LA GÉNÉROSITÉ, LA VERTU DES ÊTRES DE CŒUR…

LA GÉNÉROSITÉ (I)

 

   La générosité se définit comme la qualité de celui qui donne largement dans le désintéressement, donc sans arrière-pensée et sans jugement.  Étymologiquement, «être généreux», c’est «être de bonne race», soit, dans son sens ultime, se reconnaître membre de la Fraternité cosmique et se savoir appelé à échanger et à partager sincèrement et loyalement avec les autres Fils et Filles du Père-Mère divin.  La générosité sincère permet de conserver les énergies en circulation et de multiplier au centuple, dans la mesure que la manière amoureuse de donner prime sur l’importance du don.

   En fait, la véritable générosité représente une qualité naturelle de l’âme qui exprime la bonté, la bienfaisance, la compassion, la collaboration et l’amour.  Elle rappelle qu’il faut faire profiter les autres des biens et des bienfaits que Dieu et la Nature offrant de façon prolifique, mais sans idée de retour, dans le silence et le secret.  Le véritable don se fait sans attacher d’élastique à ce qugénérositéi est offert.  Le partage généreux est un gage de libération intérieure.

   N’empêche qu’il prévaut, dans certains milieux, certaines aberrations relatives à la nature et la signification de la générosité.  Elle ne prend pas sa valeur dans le geste posé, mais dans la façon de le poser, avec cœur et désintéressement, pour le simple plaisir de plaire à Dieu et de répondre à sa Volonté impérieuse de toujours agir comme cellule du Grand Corps mystique, de l’Âme universelle.

   Un être ne peut se considérer comme généreux pour avoir simplement donné de l’argent à une œuvre de charité présumée.  Il n’est pas plus généreux s’il donne pour retirer un avantage ou s’il s’expose ostensiblement dans une intention vaniteuse.  Cela, c’est témoigner d’opportunisme spirituel, de mercantilisme d’esprit ou tenter de faire de l’épate.  Qui donne sans discernement, par exemple pour acheter de l’estime ou se faire voir, sera frustré et il deviendra agressif si ses largesses sont contestées ou dilapidées.

   Un être est appelé à donner parce qu’il a bien compris la Loi cosmique qui le requiert tout simplement par le principe de l’échange et du partage spontanés et égalitaires.  En effet, à travers chacun, l’énergie de vie doit circuler abondamment, non ralentir jusqu’à s’éteindre.  Tout acte de générosité doit viser à améliorer la conscience et la condition matérielle et mentale des gens, à propager l’Amour divin et la Lumière spirituelle.  Ainsi, chacun gagne à exprimer ses bienfaits seulement à ceux qui en ont besoin et qui savent en faire un bon usage, soit un usage responsable et évolutif.

   La loi du Don et Redon, aussi appelée de la Semence et de la Récolte, fait comprendre que c’est en donnant que l’on reçoit le plus.  Autrement dit, c’est en donnant que l’on devient digne de recevoir.  Aussi, si on cherche soi-même, cela n’écarte pas la nécessité de donner de soi-même aux autres.  Nul ne peut s’attendre à recevoir sans partager et échanger ce qu’il acquiert peu à peu.  Il est légitime de poursuivre ses intérêts, de combler ses désirs et ses besoins dans la mesure où on n’oublie pas les intérêts, les désirs et les besoins d’autrui.  C’est en apprenant à faire don de son être de tout son cœur que le chemin vers les plus grandes réalisations se révèle.

   Qui veut prendre ou recevoir doit d’abord donner en raison de la communion intime de tous les êtres et de la nature de la loi de l’Abondance.  Être capable de donner, c’est reconnaître que l’on possède déjà, l’apprécier et, pour le reste, faire confiance en la Providence, l’Esprit de Vie.  Un être doit donner par amour, par solidarité et pour éviter de s’appauvrir.  Il doit se présenter devant la Source de la Plénitude comme un canal ouvert aux deux extrémités : à l’entrée et à la sortie.  Car ce qui est retenu devient stérile.

