DIEU, SI LE POUVOIR NE FAIT PAS SENS POUR TOI, COMMENT CONÇOIS-TU L’AUTORITÉ?

Eh bien, en principe, à ce qu’il me semble, malgré que les deux mots puissent se substituer l’un à l’autre comme synonymes, le pouvoir désigne la capacité d’accomplir une action ou de produire un effet tandis que l’autorité couvre le droit de commander, de prendre des décisions ou de se faire obéir.  Mais, puisque vous êtautoritees tous égaux, l’autorité, comme le pouvoir, doit se voir assigner des limites, car il n’existe des enfants que parce qu’il existe des enfants et il n’existe des maîtres que parce qu’il existe des esclaves de cœur et d’esprit.

Dans son premier sens, l’autorité signifie devenir l’auteur d’une production ou d’une réalisation, l’artisan d’une œuvre, d’une entreprise, d’un projet.  Il implique l’acceptation de la responsabilité de diriger, d’orienter, d’animer, de superviser, d’imposer une orientation.  En général, vous associez l’autorité à un pouvoir légal ou social alors qu’elle désigne autant une force intérieure qui commande d’emblée le respect.  Quoi qu’il en soit, à tous les niveaux et à tous égards, l’autorité doit assurer l’ordre et le développement tout en évitant d’engendrer des conflits et des tensions.  Celui qui détient le pouvoir ne doit jamais tenter d’exploiter la communauté, mais chercher à la servir.  Plus un poste d’autorité est important, plus il doit faire appel à un être de qualité.  Elle doit être exercée par un être compétent, intègre, simple, sincère, droit, calme, pondéré, pleinement consacré au bien-être de celui qu’elle dirige.

Dans ma conception, l’autorité ne se fonde pas sur les jeux d’influence et de pouvoir, mais sur la satisfaction du bien individuel et du bien commun.  Elle ne peut s’exercer que le temps qu’un être ou une collectivité soit à même de se prendre complètement en charge parce qu’ils détiennent la compréhension, la maturité, les moyens et le sens des responsabilités pour le faire.  Pour cette raison, elle doit viser à transformer et à améliorer les êtres de manière à les rendre de plus en plus autonomes, indépendants, libres, non à en faire des automates ou des êtres dépendants.

Ainsi, elle doit aider et guider les individus sur la voie de la connaissance, soit sur la voie du développement du bon sens, du discernement et de la sagesse.  Mais l’autorité se démontre d’abord par l’exemple.  Si l’autorité devait être placée entre les mains d’un être mauvais, son influence s’étendrait à ceux qu’il dirige.  Il vaut mieux la confier à un être qui possède la juste attitude intérieure, qui sait se montrer accessible et qui témoigne de renoncement et d’humilité.  L’être investi d’autorité doit être à la hauteur de ses fonctions et posséder en lui les traits fermes de l’ordre et de la justice.  Cet être ne doit pas chercher à forcer la reconnaissance de ses qualités, la gratitude pour ses services, mais laisser ses actes parler pour lui-même.

Sans jamais attenter à la liberté et à la souveraineté individuelle, seul doit exercer l’autorité un être entièrement voué au bien commun, donc un être capable de placer le bien général avant son intérêt personnel et capable d’imposer des décisions qui favorisent le bien de l’ensemble qu’il régit.  Car l’autorité ne peut se fonder sur les jeux de pouvoir, elle ne peut se fonder que sur le bien commun, notamment sur l’amélioration de la qualité de vie de tous et sur la cohésion de l’ensemble.  À l’inverse, elle doit se fonder sur un comportement déterminé qui s’appuie sur des règles strictes, claires et précises, jamais imprécises ou floues.

Dans l’exercice de l’autorité, pour que la relation soit profitable, il faut que celui qui l’exerce soit avisé et qu’il détienne la sagesse.  Quant à celui qui la reçoit, il doit détenir un degré suffisant d’intelligence et se montre réceptif.  Le développement de la réceptivité est la clef qui permet d’entrer en résonance avec autrui en lui ouvrant l’esprit et le cœur.  Le fait qu’il existe des complicités, plutôt que de l’opposition, entre deux êtres, amplifie l’influence constructive.  Et pour qu’il n’existe pas d’opposition, celui qui dirige doit se faire réceptif aux vibrations de l’esprit de son protégé et comprendre les sentiments qui l’animent, ce qui évite, dans sa direction, qu’il se fonde sur des préjugés ou des interprétations. Tout cela permet à celui qui guide comme à celui qui est guidé de se comprendre, de viser le même but et d’emprunter la même route pour l’atteindre.  Mais la personne qui représente l’autorité doit garder une certaine distance avec celui qu’il aide et éviter de la compromettre dans une attitude de copain-copain.

