SI FAUTE IL PEUT Y AVOIR, QUAND Y A-T-IL FAUTE? 

Par son étymologie latine, le mot «faute» réfère à tout ce qui a failli ou a été manqué et il sert souvent de synonyme aux mots «erreur» ou «péché».  Synonyme de mauvaise action, il désigne une transgression à une règle morale ou à un système de valeurs;  synonyme d’acte d’omission, il évoque un manquement à un devoir personnel, à une obligation contractuelle, à une prescription légale;  synonyme de défaut ou d’imperfection, il renseigne sur une manière d’agir maladroite ou fâcheuse par défaut de prudence, de politesse ou d’habileté.

Mais qu’est-ce vraiment que la faute.  Car, se tromper, c’est faire une «erreur», se méprendre sur la vérité d’une chose, d’un fait, d’une réalité ou d’un événement, mais ce n’est pas commettre une faute.  Un être peut se tromper en indiquant une route à qui demande son chemin, mais il ne fautecommet pas de faute.  Celui qui se trompe intervient de bonne foi au sens qu’il est dans la vérité. Ce n’est que lorsqu’un autre lui présente la preuve tangible de son erreur qu’il est capable de la reconnaître.  S’il avait trompé dans une intention délibérée de tromper, il n’aurait pas commis une erreur, mais il aurait proféré un mensonge, se serait livré à une tromperie, donc il aurait commis une faute.  Ainsi, il y a faute quand le sujet est sensé connaître une règle et la respecter, mais qu’il la transgresse. Elle implique que devrait être capable de maîtriser sa conduite, d’agir conformément à ses connaissances ou à ses croyances.  Par exemple, ce n’est pas une erreur, mais une faute, pour le conducteur d’un train de ne pas avoir noté, par manque d’attention, la présence d’un feu rouge sur la voie qu’il a empruntée, puisque cette nécessité d’être vigilent fait partie de son métier.

Celui qui sait reconnaître qu’il a apparemment commis une faute, donc qu’il a posé un choix encore imparfait, n’a pas à en avoir honte ni à s’en culpabiliser puisque Dieu lui-même, qui ne juge jamais, ne retient rien contre lui.  N’est-il pas sur Terre en phase d’apprentissage pour accéder à la Maîtrise par la perfection du moment, non la Perfection des Perfections?  Du reste, la honte, qui mène à la culpabilité, n’est pas un réflexe inné, mais un réflexe acquis suite à la pression du milieu par rapport à ses valeurs.  Dans l’ordre évolutif, la faute n’existe que pour amener un être à apprendre de ses actes qui manquent d’amour et de lumière en se motivant à agir mieux la prochaine fois, ce qui ne peut que lui permettre de progresser sur la Voie de l’Évolution.  Car, s’il se reconnaît une faute, c’est qu’il reconnaît qu’il aurait pu agir mieux.  Or, en tout, s’il détient une responsabilité, il n’attire pas de jugement de l’Absolu. faute

Mais, est-ce bien vrai?  Un être peut-il vraiment vouloir et planifier mal agir?  Pas tout à fait!  Sinon, il se démontre de mauvaise foi, s’il se cache à lui-même ce qu’il sait être une faute.   Dans l’immédiat, chacun ne peut qu’agir au meilleur de sa conscience, soit au meilleur de ses connaissances et des ses moyens.  Ainsi, s’il n’a pas agi mieux dans un cas précis, c’est qu’il ne le pouvait pas encore ou qu’il n’était pas convaincu qu’agir autrement était mieux.  Car s’il s’est empêché d’agir mieux par simple indolence, il devient peu recommandable, dangereux à fréquenter, par l’influence qu’il peut exercer.  Chacun avance à son rythme sur la Voie spirituelle, à partir de ses propres critères, et ce ne sont pas la culpabilité, la honte, les regrets ou les remords qui pourraient y changer quelque chose.  La honte, avec la culpabilité qui en découle, font plus de ravage que la faute elle-même, amenant à la rumination mentale et à la mésestime de soi.  Même qu’ils pourraient l’amener à régresser.  Du reste, la culpabilité résulte plus souvent d’une pression du milieu qui blesse l’amour-propre que du sentiment d’avoir transgressé un principe moral ou d’avoir négligé une valeur personnelle.

Il n’en reste pas moins que celui qui entretient un taux vibratoire grossier rabaisse l’Énergie cosmique à un degré inférieur.  Et plus il vibre longtemps à ce degré, plus il s’attire une lourde compensation karmique du fait que ses actes ou ses ressentis s’allient aux autres vibrations similaires par la loi des Affinités ou des Correspondances.  Aussi importe-t-il qu’il transforme ses énergies impures en énergies plus pures en élevant leur intensité.  Il peut y parvenir en se demandant pourquoi et comment il s’agissait d’une faute pour reconnaître comment il pourrait agir mieux par la suite.  Mais il peut encore émettre de la lumière sur ses actes et ses ressentis passés pour les dissoudre, les amener à se fondre en elle.  Une faute reconnue perd de son pouvoir sur un être, surtout s’il se corrige, fait amende honorable, compense pour son geste ou son ressenti et s’il prend la décision d’éviter de récidiver.

Dans tous les cas, la faute désigne davantage une erreur de point de vue qu’un témoignage d’incohérence.  En fait, la faute, comme l’échec et l’erreur, n’existe pas.  Il s’agit simplement d’une expérience incomplète qui fournit l’occasion de vérifier où un être évoluant en est rendu dans sa quête et de décider où il veut aller ou de ce qu’il veut faire.  Autrement dit, elle permet de décider de faute1la suite des choses.  Peter Deunov a dit avec fermeté: «Ce ne sont pas les fautes qui sont redoutables, ce qui est redoutable, c’est de ne pas les corriger. En les corrigeant, on apprend, on acquiert des connaissances et une expérience.»  Sur la même longueur d’ondes, la Mère Mirra a ajouté: «Dans l’aspiration à ne plus faire de fautes, on supprime l’occasion de les faire — ce n’est pas une guérison.» 

De toute évidence, l’être humain est peccable à cause de son obnubilation qu’il perpétue par son inconscience et son ignorance crasse, qu’il aime entretenir.  Il doit cesser de se mentir et reconnaître comme faute ce qui en est une, payer courageusement sa dette et en tirer la leçon de vie.  Chacun gagne à s’accepter comme il est, sans fioritures ni complaisance. Alors, ce qui apparaît aujourd’hui comme une faute prendra peu à peu son sens véritable en se sacralisant, en prenant de la transcendance.  Autrement dit, la faute elle-même deviendra la cause du salut, le gage de sa réalisation.  La faute est une étape nécessaire sur le Sentier de la Connaissance, mais il convient de ne pas les répéter délibérément.  En revanche, celui qui redoute de commettre un impair au point de ne plus agir s’expose à régresser du fait qu’il ne peut plus apprendre.  Par conséquent, il vaut mieux commettre quotidiennement plusieurs fautes que de ne rien faire si la compréhension s’accroît et la conduite se raffine.

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