   Ce qu’un être donne avec amour devient une semence.  Ainsi, être prêt à donner et le faire chaque fois que l’occasion s’en présente, sans juger ni questionner l’usage qui sera fait de son don, sans craindre la pénurie, pleinement confiant en la Source intarissable de l’abondance, voilà le secret d’une vie prospère.  Il faut savoir que celui qui se tient sans cesse en quémandeur ou en banquier, sur le parvis de l’abondance, proclame la pénurie au lieu d’affirmer l’abondance permanente, ce qui l’amène à connaître, tôt ou tard, l’indigence et la déception.  À l’inverse, ce qui est donné avec amour et joie revient multiplié.

   Qu’on le comprenne, donner et recevoir sont les deux aspects d’une seule et même dynamique.  L’étendue de son aptitude à recevoir grandit au centuple de sa faculté de donner avec sincérité.  Personne ne peut retenir le flot de l’abondance sans couper le contact avec elle.

   Chacun doit se souvenir que c’est en donnant qu’il peut recevoir, en semant qu’il peut récolter, non en demandant aux autres de combler ses vides, ses carences et ses besoins.  Et s’il se cherche lui-même, il doit donner de lui-même à autrui pour se trouver.  Nul  ne peut pas s’attendre à recevoir les dons de la vie intérieure, les réponses à ses questions et les solutions à ses problèmes s’il cherche continuellement pour lui uniquement, peu disposé à prendre en considération l’intérêt et les besoins des autres.  Sur ces points la Loi est claire : «Il sera fait à un être comme il fait aux autres et il recevra en plus grande abondance s’il donne aux autres.» 

   Ainsi, c’est en apprenant à faire don de soi de tout son cœur que le chemin vers les plus grandes réalisations se révèle, car il n’y a rien de difficile ni de caché sur la Voie de l’Évolution.  Ses secrets se révèlent naturellement à l’être qui exerce sa générosité avec discernement, sagesse, amour et transparence.  Par son don, chacun peut rapidement constater que ses efforts ouvrent sans cesse les portes, une à une, dévoilant un monde toujours plus beau et plus intéressant.

   Une des meilleures façons de vivre une meilleure réalité, c’est de donner aux autres de bonnes choses.  L’a-t-on assez répété, tout ce qu’un être donne lui revient multiplié.  En énergie, il faut donner tout ce qu’on désire recevoir.  Il faut donner librement, non par dans l’intention de recevoir quelque chose en retour.  Le retour est automatique, il est inhérent à la loi, d’où il ne faut même pas l’attendre.  Et il importe, pour le recevoir en retour, de donner aux autres ce dont on croit manquer le plus.

   Souvent, on ne reçoit pas ce retour parce qu’on ne reste pas ouvert pour recevoir des autres ce qu’ils désirent donner.  Il faut permettre aux autres de partager leur amour avec soi sous la forme qu’ils peuvent le faire, de toutes les manières qu’ils le font.   Ils donnent de la manière qu’ils aimeraient recevoir.  Leur façon de donner peut ne pas correspondre à ses attentes, mais il faut au moins reconnaître l’amour dans toutes les manières dont on se fait offrir quelque chose.

   C’est ce que l’on donne de soi-même, gratuitement, qui a de la valeur.  L’essentiel est de donner tout ce que l’on peut, car ce qui est en soi doit circuler, rayonner.  Il faut donner et s’ouvrir à recevoir, croyant être digne de beaucoup plus qu’on ne peut imaginer recevoir.  Il faut donner et recevoir librement, sans la moindre suspicion sur le geste posé.  Il faut recevoir en reconnaissant l’amour qui accompagne le geste au lieu d’imaginer qu’il cache une ficelle fictive.  Nul ne doit se sentir coupable de recevoir tout ce qu’il désire, craignant d’enlever quelque chose aux autres.  Le Réservoir cosmique est infini, nul ne peut le vider.  Derrière tout don, c’est le Grand Pourvoyeur, l’Être de Plénitude, qui donne ce qu’on est prêt à recevoir.  Aussi gagne-t-on à donner toujours plus et à s’ouvrir pour recevoir toujours davantage.  On recevra aussi librement qu’on a donné.  La plénitude n’attend que d’être demandée, de recevoir sa permission de s’installer dans sa vie quotidienne.    

