsi, détruis ton moi inférieur avec l’épée de l’impassibilité, la hache de la méditation, et accède à l’immortalité…» Sri Aurobindo Ghose a rappelé avec conviction: «Si tu gardes cet ego humain et crois être un surhomme, tu es seulement la dupe de ton propre orgueil, le jouet de ta propre force et l’instrument de tes propres illusions.»  Cette affection excessive de soi-même incline à parler constamment de soi, à tout rapporter à soi, à établir un culte de soi, en oubliant les autres.  Il se signale surtout par la pensée concentrée sur les aspects extérieurs et apparents du moi et par l’abus des mots «moi», «je», «me», «mon», «ma», «mes».

Plus un être est mené par l’ego, plus il devient égoïste et égocentrique, individualiste et arrogant, et plus il oblige les autres à combler ses besoins, gagnant ainsi de l’énergie et du temps pour mieux s’occuper de lui-même dans ses fantaisies et ses caprices.  Voilà comment il réussit, ultimement, à écarter des autres et de Dieu, car il ferme le cœur à l’amour.  Yogananda a dit : «Le noyau dur de l’égotisme humain peut difficilement être délogé autrement que par la rudesse.  À son départ, le Divin trouve enfin un canal non-obstrué.  En vain, Il cherche à passer à travers les cœurs de pierre de l’égoïsme.»

Note : Pour compléter cette lecture, on peut se référer aux considérations sur l’«ego» dans d’autres articles.

© 2007-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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