UN PETIT MONOLOGUE EN NOIR ET BLANC…

L’Ombre ne désigne pas le Mal, pas plus que la Lumière ne désigne le Bien.  Comme le jour et la nuit, ces extrêmes apparents représentent le degré de Lumière qu’un être garde dans sa conscience, puisqu’il a été créé de Lumière et que seule la Lumière existe.  De là, l’Ombre exprime la part d’inversion inversion de la Lumière qui sert à manifester concrètement une pensée ou un ressenti ou une pensée bien ressentie. D’ailleurs, dans la réalité contingente, qui ne sait pas l’apprécier par un jour de chaleur torride ou, même, dans la moiteur d’une nuit d’été?  Dans la même pensée, le noir, qui désigne l’absence de couleur, rnoir-et-blanceprésente un vide qui n’est pas rempli par la Lumière, quand il n’existe pas de Vide absolu.  Quant aux Ténèbres ou à l’Obscurité, il s’agit de divers degrés d’absence de la Lumière.  Comme l’obscurité totale ne peut exister, on peut la concevoir comme un premier degré de la Lumière.

Même que l’obscurité ou les ténèbres sont l’apanage de la Mère divine, avec sa Matrice obscure qui permet l’engendrement de la Vie, par l’intervention fécondante du Père, la Lumière parfaite.  En cela, puisque la Mère représente l’Objet sacré et unique de la Pensée éternelle du Père, la Lumière ou la Sagesse divine, dans ca contemplation de lui-même, soit comme reflet de lui-même dans sa Pensée éternelle.  Cette conception fait de la Mère céleste la Substance cosmique ou le Réservoir de toutes les possibilités, dans l’ordre de l’Émanation.

Or, le Système de la Mère, l’Intelligence universelle, est régi par le Prince des Démons, Samaël, qui, curieusement, détient un accès privilégié, comme tous les autres anges, dans le Royaume céleste de l’Absolu, ce qui démontre qu’il est une entité bénéfique d’origine divine.  On n’a qu’à penser à sa présence au Paradis terrestre, ce qui laisse entendre qu’il n’est pas plus dangereux ou malicieux qu’il le faut du fait qu’il est celui qui suscite les obstacles d’expérience, pour amener l’Homme total à choisir de se connaître et de toujours se dépasser, en commençant par se tirer temporairement du Paradis des Délices, où il se complaît en vain, afin de descendre dans les dimensions inférieures, d’où il peut explorer toute sa Réalité divine de bas en haut et découvre sa propre existence.

En fait, Samaël désigne l’Ange de la Matière (ou Substance) ou de l’Illusion, donc le Régent divin qui maintient la densité qui permet aux êtres humains de trouver un substrat ferme, stable et solide pour mener, dans une dualité apparente, leur expérience de connaissance d’eux-mêmes.  Dans une conscience, la dualité découle de l’illusion d’un point de vue qui ne parvient pas encore à englober la Réalité entière et à se percevoir comme elle.  Ainsi, Samaël devient l’Ange qui siège aux pieds de l’Échelle cosmique ou de la Pyramide évolutive, dans les coulisses de la Matière.  Mais il est vrai qu’il n’a rien à voir avec le Diable, la représentation du Mal absolu, qui est une entité transitoire de pure invention humaine et qui, pour en avoir maintenu la pensée dans son esprit, lui a artificiellement donné vie.  De ce fait, à titre de créature éphémère, temporaire, transitoire, artificielle, mais animée, il cessera d’exister, pour s’être dissous de lui-même, dès que les êtres humains auront cessé de lui donner vie par leurs fausses croyances.

Tout cela pour dire que la croyance en l’existence du bien et du mal, plutôt que de ce qui répond aux affinités personnelles ou pas, maintient dans l’enfermement de la densité et de la dualité de la troisième dimension de la Conscience cosmique et dans la Roue des réincarnations, au grand plaisir et au suprême régal des Forces sombres qui manipulent les membres de l’humanité, pour se nourrir de ses vibrations négatives qui surgissent de la peur et de la souffrance, mais qui n’en restent pas moins des émanations de l’invention arbitraire que représente la fiction, temporairement animée, du Diable.  Ainsi, ils disparaîtront avec lui, même un peu avant lui, puisque celui-là ne peut que s’évanouir que le dernier.

La morale de cette histoire, c’est que, à proprement parler, dans la Conscience de l’Absolu, il n’existe ni bien ni mal, mais des opposés apparents, parfaitement compatibles et complémentaires, chargés d’engendrer le Juste Milieu, la Voie royale du Salut ou de l’Illumination ou l’Échelle cosmique permettant le Retour au Foyer originel.  Ainsi, il est faux de dire qu’une réalité est bonne ou mauvaise, on ne peut que dire qu’elle porte sa part propre de Lumière et qu’elle porte sa propre perfection, dans la Perfection des perfections.  Tout ce qu’un être raisonnable peut dire d’une réalité, c’est qu’elle est.

