LE SENS COMMUN SERT BIEN L’ÊTRE INCARNÉ, MAIS LE DISCERNEMENT LUI EST SUPÉRIEUR…

Le sens commun, aussi appelé «bon sens», réfère à la compréhension de l’évidence.  Ainsi, il désigne une forme de connaissance s’acquiert généralement par la socialisation, par opposition au savoir scientifique, qui, pour sa part, exige l’emploi de méthodes complexes et rigoureuses, ce qui en ferait une faculté innée inférieure. Il cerne cette faculté naturelle du discernement intuitif, inscrit dans sa nature spirituelle.  Il traduit cette capacité innée du jugement pratique de recsens-commun-bon-sensonnaître d’emblée ce qui est bon, bien, beau, vrai, juste.  C’est en quelque sorte un sens clair des réalités de la vie pratique, comportant le bon jugement, la saine discrimination et la sagesse concrète.

Le sens commun exprime diversement la capacité de discerner le vrai du faux, d’agir raisonnablement, de se conformer aux opinions dominantes d’une société donnée.  Empirique, il résulte d’abord de l’assimilation des leçons des expériences de la vie quotidienne.  Il révèle ce qui est correct ou ce qui nel’est pas par simple observation des faits, aidant à éliminer les données fausses ou ridicules de sa conscience.

Le sens commun ressort de la faculté naturelle du discernement intuitif, inscrit dans la nature spirituelle de l’être.  Il traduit cette aptitude innée à reconnaître d’emblée ce qui est bon, bien, beau, vrai et juste.  Dans trop de cas, on le confond avec la conclusion de la masse humaine, donc avec les principes qui suscitent l’accord de la majorité à l’égard d’une façon commune d’agir ou de réagir dans certaines conditions.   C’est probablement ce qui a amené La Rochefoucauld à dire : «Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis

Mais chacun connaît le monde selon sa propre vision, à partir d’expériences différentes, colorées par ses idées et ses sentiments, ce qui résulte de la façon de raisonner, des connaissances acquises et de l’éducation reçue.  Ainsi, nombre d’éléments du sens commun présumé ne constituent qu’un conditionnement, une programmation, une habitude, une routine ou une coutume.  L’être de bon sens réconcilie, lui qui tranche tant avec l’être naïf, candide, qui gobe tout, ou le béni-oui-oui qui approuve tout.

Voilà ce qui conduit à dire qu’agir selon le sens commun n’est pas forcément plus juste ou avantageux que d’exprimer sa propre compréhension d’un fait.  Ce qui n’est pas conforme au sens commun de son groupe ne doit pas être présumé mauvais ou nuisible pour l’individu ou pour le groupe.  Dans bien des cas, agir conformément au sens commun peut faire obstacle à son expansion personnelle.  Il faut se méfier de l’adulation du sens commun qui limite la possibilité de s’ouvrir au changement et d’innover, ce qui représente une entrave à la vie.  Les éléments du sens commun doivent être analysés pour vérifier si les allégations qu’il comporte ne briment pas le dépassement personnel ou collectif.

Au-delà du sens commun, trône le discernement, qui implique un sens critique de la réalité.  Celui-ci réfère à une faculté nettement plus utile, à tous égards, dans la vie courante.  Il ajoute au bon sens une part de sagesse acquise de l’expérience personnelle, donc des notions avérées, de faits certains.  Il exprime la sage évaluation de ce qui est vrai, de ce qui est appropriée et de ce qui sert le plus grand bien pour soi, pour l’humanité, pour plabonne-decisionnète, pour l’Univers, pour le Cosmos.  Il implique la conscience intrinsèque de ce qui est à faire et à éviter conformément à son évolution spirituelle.  Il définit la faculté qui permet de faire le choix entre ce qui est bon pour soi et ce qui ne l’est pas et qui permet ainsi de reconnaître et d’incarner sa propre vérité intérieure.  Associé à la Terre et aux expériences planétaires, il représente le premier pas sur la Voie de la Sagesse, puisqu’on le considère comme la sagesse mise en pratique dans le monde contingent.  En Orient, on l’appelle surtout la «vision éclairée».

