Il faut se garder de confondre la méditation avec l’envie de méditer, car elle n’a rien à voir avec l’introspection ou la relaxation. La méditation représente un état médian naturel de  neutralité qui permet de fusionner le Ciel et la Terre.  Cet état ne provient nullement du désirmeditation-détente, de la volonté de faire, d’un pouvoir quelconque, du savoir, mais uniquement du vide, de la nudité, de l’abandon, du dépouillement de l’ego, créature du mental.  Ainsi, à moins d’un long entraînement, seul le silence absolu, autant que possible dans la solitude et la détente complète, peut permettre de vibrer à l’unisson de la Présence unique dans sa Totalité. Dans les temps présents, du point de vue ascensionnel, la seule technique qui reste pertinente et efficace, pour un usage quotidien, c’est la méditation.  Aussi convient-il d’y recourir le plus souvent possible, en observateur neutre, donc dans l’abandon complet, inconditionnel, pour se relier à l’Absolu, afin de lui permettre d’éliminer les blocages et les résistances qui pourraient l’entraver et d’augmenter sa Lumière à travers soi. 

 

La technique d’approche

 

Pour un débutant, la meilleure technique d’approche consiste à s’asseoir bien confortablement, la colonne droite, les jambes un peu écartées, les paumes des mains appuyées sur les cuisses.  Alors, on ferme les yeux pour se laisser pénétrer par le silence ou par les bruits ambiants.  On laisse son attention se concentrer sur eux, sans chercher à les identifier.  Après un moment, on observe les pensées qui montent à la surface, d’abord vagues et lointaines, puis se précisant de plus en plus, jusqu’à ce qu’elles envahissent le mental.  Si on continue à les observer, sans effort ni analyse, on les verra devenir moins précises jusqu’à disparaître.  On fait de même avec ses ressentis et ses sentiments, ses sensations corporelles, voire, le cas échéant, avec ses émotions.  Tout émerge, éclate dans sa réalité, puis disparait en sensations évanescentes.  Ainsi, on regarde défiler ce qui se présente à sa conscience, en maintenant l’état d’attention ou d’éveil, sans se laisser submerger par les sensations ambiantes, ses pensées, ses sensations, ses ressentis.  Tout simplement, on les regarde passer, aller et venir, en prenant ses distances par rapport à tous les événements immédiats.  S’identifiant à son Esprit divin, le Témoin silencieux, qui observe tout, on observe ce qui se passe en soi et autour de soi, mais sans y participer.

La méditation permet de construire un pont entre la conscience objective et l’âme à l’intérieur de soi.  Il importe de s’y adonner une ou deux fois par jour, pendant une courte période, plutôt que moins souvent, mais pendant une longue période, pour induire correctement l’état adéquat.  Il n’y a rien à gagner à prolonger cet exercice, même quotidiennement, car sa maîtrise se développe progressivement, les résultats se révélant au moment opportun.  Et il ne faut pas croire qu’il n’a rien donné parce qu’on n’a pas reçu immédiatement une démonstration d’un pouvoir psychique, d’une vision significative ou d’une intuition précise.  C’est même une erreur que d’attendre de tels résultats, car on engendre alors de la tension qui retarde les manifestations.  Ce qui importe, c’est de ressentir, avec le temps, qu’on devient plus serin, plus confiant, plus motivé parce qu’on se sent plus harmonieux en soi et avec Dieu.  Si on sait se détendre, apaiser son mental, élever ses pensées, ouvrir son cœur, pour s’offrir à la Puissance intérieure de son mieux et la ressentir, on peut être sûr d’avoir progressé dans cet état d’accord intime.  Au commencement, ce niveau d’accord peut se révéler moins perceptible qu’on le souhaite.  Toutefois, on y parviendra progressivement si on médite régulièrement dans le détachement.  Ce qui importe, c’est de ne pas s’adonner uniquement à la méditation pour connaître cet accord.

Toute sa vie, en pensée et en action, doit servir à développer cet accord avec sa Conscience supérieure.  Ce que l’on pense et ressent de soi et des autres, la manière dont on agit envers soi et les autres contribue largement au développement spirituel intérieur.  On ne peut simplement méditer pour observer des développements possibles en soi.  D’autre part, les résultats recherchés se produisent souvent à un moment ou à un autre après la méditation, occasionnellement durant la médiation elle-même.  Car il faut que l’énergie de la Source passe à travers tous les centres d’énergie pour parvenir jusqu’à sa conscience de veille.  Les états de pureté, de joie et d’enthousiasme peuvent en faciliter les résultats, élevant plus haut la conscience.  Mais une révélation particulière ne se produit souvent que lorsqu’on fait face à de sérieux problèmes dans sa vie personnelle ou professionnelle.  Alors, on peut recevoir des inspirations et des directives, en pensée, dans la mesure où on est en accord et en conformité avec le sens évolutif de la vie.  Alors, l’Esprit ne procédera pas de façon inhabituelle ou extraordinaire et il se contentera de diriger les pensées normales.  On pourra croire que ces idées et ces sentiments sont les siens, l’Esprit intervenant de façon subtile.  L’important à retenir, c’est que l’Esprit est toujours disponible, mais qu’il intervient au meilleur moment.  On n’est loin de l’Esprit que dans la mesure où on laisse son mental créer des voiles.