   Chaque fois que l’on reçoit un don, il faut en faire participer autrui et informer le donateur de son intention de le faire.  Ainsi, ce geste pourra poursuivre son effort de réconfort et d’assistance.   Quant au donateur, il doit immédiatement oublier son geste pour se maintenir dans l’impersonnalité et recevoir le retour au centuple.  Tout manque de discrétion ou de pudeur de sa part constituerait sa seule récompense, et il est probable que, ainsi, il se rétribuerait au rabais.  Le devenir d’un don ne doit présenter aucun intérêt ni aucune attente pour celui dont il émane.  Malheureusement, l’être humain est porté à donner aux autres ce qu’il n’oserait se permettre, mais qu’il apprécierait, d’où il reste très attaché à ce qu’il offre, cultivant des attentes secrètes, notamment par rapport à son usage.

   Dans la vie, il faut donner et savoir donner, comme il faut recevoir et accepter de recevoir.  Celui qui reçoit ne doit accepter un don que si celui-ci ne limite en rien sa liberté et s’il a l’intention d’en partager une part, reconnaissant que rien ne lui appartient en propre ni ne lui est dû, que tout lui est prêté par le Grand Pourvoyeur et qu’il doit bien en assumer l’intendance.  Quant à celui qui donne, il doit se considérer comme l’intermédiaire impersonnel de Dieu, donc donner sans restriction ni arrière-pensée.  Nul ne perd jamais ce qu’il donne et il ne perd jamais rien à donner.  Il faut également transmettre aux autres, avec discernement, ce qu’on apprend.  Ce qu’on garde pour soi seul, on le perd, alors que ce quedonner-p l’on partage se multiplie au moins au centuple.

   Il apparaît suspect de donner plus qu’on accepte de recevoir.  En général, cela résulte du fait que, suite à des frustrations antérieures, au niveau affectif, on se prive d’un dû sous de fallacieux prétextes qui reposent souvent sur la suspicion par rapport aux intentions d’autrui, notamment par rapport à la sincérité de leurs actes.  Même si on aime donner, il importe de savoir ce que l’on peut accepter de recevoir, ce que l’on mérite naturellement.  Le meilleur indice qu’on ne sache pas recevoir réside dans le fait qu’on se sente peu apprécié dans ce qu’on donne aux autres ou fait pour eux.  On se dit qu’on se vide de ses énergies pour plaire ou faire plaisir.  L’ordre de l’échange impose que l’énergie circule équitablement, dans les deux sens, entre les êtres.

   Ce n’est pas que le donneur doive s’attendre à un juste retour ou à de la reconnaissance de la part de celui à qui il donne, car il gagnerait à ne pas trop y penser.  D’une part, les attentes déterminent le retour qui peut être moindre que celui auquel l’Univers l’aurait estimé.  D’autre part, il vaut mieux croire qu’une autre personne que celle à qui on a donné pourra servir d’intermédiaire du juste retour, sans qu’on en fasse une attente, dans l’ordre de l’économie cosmique qui rend le bien au centuple.  Par exemple, un riche qui donne à un pauvre pourra peut-être s’attendre à recevoir un service d’un pauvre qu’il aide, mais probablement pas d’argent.  S’il s’agit d’un prêt, autant oublier le retour.  Toute insistance pour se faire rembourser augmenterait la frustration du créditeur et l’aversion d’un débiteur qui deviendrait de plus en plus fuyant.  On devrait bien mesurer les probabilités de remboursement d’un prêt avant de le faire.  Pour le reste, toute semence portant le fruit de son espèce, l’argent ou le bien donné reviendra généralement par le biais d’une autre source.