Dans un univers où prévaut le libre arbitre, toutes les formes de vie trouvent une place légitime.  De ce fait, le bien et le mal ne se trouvent pas dans les choses et les réalités, mais dans l’usage qu’un être en fait.  Alors, il doit comprendre comment discerner les énergies pour éviter d’être piégées par elles.  Le discernement vise plusieurs buts.  Il permet d’écarter les craintes et les peurs du passé pour permettre de prendre de l’expansion.  Il instaure dans l’ordre de la certitude que sa parole du moment portera fruit.  Il aide un être à transformer son destin en écartant les limites qu’on s’imposait antérieurement, par un recours à sa logique, à son aspect rationnel et raisonnable.  Il amène à faire le bon choix de manière à écarter le résultat qui n’est pas souhaité.  Il permet d’aboutir à une sûreté qui confirme le ressenti.  Ainsi, il développe la compétence et il permet d’ouvrir les horizons.  Mais surtout, il porte à faire des choix judicieux, à s’investir de façon libre (indépendante et autonome), à se maintenir sur la Voie de l’Évolution à sa manière et à son rythme, selon sa compréhension et ses moyens personnels.

Le discernement naît de la discrimination mentale, cette action de distinguer les réalités les unes des autres, de les reconnaître les unes des autres ou de distinguer deux objets de pensée concrets l’un de l’autre.  À proprement parler, le discernement et la discrimination ne font qu’un.  En conséquence, on peut définir le discernement comme l’utilisation judicieuse du mental pour analyser les choses et les séparer les unes des autres.  Il ne s’agit pas encore de la sagesse, qui est un don de l’Esprit, mais elle vise, comme le dit l’Évangile, à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.  Le Maître, Janakanandâ, disait: «Le discernement est l’aptitude naturelle de faire le tri parmi les comportements possibles, dans toutes les circonstances, pour se maintenir dans l’harmonie.  C’est également la capacité de reconnaître le degré d’harmonie qui s’exprime dans les autres et de comprendre pourquoi il en est ainsi… Par le discernement, un être peut percevoir clairement l’échelle des valeurs et exercer une influence sur lui-même et sur la société, ajustée à cette vision éclairée.»

À vrai dire, le discernement implique une découverte plus qu’un jugement.  C’est la faculté de l’esprit qui découvre que tout se tient et qui invite à vivre en conséquence de cette conclusion.  On l’a appelé la clé de voûte du sens commun.  C’est la qualité maîtresse des gens qui ont l’esprit illuminé, mais les deux pieds sur terre.  Le discernement est la pierre angulaire de l’édifice spirituel.  Discerner, c’est s’éclairer de l’intuition pour prendre les choses pour ce qu’elles sont, les situsage-boussoleuer dans leur juste perspective, en cessant d’être dupe.  Pour discerner correctement, il faut savoir accepter la vérité et laisser passer le reste.  Il laisse la peur mourir de peur, l’angoisse crever d’angoisse, la mesquinerie s’étouffer d’elle-même; il motive à chasser les sangsues et les parasites.  La maison du chercheur spirituel est le Temple de Dieu: il n’y laisse aucune place pour les voleurs du Temple qu’il sait reconnaître.

Le discernement est une faculté de l’esprit, la qualité maîtresse du chercheur spirituel, celle qui lui révèle le réel.  Au-delà du jugement de valeur, le fait de discerner implique qu’on sait ce qui est bon pour soi et ce qui ne l’est pas, le fait de savoir ce qu’on veut et celui qu’on prend les moyens pour y arriver: on s’investit dans son destin de façon responsable.  S’appuyant sur le principe qui stipule «Un peu de tout sans abus», il permet de reconnaître que le bien ou le mal ne résident pas dans une chose, un fait, une situation, un événement, mais dans l’usage que l’on peut en faire, donc que ces notions ressortent d’abord de l’intention qu’un être porte, puis de leur usage abusif.

© 2012 Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Emprunté au site www.lavoie-voixdessages.com ou à www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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