 

La technique de mise en alerte

 

Pour se préparer à la méditation, on peut décider de se ramener dans le présent pour développer sa capacité d’attention.  Alors, on établit un monologue intérieur pour nommer les choses et les réalités dont on prend conscience dans l’immédiat au fil du temps.  Par exemple, on peut se dire mentalement : «Je suis conscient du courant d’air qui m’atteint… je suis conscient du soleil qui réchauffe mon visage… je suis conscient de la couleur verte de l’herbe… je suis conscient du vent qui agite mes cheveux… je suis conscient de mon dos appuyé sur la chaise… etc.»  Il importe de commencer chaque affirmation par l’expression : Je suis conscient…  Au bout d’un moment, on en vient à se sentir fatigué, d’où on est porté à ralentir son monologue, mais il faut poursuivre, dépassant les phénomènes qui attirent son attention en temps ordinaire.  Ainsi, on peut souligner : «Je suis conscient du gargouillis de mon estomac… je suis conscient de ma respiration… je suis conscient des battements de mon cœur… je suis conscient du craquement dans le mur… je suis conscient de telle pensée qui vient de me venir en éclair… je suis conscient de telle impatience intime… etc.»  Assurez-vous de formuler des phrases courtes, sans donner d’explication, vous contentant d’énumérer les faits qui surgissent dans votre conscience, tout le temps que vous le souhaitez.   

 

La technique fondamentale

 

S’asseoir bien confortablement dans le calme et le silence.  Paupières closes, fixer son regard intérieur entre les sourcils et se concentrer sur l’extrémité de son nez.  Appeler son Maître intérieur et s’entourer de Lumière blanche de cristal pendant qu’on se pénètre et se remplit de Pure Lumière dorée.  Alors, on demande à entrer dans l’Amour pur du Créateur en visualisant qu’on pénètre le Champ unifié de la Conscience cosmique.  Pour s’aider à s’élever sur les plans de la Conscience divine, on règle sa respiration su gré des sons «SO» (à l’inspiration) et «HUM» (à l’expiration) pour ajuster ou équilibrer en soi les courants ascendant et descendant de l’air et pour s’envoler sur les ailes de l’Aigle intérieur (Hamsa).  S’abandonner à la détente profonde en continuant de concentrer sa pensée sur les sons «SO» et «HUM» qui évoquent respectivement le «Plein» et le «Vide».  Dès qu’on se sent bien harmonisé, on adresse mentalement, du fond du cœur, une ardente salutation à son Maître intérieur, empreint de vénération et de recueillement, dans l’état d’éveil dynamique, l’attention concentrée, sans la moindre tension.  Sans résistance ni lutte, on écarte toute distraction, en ramenant son attention sur les deux sons mystiques de la respiration, laissant défiler les sensations, les sentiments, les ressentis, les pensées.  En tout temps, on reste calme et attentif, sans effort ni crispation, sans attente particulière, continuant à respirer profondément, mais naturellement.  Avec la pratique, voilà qui permet de s‘enfoncer de plus en plus profondément dans le vide mental et sensoriel, arrêtant de penser, pour se faire simplement réceptif à ce qui se passe intérieurement, dans l’instant présent.  On s’ouvre entièrement à la communication avec son Esprit intime.

Lorsqu’on atteint un niveau suffisant de neutralité, on peut s’ouvrir à la compréhension d’un thème particulier (Amour pur, Richesse abondante, Santé radieuse, Succès absolu dans ses entreprises, Protection parfaite).  On peut verbaliser à l’intention de son Maître intérieur : «Je veux obtenir tel bienfait ou recevoir une réponse à telle question.  Je sais que, sans Toi, je ne peux rien, mais que, avec Toi, je peux tout.  Sans ton aide, je sais ne rien pouvoir vraiment savoir de telle réalité, mais, avec le concours de Toi qui sais tout, je sais que peux tout savoir.  Alors, avec toi, je manifeste telle réalité ou je parviens à connaître ou à comprendre telle et telle chose.»  Si on laisse le bienfait ou la réponse se manifester sans attente, oubliant jusqu’au sujet de sa méditation, laissant à l’Esprit divin le soin de les exprimer, une nouvelle réalité prendra toute son expansion à travers soi.  Il s’agit de ressentir la nouvelle réalité se manifester en soi du sommet de la tête jusqu’à la plante des pieds, d’une extrémité à l’autre de son corps et à travers toute sa conscience.  Avant de se retirer, on affirme doucement, mais fermement : «Cela est fait!  Merci je rends grâce.»  Puis on s’extrait lentement de sa méditation.

