LA COUPE, INDICE DE RÉCEPTIVITÉ, OUVERTURE À L’ACCUEIL INCONDITIONNEL…

La coupe désigne le vase arrondi destiné à revoir une boisson.  Associée à la réceptivité, elle peut figurer un chakra, une matrice, l’élément eau.  Elle peut désigner un sujet apte ou digne de recevoir la Vérité.  Dans la Cabale, elle identifie le Graal dont le contenu est révélation et vie. Une tradition veut qu’il ait été taillé dans une émeraude tombée du front de Lucifer.   Dans le Tarot, associée à l’atout cœur du jeu de cartes conventionnel, elle réfère à l’Eau fécondante du Ciel, à ce qui relie le créé au Divin, à la vie psychique.  Elle illustre la Mère céleste, la coupe divinatoire, la femme accueillante, la réceptivité féminine.

coupeEn général, la coupe se présente sous deux aspects : celui du vase d’abondance et celui du vase contenant la Boisson d’immortalité.  Dans le premier cas, on l’associe au sein maternel généreux.  Le hiéroglyphe égyptien évoquant le cœur est un vase.  Ainsi, la coupe peut contenir le sang, le principe de vie. Dans un sens élargi, elle devient un symbole d’immortalité, parfois de victoire.   C’est aussi un symbole cosmique associé à l’œuf du monde, ce principe séparé en deux formes ou deux coupes opposées dont l’une (celle du ciel) est l’image du dôme.  Il indique que tout est en Haut comme en Bas et que tout ne prend de sens que dans l’Unité.   Du reste, c’est de ces deux moitiés que sont coiffés les Dioscures de la mythologie romaine, Castor et Pollux.  Dans certains contextes, la coupe contient la destinée que Dieu propose à l’homme.  Toujours, la coupe symbolise l’essence d’une révélation.

Dans la documentation spirituelle, il existe nombre de sortes de coupes.  Ainsi, la coupe carrée désigne le vase royal de la vérité.  La coupe céleste réfère à l’Éther, la Source des éléments.  La coupe cosmique exprime le Vide-Espace et la Fidélité religieuse de la Mère céleste.  Sa première manifestation devient la fleur.  Image de récompense, elle désigne souvent l’Amrita, la Boisson ou le Vase d’immortalité, l’Ambroisie, les Eaux primordiales, le Semen christique, le Feu sacré ou la Force vitale.  C’est l’attribut du Bouddha de la Vision discriminatrice, Amitabha, le symbole de la Lumière infinie et de la Connaissance.

Dans la Tradition musulmane, la coupe d’amour contient le vin de la joie, servi aux saints du Paradis, présenté par l’Idole qui recèle l’Essence, mais versé par les Anges.  L’expression voisine de coupe de l’amour rappelle le vase de Vénus (Aphrodite).  La coupe d’argent réfère à la Lune et à l’inconscient.  La coupe de bénédiction identifie la coupe eucharistique.  La coupe de Karbala sert à voiler la sainte coupe du Graal.  La coupe des délivrances n’est nulle autre que la coupe du salut.  La coupe d’or réfère au Soleil et au monde conscient.  La coupe du salut renvoie au vase du psalmiste élevé vers Dieu en signe d’action de grâces.  La coupe eucharistique, vase d’action de grâces, symbolise la préparation à la communion dans l’adoration et l’amour.

Dans la Cabale, la Coupe première voile la Séphire mystérieuse de Daat.  Les coupes de la colère de Dieu soulignent les fléaux résultant du lourd karma de l’Humanité.  Dans la Tradition égyptienne, les deux coupes peuvent référer aux vases d’Isis qui illustrent la nécessité d’harmoniser les contraires pour stabiliser une relation.  Elle verse sans fin l’eau d’une coupe à une autre parce que le sentiment doit couler sans relâche et se renouveler en accord avec les données changeantes d’une situation.  Ainsi, le sentiment est perçu comme une faculté active et intelligente qui préside au choix de porter une attention mouvante et sensible aux nécessités du moment pour atteindre l’équilibre final dans une situation précise ou conférer une individualité stable.

L’image de la coupe exprime un cœur généreux qui intervient avec bienveillance, bonté et compassion, mais sans mièvrerie.  La fluidité de ses sentiments permet de s’adapter aux données changeantes de la vie, dans un ajustement perpétuel aux circonstances immédiates, optant soit pour une généreuse serviabilité soit pour une rigoureuse efficacité.  C’est l’effet de la main de fer dans le gant de velours, l’équilibre qui naît de la douceur et de la fermeté, rendant incisif, favorisant la coopération, la réconciliation et l’harmonie.

La lustration de la coupe désigne une période de jeûne et de lavage du cœur, soit de l’élimination de toute activité mentale afin d’acquérir la vacuité, la pureté et la transparence indispensables à toute distributeur de vie.  Cette purification précède le renouveau printanier.  Au Japon, l’échange des coupes symbolise la fidélité.

Dans la Tradition chrétienne, la coupe antique devient le calice puisque, il y a fort longtemps, ce mot désignait simplement une coupe ou un vase à boire.  Dans la liturgie catholique, il identifie le vase sacré dans lequel le vin est consacré à la messe.  En Sorcellerie, relié à l’eau et à l’ouest, il évoque le principe féminin magnétique, réceptif et accueillant.  En spiritualité, il s’agit, idéalement, d’une coupe de cristal sertie de douze pierres précieuses qui contient les deux alliances en or ornées, respectivement, d’un rubis et d’une émeraude devant servir au Mariage cosmique.

Le calice du Saint-Esprit évoque l’aura humaine illuminée et consacrée par la rivière cristalline qui coule du Trône de Dieu à travers elle jusque dans la Matière (le corps).  Le calice universel fait ressortir la Matrice cosmique.

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