DE CHUTE, IL N’Y A JAMAIS EU, IL N’Y A EU QU’UNE DESCENTE À TRAVERS LES PLANS DE LA CONSCIENCE COSMIQUE!

La descente dans les plans de la Conscience cosmique, que les religions appellent souvent la «chute originelle», désigne la progression involutive, la dissipation dans le monde extérieur qui entraîne une Étincelle de la Source divine jusque dans le monde concret, tangible et palpable de la Matière.  Ce mot devrait justement remplacer celui de «chute» qui implique un sens négatif et culpabilisant alors que la descente à travers les plans de la Conscience cosmique, pour les explorer, représentait une nécessité de la Connaissance.  Comment l’être humain aurait-il pu en savoir autant que son Créateur, s’il n’avait pas accepté de parcourir tout son Cosmos, son Corps d’expression?  C’est ce que narre le récit de l’expulsion du Paradis terrestre d’Adam et Ève.

CHUTE-D'AADM-ET-ÈVEDans le Grand Phénomène cosmique de la Création, la descente correspond à l’Expiration de Dieu, à l’Involution du Cosmos, par opposition à l’Inspiration qui réfère à la Réintégration ou à la Résorption.  On l’appelle diversement dégringolade, chute, involution-formation (voir à loi des Cycles).  Rien ne se passe dans le Macrocosme (le Cosmos entier) sans affecter le Microcosme (un Univers particulier et complet) et inversement.  Dans son Cycle créateur, Dieu s’exprime d’abord par l’Expir par lequel il émane les Formes qui l’habitent.

Au point de vue individuel, nul être ne peut émettre une force sans toucher la résistance correspondante, émaner une lumière sans atteindre l’obscurité correspondante.  Et, plus un être émet de force, plus il rencontre de résistance; plus il émane de lumière, plus il déplace d’obscurité.  Ce phénomène se poursuit jusqu’à la Réalisation complète pour motiver l’être à accroître toujours davantage sa force et sa lumière de manière à découvrir un jour que rien ne peut lui résister.  Car, dans le Grand Jeu amoureux de la Vie, les résistances et l’obscurité ne visent pas à décourager l’être ni à lui imposer de souffrance inutile.  Elles ne visent qu’à lui révéler son Pouvoir absolu.

Nul ne peut se faire des muscles dans l’inertie: nul ne peut comprendre l’impact de son pouvoir sans se mesurer aux résistances et à l’obscurité.  Plus un être s’élève dans la Lumière, plus il risque, s’il n’y prend garde, de tomber dans un trou correspondant.  Il doit apprendre à trouver en lui l’équilibre, la voie droite et directe, constamment dans l’ordre, sur le fil de rasoir.

Mais la lumière qu’il porte en lui pousse l’obscurité hors du trou, en cas de chute.  C’est un jeu mathématique: nul ne peut monter un échelon sans en descendre un en même temps, comme si sa capacité de connaître les plus hauts Ciels était reliée aux plus lointains enfers.  Voilà résumée la triade de l’Homme de Lumière, de l’homme de Terre et plans-de-consciencede l’homme de Fer, qui doivent fusionner dans l’Homme total.  En cherchant à développer sa personnalité égoïque, l’être humain masque son Individualité spirituelle, entravant l’action de l’Esprit en lui.  Il se dissocie alors de la Totalité.

Toutefois, ce n’est, pour un temps, qu’une nécessité de la Manifestation cosmique que l’être humain commence par s’individualiser fortement, se densifier, se développer une forte personnalité, de sorte que l’Esprit puisse ensuite transmuter la Matière à travers lui.  Par son libre-arbitre, l’homme peut ensuite choisir, au moment qui lui convient, d’amorcer son retour vers la Source.  «Ce par quoi tu tombes, est cela même par quoi tu t’élèves», dit le Koularnavâ Tantra.  Par la chute, l’être humain fut privé de la vision intérieure, sauf que, du fond de ses ténèbres, celui-ci finira par bien comprendre, tôt ou tard, la nécessité de se la réapproprier, dût-ce être au terme d’une longue errance, de longues souffrances et de pénibles douleurs.

Cependant, l’être qui a affiné son corps par la Force vitale régressera bien plus vite que l’homme ordinaire et il tombera bien plus profondément que lui, s’il commet une «erreur» ou un faux pas.  La Lumière ne lâche plus celui qui s’y est frotté.  Il doit donc éviter tout esprit séparateur, tout orgueil, toute luxure et toute passion.  Il gagne à suivre la loi du Juste Milieu.

Après sa chute, l’âme d’Adam se serait divisée en 600 000 âmes individuelles qui seraient tombées dans les abîmes les plus profonds des mondes spirituels, au pied de l’Échelle de l’Évolution.  C’est à partir de cet endroit quelles descendraient dans notre monde et se revêtiraient de corps biologiques successifs.

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