L’ORDRE, GAGE D’ÉQUILIBRE, EST LE FONDEMENT DE L’HARMONIE

L’ordre peut diversement désigner la disposition ou la succession régulière des choses;  les éléments d’un ensemble organisé correctement disposés les uns par rapport aux autres;  la propension à mettreORDRE-9 chaque chose en son rang et à sa place, à garder les choses bien rangées;  ou la discipline ou l’organisation dans sa vie.  L’ordre peut encore désigner l’acte par lequel un être affirme sa volonté, qui devient, de ce fait, impérative.

 Dans ce premier sens, celui qui entend donner un ordre doit détenir l’autorité de le faire : autant l’autorité légitime que l’autorité morale, la force de caractère.  Aussi, celui qui veut exercer son pouvoir créateur en suscitant la collaboration de la Nature doit il se reconnaître comme un commandant spirituel, dûment mandaté par Dieu, un privilège qui relève de son origine ou de son héritage de naissance.  Car, en spiritualité, l’ordre vise moins à contraindre les éléments qu’à reconnaître, par la rectitude de pensée, ce qui est contenu dans la Loi divine et qui est consacré à la gloire de Dieu, ce qui leur insuffle une vitalité créatrice.  Un tel ordre esordret toujours donné de façon incisive, soit de façon douce et ferme.  Bhaduri Mahasaya n’a-t-il pas dit : «L’ordre divin organise notre avenir avec plus de sagesse que n’importe quelle compagnie d’assurance

Quant à la loi de l’Ordre ou de l’Équilibre cosmique, qui est la première Loi du Ciel, elle vise à ce que tout suive son cours normal et naturel sans interférence extérieure.  En effet, dans le Cosmos, rien n’est laissé au hasard, rien ne se produit sans cause.  Tout y fonctionne parfaitement dans la méthode, la discipline, la régularité, l’organisation la plus rigoureuse.  Le Cosmos est un système parfaitement agencé selon une progression hiérarchique et synarchique.  Le pouvoir y est conféré par la sagesse ou le savoir, non selon la force.  Le Ciel ne peut donc pas être pris d’assaut par les téméraires, les importuns et les imposteurs, ce qui signifie que seuls les cœurs purs et amoureux peuvent accéder aux connaissances supérieures susceptibles de transformer leur vie en Paradis du fait que la moindre velléité négative, notamment l’égoïsme ou la méchanceté, réduit le taux vibratoire et empêche la conscience de s’élever dans une fréquence supérieure.

Dans le Cosmos, tout est ordonné, de par la nature et l’existence de l’Absolu, qui est rigueur, perfection, beauté et harmonie absolues.  Tout y est gouverné par des lois strictes, parfaites et immuables.  Les créatures se meuvent et ont leur être dans un courant qui se dirige, du Centre (du Plan absolu) aux plans inférieurs et des plans inférieurs au Centre, dans un Système intelligent, conscient et sage, où rien n’est laissé au hasard, où rien n’arrive sans cause, où les moindres détails de chaque vie obéissent aux lois universelles et absolues.  La Loi unique donne de la même façon à tous.  Elle ne respecte personne en particulier, appréciant chacun au même titre, par le biais de l’ensemble.  Autrement dit, elle ne fait ni acception ni exception par faveur ou privilège, elle reste la même pour tous.  Mise en mouvement, elle agit parfaitement, mathématiquement, scientifiquement.  Car sa nature est de communiquer, de donner : la nature de la créature est de recevoir, en demandant et en acceptant.

D’ailleurs, c’est la raison pour  laquelle l’Acte divin qui gouverne le Cosmos est représenté symboliquement par un Axe vertical immobile, l’Arbre cosmique, autour duquel s’enroule la Création (l’Émanation) en mouvement.  En cela, la conscience humaine individuelle sert de canal à travers lequel se manifeste l’Esprit de Vie.  Chaque personne possède sa propre sphère individuelle d’action, qu’elle doit choisir et accepter.  Une instance planétaire choisit plusieurs personnes, dans le secret ou à leur insu, pour accomplir certains devoirs spirituels, manifester ou exprimer un aspect de Dieu d’une façon spéciale et particulière.  Il ne s’agit ni d’un choix arbitraire ni d’un privilège, encore moins du résultat de possibilités innées.  Ce choix repose sur une ouverture de conscience particulière que cet être a manifestée.  Cette personne n’en a pas toujours conscience, ce qui ne l’empêche pas de travailler sous des ordres, ceux de la Synarchie spirituelle.  C’est ainsi que le monde s’achemine progressivement vers la perfection spirituelle dans l’ordre.  Il faut savoir que l’être humain est plus souple, réceptif, capable d’adaptation qu’il ne le paraît parfois, et il peut accomplir n’importe quoi sur le plan spirituel, s’il le désire et s’il s’y consacre sciemment.