Au cours de sa méditation, bien que cela se produise rarement, si une entité venait à se présenter, on demande immédiatement à son Maître intérieur une protection spéciale pour démasquer toute imposture.  Ensuite, au nom de Michaël et du Christ, on demande à l’entité si elle fait partie de la Conscience christique.  Si elle répond spontanément par l’affirmative, sur un ton agréable, enthousiaste, catégorique, on peut s’abandonner à son influence tutélaire, puisqu’il s’agit sûrement d’un émissaire divin porteur d’un message ou d’une grâce en provenance de la Source divine.  Mais si cette entité hésite à répondre, refuse de répondre, commence à argumenter ou à arguer, prend des détours et des faux-fuyants pour répondre, tentant de disperser son attention en proposant d’aborder un autre sujet ou un autre centre d’intérêt, on la conjure au nom de Michaël et du Christ de disparaître pour toujours de sa conscience et de son univers, dans un commandement serein et paisible, mais ferme, ce qu’elle sera forcée de faire sur le champ.  Puis on poursuit calmement sa méditation.

La technique de ralentissement des gestes et de la pensée

 

On peut mener l’expérience à l’intérieur ou à l’extérieur.  Si on choisit de procéder à l’intérieur, on peut s’accompagner d’une musique douce.  Se couchant au sol, dans une séquence de dix minutes ou moins, lentement, très lentement, de façon presque imperceptible, on se lève, attentif à ses moindres gestes, pour passer de la position couchée à la station debout.  Environ tous les quatre minute, on s’immobilise quelques secondes pour porter une attention décuplée sur ses sensations et ressentis.  Puis on continue à se mouvoir lentement jusqu’à ce qu’on se retrouve debout.  Alors, on passe à une marche extrêmement lente.  Si on est sorti à l’extérieur, on peut choisir de marcher pieds nus dans l’herbe, les yeux mi-clos, pour enregistrer toutes les perceptions qui surgissent de la manière qu’on dépose les pieds ou qu’on déplace les orteils.  Plus on procède lentement, plus l’attention se développe.  Au réveil, on pourra préférer à cet exercice celui de faire toute sa toilette ou de composer son petit déjeuner et de manger dans cet état révélateur de ralentissement délibéré.

Une technique pour apprendre à devenir le témoin de son être

 

Trouvez un partenaire qui acceptera de dialoguer avec vous, chacun à votre tour, pendant une quinzaine de minutes.  Mais veillez à parler de vous à la troisième personne pour exprimer ce que vous êtes, ce que vous ressentez, ce que vous pensez.

La technique de méditation sur le Vide ou le Néant

 

Il s’agit de la technique qui appelle à faire le vide du cœur, des sensations et de la pensée, ce qui permet, ultimement, de plonger dans l’Océan de Félicité.  Menée dans la concentration, l’attention et le silence, elle se pratique en se concentrant jusqu’à l’exclusivité sur son Essence intérieure, donc sur son Étincelle divine, qui est Amour pur.  Avec le temps, après avoir calmé l’esprit, elle donne l’évidence de la présence du Moi suprême à l’intérieur de soi, rendant moins vulnérable aux pressions que l’ego (le petit moi) exerce sur soi.  Elle permet à la Conscience lumineuse de s‘exprimer en rétablissant l’harmonie, l’équilibre et, par conséquent, la sérénité en soi.  Dissolvant la peur, elle amène à acquérir la maîtrise de soi.

 

La technique de méditation par le rire

Pour ceux qui ne craignent pas le ridicule, elle s’amorce, au matin, dès le réveil, en s’étirant comme un chat (en étirant chaque partie de son corps lentement et voluptueusement dans l’appréciation de chacun des mouvements), avant même d’ouvrir les yeux.  Après quelques minutes, les yeux fermés, commencer à exprimer un ha en cascade, l’émettant de plus en plus rapidement.  Même si on n’en avait pas le goût ou l’envie, le son forcé réussira à produire un effet déclencheur d’un rire fort libérateur.  Si farfelue que semble l’expérience, il faut éviter de penser à ce qu’on fait, de se prendre au sérieux, jusqu’à se perdre dans son rire tonitruant.  On se gardera d’attendre le moindre résultat tangible, surtout les premiers matins.  Mais, peu à peu, d’un jour à l’autre, on sentira changer sa façon de voir les faits et de percevoir la vie et on comprendra le sens du Grand Jeu amoureux de la Création.

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