Ainsi, celui qui exerce l’autorité doit savoir que la véritable valeur d’un être réside à l’intérieur de lui, non dans les apparences.  Ce qu’il importe d’abord de développer chez un sujet, c’est la conscience.  Le détenteur de l’autorité doit se montrer empathique et procéder par l’écoute, l’observation et le dialogue de manière à inspirer confiance.  Il doit respecter le rythme évolutif de son protégé, n’intervenant qu’au moment opportun, lui présentant le moins d’exigence qu’il peut.  Ici, il faut savoir que la vraie paresse n’existe pas, mais qu’il n’existe qu’un manque de motivation par manque de compréhension du bien fondé de ce qui est proposé ou par manque d’intérêt à son égard.  Il doit exercer son pouvoir dans un climat favorable de confiance et d’estime sans contrainte.  L’inflexibilité brise l’autorité au lieu de l’affermir.  Qui veut imposer sa volonté à tout prix n’unit pas, il divise et il rebute.  Pour cette raison, celui qui est instauré dans un poste d’autorité doit éviter d’abuser de son pouvoir et rester en harmonie avec l’ordre du monde.

Puisque l’autorité vise à affermir le caractère d’autrui, à élever son esprit, à lui apprendre à découvrir le lien de causalité qui unit les actes et les effets, elle ne doit jamais être imposée, passer par la coercition, l’intimidation ou la violence, car elle ne contribuerait qu’à induire dans la méfiance et la peur.  Elle doit se montrer bonne et généreuse, s’exprimer dans la pureté d’intention, s’exercer dans la tolérance et l’ouverture d’esprit et témoigner de droiture intérieure, évitant d’imposer un point de vue, de pousser à la fermeture ou de susciter la violence.  Dans la coercition, un être durcit son caractère, il amplifie sa résistance jusqu’à devenir inflexible, ce qui n’est pas le but de l’éducation.  L’éducation doit amener un sujet à prendre toute responsabilité dans les choix qui concernent directement la qualité de sa vie et l’accomplissement de son destin.

L’un des rôles de l’être investi d’une autorité, c’est, à partir de son amour et de sa sagesse, d’écarter le mal apparent, de corriger les fautes lorsqu’il le peut et de servir le bien commun à partir d’une notion égalitaire.  À l’occasion, au nom de la cohésion sociale et de l’idéal humain, celui qui exerce l’autorité peut devoir sévir sans culpabilité.  Mais il le fera en se rappelant que la sanction n’a de valeur que si elle fournit au coupable les moyens de s’amender et de corriger sa perception éthique par rapport à ce qui est bien et à ce qui est mal.  Aucune sanction ne doit viser strictement à punir, elle doit instruire, aider à grandir, à devenir plus compétent, à prendre de la maturité.  Celui qui détient l’autorité ne recourt pas à la force uniquement pour démontrer qu’il a raison, sachant que les mesures de violence ne mènent à rien.  Parmi les pires défauts d’un être placé en autorité, on peut mentionner l’agressivité, l’arrogance et le complexe de supériorité.

Pour résumer mon propos, l’exercice de l’autorité ne doit jamais impliquer un abus de pouvoir visant à écraser un individu ou à brimer une collectivité.  Elle doit procéder d’une application de la force en vue de favoriser ou de préserver le bien de l’ensemble dans une conciliation judicieuse du bien individuel et du bien collectif.  De ce fait, celui qui représente l’autorité ne doit pas craindre de faire appel à la collaboration générale.  Lorsqu’un être occupe un poste de direction ou de commandement, il doit veiller à obtenir un large consensus et à promouvoir le bien-commun, au-delà de ses intérêts personnels et de ses attentes particulières.  Car, autant dans les relations entre deux personnes que dans une communauté, les gens restent égaux, même s’ils exercent des rôles fonctionnels différents.  L’art du chef réside dans la capacité de rallier autour de lui les bonnes volontés et d’obtenir la meilleure collaboration au service du progrès collectif et de l’idéal commun.

© 2009-2015 Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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