L’INDÉPENDANCE, UN GAGE D’AUTONOMIE, UNE MANIÈRE DE S’ASSUMER PAR SOI-MÊME…

L’indépendance suggère l’état de ce qui est autonome, qui ne dépend d’aucune autorité, s’assume ou se gère par soi-même, refuse la sujétion ou la domination, n’est pas solidaire d’autre chose.  C’est le fait de jouir d’une entière autonomie à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose, soit de ne pas être soumis à un pouvoir extérieur.  C’est le signe de maturité d’un être qui s’est affranchi de toute tutelle et de toute influence extérieure contraignante ou nuisible.

En spiritualité, l’indépendance, qui n’est pas l’isolement ou la séparation, désigne l’aptitude à cheminer à sa manière, en se prenant en main soi-même, à son rythme, conformément à sa compréhension et à ses moyens.  Elle n’écarte pas l’acceptation de l’acceptation des conseils et de l’assistance d’autrui dans la mesure où ils ne sont pas imposés et quIndépendance’ils correspondent à son ressenti profond.  Elle ne dispense en rien du devoir d’humanité, donc de fraternité et de solidarité.  Mais elle assure de rester soi-même proche de ses besoins et de ses aspirations.

L’être indépendant peut procéder aux échanges les plus libres parce qu’il se remplit de lui-même au lieu de boucher ses trous en faisant appel aux ressources d’autrui, comme à leurs énergies, à leurs compétences, à leur avoir.  Comme il ne partage que ce qu’il décide de partager, il n’en a pas de regret;  comme ce qu’il offre représente un surplus, il ne s’en appauvrit pas ni ne s’en désole;  comme il est plein de lui-même, il ne cultive pas d’attentes de retour.

Cette manière d’être comporte, pour la personne, la capacité d’exercer sa souveraineté au plan des idées, des besoins, des sentiments, de la motricité, comme au plan des choix et des habitudes de vie.  Cet état d’être gagne à s’accompagner de l’autonomie qui consiste à se passer de l’aide d’autrui parce qu’on détient les possibilités physiques et mentales de se gouverner par ses propres moyens et de subvenir à ses besoins personnels.

Pour être bien compris, il faut préciser que l’indépendance désigne la capacité d’une personne à réaliser une tâche sans l’aide d’autrui, mais sans forcément pouvoir la gérer.  Quant à l’autonomie, elle exprime la capacité de gestion, de libre choix.  Ainsi, une personne autonome n’est pas forcément indépendante et inversement.  De là, on comprend que l’idéal de vie, c’est d’assumer autant son indépendance que son autonomie.  Dans l’absolu, les deux termes assez voisins d’indépendance et d’autonomie correspondent à ce que devrait vivre tout être épanoui.  Dans ce contexte, tout adulte devrait pouvoir être indépendant et autonome même dans une relation de couple ou une situation de famille parce que c’est le meilleur moyen de conserver son estime de soi et sa confiance en soi, de conserver la maîtrise de sa vie, de poursuivre de propre voie parce et d’échapper à la possible ingérence ou domination d’autrui.

On évitera de confondre l’indépendance avec l’isolement, la séparation, le cloisonnement, le sectarisme, le repli sur soi.  Qui recherche l’indépendance dans la seule intention de se démarquer des autres et de s’isoler du reste du monde, parce qu’il se sent complet, parfait, nanti d’une mission singulière, s’égare, s’écartant du chemin de l’évolution de l’Humanité.  Il se retarde dans son expansion et il retarde l’arrivée du genre humain à son terme ultime de perfection.  Cette vue de l’esprit, qui fait miroiter l’illusion d’une indépendance individuelle, ne le faisant agir en complet désaccord avec les forces constructives et unifiantes de l’Univers, ne peut que provoquer des ravages dans la conscience.  L’indépendance perd tout son sens si elle incline vers l’idée exclusive de profit, de propriété personnelle, d’égoïsme.  La liberté qu’elle confère passe par la soumission à un certain ordre qui dépasse l’entendement de tous les êtres, mais qui unit dans la sagesse intelligente qui manifeste toutes choses.

Un être ne peut se dire indépendant que lorsqu’il trouve en lui-même, soit d’instinct, soit par l’observation et la réflexion, les mobiles de ses actes, et lorsque sa propre activité inventive lui fournit les moyens de se passer du concours des autres ou, tout au moins, de n’y recourir que dans la mesure des rapports indispensables.   Mais, dès lors, il se refuse à toute sujétion volontaire et il défend avec vigueur sa liberté individuelle.  Il n’admet avec les autres que des relations harmonieuses oùhomme-indépendant la personnalité de chacun est respectée, sans quoi, il les repousse.  En raison de la complexité des relations humaines, l’indépendance ne se vit bien, le plus souvent, que dans la solitude, qui n’est pas l’isolement.  C’est Ibsen, le dramaturge norvégien,  qui a fort bien dit : «L’homme le plus fort est celui qui est le plus seul.»  Cet homme est le plus fort parce qu’il est obligé de trouver ses forces en lui-même et que, du coup, iI a moins besoin des autres.  Il est, pour la même raison, le plus libre et le plus indépendant.

L’indépendance ne doit jamais nier l’interdépendance des êtres d’une même espèce, en l’occurrence, l’humanité.  L’interdépendance c’est l’état de choses ou de personnes, qui dépendent les unes des autres, lorsqu’elles sont en interaction.  Du constat d’interdépendance à découlé, au fil des siècles, les concepts moraux d’amour, ou mieux, de solidarité et de charité.  La vie implique forcément une relation au monde et aux autres.  Une vie libre ne peut pas être uniquement une vie d’indépendante et d’autonomie sans qu’un être se condamne à une fin prématurée.  Elle implique l’interdépendante, ce qui conditionne le degré d’autonome.  En effet, chacun peut faire valoir ses droits dans le jeu social de l’interdépendance dans des conditions relationnelles régulatrices (lois, contrat, règlements, conventions), mais aussi dans des conditions utilitaires, qui garantissent la possibilité de cette autonomie stratégique relative pour tous sans contradiction  à l’égard du bien-vivre.

Tout être doit se réaliser dans sa globalité, en suivant sa vérité propre, mais il ne doit jamais oublier d’inclure dans sa démarche le bien commun et le salut de l’humanité.

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