SAVOIR ÉVOLUER DANS L’ÉQUILIBRE…

L’un des plus grands dangers, pour l’aspirant à l’Initiation ou à l’Ascension nouvellement éveillé à son destin de connaissance par la Voie intérieure, c’est d’entreprendre, à son insu, une fuite vers le haut, ce qui évoque l’illuminisme, une illumination illusoire, ou une fuite vers le bas, et ce qui suggère un emprisonnement dans la matérialité et la dualité.  Il s’expose alors à toutes les manipulations du bas astral.  Or l’état d’Illumination véritable consiste dans la Fusion du Ciel et de la Terre, non dans le choix préférentiel, conscient ou inconscient, de l’un des deux états, plutôt que l’autre ou au détriment de l’autre : la spiritualité ou la matérialité.  Ne dit-on pas que celui qui veut faire l’ange finit par faire la bête?  Plus une base est ferme, solide et stable, mieux on peut y construire un édifice en hauteur!  Il faut se garder de jouer au colosse aux pieds d’argile…

En elle-même, la fuite exprime la volonté consciente ou inconsciente d’échapper à sa responsabilité d’auto-connaissance.  Dans la fuite, un être cherche forcément à trouver une soupape de sécurité, un moyen de se soustraire à certaines contingences ou une manière de se donner du plaisir dans une vie qui le confond, qui l’agace, qui le déprime ou qui l’ennuie.  Dès lors, il gagnerait à se demander ce qu’il tente de sauver, d’épargner ou de se cacher dans ce rejet, car c’en est unangel-nor-demon.  Généralement, il s’agit du rejet de la vie elle-même, à défaut d’en comprendre l’importance et la dynamique.  Mais ce qu’un être tente de fuir lui court après.  D’ailleurs, fuir, c’est, à divers égards, tenter de démissionner, ce qui revient à opter pour la solution de facilité et à cultiver de la lâcheté face à son destin.

Au fond, personne ne peut se fuir: un être peut tout au plus retarder son évolution, payant son choix erratique d’autant de souffrances ou de misères.  Car il y a deux instances auxquelles nul ne peut échapper: Dieu et sa propre conscience.  Chacun devrait le comprendre : il n’arrange rien en continuant à se mentir à lui-même puisque, ces deux instances, il les traîne partout avec lui, même dans les grottes les plus sombres et les plus profondes.  Ainsi, alors que les défis s’accumulent, à défaut d’être résolus au quotidien, tôt ou tard, s’il ne sombre pas dans le désespoir ou dans la volonté d’annihilation, il ne peut qu’en venir à s’appliquer courageusement à faire face aux événements comme ils se présentent, là où il se trouve, avant de songer à explorer d’autres aspects ou d’autres environnements de la vie, quitte à se faire aider, au début, pour s’en sortir.

Chacun est convié à affronter bravement et intelligemment la vie, peu importe où le mène son sentier évolutif.  Quand cela va mal dans sa vie, il doit se résigner à accepter que ce n’est pas le temps de lâcher: au contraire, c’est plus que jamais le temps d’agir.  Alors, il peut profiter de sa situation pénible pour se demander ce qui se passe, pour déterminer où et comment il entrave son propre pouvoir et limite son bonheur personnel.  Dans le destin d’un être incarné, qui implique par nature la nécessité de se tirer de l’obnubilation de conscience, afin d’accéder à sa pleine Lumière intérieure, chacun peut comprendre que, comme lui, ses semblables luttent pour quelque chose, pour atteindre la lumière au bout du tunnel.

Bien sûr, ce motif est plus ou moins précis ou conscient selon les sujets.  En être trop extériorisés, se déguisant en redresseurs de tort ou en sauveurs improvisés, certains luttent contre le pouvoir, l’envie, l’injustice, la jalousie, la rivalité, la haine, le mal.  D’autres recherchent la gloire, le prestige, la renommée, la réussite financière, la performance physique, l’avancement social, la paix familiale, une bonne carrière, une existence confortable.  Certains se projettent dans le passé, d’autres dans le futur;  la majorité s’active, se hâte, court contre la montre.  Chacun se cherche une responsabilité, veut se sentir utile, se sentir apprécié, démontrer sa puissance, se savoir indispensable.