LA GÉNÉROSITÉ (II)

 

   Plus un être grandit en conscience, plus il devient généreux, car, se remplissant de plus en plus de ce qu’il est, plutôt que de ce qu’il pense être, il entre progressivement dans la plénitude, sentant de moins en moins la limite et craignant de moins en moins le manque, la carence, l’indigence, la pénurie.  On a rappelé avec raison que le mot «généreux» provient du latin «generosus» qui signifie «né de bonne race», car il identifie un être qui a reconnu son lignage originel et sa plénitude éternelle, qui se reconnaît comme un Fils de Dieu, le Maître de l’Abondance, de la Richesse et de la Prospérité.  Dans son Amour, le Créateur ne peut qu’aspirer à partager sa fortune infinie avec ses enfants.  Mais il faut savoir le considérer comme le Réservoir neutre de toute Énergie dans lequel chacun peut constamment puiser en l’informant de ses besoins, de ses désirs et de ses aspirations, soit en recourant à sa créativité mentale plutôt qu’à sa créativité concrète.

   La générosité, c’est la vertu de celui qui se sait infini et illimité.  Il est en mesure de témoigner un amour désintéressé envers autrui, c’est-à-dire que sans attente d’un retour, il vit de l’espoir que ses semblables vient dans le bien-être et trouvent le bonheur.  Car celui qui méconnait les principes de la Loi divine et qui, ne se fiant qu’à son expérience erratique, se prend générosité-th1pour sa personnalité ou pour son véhicule physique, donc qui se prend pour un autre, soit pour un être limité, entravé, perfectible, surtout mortel, ne peut que redouter la sentence d’un sort qu’il conçoit comme arbitraire ou partial.  Aussi croit-il contrer le sort et trouver une sécurité temporaire dans l’accumulation des biens, la mise en réserve des choses, l’économie des énergies, l’empilement de l’argent, la prise d’assurances, l’exploitation de la planète et des créatures qui l’habitent.  L’acquisivité ou esprit de possession maintient dans la peur de la perte et elle endurcit le cœur.

   Dans un monde où il se sent limité, comme les autres, un être doit toujours veiller à dépenser le moins pour obtenir le plus, ce qui ne tarde pas, par endurcissement de la conscience, à mener à l’usure de l’imposition d’intérêts, ce qui constitue une exploitation de ses semblables.  Et, selon la maxime grégaire que si tous le font, il faut aussi le faire, pour ne pas détonner ou être rejeté, chacun en vient à faire pareil, à adopter les mêmes mœurs, les mêmes us et coutumes, jusqu’à ce qu’un être plus conscient, plus courageux, leur rappelle le sens de la vie et de l’incarnation sur Terre.  Mais celui qui exploite ne peut que finir par s’exploiter lui-même et finir ses jours dans la dèche, le malheur ou l’isolement amer en raison du juste retour ou de la compensation puisque tout se déroule dans l’Énergie divine ou cosmique omniprésente qui cherche toujours à rétablir l’équilibre.  On ne l’appelle pas en vain la Justice immanente.  Tout être peut réclamer la valeur de ce qu’une de ses possessions ou de ses productions vaut, mais il ne peut ajouter l’exigence d’un gain, un profit ou d’un bénéfice.  L’esprit de profit est une perversion de la nature humaine.  Car la richesse, chacun doit l’attendre de l’Absolu qui l’habite, non d’un être aussi inconscient et démuni que lui qui, ignorant la puissance de ses facultés subtiles, se condamne à agir comme une bête de somme.

   Dans les plans inférieurs de l’expérience évolutive, tout répond à la loi de la Causalité : toute cause produit un effet identique à elle-même ou toute action comporte une réaction.  Ainsi, celui qui ne cesse d’accumuler et d’économiser lançant le message que, ne pouvant obtenir de la Vie tout ce dont il a besoin à chaque instant, il peut en venir à manquer de quelque chose, il finit par créer inconsciemment ce qu’il redoute.  Contrairement à la croyance commune, dans un monde où tout doit rester continuellement dans une libre circulation, l’accumulation des biens, leur mise en réserve et l’économie de l’argent ne peuvent que produire un blocage énergétique et réduire l’abondance.  Ils engendrent peu à peu la pénurie.  Ils lancent le signal cosmique qu’un être ne peut prospérer et s’enrichir qu’en retenant ce qu’il obtient, en ne s’en servant qu’avec parcimonie.  Ainsi, un jour ou l’autre, il s’attire la situation où il doit recourir à ses réserves de biens, à ses placements, à ses économies d’argent ou à ses assurances.  Les placements d’argent et la spéculation boursière attirent le même résultat du fait que, en plus de contribuer à enrichir les plus riches, par l’exploitation de ses semblables, elle condamne l’épargnant ou le spéculateur à perdre ses mises dans une crise financière cyclique généralisée.