L’Ordre cosmique organise rigoureusement avec méthode.  L’Ordre, c’est l’Esprit d’organisation, dans l’espace et le temps, qui ordonne tout et soumet toutes choses.  Au niveau contingent, c’est par l’ordre et la discipline personnelles qu’un être se fait réceptif aux lois supérieures et qu’il s’assure personnellement la pleine expansion.  Il y a une place pour chaque chose que chacun doit mettre à sa place s’il compte agir dans l’efficacité et l’efficience.  Il y a également un temps pour chaque chose, comme chaque chose vient en son temps.  Ne pas se conformer à ces principes, c’est se retarder et se compliquer l’existence en refusant des occasions profitables qui pourraient tarder à se présenter de nouveau, puisque tout appartient à un cycle.

Touts choses servent celui qui sait être son propre maître et établit sur elles sa domination amoureuse.  Vivre d’une façon ordonnée, dans la méthode et la discipline, c’est reproduire à son niveau l’Ordre supérieur.  Cela commence par la direction de ses pensées et de ses actes.  Dans ce contexte, l’ordre commence par la fixation d’un but ou d’un idéal, ce qui permet de concentrer l’énergie.  Ensuite, il faut définir son But ultime et diriger toutes ses énergies (agir de tout son être) dans sa réalisation.  Le reste vient de lui-même, par surcroît.  C’est par une volonté sereine et efficace qu’un être peut diriger ses énergies vers ce But ultime.  Cela signifie qu’il faut intervenir sans précipitation, à son rythme, à sa manière, au meilleur de ses moyens et de sa compréhension.  Plus les moyens ressemblent à celui qui s’en sert, plus il devient efficace.

Satprem a émis l’avis suivant : «De l’autre côté de notre trame mentale, les choses se meuvent d’un seul Mouvement et il n’y a pas à choisir entre deux choses ou des milliers: chaque chose a sa place (les accidents aussi) et chacun a son rôle (les bêtises aussi), et selon les nécessités totales, il vous est donné d’agir sur une circonstance ou sur une autre.»  Pour entrer dans l’Ordre divin ou cosmique, chacun doit demander à toujours être au bon endroit, pour la bonne chose, au bon moment, avec tous les moyens parfaits.

Chacun a sa place dans l’économie cosmique et tous se meuvent dans un courant qui se dirige du Centre divin vers les plans inférieurs (involution, expiration de Dieu) et des plans inférieurs au Centre divin (évolution, inspiration de Dieu).  L’homme gravite dans un Cosmos intelligent, sage et conscient, où tout est gouverné par des lois strictes, parfaites, neutres, impersonnelles, immuables.

Les moindres détails de la vie obéissent aux lois universelles, absolues, qui ne dérogent jamais.  La conscience humaine sert de canal individuel à travers lequel s’exprime l’Esprit.  Ainsi, chaque individu détient une sphère d’action personnelle, où il est roi et maître absolu, pouvant accepter ou refuser avec autorité toute influence.  Mais, dans son univers personnel, l’être humain a intérêt à vibrer au diapason de l’Ordre cosmique, de l’Harmonie universelle.

L’être humain ne peut prendre de l’expansion que dans la concentration, l’ordre, la méthode, la discipline, la patience et la persévérance.  Il n’existe pas de raccourci sur la Voie royale.  C’est dans cette seule attitude que l’on peut comprendre les lois rigoureuses, pour ainsi dire mathématiques, géométriques, architecturales du Cosmos.

