DIEU, LA SCIENCE-FICTION NE RENFORCE-T-ELLE PAS L’ILLUSION?

Par science-fiction, vous entendez généralement une œuvre d’imagination pseudo-scientifique qui décrit les progrès scientifiques potentiels de l’Humanité, tentant de prévoir l’état futur du monde.  Il s’agit d’un genre narratif, principalement littéraire, mais que vous transposez souvent en bandes dessinées ou au cinéma.  Il émet des hypothèses pour évoquer comment pourrait se présenter l’inconnu de l’avenir et de l’évolution des univers subtils ou inexplorés, telles les planètes éloignées, les mondes parallèles et d’autres aspects du monde qui vous échappent, à partir des diverses connaissances actuelles de la science, de la technologie, de l’ethnologie et autres domaines de vos études.  Ainsi, la science-fiction se distingue de la littérature fantastique, qui inclut toujours uscience-fictionne dimension inexplicable, et de la «fantasy», qui implique, pour sa part, l’univers de la magie.  Nous entendons-nous bien sur la définition du genre que tu me demandes de commenter?

L’une des caractéristiques les plus notables de votre science-fiction, c’est que, à défaut de pouvoir imaginer plus avant, elle comporte de thèmes récurrents qui forment une sorte de culture commune. Certains thèmes existent depuis ses origines et ils restent d’actualité, par exemple le voyage dans l’espace, le voyage dans le temps, la vie extraterrestre ou intra-terrestre, la robotique.  D’autres, en revanche, connaissent une éclipse, ce qui est notamment le cas des thèmes du surhomme et de la fin de l’humanité, malgré que vous ne dédaigniez pas de vous inventer de nouveaux héros fantasmagoriques des plus ridicules.  Mais il apparaît occasionnellement des thèmes nouveaux qui enrichissent son univers en constante évolution.  C’est le cas du cyberespace, des modifications génétiques, des nanotechnologies.  Dans ces secteurs, il existe de grands thèmes majeurs, comme la révolte des intelligences artificielles ou l’exploration des mondes subtils, ces univers parallèles, et des thèmes secondaires qui servent d’éléments de décor à une histoire générale, comme l’ascenseur spatial, le voile solaire, le téléporteur, les armes de destruction massive.

À force d’imaginer, vous remplissez votre mental de notions qui rendent réfractaires à d’autres considérations, puisque l’intellect est porté à prendre beaucoup trop de place dans votre quête vitale et à ne croire que ce qu’il voit ou croit avoir vu.  Et elle entretient tout aussi souvent une peur sourde de l’inconnu.

La science-fiction en rajoute simplement à votre manie de vous divertir de manière infantile et illusoire, qui provient de votre ennui existentiel, de vous inventer des héros et des idoles, de vibrer de manière intense, généralement négative, à des fictions pures, que certains d’entre vous parviennent à prendre pour la réalité au point d’en parler ensuite avec beaucoup d’émotion et d’intensité au bureau, à l’usine ou au téléphone, le lendemain matin, comme vous en trouvez dans vos téléromans, télé-feuilletons, téléfilms, vos séries et fictions, vos «soaps».  Mais avez-vous autant de temps à perdre quand vous êtes aussi éloignés de votre âme et que le monde, autour de vous, manque encore autant de conscience ou de Lumière?  Pourtant, le passé, le présent et l’avenir vibrent déjà en vous, où vous pourriez tout découvrir de la vraie Réalité cosmique, ce qui vous dispenserait de continuer à vivre dans l’illusion de vos conceptions limitées!

Les auteurs de science-fiction puisent en permanence au sein d’un univers collectif ou d’un fond commun, enrichissant sans cesse les idées de leurs prédécesseurs.  Pour les fans de ce genre littéraire, peut-être conviendrait-il de rappeler comment, dès sa fondation, sa problématique initiale s’est posée.  D’une part, on peut faire remonter l’émergence du genre à Jules Verne, qui en est le premier écrivain d’intérêt;  par ailleurs, on peut établir l’apparition du terme «science-fiction» en 1929, date qui marque la naissance du genre, dans son aspect moderne, aux États-Unis.  En outre, l’année 1930 correspond en dernières productions notables de George Wells, l’autre auteur marquant du genre.