   Quoi que l’on  pense, dans sa courte vue, il n’y a que par l’échange spontané et le partage détaché qu’un être peut s’enrichir.  Il n’y a que les gestes posés dans l’amour, soit dans le détachement et la pureté d’intention, qui peuvent attirer l’abondance et l’expansion.  En raison du doute sous-jacent, que ce qu’un être fait pour tester la validité de la loi se retourne contre lui.   Pour un temps, dans un placement, il peut obtenir des dividendes de pourcentages variés, mais risqués et généralement assez faibles.  Dans l’échange et le partage cordial, donc amoureux et sincère, il s’assure le retour du centuple et davantage.  Si tous les êtres le savaient et en tenaient compte, il existerait moins d’apparente pénurie sur la Terre, parce que, dans leur confiance dans la Providence divine, ils ne cesseraient de prospérer, de croître et de prendre de l’expansion.

   C’est la sagesse que démontre l’antique loi d’Amra ou de la Dîme qui a toujours invité à semer avec gratitude dans une œuvre lumineuse dix pour cent de ses entrées d’énergie, de biens et de revenus.  Mais un être gagne à savoir donner à qui a, soit à un être de grande conscience, soit à une entité dont on partage les idéaux, car il a été dit de ne pas semer sur les pierres ni dans les terrains arides.  Hors un cas d’urgence, le pauvre ne doit pas recevoir d’argent, de nourriture, de gite ou de biens, mais une explication des principes cosmiques.  Il doit apprendre à vivre autrement en puisant dans ses propres ressources cachées en lui.  Car, comme l’a dit Confucius, celui qui donne du poisson à un indigent le nourrit pour la journée, mais celui qui lui apprend à pêcher le nourrit pour la vie.  La loi d’Amra ne s’applique pas qu’à l’argent, mais à tout bien ou bienfait qu’on reçoit.  Il faut savoir partager une part de tout ce qu’on reçoit par un don matériel ou un rayonnement lumineux.  En passant, petit rappel, la loi d’Amra ne devient exigible qu’à partir du moment où un être s’est dégagé du nécessaire et de l’essentiel, se retrouvant au-dessus de ses moyens.

   Imaginez le retour qu’un être finirait par s’attirer, au gré des jours, s’il maintenant la chaîne de ses semences, en s’empressant de semer un dixième de toute nouvelle entrée d’énergie, de biens ou d’argent.  Mais, pour ne l’avoir jamais essayé suffisamment longtemps, personne n’y croit, se condamnant à un dur labeur qui l’amène à passer à côté de l’essentiel de la vie, soit de la réalisation du but de son incarnation.  De vie en vie, il doit apprendre les conséquences de ses transgressions aux principes de la Loi unique au lieu de bénéficier des avantages de son application.  C’est ce qu’on appelle passer des ténèbres à la Lumière.

   Tout être au cœur sec et avide, qui se fait citerne hermétique, ne peut que s’exposer à imploser ou à exploser par attrition ou accumulation de l’Énergie cosmique.  Comme il n’y a que dans le don amoureux d’un cœur généreux qu’un être peut progresser, un être ne peut que mener une triste existence, perdu dans la peur de perdre,  tant qu’il n’a pas découvert ce secret libérateur.  Car, en plus de découvrir ses potentialités intimes, l’être généreux s’attire la tendresse de Dieu et le support des Forces tutélaires du Cosmos en plus de vivre dans la joie sereine.   Dans la vie, il y a ceux qui vivent de la compréhension du cœur, qui amène au don spontané sans jugement, et ceux qui vivent de l’intelligence mentale, ne sachant que juger, additionner et soustraire.  L’Absolu témoigne d’une prédilection naturelle pour ceux qui vivent selon leur cœur qui ouvre toujours vers l’échange et le partage, pondérant le discernement et la sagesse.

