UNE DIGRESSION SUR LA VÉRITÉ

Vrai-faux
«Les vérités, différentes en apparence, sont comme d’innombrables feuilles qui paraissent différentes et qui sont sur le même arbre.» (Gandhi)

   Pour ma part, à titre d’enseignant âgé, qui a tellement répété les lois naturelles et les principes cosmiques, ce genre d’affirmation représente une manière adroite d’éluder les problèmes et de fuir ses responsabilités évolutives. D’abord, bien qu’il fût un grand homme, Gandhi n’était pas un initié et il ne maîtrisait pas les principes spirituels. À preuve, il s’est attiré un assassinat du fait qu’il n’avait pas compris que, sous une forme de non-résistance mal comprise, plutôt que le recours à l’abandon de l’être innocent, dit «blanc comme neige», dans l’acceptation de la sérénité parfaite et le recours à l’arme supérieure du rayonnement amoureux, accompli dans le silence et le secret, il incarnait une résistance publique, ce qui représentait purement et simplement une provocation qui s’attirait un juste retour, par le mauvais exemple de la transgression d’un principe cosmique qu’il donnait à ses supporteurs.

   Ainsi, je dois avouer que j’en ai marre qu’on véhicule, comme prétexte à l’entretien de l’ignorance, cette fausse interprétation que l’on fait du principe que «chacun détient sa vérité», qui vise souvent à manifester sa résistance à la Vie.. Cette maxime ne signifie pas que tout ce que croit un être est vrai, mais que cela correspond à son interprétation ponctuelle de la Vérité, selon son degré d’ouverture de conscience. Autrement dit, dans toute position idéologique, il réside une part de Lumière, mais, entre les positions différentes, il existe toute une différence, selon le stade d’illumination, dans le degré de manifestation d’Amour et de Sagesse, qui fait la Vérité absolue. Cela signifie également que, par la loi d’Attraction, pour la part d’ignorance ou d’ombre qui persiste dans sa position, celui qui entretient une fausseté, prise pour une vérité, devra payer le prix d’une leçon de vie difficile et désagréable qui le mènera à réfléchir, à remettre ses positions en cause et à découvrir une plus grande vérité que celle qu’il entretient. En cela, il devrait comprendre que tout ce qu’il croit n’est pas certitude, donc pas vérité.

   Alors, qu’on se le tienne pour dit, la Vérité est une: elle ne peut être ce qu’elle est et le contraire de ce qu’elle est à la fois. Toutes les routes mènent à elle à travers diverses expériences plus ou moins pénibles de tâtonnements d’après le degré d’ignorance, résultat de la force de l’ego qu’il reste en chacun. Par allégorie, on pourrait dire que la Vérité représente le Zénith, le Point de Parfaite Réalisation de l’être parvenu au sommet de la Pyramide cosmique ou de la Montagne sacrée, ce degré de Réalisation parfaite qui lui permet de jeter un autre éclairage que les positions limitées qu’il tenait préalablement, au cours de son ascension vers elle, et qui lui fait voir la Voie de l’Évolution dans une autre perspective.

   Mais, à part la large part de l’humanité qui s’amuse à faire le tour de la base de la Pyramide initiatique ou de la Montagne sacrée, dans les cercles vicieux de la mentalité grégaire, il existe plusieurs échelles d’escalade ou d’ascension pour ceux qui, lassés de tourner en rond dans leurs drames et leurs souffrances, aspirent à la Libération ultime.

Fondamentalement, pour en exprimer la dynamique, on les résume à quatre. La Voie du versant de l’Est, vecteur d’Amour et de Sérénité, lié à l’avenir et au matriarcat, celle du printemps, que la Lumière originelle éclaire parfaitement, qui exprime l’aspect diurne et lumineux de la Source unique et qui projette vers l’avenir. C’est le secteur de la Vérité la plus pure que puisse détenir un être humain incarné. Point d’origine de la Vie, c’est la Voie de l’Amour pur et du cœur, qui confère la certitude et la sérénité joyeuse. Il stimule au changement et au renouveau, à chercher la subtilité et à accumuler les biens imputrescibles.

