LA DISCRÉTION, UNE QUESTION DE MAÎTRISE PERSONNELLE ET DE RESPECT D’AUTRUI…

Pour évoquer l’importance de la discrétion, Confucius a conseillé : «Se regarder scrupuleusement soi-même, ne regarder que discrètement les autres.»  Ainsi, on peut répéter, comme l’a dit Louis Deniset avec humour : «La discrétion est une vertu silencieuse.»  Chacun doit comprendre naturellement l’importance de cette vertu puisque, en général, quand il révèle un fait qu’il aurait dû garder, il tente de se reprendre en recommandant à son confident d’être plus discret qu’il ne l’a été lui-même.  Il est vrai que le manque de discrétion peut engendrer des conséquences plus que fâcheuses.  André Maurois résume son importance en disant : «La sincérité est en verre;  la discrétion est de diamant.»

Dans le contexte social, la discrétion prend simultanément le sens de retenue dans ses relations interpersonnelles et d’aptitude à garder les secrets.  Elle peut encore impliquer l’aptitude à éviter les excès pour empêcher d’attirer inutilement l’attention sur soi.  Pourtant, en spiritualité, ceDiscrétion mot réfère d’abord à la disposition ou à l’attribut de celui qui peut agir dans le détachement, le silence et le secret, cherchant moins à paraître qu’à s’accomplir dans le service amoureux de la Source suprême dans son investissement personnel et celui auprès d’autrui.

La discrétion n’est pas chose facile, surtout pour le curieux qui veut tout savoir, au point de s’inventer un scénario quand il ne sait pas.  Mais le curieux, c’est souvent un être qui s’intéresse beaucoup à tout et à rien, aux autres surtout, pour se cacher sa propre médiocrité ou son propre vide intérieur.

Non par choix, mais naturellement, l’être équilibré évite de se vanter de son savoir, de ses accomplissements et de se des pouvoirs spirituels.  Il sait trop bien que, dans tout ce qu’il fait, c’est Dieu qui agit à travers lui, qui opère dans le silence.  Dans l’expansion cosmique, la prétention même de son degré de développement spirituel donne la preuve concluante de son inadéquation à la réalité et de son manque d’accomplissement.  Celui qui se vante n’est jamais monté aussi haut qu’il le dit ou le croit.  L’une des maximes du chercheur spirituel est : «Sans Toi, Dieu en moi, je ne peux rien, mais, avec Toi, je peux tout.»

Sans l’aide de son Centre divin, nul ne pourrait même produire cet acte qui lui paraît si banal de lever le petit doigt.  Car, ce qui, après l’acquisition, semble un réflexe spontané, découle de l’expression d’un désir qui a été exaucé par l’Instance supérieure suprême et qui, par la répétition, est devenu d’exécution facile et rapide.  Ainsi, chacun n’est rien d’autre que le canal ou l’instrument d’un Pouvoir supérieur, émané de la Puissance unique.  En tant que tel, il devrait se contenter d’irradier sa réalité sur tous par l’intérieur.

De la même manière, en général, un être accompli n’intervient jamais auprès d’autrui, à moins d’y être sollicité;   dans un cas particulier de nécessité, il n’intervient que s’il ressent un appel tacite.  Quant à la compassion, elle ne s’exprime qu’auprès d’un être qui ne peut plus s’aider mais qui, une fois remis de son état de faiblesse temporaire, accepte, dans la mesure de sa compréhension et de ses moyens, de se prendre en main.  L’aide apportée à autrui doit l’aider à se rapprocher de lui-même, soit de devenir plus autonome, indépendant, libre.

Dans l’idéal, l’être accompli ne juge jamais, ne critique pas davantage, blâme encore moins.  Dans ses interventions, même réprimé ou rabroué, il évite de se plaindre du traitement reçu, de parler d’abus, de répondre par la colère, de résister au mal, de discuter de son manque de chance ou de l’ingratitude d’autrui, se sachant libre d’intervenir ou pas dans le destin d’autrui.  Ainsi, il accepte les conséquences de ses choix, évitant de dire du mal d’autrui, de le sermonner sur la conduite, de redresser les torts apparents, de sévir, préférant rayonner l’amour et bénir.

À temps et à contretemps, l’être discret se borne à distribuer la Lumière et l’Amour comme il respire, dans le silence et le secret, confiant le reste à l’administration de la Providence divine, de la Compassion universelle, de la Justice immanente.  Dans sa discrétion, l’être amoureux reste doux, joyeux, amène, serein, plein de tact et de respect, irradiant sa chaleur en visant la perfection.

La discrétion n’est pas un appel à tout tolérer et accepter.  En effet, toute action doit se fonder sur l’amour et le respect de soi et l’acceptation de sa dignité éternelle.  L’amour commence par l’amour de soi, car, sans cela, nul ne saurait ce qu’est l’amour et ce qu’il implique.  Sauf que, s’il doit intervenir, il reste juste, équitable, pondéré et pur d’intention.  Et, dans le respect de la loi de l’innocuité, il préférera toujours se retirer d’une situation à accabler inutilement autrui.

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