Pourtant, voilà autant de moyens de se disperser et de passer à côté de l’essentiel, son but évolutif.  La seule démarche utile, c’est d’apprendre à se connaître pour s’unifier, s’accomplir, apprendre à être pleinement.  Tout le reste, c’est de la fuite et de l’atermoiement.  On fuit en poursuivant un faux but, en entreprenant un projet vain, en  agressant autrui, en jugeant les autres, en les blâmant, en le adulant, en les imitant, en s’abaissant, en se soumettant, en acceptant sans réagir les pressions de la société et les ordres des gouvernements, en réagissant à ce qu’on n’aime pas ou à ce qui frustre, en se comportant comme une victime, en se complaisant dans la négativité, en s’écrasant, en s’effaçant.

En vérité, ne peut se tirer victorieux de l’expérience de la vie que celui qui sait se libérer des ses faux attachements, se prendre en main, s’accorder la première place, occuper tout son territoire, refuser de rendre des comptes, exercer sa souveraineté, parce qu’il a retenu que ce qu’il fuit ne s’abolit pas du coup, mais continue à grandir, ne cessant de se renforcer, jusqu’à le terrasser, s’il n’intervient pas.

Certaines peintures des réalités spirituelles du passé ont pu induire certains chercheurs sincères en erreur.  Par exemple, on a toujours tete-de-mort-nature-morte-expliqué que le crâne de mort appelait le sage, le saint, le moine ou le chrétien à méditer sur son destin éphémère de l’être incarné qui gagne, dès lors, à penser sans cesse à sa transition éventuelle, qui peut se produire à tout moment, et à faire pénitence afin d’assurer son salut.  Pourtant, tout au contraire, ce même crâne convie à jouir de l’existence terrestre de son mieux, pendant qu’il la détient, mais sans que cela aille jusqu’à oublier sa mission terrestre et son destin céleste.  Il gagne à fusionner le Ciel et la Terre pour accéder à l’immortalité éternelle.

Autant le matérialisme pur et dur est une erreur, autant la spiritualité désincarnée représente une aberration.  Dans son expression extrême, dans le parcours évolutif, la fuite vers le haut, aussi appelée fuite dans l’Esprit, désigne le choix de se couper du monde et de ses valeurs, jusqu’à dédaigner les biens, à mépriser son corps et à négliger le nécessaire, c’est-à-dire de combler ses besoins fondamentaux, afin de se dissoudre dans l’Essence divine.

Chacun devrait savoir que l’expérience spirituelle, si elle n’explore que l’intérieur, comme chez les Bouddhistes, n’accomplit pas grand-chose dans la substance de l’être, ne contribuant qu’à éveiller l’aspiration vers un idéal inatteignable, appelé la Perfection.  Or le But évolutif ne consiste pas à devenir une bulle de Pure Lumière qui peut éclater au moindre souffle d’une Tempête sacrée, inévitable un jour ou l’autre, pour ramener à une compréhension plus adéquate et cohérente.  Sans compter que la quête spirituelle mène à l’orgueil spirituel des illuminés, qui se transforment en Sauveurs, en redresseurs de tort, en critiques acerbes ou en modèles de pureté, se démontrant généralement ceux qui jugent les autres le plus sévèrement, parce que, dans leur prétention à l’excellence ou à la Vérité, ils le font avec arrogance, condescendance, exprimant un mépris personnel et une haine des autres déguisée en Amour pur.

En fait, pour le chercheur spirituel, le fait d’avoir été déclaré un Grand Être, d’être rempli de zèle spirituel, d’avoir vécu une illumination passagère, d’avoir été induit dans une transe temporaire, de jouir de facultés psychiques en éveil, ne rend en rien supérieur aux autres et n’accomplit rien de bien déterminant ni profond dans la chair, à part d’attiser le désir d’expérimenter toujours davantage l’inexprimable, d’entrer dans l’Éternité bienheureuse, dont on ne saura jamais oublier l’attrait.