   La Voie du versant du Nord, à demi-illuminé, qui illustre le point de départ de l’Évolution et du Sommeil béat et qui identifie, à la fois, le degré de l’Abondance et de la Prospérité, le pays des Maîtres, qui instruisent et orientent vers l’Idéal, et des ennemis de l’humanité, qui peuvent faire plonger dans l’Abysse. C’est le secteur de la Vérité figée, en instance de révélation dans les Âges à venir, qui peut mener à la mort ou à l’Illumination. C’est le pays des esclaves irresponsables, soumis à la fatalité, en raison de leur degré d’assoupissement et de fermeture de leur cœur. Pays de l’hiver et du froid, du principe de la non-résistance, source de la loi du moindre effort, de la complaisance dans le statu quo, donc de l’aridité et de l’infortune, il incarne le scepticisme et le doute qui entretiennent dans la peur et la médiocrité.

La Voie du versant Ouest, parfaitement ombragé, celle de l’automne, donc de la servitude, du déclin, de la décrépitude et de la sénescence, de la complaisance dans les habitudes, les divertissements, la facilité. Secteur associé à la Vitalité, à la Santé et à la Force, c’est celui des hommes ordinaires, de mentalité grégaire, qui se complaisent dans des croyances et des jugements de valeur, des principes religieux et moraux, la dualité du bien et du mal. Lié au passé et au patriarcat, il lance dans la formation des liens gluants et des possessions matérielles. Il est régi par la propension à la vénération des us et coutumes, de la culture, de la tradition, où il faut apprendre à oublier les affronts et à pardonner les fautes, à commencer à distinguer l’accessoire de l’essentiel, l’éphémère de l’éternel, afin d’échapper à la chaîne des réincarnations.

Puis il y a la Voie du versant Sud, à demi-illuminé, qui évoque l’été, le temps des semences utiles ou inutiles, le passage de la mort à la vie, qui peuvent plonger plus profond ou supporter dans la remontée. C’est le secteur du Rayon du Succès ou du Triomphe, de la Clémence et de la Protection. C’est la patrie des hommes ordinaires qui se la coulent douce sans se remettre en question, prisonniers de leurs ornières, des liens terrestres et mortels, lancés dans une quête de divertissements et de jouissance et d’acquisition de biens encombrants. Patrie des êtres sensibles et émotifs, souvent passionnés, où un être se met plus à l’écoute de ses états d’âme que de ses états d’être.

   Mais, selon sa Porte d’incarnation zodiacale et son ascendance, on peut aussi évoluer par la Voie du Nord-Est (patrie des Démons auxquels on échappe par la charité) ou celle de l’Est-Ouest (mort à la vie et éternel retour); celle du Nord-Ouest (qui inculque les premiers mouvements d’Éveil); celle du Sud-Est (paresse, sommeil, médiocrité), du Sud-Nord (passage de la vie à la mort) ou du Sud-Ouest (actes irréfléchis ou alourdissants). Sans compter qu’on pourrait détailler encore et encore de multiples autres Voies.

   Dans cette présentation schématique, qui ne comprendrait pas que, chez les êtres humains qui vivent à une même époque, d’après leur degré d’endormissement ou d’Éveil, aucun d’eux ne peut exprimer le même degré de vérité, même si, dans leur profondeur, ils portent la même Vérité éternelle. En effet, chacun s’appuie sur des références différentes, acquises dans l’expérience contingente de ses incarnations antérieures, qui ont produit son présent degré d’ouverture de conscience, pour former les croyances temporaires de son incarnation actuelle, d’après le plan de son âme, afin de s’assurer la meilleure leçon de vie, et qui y agissent comme autant de blocages ou de leviers.      Penser le contraire, ce serait dire que le point de vue d’un endormi, d’un disciple ou d’un Maître, qui détiennent une égale légitimité circonstancielle, d’après le rôle fonctionnel de chacun, détient une même valeur ontologique.

   Justement, c’est ce qu’espèrent les Forces sombres, dans leur jeu de manipulation de l’humanité, depuis le retrait des Maîtres incarnés dans les coulisses de l’apprentissage terrestre, soit depuis l’avènement du «New Age», un système de leur invention, pour retarder l’évolution de l’humanité, dans le présent cycle d’Ascension planétaire et collective. Mais c’est aussi l’embûche qui, en raison du libre-arbitre, permet à l’ignorant ou au rebelle de se complaire dans sa pseudo-vérité et de prendre le contre-pied d’un Initié, quand il lui devient difficile d’avaler la part de vérité qu’il incarne et qui le tire trop soudainement ou durement de sa zone de confort, d’où il peut être porté à la nier et à la rejeter, parce qu’elle dépasse son entendement et même sa compréhension spirituelle du moment.

© 2014-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime

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