LOTERIES ET TOMBOLAS, UNE TENTATIVE COÛTEUSE DE DÉJOUER LE DESTIN?

La loterie (ou tombola) désigne un jeu d’argent et de hasard visant à distribuer des lots à des gagnants sélectionnés de manière aléatoire parmi les joueurs ayant payé une mise de départ.  Son origine est ancienne : à Rome, Néron créa des loteries de mille billets par jour, elle est mentionnée et interdite par le «Coran». La plus vielle preuve de loterie vient d’une découverte de billets faite en Chine pour jouer au Keno utilisé durant la Dynastie Han, entre 205 et 187 avant J.-C. Elle réapparut en Europe, en 1441, en Belgique, soit à Bruges.

L’être humain peut occasionnellement se distraire dans les jeux dit «de hasard» et rien ne s’oppose, en principe, à ce qu’il le fasse.  Celui qui expose au jeu des petites sommes, sans déséquilibrer son budget personnel ou familial, sans disperser son attention de l’essentiel, n’a pas à se faire des reproches lorsqu’il se délasse ou se divertit.  Ce qu’il faut réprouver dans le jeu, c’est l’habitude qu’engendre le goût de l’oisiveté, ce qui incline vers la griserie et entraîne dans la frénésie, pouvant conduire à l’apathie spirituelle ou à un désastre financier.  Le joueur invétéré ou compulsif, qui vit dans le désarroi, l’abrutissement, plongeant dans un véritable enfer intérieur, s’expose non seulement à perdre ses mises, mais aussi à créer un besoin artificiel, parfois irrépressible, amenant des problèmes insolubles.  Il en vient à vivre hors du monde, consacrant trop de temps à son loisir préféré, dispersant bien des énergies précieuses dans le vloto-tombolaside, la tension, l’inquiétude et l’énervement.  On pourrait donner le conseil suivant : si on risque de prendre goût au jeu et de s’y abêtir, on devrait s’en abstenir.

Toutefois, on peut considérer comme de l’hypocrisie sociale le fait de recourir à une publicité tapageuse, brillante et séduisante, incitant à miser toujours davantage dans les loteries et les jeux de hasard.  On fait état de gains importants, mais on garde dans l’ombre la liste impressionnante de perdants qui participent à une taxe déguisée.  Du reste, le gagnant le fait toujours au détriment de tous ces malheureux qui ont misé autant que lui.  En passant, par un effet vibratoire relié à la lumière et à l’évolution, il est rare qu’un métaphysicien gagne des grands montants à ces jeux, d’où il aurait intérêt à chercher ailleurs sa richesse.  Comme cela peut toujours arriver, il peut y participer.  Dans le cas d’achat de billets, un seul billet suffit pour s’attirer ce qu’on peut avoir attiré : dans sa sagesse omnisciente, la Providence sait ce qu’elle fait et elle sait comment atteindre une personne particulière, même par ce moyen.  En acheter davantage constitue un doute en regard de la Causalité.

Le monde se divise en deux clans : il y a ceux qui croient que les solutions viennent de l’extérieur et les autres, moins nombreux, qui pensent qu’elles viennent plutôt de l’intérieur, c’est-à-dire d’eux-mêmes, de l’effort individuel, de l’assiduité, du courage de vivre ou de la créativité mentale.  Il semble malsain d’entretenir dans la conscience collective la croyance selon laquelle les solutions puissent venir de l’extérieur et procéder du hasard.  Une telle conception étriquée contribue à renforcer la passivité, encourageant ainsi la prise en charge par le système, en particulier par l’État-providence, à une époque où l’individu tend déjà trop à se déresponsabiliser.

L’effet sur les mentalités d’une sollicitation orchestrée, fort tapageuse et envahissante, nourrit un fallacieux espoir en plus de représenter un piège à faibles.  Car, dans l’attente d’une solution hypothétique en provenance de l’extérieur, un être dépourvu en vient à reporter dans l’avenir la recherche de solutions efficaces.  Dans le cas de la loterie, cet espoir est d’autant plus fallacieux et inepte qu’il y a à peu près autant de chances de gagner le gros lot que d’être frappé par la foudre!  Une chance sur des millions, cela ne fait pas beaucoup de gagnants, mais cela garnit les coffres de l’État, qui manque toujours d’argent.  En outre, ce fantasme presque vain d’un gain immense, qui flirte avec la pensée magique, entretient une des caractéristiques de la psyché infantile : le sentiment de toute puissance qu’éprouve l’enfant qui a l’illusion de décider du fonctionnement du monde, de contrôler son destin.  Pour cette raison, on peut dire que la loterie devient un facteur d’infantilisation ou de régression.

Les personnes qui s’adonnent aux jeux de hasard et d’argent («gambling») peuvent développer une forte dépendance à ceux-ci. On nomme cette psychopathologie «jeu pathologique».  Parmi ceux qui s’adonnent aux jeux de hasard et d’argent, certaines personnes, environ un ou deux pour cent, développent une pathologie, à savoir que le devient une maladie de dépendance se traduisant par une impulsion incontrôlable à miser de l’argent. La dépendance est caractérisée par un état de besoin impérieux de faire une activité ou de consommer une substance et par la nécessité d’en augmenter la fréquence ou la dose afin d’en maintenir l’effet et d’éviter l’état de manque qui peut engendrer du malaise à l’angoisse,

Il devient incohérent et immoral qu’un État, qui a pour fonction principale de percevoir des impôts pour répondre aux besoins commun, veillant au partage équitable des richesses, exploite les loteries en monopole.  Nul n’ignore que c’est parmi les plus démunis, qui rêvent d’une vie meilleure, que se recrutent les fidèles de la religion du hasard, d’où la loterie d’État devient une forme régressive d’imposition.

 

© 2012-15,  Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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