Qui s’occupe uniquement de son destin spirituel néglige les autres dimensions de son être, se préparant d’importants déséquilibres, même des désordres mentaux.  Dans la vie de l’être incarné, les exercices spirituels mettent en communication avec l’Esprit, les exercices psychiques développent l’âme, les exercices mentaux affinent l’intelligence, les exercices physiques améliorent la vitalité et les performances du corps.  Ainsi, ce n’est qu’en travaillant dans la matière qu’un être peut transmuter la matière, qu’en veillant sur ses sentiments qu’il peut équilibrer son plan émotionnel, qu’en cultivant son intellect qu’il peut affiner sa raison, qu’en se reliant à son Esprit qu’il peut se préparer à la Fusion finale, l’Idéal de tout chercheur.

Dans cette démarche, pour celui qui s’en sert bien, la matière contribue à l’Illumination personnelle, car un être libéré des contingences matérielles et de ses limitations vit dans un plus grand bien-être et une plus grande sérénité, en plus d’augmenter sa joie de vivre,  se rendant infiniment plus disponible à la découverte de lui-même à d’autres niveaux.  Il faut savoir que la matière n’a rien de vil puisqu’elle représente de l’Esprit densifié ou de l’Essence cristallisée.  En cela, le rôle de la Lumière, c’est d’imprégner le corps et la fausse matière de l’environnement afin de la ramener à leur état de matière vraie ou de substance subtile.  Dans cette perspective, ce n’est qu’en unissant le haut et le bas qu’un être peut vraiment parvenir à s’accomplir, plutôt que de vivre dans l’illusion de la Réalisation, mais jamais en n’intervenant qu’en bas ou qu’en haut.

L’être humain, un Pont cosmique entre l’Esprit et la Matière – appelé pour cette raison Dieu-Homme, Androgyne primordial, Fils de Dieu ou Adam divin — ne représente le chef d’œuvre de la Création que dans la mesure qu’il fusionne en lui les propriétés du Ciel et celles de la Terre, ce qu’aucune autre entité du Cosmos ne peut réaliser au même point que lui.  L’ange n’a pas accès à la Matière;  la bête n’a pas accès à la conscience réflexe.  Dans ce contexte, fuir en Dieu ou vers le haut, ne conduit nulle part ailleurs qu’à l’implosion;  fuir dans la Matière ou vers le bas, n’amène qu’à stagner avant de commencer à régresser, de se densifier exagérément, d’exploser.

Dans sa quête d’Illumination, un être doit éviter de fuir dans la Lumière divine : il doit plutôt devenir la Lumière de Vie ou mieux, réaliser qu’il l’est de toute éternité.  De là, il doit amener la Lumière qu’il est à régénérer, transmuter, transfigurer et illuminer sa part de matière et ses divers plans.  Car la Lumière de Vie, qu’on l’appelle «Orgone vivant et vibrant» ou «Particules adamantines», ne représente jamais que la Fusion du Ciel et de la Terre, de l’Essence et de la Matière, non l’élimination de la Substance par la Lumière spirituelle.

Ainsi, nous en arrivons au plus important de la présente explication, à savoir qu’un être ne peut échapper à la fuite vers le haut, qui résulte de l’embranchement exclusif dans le Ciel, que dans la mesure qu’il peut s’ancrer dans la Terre, s’enraciner profondément en elle, pour obtenir ses énergies telluriques ou bénéficier de ses énergies électromagnétiques.  Et il ne peut échapper à la fuite exclusive vers le bas, qui résulte de l’enracinement dans la Terre et du désir de s’y édifier un paradis artificiel, que dans la mesure qu’il peut s’embrancher dans le Ciel, ce qui lui évite de se donner des racines profondes qui finissent par l’amener à  s’étioler, à défaut d’êtres irriguées par l’Essence divine.  Mais le chercheur doit veiller à intervenir dans les règles, soit conformément à l’Ordre divin, en imitant tout autre être de la Nature.