Si vous observez le moindrement l’évolution de la science-fiction, vous constaterez que, surtout aux débuts du genre, le plus souvent, les textes de science-fiction étaient rédigés «a posteriori», soit après que l’écrivain ait atteint une certaine notoriété.  Quoi qu’il en soit, si, à l’occasion, ces textes peuvent présenter une reconstruction du réel, ils conservent encore une grande valeur, en tant que réflexion, au sens littéral et au sens allégorique du terme.  Car il s’agit autant d’une étude que d’un essai en ce sens que la science-fiction tente d’envisager l’hypothèse d’une évolution peu marquée des conceptions du genre, en général, davantage constituée de continuités que de ruptures.

Cette hypothèse paraît justifiée dans la mesure où c’est bien la permanence de certaines caractéristiques qui permet de considérer la science-fiction comme un genre littéraire.  Héritière des courants ou des écoles qui ont émergé dans les années 1980, dans une continuité des années 1960, la science-fiction actuelle donne l’impression d’un monde littéraire mosaïque.  Alors que chacune des périodes précédentes peut se caractériser par l’identification d’un ou deux modèles conceptuels assez constants, les témoignages de quelques écrivains contemporains laissent plutôt entrevoir une assez grande variété, dont on voit néanmoins qu’elle ne s’inscrit jamais comme une rupture avec ce qui l’a précédé.

Au contraire, les différents courants actuels sont largement issus des approches de la science-fiction qui cohabitent depuis au moins les années 1960.  C’est ainsi que coexistent : un type de science-fiction de l’avenir proche, toujours spéculative, dans la tradition analogique de la critique sociale (illustrée par N. Spinrad) ; un type qui aborde l’avenir lointain, toujours fondée sur la science, qui se souvient de participer à la littérature (J.C. Dunyach) ; un type qui reste lié à ce qu’il est convenu d’appeler  la «science dure» (OU «hard science» de G. Bear) ; un type impliquant la rétrospective, parfois appelé «uchronique» ; un type à la marge du genre (comme les «transfictions» de F. Berthelot)…   Si vous êtes amateurs, vous savez fort bien que, en la matière, bien des écrivains passent allègrement d’un type à l’autre.

Par cette recension sommaire, vous pouvez constater que l’être humain ne manque pas de faire marcher ses méninges, de laisser vagabonder son imagination furibonde.  Et ses spéculations, cogitations et élucubrations trouvent largement preneurs!  Vous savez, au lieu d’imaginer la réalité, vous pourriez la découvrir si vous cherchiez au bon endroit, à l’intérieur de vous-mêmes, puisque tout est en tout.  Alors, pensez-vous parfois à vous demander ce qui, avant le divertissement chimérique, pourrait le plus importer dans votre expérience en incarnation?  Le plus important n’est-il pas d’ouvrir votre conscience à partir des réalités avérées que vous pouvez découvrir au cœur de votre être?  Est-ce que, si intéressants qu’ils puissent être, la science-fiction, comme les téléséries télévisées, les pièces de théâtre ou les histoires du cinéma, contribuent vraiment à votre bonheur et à votre évolution?  Ne servent-ils pas largement à maintenir vos préconceptions et vos préjugés, généralement faux ou biaisés, relativement à la vie et à ma Création?

La science-fiction peut être un divertissement agréable, mais elle témoigne d’une faiblesse de l’imagination par les clichés qu’elle répète, même si elle ouvre parfois, bien que rarement, les horizons d’un avenir plausible et entretient ainsi l’espoir d’un monde meilleur et d’une vie plus facile.  À mon avis, il vaudrait mieux que vous consacriez vos énergies à explorer votre vraie réalité intérieure que vous anticipiez des développements scientifiques prodigieux, mais peu prévisibles et surtout peu évolutifs.  Il n’y a qu’à revoir les œuvres du passé, qui ont traité de votre époque, pour vous en convaincre.  Ainsi, par toutes sortes de fictions hasardeuses, vous entretenez dans votre mental des phantasmes qui compliquent votre quête intérieure parc que vous proposez des modèles séduisants pour l’ego, flatteurs pour les sens,  stimulants pour les sentiments, mais qui orientant votre imagination dans une mauvaise direction.

Vous gagneriez à reléguer ces œuvres aux bibliothèques et aux cinémathèques et à passer à d’autres expérimentations.  En cette phase d’ascension, vous n’en êtes plus au temps où vous pouvez rêver à loisir, vous avez atteint l’heure où il importe d’ouvrir les portails d’une autre compréhension.  En cela, la vérité doit primer sur les spéculations.  Or la vérité résulte de l’expérience personnelle par un contact avec le Centre spirituel.  Pour retrouver le goût d’y accéder, vous devez laisser s’estomper et se désagréger vos rêves de médiocrité, vos liens avec l’impossible, les séductions des peut-être et les chiclés de l’apriori.

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