LE PRÉSUMÉ MÉCHANT, UN SEMBLABLE SEVRÉ D’AMOUR

mechancete

La méchanceté est une maladie du psychisme qui résulte d’un cœur fermé suite à des blessures anciennes.  Elle représente souvent un appel à l’aide chez un être qui s’est enfermé dans son amertume.   Ainsi, il n’existe pas d’être fondamentalement méchant, il n’existe qu’un être blessé qui, dans sa faiblesse et son impuissance, a verrouillé son cœur, perdant son contact avec son âme, ce qui l’a entraîné dans l’incapacité de témoigner de gentillesse et d’empathie.  Une telle personne rappelle simplement qu’on l’a blessée dans son passé, d’où elle se révèle d’autant plus malveillante qu’on l’a atteint profondément parce qu’elle se sentait démunie dans ses moyens d’agir ou de réagir.

   C’est instinctivement que, pour se protéger, la personne méchante attaque tout être qui la dérange et lui paraît menaçant.  Ainsi, elle porte en elle un traumatisme qu’elle n’a pas résolu et elle ne pourra pas changer tant qu’elle n’admettra pas que le problème réside d’abord en elle.  Pour cette raison, afin de se protéger, par avance et prévenance, sa manière de masquer sa vulnérabilité et d’éviter de s’ajouter des souffrances, elle projette inméchanceté2consciemment sur autrui son manque de confiance en elle, qui la rend méfiante à l’endroit d’autrui, ce qu’elle déguise en soupçons constants et en interprétations subjectives.  Et à défaut de pouvoir accueillir les autres avec amour, elle les soumet au crible de son intellect froid, tranchant et rigoureux dans des interprétations et des ratiocinations sans fin.

Dans ses relations avec autrui, tout être qui entre dans son champ d’action et qui dénote la moindre attitude ou le moindrement comportement qui lui rappelle l’angoisse des heures douloureuses de son passé deviendra pour elle un bouc émissaire pour ce qu’elle n’a pas réussi à harmoniser avec les bonnes personnes, soit celles qui l’ont fait souffrir et rétrécir dans le passé.  Si l’hostilité et la cruauté deviennent son passe-temps, c’est tout bonnement sa manière dévoyée de s’accorder du plaisir dans sa peur de subir une attaque douloureuse.  Mais c’est aussi, par rebours, sa manière de lancer un appel à l’aide, car elle ne peut que réaliser, plus ou moins consciemment, qu’elle se complique l’existence et l’abrège.  Surtout que, la plupart du temps, elle s’inflige elle-même la plus large partie de sa haine d’elle-même.

Pour cette raison, dans sa compréhension et son empathie, l’être sage qui entrera dans sa sphère pourra prendre les moyens de prévenir les attaques injustes et répétées contre l’être innocent qu’il est, quitte à s’écarter, mais il ne se permettra jamais de la juger, de la condamner, de la dénoncer, encore moins de la haïr.  De toute manière, toute velléité de vengeance ou de vindicte participe du mal, donc de la régression.

Alors, au contraire, sachant que les entreprises injustes de cette personne, si adroitement compensées dans des rationalisations, des justifications, des projections, la sublimation, proviennent d’un manque d’amour pour elle-même, à défaut que les personnes significatives chargées de son éducation, responsables de sa maturation, l’aient aimée selon ses attentes, ce qui la rend inapte à accorder de la compassion envers autrui, nul ne pouvant partager ce qu’il ne possède ou ne porte pas, il ne pense pas à lui retourner le mal pour le mal.  Dès lors, au lieu de lui retourner bêtement la monnaie de sa pièce, comme s’il ne comprenait rien à son drame, il choisit d’émettre vers elle ce qui lui manque tant : de l’amour inconditionnel et impersonnel, la seule denrée subtile qui puisse parvenir à guérir un être soufrant en le ramenant dans l’harmonie et l’équilibre.

Les gens heureux n’attaquent pas les autres et ne passent pas leur temps à se méfier.  Plutôt, ils parlent de leur avenir, ils rappellent leurs bons moments, ils complimentent leurs proches.  Car il faut être malheureux pour s’attaquer aux autres, être poussé par la jalousie, l’envie, exprimer un mal de vivre, le manque de confiance en soi, bref, la souffrance.  Le plus dommage, c’est qu’il s’agit d’une semence négative pour les heures ou les jours à venir.

En effet, s’il doit cracher son venin, il n’est pas obligé de le faire sur les autres.  En général, le malheureux est porté à distiller son fiel d’abord sur ceux qu’il croit le dépasser, pour les rabaisser et, du coup, se rehausser.  Mais ce qui arrive, à celui qui crache en l’air, c’est que sa bave lui retombe sur le nez!  Sans compter que, contrairementmechancete1 à l’impunité qu’il se croit, ce qu’il dit des autres, il s’attire que quelqu’un finisse par le dire de lui, ne pouvant s’en épargner par la loi d’Attraction ou de Causalité. Celui qui sait qu’un être méchant est un être souffrant se met hors d’atteinte de ses entreprises, car il y un témoignage de plus grande force dans le fait de savoir se contenir que dans le fait de réagir à un propos ou à un acte malveillant, malgré la faiblesse que la personne méchante peut lui prêter.  Pour résister à ce genre d’assauts bas et insidieux, seule l’amour, la sérénité qui rend transparent et la confiance peuvent sauver. Car c’est ce dont l’être agressif manque et qu’il déteste découvrir chez les autres.

Alors, le moindrement que le sage se rappelle le passé probablement troublant de son attaquant, avec ses blessures du passé, probablement de l’enfance, qui a amené chez lui l’aigreur et l’agressivité à remplacer l’innocence et la bonté, il ne peut penser à alourdir ce fardeau.  N’empêche que, pour éviter de se reconnaître dans le miroir d’autrui, le méchant devrait penser à réparer, puisqu’il n’est point besoin de tenter de diminuer, de salir, de détruire ou d’écraser les autres par le verbe, qu’il s’agisse de critique ou de moquerie, pour faire comprendre qu’il existe et qu’il a besoin d’attention.  En effet, le poison qu’un être diffuse ne tarde jamais à se retourner contre lui, surtout dans la présente phase d’accélération énergétique.

Note: Nous espérons qu’il a bien été compris que, à proprement parler, il n’y a pas de méchante personne.  Mais, pour situer le propos dans le contexte coutumier et bien nous faire comprendre du plus grand nombre, nous avons ici utilisé l’expression «personne méchante» dans le sens très clair de personne blessée et malheureuse qui projette sur les autres, avec plus ou moins de violence, son dédain d’elle-même, son désarroi intime, ses peurs existentielles, son amertume accumulée, afin de ne pas se voir dans sa réalité du moment ou d’en ajouter à sa souffrance intime.

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