Oswald Wirth rappelait justement: «L’Œuvre s’accomplit avec méthode, non au hasard du caprice de l’Opérateur.  Il faut que celui-ci sache diriger les opérations s’il entend parvenir au but.» Bien sûr, il évoquait les opérations alchimiques qui transmutent, transfigurent et illuminent progressivement l’être.  Mais l’ordre détient partout son importance.  Pythagore, un grand philosophe, le rappelle a sa manière : «Avec de l’ordre et du temps, on trouve le secret de tout faire et de tout bien faire.»  Ce qui a permis à Franklin de paraphraser: «À chaque affaire son moment, et à chaque chose sa place. »  Quant à J.-E. Buteau, il a pu compléter ce pronostic en disant : «Celui-là fait plus que tout autre qui ne fait qu’une chose à la fois et la fait bien.»

***

«…Dieu a ordonné, et tout a existé».  Cette citation partielle révèle que Dieu est le Principe de l’Ordre et détient le Pouvoir de tout ordonner.  Il aide à comprendre le sens de l’Ordre, la Première Loi du Ciel, qui se définit comme le Principe cosmique qui détermine la normalité inévitable, naturelle et coutumière dans tous les Univers, conformément au Plan créateur de Dieu, supportée par la Causalité et la Finalité cosmiques.  Ce Principe spirituel établit rigoureusement le rôle, le rang, la place, la position, l’arrangement, la disposition, l’organisation, la méthode et le processus de tout ce qui est, d’où, au-delà des apparences, rien ne peut se produire au hasard ou par erreur.  Ainsi, toute chose détient une raison d’être, et il appartient à tout être conscient d’en tirer la meilleure leçon évolutive et d’en faire le meilleur usage.  En concevant son Idée créatrice, Dieu a décidé de tout, il a tout préparé et disposé seordre-1lon sa Volonté, dans l’infini du Cosmos, ce qui élimine toute notion de fantaisie, de caprice, de privilège, de favoritisme, de partialité, de prodige, de sort.  Car, dans les Univers où elles peuvent s’exercer, Dieu a également prévu la marge de sa Grâce et la Liberté.

L’Ordre désigne le Principe cosmique qui agence tout, à tous les niveaux de l’existence, dans un système parfaitement régulier, cohérent et intelligible, selon une progression hiérarchique et synarchique qui soumet naturellement l’inférieur au supérieur.  Dans la perspective inéluctable et irrécusable de l’Unité, il assigne à chaque être sa place, sa position, son tonus vibratoire, son rôle fonctionnel, conformément à la dynamique du Principe de l’Évolution.  Autrement dit, au sens évolutif, tout Pouvoir est conféré selon le degré de Savoir.  Dans le Système cosmique, le Ciel ne peut pas être pris d’assaut.  Cette maxime mystique illustre que l’Évolution ne se produit pas par la seule détermination de la volonté à s’arroger par la force un état d’être ou un pouvoir.  Le Principe de l’Ordre révèle l’Unité du Multiple dans la Conscience de Dieu.  Il établit progressivement tous les êtres dans l’Échelle évolutive, du plus petit au plus grand, du plus inachevé au plus complet, du moins évolué au plus évolué, dans un état de conformité parfaite à la Loi unique.  Il détermine le degré de compatibilité et de complémentarité des divers éléments du Cosmos tout entier.

Dans le Cosmos, tout répond au Déterminisme absolu de la Cause première, qui voit à ce que rien ne se produise sans cause et à ce que tout effet corresponde rigoureusement à sa cause.  Ainsi, nulle part la moindre réalité ne peut se produire dans l’arbitraire.  Ici, le mot déterminisme n’implique pas que tout soit prévu à l’avance dans les moindres détails.  Il précise plutôt que tout arrive conformément à un Plan inéluctable qui ne peut échouer dans sa Finalité ultime.  Ce mot n’ouvre donc pas la porte aux notions de sort, de destinée, de prédestination, de fortune ou de fatalité.  Le mot Dieu évoque une Perfection idéale ou achevée, mais le mot Créateur évoque une Perfection qui se fait et se découvre conformément au Principe évolutif.  Ainsi, Dieu est à la fois l’Être-Un éternel, immuable et parfait, Celui Qui Est Ce Qu’Il Est de toute éternité et l’Être-Un qui se morcelle ou se multiplie apparemment, qui se contemple et se découvre progressivement dans l’Unité.  En même temps, Dieu sait tout de lui-même et découvre peu à peu qui il est dans toutes ses parties.  Ces deux notions fusionnent et se réconcilient dans l’expression qu’il est la Source éternelle ou le Moteur immuable (non mu) qui meut tout.  Ainsi, l’Ordre désigne la rectitude de la Pensée divine, consacrée à la Gloire de Dieu, telle qu’elle est contenue dans la Loi divine.