LA GÉNÉROSITÉ (III)

   La générosité, c’est la qualité d’une personne qui donne amoureusement et largement, dans le désintéressement, donc sans attente, sans arrière-pensée et sans jugement.  Elle invite à donner de son temps, de sa personne, de son argent, de son écoute…, à partager ses connaissances et ses moyens, à aider les autres en cédant un peu de soi.  Ainsi,  être généreux, c’est être de bonne race, donc se reconnaître membre de la Fraternité cosmique, appelé à échanger et à partager sincèrement et loyalement avec les autres Fils et Filles du Père divin.  Qu’y a-t-il de plus beau et de plus noble que le sacrifice d’un intérêt personnel à un intérêt étranger exercé sans attente et sans autre nécessité que de soulager un semblable en dérobant, s’il le faut, le sacrifice que l’on fait.

   Voltaire a écrit : «La générosité est un dévouement aux intérêts des autres, qui porte à leur sacrifier ses avantages personnels. En général, au moment où l’on relâche ses droits en donner-thfaveur de quelqu’un, et qu’on lui donne plus qu’il ne peut exiger, on devient généreux. La nature, en produisant l’homme au milieu de ses semblables, lui a prescrit des devoirs à remplir envers eux. C’est dans l’obéissance à ces devoirs que consiste l’honnêteté, et c’est au delà de ces devoirs que commence la générosité.»  La générosité a cela de bon qu’elle s’exerce dans l’oubli de soie et dans le don à autrui autant pour le soulager de ses malheurs que pour augmenter son bonheur.  Elle aide à sortir de soi-même et à oublier ses propres misères.    

   En fait, la véritable générosité est une qualité naturelle de l’âme qui exprime la bonté, la bienfaisance, la compassion, la collaboration et l’amour.  Elle rappelle qu’il faut faire profiter les autres des biens et des bienfaits que Dieu et la Nature offrent de façon prolifique, mais sans idée de retour, dans le silence et le secret.  Car la générosité est un gage de libération intérieure.

   Il est un principe issu de la compensation cosmique qui dit que celui qui se montre sincèrement généreux en vient à obtenir des biens immenses et à trouver la voie du salut tandis que celui qui garde jalousement ses biens et ses richesses finit par en être dépossédé, si ce n’est dans cette vie, dans une autre.  Celui qui se montre généreux se protège contre la misère tandis que celui qui est chiche et cupide finit par être démuni de tout, en plus de vivre dans l’isolement, l’amertume et l’angoisse.

   Mais des aberrations prévalent sur la nature et la signification de la générosité.  Elle ne prend pas sa valeur dans le geste posé, mais dans la façon de le poser, avec cœur et désintéressement, pour le simple plaisir de plaire à Dieu et de répondre à sa Volonté impérieuse de toujours agir comme cellule du Grand Corps mystique, de l’Âme universelle.  On n’est pas généreux pour avoir simplement donné de l’argent à une œuvre de charité présumée.

   On ne peut se croire vraiment généreux si on donne pour retirer un avantage ou si on s’expose ostensiblement dans une intention vaniteuse.  Ce n’est pas être généreux que d’agir comme ces grandes firmes, notamment les centres financiers, qui supportent des activités de bienfaisance, mais qui le publicisent à pleines pages dans les journaux ou sur le Web.  Cela, c’est de la promotion de son image corporative.  Et c’est témoigner d’orgueil, de mercantilisme ou tenter de faire de l’épate.  On donne plutôt parce qu’on a bien compris la Loi cosmique qui le requiert tout simplement.

   À travers chacun, la Vie doit circuler abondamment, non rester emprisonnée.  Tout acte de générosité doit viser à répandre le bien autour de soi, à propager la lumière.  Ainsi, chacun doit distribuer ses bienfaits seulement à ceux qui en ont besoin et qui en feront un bon usage.  Il y a des actes qui ne relèvent pas de la générosité, mais de la stupidité.  C’est le cas de ceux qui entretiennent l’autre dans son vice.

