L’INNOCUITÉ, L’INTERDICTION DE BLESSER, DE DISCRÉDITER OU DE NUIRE À AUTRUI…

L’innocuité désigne la qualité de ce qui n’est pas nuisible ni nocif.  Ce mot provient du latin «innocuus», qui provient lui-même du «in» privatif, qui équivaut au sens de «sans», et du verbe «noscere», qui veut dire «nuire».  Au total, il exprime le caractère ou la qualité de ce qui ne fait pas de tort et ne représente aucun danger.

Mais, en spiritualité, ce qui intéaccueil-innocuitéresse le chercheur sincère, c’est le sens de la loi de l’Innocuité, qui correspond à la «non-violence» ou à la «non-intervention».  Celle-ci invite à s’abstenir d’agir, de frapper, de tuer, soit de nuire à un autre être soit d’interrompre, d’entraver ou de compromettre sa progression évolutive.  Elle stipule qu’il faut toujours faire le choix de ne rien  faire qui puisse entraver l’évolution d’autrui;  de refuser d’intervenir délibérément de manière qu’un autre puisse plonger dans la douleur, le trouble, l’inquiétude, l’angoisse ou la confusion ou s’attrister;  de refuser de tuer, de porter atteinte à l’intégrité d’un corps;  d’omettre de se rendre pleinement compte du résultat de ses actes;  de trouver une fin constructive à tout ce qui est entrepris, autant dans sa vie personnelle que dans celle d’autrui.

En fait, essentiellement, cette loi amène à éviter de restreindre le libre arbitre d’autrui, d’accélérer ou de réduire son rythme évolutif, de forcer ses prises de conscience, de réduire ou de supprimer le mouvement naturel de la vie chez tous les êtres, sans exception.

Ainsi, un être ne doit jamais nuire à un autre ni l’agresser de façon délibérée et inutile par ses paroles, se pensées, ses sentiments et ses actes.  Il ne doit jamais recourir à la violence ni à l’ingérence, œuvrant à l’intérieur de son espace psychique inviolable et laissant les autres faire de même, sans intervention ni jugement.  Il doit éviter de résister au mal, de succomber à la peur ou à la colère et proscrire l’accaparement d’un bien.   Elle implique la volonté d’éviter de produire le scandale.  Elle rejette les paroles blessantes, les propos attristants, leInnocuités jugements de valeur, les mauvaises pensées, les attitudes scandaleuses, les comportements qui peuvent indûment déranger une conscience.  Elle juge répréhensible de répandre sciemment la peine au lieu de la joie, le trouble au lieu de la paix, le négatif au lieu du positif.

Toutefois, cette attitude ne doit pas dégénérer en une résistance passive, appuyée par la force d’âme, ce qui attirerait une sanction.  Elle doit simplement exprimer l’amour qui amène à faire aux autres comme on aimerait qu’il soit fait à soi-même.

Par ses paroles, ses pensées, ses sentiments et ses actes, un être ne doit jamais nuire à un autre ni l’agresser de façon délibérée et inutile.  Il doit toujours employer des moyens inoffensifs.  En principe, il ne doit jamais recourir à la violence ni à l’ingérence.  Il doit œuvrer à l’intérieur de son espace psychique, qui constitue son royaume ou son univers personnel inviolable.  Mais un être doit autant surveiller l’usage qu’il fait de ses vertus que de ses vices.  L’orgueil spirituel, la compassion hautaine, la miséricorde partiale, l’enthousiasme enflammé, le zèle intempestif, fût-il spirituel, peuvent faire autant de mal que de bien, autant à soi qu’aux autres.

Swami Prabhupadâ commentait: «On croit généralement que la non-violence implique seulement de ne pas tuer ou porter atteinte au corps, mais la non-violence consiste surtout à n’être pas cause d’angoisse pour autrui.» Ainsi, il est illicite d’imposer à un être une conduite dont il n’est pas encore capable de bien reconnaître la valeur ou qu’il n’est pas encore capable d’adopter, bien qu’il en reconnaisse la valeur.  Il est également illicite d’attenter à la vie de tout être vivant capable d’exprimer une forme d’amour, si minime soit-elle.  Quelqu’un a déjà osé dire: «La non-violence comporte deux contraires, contraires entre eux: la peur et la colère.  Ce sont deux crispations, l’une restrictive, l’autre explosive.»  La non-violence s’affiche souvent comme une résNAMASTEistance passive, appuyée sur la force d’âme, mais en fait, elle témoigne souvent d’une partialité qui crée une tension indue qui mérite sa sanction.

L’innocuité évoque encore le principe qu’il ne faut pas tenter d’accaparer le bien ni résister au mal.  Pourtant, porté à l’excès, ce principe amène que bien des coups de pied au derrière, bien mérités, se perdent.  On a rarement vu reculer une personne qui a reçu un bon coup de pied au bon endroit.  Généralement, elle opte pour de meilleurs sentiments, pour de meilleurs moyens, pour plus de conscience, pour plus d’efficacité.  Aussi, dans certaines circonstances, une violence juste et une indignation vertueuse peuvent trouver une excuse, quand tous les autres moyens n’ont produit aucun résultat.  Mais seuls peuvent s’en servir les maîtres éclairés, les plus sages de la planète.  En général, trop subjectif et arbitraire dans se jugements à son égard, un être a tort de croire qu’il détient le niveau de conscience qui lui permettrait de déroger à cette règle particulière.

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