Au plan individuel, le Principe de l’Ordre requiert de chaque être qu’il découvre qu’il est irremplaçable dans l’Économie cosmique et qu’il est doté d’un rôle fonctionnel à l’intérieur du Plan divin :  il a reçu une mission cosmique, celle de se connaître parfaitement lui-même, à l’intérieur de lui-même, au fil de ses expériences en incarnation et un service humanitaire, celui de partager ses découvertes avec ses semblables, d’aider ses semblables et d’assister sa planète d’accueil et les créatures des règnes inférieurs au sien dans leur évolution. Il réussira d’autant mieux qu’il vivra dans l’ordre, la méthode et la discipline et qu’il saura affirmer : ((Centré sur le moment présent, Je Suis toujours au bon endroit, pour vivre la meilleure expérience évolutive, au moment le plus opportun, toujours comblé de toutes les connaissances et de tous les moyens parfaits dont j’ai besoin et Je m’investis toujours au meilleur de ma compréhension et des moyens que je détiens dans l’immédiat.))  Encore doit-il comprendre, au-delà des apparences, la différence entre la perfection du moment et la Perfection des perfections à laquelle il est ultimement appelé au terme de son périple évolutif.

Tout être humain doit connaître son But ultime.  Cet Idéal suprême consiste à prendre complètement  conscience du fait qu’il est un Fils de Dieu parfait, dans son Essence et sa Nature originelles, conçu qu’il a été, à l’Image et à la ressemblance de son Créateur.  Mais il a choisi d’obnubiler temporairement ce souvenir, en s’incarnant dans la densité et la dualité, pour écarter toute distraction dans sa quête d’évolution spirituelle.  Mais il doit savoir que cette Perfection lui est déjà acquise, qu’elle n’est pas à faire, mais qu’il n’a qu’à la redécouvrir, au gré de ses expériences, en activant ses potentiels latents de co-créateur.  C’est cette redécouverte qui mène à ce qu’on appelle diversement la Maîtrise totale, l’Illumination suprême, la Libération ultime (ou transcendantale), l’Affranchissement final, le Jugement dernier, la Réintégration dans la Source, le Retour au Père (ou au Royaume), la Réintégration dans le Paradis, l’Entrée dans le Nirvana (ou le Néant primordial), l’Assomption au Ciel ou l’Ascension personnelle.

Conformément au Principe de l’Ordre, l’être humain n’est pas appelé à tenter de s’édifier un paradis artificiel dans la matière, mais à s’accomplir dans la Lumière de Vie.  Aussi devrait-il déterminer ses priorités et ses objectifs en conséquence de cette perspective ultime.  Il devrait déterminer ses choix par rapport à son Destin éternel et consacrer toutes ses énergies, d’instant en instant, à réaliser son plan de vie.  A chaque incarnation, chacun se fixe un plan de vie déterminant la part du Plan cosmique qu’il lui incombe de réaliser ou de manifester, assisté des Maîtres du Destin.  Voilà ce qui le rend précieux au regard du Créateur et ce qui en fait un être irremplaçable, unique, original, rare.  Aussi doit-il exécuter ce mandat, qui exprime pour lui la Volonté de Dieu, au lieu de vivre par procuration ou par personne interposée.  Il devrait orienter toutes ses expériences en ce sens, donc tous ses choix, toutes ses activités et toutes ses recherches, à chaque instant.