   Qui donne sans discernement, par exemple pour acheter de l’estime ou se faire voir, sera frustré et il deviendra agressif si ses largesses sont contestées ou dilapidées.  Comme l’a dit Claude Aveline : «La générosité n’est qu’une indifférence qui se donne des airs». Chez plusieurs, elle ne s’exerce que pour satisfaire l’amour-propre.  Mais à ce moment, il ne s’agit plus vraiment de générosité, il s’agit d’égoïsme à rebours.  Car la véritable générosité n’a pas d’autre but que le soulagement d‘un être dans le besoin ou de l’amélioration des conditions d’un être qui s’en tire déjà bien.  Elle exprime simplement la notion du partage envers tout le monde bien compris dans le cœur.

   Si on comprend bien, en toute circonstance, il faut se rappeler que c’est l’intention qui fait foi de la qualité d’un acte plus que l’acte lui-même.  Ainsi, il vaut mieux donner un petit présent dans la pureté d’intention que de faire un grand don dans une motivation douteuse.  Certains savent se montrer d’une grande générosité ponctuelle, lorsqu’il se produit une catastrophe quelque part, mais ils oublient de se tenir au fait de ce qui se passe tout près d’eux pour aider les gens avec lesquels ils entrent en relation chaque jour : leur conjoint, leurs enfants, leurs parents, leurs collègues, leurs amis, leurs voisins, sans oublier les personnes dans le besoin.

   Celui qui méprise les biens de ce monde se coupe de la réalité ambiante et il se prive d’instruments d’expérimentation.  Celui qui s’attache aux biens de ce monde engendre des voiles dans sa conscience, il ralentit son évolution spirituelle et il complique sa transition au moment du grand passage de l’autre côté de la trame de la vie.  Nul coffre-fort ne peut accompagner, dans le corbillard, celui que l’on porte en terre.  Qui ne sait pas que, au moment de quitter ce monde, il faut se séparer de tout ce qu’on y a chéri : de ses biens, de ses proches, de ses réalisations, même de son corps physique?

   Au dire des Sages, la générosité doit s’exercer dans trois domaines : elle doit contribuer à satisfaire les besoins des autres par rapport à ce dont ils ont besoin pour vivre;  elle doit permettre de les soigner dans leurs maux physiques et psychiques et de les protéger contre les dangers;  elle doit les aider à se libérer de leurs souffrances et à accéder à l’éveil spirituel dans le partage des connaissances.

   Mais chacun peut choisir sa façon d’être généreux en s’inspirant de ce texte bouddhique ancien : «Celui qui forme le bienveillant projet de guérir quelques hommes de leurs maux de tête acquiert un immense mérite : combien plus celui qui veut les affranchir tous d’une infinie souffrance et les doter d’infinies qualités!» Il faut préciser que les Orientaux considèrent la générosité comme la première des vertus ou des qualités spirituelles menant à la Maîtrise spirituelle.  On l’y compare parfois à la fondation d’une maison dont la solidité permet la construction des étages supérieurs. 

   Tout bien compté, la générosité s’exprime autant dans la capacité de recevoir, d’accueillir et d’accepter que dans celle de donner, d’écarter et de refuser.  Car il faut savoir donner autant qu’on reçoit et inversement, pour maintenir l’équilibre, soit pour éviter de s’encombrer ou de s’épuiser.  En outre, la générosité doit s’exercer uniquement dans le partage de ses surplus pour bien symboliser qu’on tient à ce qui fait le nécessaire et l’essentiel de sa vie.  En principe, si la générosité reste un devoir, nul ne doit rien à celui qui vit délibérément dans l’inconscience et qui refuse de se prendre en main pour témoigner de sa bonne foi d’améliorer son destin par lui-même.

   Même dans la générosité, il faut savoir quand il convient d’intervenir ou de s’abstenir pour éviter les abus, notamment le parasitage ou la déresponsabilisation.

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