L’Essence, qui exprime l’Absolu, la Réalité divine immuable dans sa quintessence, son infinité et son éternité, doit garder sa préséance sur la Matière, qui n’en représente que divers degrés de densification ou de cristallisation.  C’est-à-dire que, dans la Conscience de l’Absolu, l’Essence peut exister sans la Matière, mais que la Matière ne peut exister sans l’Essence divine, comme la Lumière peut exister sans les Ténèbres, mais pas l’Ombre, sans la Lumière.  En effet, la Matière désigne l’état de densité ultime qu’une réalité peut atteindre dans son écartement apparent de l’Être-Un ou de la Source divine unique.  Ainsi, pour assurer sa sécurité, s’éviter un choc en retour puissant des énergies chthoniennes ou une invasion parasitaire massive des Forces sombres des enfers, avant de penser à s’ancrer dans la Matière ou à s’enraciner dans la Terre, l’être incarné doit penser à s’embrancher fermement dans l’Essence.

Vous obtenez là un avertissement sérieux qui pourrait faire toute la différence entre essayer d’évoluer harmonieusement, sans parvenir à d’autres résultats que de passer par des hauts et des bas récurrents, des avancées et des reculs constants, qui finissent par décourager et démobiliser, à défaut d’avoir obtenu la protection céleste qui annule toute opposition et toute résistance des Forces ténébreuses, hostiles à l’évolution humaine et qui assure l’élévation de la conscience.  Tout être doit renouer son lien avec son Centre divin avant d’espérer évoluer dans la joie sereine, résultat de l’équilibre des aspects de la polarité inhérente à tout être incarné.

Il parvient à s’embrancher dans le Ciel en imaginant qu’une résille de Pure Lumière blanche de cristal émanant du cœur de l’Absolu, situé à l’infini, au-dessus de lui, vient fusionner en permanence avec son centre coronal pleinement épanoui et qu’elle pénètre dans tout son être, jusqu’à descendre, par le pilier ou le tunnel qui inclut sa colonne vertébrale, jusque dans le Noyau cristallin lumineux du centre de la Terre, se fusionnant à lui.  Ensuite, il imagine que trois racines de lumière dorée, infiniment extensibles, nouées à la plante de chacun de ses pieds, s’allongent jusqu’à aller fusionner en permanence avec le même Noyau cristallin du centre de la Terre.

celebrating-lifePar mesure de prudence, au cas où l’une de ces racines se serait étiolée, par déperdition prolongée de son énergie, à défaut d’avoir été correctement irriguée, le chercheur peut penser à relier l’une des trois racines du pied droit au pied gauche, et de même pour le pied gauche vers le pied droit, afin d’assurer la régénération de toutes ses racines.

Par la suite, il ne reste au méditant qu’à respirer calmement, sans rien forcer, imaginant que l’Essence, la Lumière blanche de cristal, en provenance de la Source céleste, et l’Énergie vitale, de couleur argentée, émanant du Soleil, par le Noyau de la Terre, circulent dans un courant inverse à travers lui, s’imprégnant mutuellement au passage, pour finalement fusionner dans son cœur, puis dans tout son être.

Avec la pratique plus ou moins régulière, mais sans excès, de cette technique parfaitement naturelle, inoffensive et conforme à la circulation des énergies du Cosmos, tout être ne peut que se voir changer rapidement, se sentant devenir de plus en plus subtil et lumineux, reconnaissant jour après jour qu’il se situe davantage dans l’État de Grâce de l’Absolu.  Accomplie dans l’Amour pur, la pureté d’intention et le désir de collaborer au bien commun, elle peut se suppléer à toute autre technique qu’il peut désormais oublier, puisque l’heure n’est pas au faire, à l’agir, aux pratiques multiples, mais à l’Être dans le moment présent, l’Instant éternel.

© 2014-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

A propos de l'auteur