Voilà comment cet Ange déguisé, qu’est l’être humain, peut réintégrer l’Ordre cosmique et s’y maintenir.  Cela s’appelle servir Dieu dans l’amour et la dévotion, accomplir son devoir d’état ou répondre à son engagement spirituel.  Ainsi, au terme de son expérience évolutive personnelle, pourra-t-il fusionner en lui le Ciel et la Terre ou l’Essence et la Matière, redécouvrant le Dieu-Homme qu’il est de toute éternité.  Il y arrivera d’autant plus rapidement qu’il cheminera avec Dieu, le choisissant comme son Roc solide ou son Fondement ferme et stable.

La portée concrète de la loi de l’Ordre 

  1. S’abandonner avec confiance à Dieu, conscient qu’il pourvoira généreusement à tous ses besoins réels (qui ne correspondent pas forcément à ses attentes capricieuses et fantaisistes) dans la réceptivité, mais sans passivité, pour devenir attentif et vigilant en regard de l’occasion favorable et du moment opportun d’agir, pour progresser sans cesse.
  2. Accepter la nécessité de développer progressivement tous ses potentiels, conformément à la loi des cycles et de son rythme personnel, sans jamais chercher de raccourci sur la voie évolutive.
  3. Vivre dans l’instant présente dans un esprit de continuité entre le passé et l’avenir, mais sans ressasser son passé désuet ni se projeter vainement dans le futur. Plutôt profiter de son présent, s’éclairant du passé pour mieux orienter l’avenir.
  4. Veiller à changer ce que l’on peut dans sa situation actuelle s’adaptant et s’en remettant à Dieu pour le reste, conscient que son degré de frustration, dans l’expérience, témoigne de son degré de résistance à la vie.
  5. Toujours éviter de prendre plus qu’on n’a besoin ou de prendre plus qu’on ne peut immédiatement employer, donc éviter de se faire des réserves stériles, du fait que l’économie attire la pénurie et que la réserve constitue un doute face aux possibilités de Dieu de pourvoir à son présent.
  6. Accepter de ne pas recevoir ce que l’on demande si cela doit constituer une erreur de choix ou une entrave à son évolution.
  7. Évaluer toute chose dans sa juste perspective, dans une adéquation au réel, en considérant tout comme un moyen d’apprentissage et d’expérience, ne subordonnant jamais la fin aux moyens que l’on obtient, tirant toujours de toute situation et de toute circonstance une leçon salutaire.
  8. Accepter tout ce que Dieu donne, mais se satisfaire de ne rien posséder s’il en décide ainsi, comprenant que s’il tarde à répondre, c’est une bénédiction qu’il donne, sachant que ce qui est demandé pourrait distraire de son but.
  9. Accepter que Dieu enlève de sa vie tout ce qui constitue un faux moyen ou écarte toute personne qui pourrait agir dans son environnement comme un ennemi déguisé qui tente subrepticement d’écarter de sa véritable voie.
  10. Accepter les résultats de ses œuvres au lieu d’en désirer d’autres, sachant qu’en obtenant des résultats différents, on pourrait se détourner de sa route. Comprendre que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs que chez soi.
  11. Savoir apprécier et employer ce que l’on possède déjà pour se montrer digne de recevoir davantage.
  12. Accepter ses limites temporaires sans pour autant les concevoir comme permanentes. Faire les proclamations utiles (claires, nettes, précises, vivantes, convaincues) pour s’en sortir, attendant leur manifestation dans l’ordre et l’harmonie, à travers le temps et l’espace, au moment opportun.
  13. Accepter les privations nécessaires (renoncement) pour désencombrer sa conscience.
  14. Accepter de ne plus vivre et de ne plus faire ou de continuer à vivre et à faire selon que Dieu en décide, sachant qu’il appelle alors à développer une nouvelle compétence ou à approfondir une compétence qu’on explore en soi. Accepter même de faire une chose qui pourrait déranger son bien-être ou contrarier sa conscience si tel est le vœu de Dieu, confiant qu’on y explorera un nouveau potentiel utile.
  15. Ne rien réprimer, supprimer, contraindre de ce qui est essentiel à la nature. Donc, voir à combler tous ses besoins légitimes et tous ses désirs licites, satisfaisant tous les besoins naturels de son corps, de ses sens, de son mental, sans provocation artificielle, sans complaisance ni ostentation.  La volonté ne doit jamais tenter de contraindre la Nature.