En fait, chez certains humains, le refus de renoncer aux critères de bien et de mal, qui nourrissent les jugements particuliers ou les divers préjugés personnels, provient de l’ignorance du principe de Causalité ou d’Attraction qui stipule que chacun attire à lui comme destin, à l’identique, au moment le plus opportun, non pour le punir, mais pour lui faire comprendre le sens de la Vie, comme destin, ce qu’il vibre par ses pensées, ses paroles, ses ressentis et ses actes, non pour le punir, mais pour lui faire comprendre le sens de la Vie et l’appeler à se faire toujours plus conscient de ses choix dans la reconnaissance progressive de sa responsabilité entière dans tout ce qui lui arrive.

Ainsi, par la pulsion de vie, qui porte aux réflexes de survie, en raison de leur peur de connaître une privation, de la douleur ou la souffrance, une condamnation, une atteinte fatale à leur vie, ce qu’ils attribuent à l’arbitraire d’autrui, mais plus encore, à une Force subtile extérieure hostile, pour eux d’égale puissance à celle de l’Absolu et en éternelle lutte avec lui, ces êtres timorés et poltrons redoutent toujours de vivre les situations pénibles que leur voisin s’est attirées, oubliant que nul ne peut participer au destin d’un autre, sans l’autoriser expressément ou de l’accepter tacitement par sa peur, si proche qu’il puisse vivre de lui.  Mais c’est de leur croyance que leur existence est le fruit du hasard ou d’un coup du sort qu’ils tirent cette peur, devenue atavique, donc difficile à éradiquer, de souffrir du mal du voisin.  Car, dès qu’ils ne partagent pas une vibration identique, similaire ou apparentée à la sienne, ils sont assurés de l’immunité parfaite, même s’ils vivaient avec lui.

Mais il y a aussi cette croyance qu’en concevant une réalité et son contraire, entre autre le bien et le mal (mais on pourrait morceler en bon et mauvais, en juste et injuste, en beau et laid, en vraie et faux), ils croient pouvoir mieux comprendre ce qu’il faut choisir, pour s’accomplir et être heureux, par référence à ce qu’il faut éviter et écarter.  C’est ignorer que toutes les croyances, possibilités et goûts sont dans la Nature et que ce qui plait ou convient à l’un peut disconvenir ou déplaire à un autre, de même que l’inverse.  Ainsi, tout revient au principe de la relativité des conceptions et des perceptions, puis, de là, des choix, plutôt qu’à la détermination formelle qu’une réalité est bien ou mal en elle-même.

Sauf que le problème de celui qui maintient ce choix de tout concevoir en opposition s’entretient dans une vision duelle qui le condamne à tourner en rond dans la troisième dimension, sans possibilité d’en sortir autrement que par la mort, mais obligé de s’y réincarner.  La Clé initiatique recommande de simplement dire, en toute occurrence et éventualité, sans autre coloration, donc dans le détachement parfait et l’impassibilité complète : «Cela est!»  Cela évite notamment à un être limité de juger du Système divin tel que l’Abjour_et_nuitsolu l’a conçu, dans sa Perfection éternelle, mais que, dans son entendement limité, il ne peut saisir que très partiellement, ce qui lui fait croire, à tort, qu’il est un Mystère.  Car il n’y a de mystère temporaire que ce qui échappe à la conception d’un être puisque Dieu n’a rien caché à ses créatures et qu’il lui dévoile avec Grâce au gré de son ouverture de conscience, dans sa remontée dans les plans subtils.

Une petite histoire orientale raconte qu’un moine bouddhiste très évolué se trouvait en instance d’Illumination et que, dans sa traversée du Pont des âmes ou son escalade de l’Échelle cosmique, son attention fut attirée par quelque chose qui se passait au sol.  En fixant son attention sur cet endroit, il s’en rapprocha pour s’apercevoir qu’il s’agissait d’un chat qui chassait une souris.  Pris de compassion, il s’exclama : «Oh, la pauvre!».  Du coup, il retomba par terre, complètement obnubilé, étourdi et confus, et il dut reprendre en entier son enseignement initiatique.  Bien sûr qu’il parviendra à le mener plus rapidement que les fois antérieures, puisqu’il a sûrement appris de ses enseignements antérieurs et, surtout, de l’épreuve qu’il s’est imposée, mais n’a-t-il pas, en quelque sorte, alourdi son drame un peu pour rien?  Convenons plutôt qu’il devait manquer un petit quelque chose à sa maîtrise.

La Vie n’est ni noire ni blanche, encore moins simplement rose, elles est un arc-en-ciel de subtiles nuances de couleur, le résultat de la réfraction, à travers le prisme de la Pensée du Créateur, la Splendeur de la Source suprême et unique.

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