LA LIBERTÉ D’OPINION ET D’EXPRESSION, UN DROIT INALIÉNABLE À UTILISER AVEC RESPECT ET DISCERNEMENT… 

Winston Churchill a su dire: «L’idée que se font certaines personnes de la liberté de parole les autorise à dire ce qu’ils aiment, mais, si quelqu’un leur réplique, ils parlent d’outrage.» 

La liberté d’opinion et d’expression, qu’on appelle aussi le droit de parole, est l’une des premières libertés politiques et plus généralement des libertés fondamentales.  Car à quoi servirait-il à un être de vivre si, dans le concert de la société, il n’a pas son mot à dire, ne peut pas émettre ses pensées, ajouter son point de vue, exprimer sa situation, présenter ses besoins, préciser ses préférences?  Ce droit s’accompagne de la liberté d’information et, plus spécifiquement, de la liberté d’écriture et de presse, qui est la propriété de l’écrivain ou du journaliste de dire ou de faire ce que bon lui semble dans ses livres ou dans son journal, sous réserve d’en répondre devant les tribunaux, en cas de diffamation, de calomnie, d’incitation à la haine ou au meurtre.  En effet, ce droit fondamental est conditionnel, dans le sens qu’il peut être limité ou restreint pour des raisons sécuritaires, pour protéger le droit des individus (répression de l’insulte publique, diffliberté-d-opinionamation, lutte contre les discriminations raciales et le négationnisme des crimes, défense des droits de propriété intellectuelle.  Son antithèse est la censure, ce qui est le propre des gouvernements totalitaires ou dictatoriaux et des religions dogmatiques du même acabit.

La liberté d’opinion ou d’expression renvoie à la faculté de dire ce que l’on pense par les moyens que l’on juge appropriés.  Une véritable société de communication bien pensante serait celle qui protège avant tout la liberté de parole. Cependant, aujourd’hui, plus les êtres humains pensent ensemble, moins ils parlent, moins ils sont en contact avec leurs semblables.  Ou, en raison des nouveaux moyens à sa disposition, il parle trop, il communique trop mal et il abuse du privilège de l’anonymat.  Sur les médias sociaux, il est consternant de lire autant de  commentaires accusateurs, diffamatoires, gluants, putrides, haineux, parfois carrément criminels, des propos émis sous le veule couvert d’une intervention incognito.  N’est-il pas inutile et malsain d’entreprendre une discussion avec des gens qui ne parlent pas à visage découvert lorsqu’ils injurient ou attaquent?  Le droit des ces couards ne devrait-il pas être limité?  Mais est-ce possible dans la limite des moyens actuels?

Car, même dans un droit, il faut déterminer où se situe la limite entre ce qu’il convient et ce qu’il disconvient de dire ou d’écrire.   Or, qui peut trancher en cette matière?  À défaut, n’importe qui dit n’importe quoi.  Tous les contraires sont énoncés avec la même conviction et la même fougue, divisant de plus en plus les consciences des faibles.  Il n’en reste pas moins que, au cours des siècles passés, la suppression de la liberté de parole, avec son cortège de restrictions apportées à la connaissance, a constitué l’obstacle majeur au progrès de la culture et de la civilisation.  En empêchant la circulation et la libre expression des idées, on enlève un outil de transmission qui réprime l’avancement, entraînant la société dans le dogmatisme et la stagnation.

Au début du Moyen Âge, surtout, on conservait la connaissance acquise dans des textes latins et grecs, langues connues presque uniquement des moines et des prêtres, un peu d’une élite intellectuelle ou noble, mais peu des femmes et de la masse.  On considérait cette situation comme normale, alors on n’essayait pas de procéder autrement, on n’encourageait pas l’usage écrit des langues vernaculaires, privant les gens de nombre de bonnes occasions de s’instruire et de se former.  Toute tentative pour introduire de nouvelles conceptions qui s’écartaient du point de vue traditionnel était condamnée comme hérétique, surtout lorsqu’elle contredisait ce qui était considéré comme sacré.  On brûlait de telles œuvres rejetés par les pouvoirs politique et religieux.

Plus récemment, des gouvernements dictatoriaux ont restreint le droit de parole et d’expression, l’Église catholique ayant elle-même longtemps maintenu son droit de mettre à l’index les livres qu’elle jugeait immoraux ou osés et d’excospeaker's-corner-londonmmunier les apostats.  La suppression de la liberté politique se maintient dans des pays où l’État contrôle la presse et les moyens d’information pour empêcher la dénonciation de la corruption politique ou la montée des forces d’opposition.

La liberté d’opinion et d’expression se complète par la liberté d’action, qui comporte la liberté d’agir et d’aller et venir à son gré.  De même par la liberté de conscience.  Celle-ci évoque la situation dans laquelle une personne peut agir suivant sa conscience à l’égard des valeurs morales, ce qui inclut le droit de pratiquer librement la religion de son choix.   Plus clairement, elle exprime la faculté d’agir extérieurement suivant sa conscience et de jouir d’une complète liberté en matière de valeurs, notamment de pratique religieuse.

Malgré les tentatives de contrôle, la liberté d’expression s’est considérablement émancipée depuis l’avènement du Web. Il devient difficile pour un pouvoir exécutif de mettre efficacement en œuvre des mesures de répression de l’opinion dès lors que cette dernière s’exprime de façon libre, décentralisée, infiniment reproductible et indélébile sur la Toile mondiale (Internet). Dans cette mesure, le Web est très souvent comparé à deux grandes inventions de l’Histoire, qui ont également abaissé le coût d’accès à la connaissance et contrecarré la censure: l’imprimerie et l’écriture.  Le XXIe siècle a d’ailleurs connu nombre de mouvements qui ont en commun de défendre un idéal de liberté (plus ou moins bien exprimé) et d’utiliser Internet pour la mobilisation.  Nombreux sont ceux qui expriment l’opinion que ces exemples illustrent les toutes premières manifestations d’une nouvelle ère de liberté à laquelle Internet servira de vecteur.

 

© 2007-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.  

A propos de l'auteur