  16. Développer en harmonie les trois dimensions de son être: soumettre le corps et l’âme à leur maître commun, l’Esprit divin en soi.
  17. Vivre constamment dans la conscience de son but ultime et lui subordonner tous ses autres moyens (Réalisation totale, Accomplissement suprême, Maîtrise parfaite), au lieu de se laisser dériver sur le courant de la vie et de répondre à la mentalité grégaire. Ce qui est folie aux yeux des hommes est souvent sagesse aux yeux de Dieu, mais sûrement, ce qui est sagesse aux yeux de Dieu est souvent considéré comme folie aux yeux de la masse.
  18. Vivre ce qui est à vivre au lieu de chercher à vivre ce que l’on croit être à vivre, même si cela répugne à son esprit routinier ou à sa conscience morale.
  19. Accepter de changer progressivement selon les lois de l’Évolution, non dans la révolution, qui n’apporte jamais rien de stable, de valable et de permanent. Ne pas chercher à entraver l’ordre de la Nature ni à interrompre le cours normal des événements.  Toute décision hâtive et soudaine contrevient à l’établissement des nouvelles conditions souhaitées, entraînant de la tension et des retards à cause de la résistance et de la confusion.
  20. Ne faire qu’une chose à la fois, bien la faire et la mener à terme. Ne jamais remettre au lendemain, mais passer à l’action immédiate, profitant du meilleur tonus énergétique.
  21. Œuvrer avec assurance, confiance et détermination, plein d’ardeur, d’audace et de courage, sans jamais de témérité ni de provocation.
  22. Poursuivre des recherches pour connaître son biorythme propre, les cycles naturels, comme son propre ­rythme de croisière.
  23. Toujours œuvrer pour plaire à Dieu sans attachement (désir de récompense, attentes personnelles, désir de profit, désir de profiter du fruit de ses œuvres) ni aversion (refus de ce qui doit venir, acceptation, adaptation, indulgence, tolérance, compréhension).
  24. S’investir en tout avec endurance, supportant joyeusement et patiemment les difficultés et les contrariétés, sachant canaliser son ressentiment.
  25. Considérer tout ce qui arrive avec équanimité et sérénité, acceptant la répercussion agréable ou désagréable de ses actes, sachant se remettre en question et opérer les changements nécessaires pour parvenir à ses fins.
  26. Agir de façon responsable, acceptant la nécessité de compenser pour ses torts, de s’amender de ses erreurs, avec ferme propos de ne pas les répéter indûment, pour réintégrer l’ordre et l’harmonie. Ne jamais chercher de bouc émissaire ou de justifications fictives à ses travers, se percevant comme le sujet de ses actes et l’objet de toutes ses conséquences.
  27. Garder sa place en toute circonstance en respectant l’espace psychique des autres et en faisant respecter le sien, refusant toujours d’interférer dans la vie des autres pour mieux s’occuper de ses propres affaires.
  28. Apprendre à placer le Bien cosmique au-dessus du bien collectif et à équilibrer les ressorts du bien collectif et de son bien personnel.
  29. Refuser de monopoliser les biens ou d’accaparer les gens au point de souffrir de leur perte, de leur absence ou de leur séparation, reconnaissant que nul n’est propriétaire de ce qu’il possède, n’en étant que le régent ou l’intendant temporaire.
  30. Refuser d’encombrer sa vie de biens inutiles ou son mental de connaissances stériles (intellectualisme gratuit, spéculation vaine, érudition mal comprise, froide cérébralité).  Tout ce qui est utile, c’est l’expérience intime.  Éviter de construire sur des cadavres (éléments désuets, rétrogrades, anachroniques, archaïques, involutifs).
  31. Éviter de construire sur le sable mouvant de ses croyances, hypothèses, interprétations, préjugés sans fondement, qui ne conduisent qu’à l’illusion, à la superstition, à l’à-peu-près et à la peur.
  32. Refuser de se sentir redevable de quoi que ce soit, mais exprimer une profonde gratitude pour tout ce qui vient, comme cela vient.
  33. Cesser de se méprendre sur son identité véritable: l’homme n’est ni homme ni Dieu, il est Dieu- homme.
  34. Éviter de rabaisser Dieu à sa mesure, mais préférer s’élever à sa stature pour toujours lui ressembler davantage.
  35. Croire constamment à sa dignité innée, refusant de se laisser inféoder, inférioriser, culpabiliser décourager, déstabiliser, déprimer ou abattre, refusant toute influence externe indue. Éviter de nourrir les projets des autres dans l’émulation, la concurrence, la rivalité, l’immixtion, mais affirmer son indépendance et son autonomie par son unicité et sa rareté, dans une expression originale de soi.  S’accepter inconditionnellement comme on est et se réconcilier avec la vie.
  36. Agir sans se préoccuper du résultat, sachant adapter ses techniques aux fins qu’on poursuit.
  37. Accepter le monde comme il est et tel qu’il est. Accepter la réalité pour ce qu’elle est, une manifestation transitoire et éphémère.  Rester d’actualité en s’ouvrant à la nouveauté et au changement.
  38. Refuser de présumer de ses forces et de ses aptitudes pour éviter de succomber à la témérité, à la performance, à l’activisme, à la contention, aboutissant au surmenage et à l’épuisement ou aux accidents de parcours.
  39. Voir le bien progresser en tout et partout, puisque tout évolue vers le mieux.
  40. Respecter la loi du Juste Milieu (un peu de tout sans abus), évitant les extrêmes qui perturbent l’harmonie et entraînent dans la confusion.
  41. Savoir réprimer les désirs inutiles qui entraînent dans le cercle vicieux de la quête du plaisir et de la concupiscence. Les sens sont tyranniques, demandant toujours plus, liant toujours davantage à la matière.
  42. Savoir qui aider, à qui donner et comment le faire, pour ne pas déranger les consciences ni transgresser la loi de la Justice immanente. Intervenir quand on a l’autorité et la compétence, non par vanité, par amour-propre, par prétention.
  43. Toujours produire des actes de pure bonté et de véritable bienveillance, pour rester évolutif, sans complaisance ni lâcheté. Même dans la critique et les sanctions nécessaires, conserver des intentions constructives.
  44. Savoir reconnaître ses besoins et faire appel à l’aide auprès des bonnes personnes, si besoin est, sans se retrancher derrière sa fierté et sa vanité. Demander de l’aide simplement, sans étalage inutile, sans complaisance dans le mal, sans apitoiement sur son sort, sans exposer ses misères.
  45. Éviter de résister au mal. Laisser à Dieu le soin d’abolir le mal, à moins qu’il ne soit de sa responsabilité de défendre une digne cause.
  46. Apprendre à bien discerner entre les contraires (bien et mal, essentiel et accessoire, utile et inutile, important et dérisoire, etc.) Et à toujours choisir la meilleure part.  Reshomme-mondepecter les lois et les principes cosmiques plutôt que les préceptes d’une morale étriquée et sclérosante.
  47. Apprendre à penser merveille, à ressentir l’émerveillement et à agir de façon merveilleuse dans toutes ses entreprises, retrouvant l’esprit d’enfance, non le puérilisme et l’infantilisme.
  48. Percevoir sans cesse la vie comme un grand jeu amoureux, ce qu’elle est effectivement. Savoir lire, derrière les apparences, la conscience qui s’affermit sans cesse par l’évolution de la Lumière de Vie.  Concevoir la vie comme un champ d’expérience transitoire pour sonder l’infini.  Avancer toujours sereinement contre vents et marées.
  49. Concevoir toute difficulté comme une occasion de développer un nouveau potentiel et de l’affermir complètement, non comme une situation d’échec ou une malédiction. Toute difficulté est en soi une bénédiction pour qui sait y lire l’appel évolutif de la vie.
  50. Toujours s’investir de façon réaliste, pratique et pragmatique, alliant parfaitement l’intuition (support de la sagesse) et l’imagination (support de l’intelligence), subordonnant la dernière à la première, pour accomplir, en soi, le Mariage du Ciel et de la Terre et ainsi répondre à la dynamique de l’Ordre absolu.

                Note : La loi de l’Ordre fonde celle de l’Harmonie, devenant un gage de clarté et d’équilibre.

© 2013-15, Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur le site www.lavoie-voixdessages.com. Merci de visiter aussi: www.facebook.com/bertrand.duhaime.

              

 

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