L’ILLUSION, CE QU’ON PREND POUR RÉEL, MAIS QUI NE L’EST PAS…

Ce qui est réel est d’origine divine, et ne peut pas nuire, ce qui est irréel n’existe pas, mais peut devenir mortel…

Contraire de la réalité, l’illusion désigne une erreur de perception causée par une fausse apparence; une interprétation erronée des données sensorielles alors que celles-ci ne sont pas altérées;  une apparence dépourvue de réalité;  une opinion fausse ou croyance erronée qui abuse l’esprit par son caractère séduisant, mais qui révèle les carences, les limites ou le degré d’ignorance de l’interprète.  En fait, dans son sens le plus usuel, il s’agit d’une erreur de perception qui fait prendre une apparence pour la réalité, un défaut de correspondance entre une sensation et un objet perçu.  Mais il n’y a pas de fumée sans feu: il y a toujours, derrière une illusion, un peu de vérité ou la déformation de la vérité.  Fait d’interpréter de façon erronée des réalités de la vie au niveau mental. Illusion Prendre un phénomène qu’on expérimente pour autre chose que ce qu’il est, ce qui distingue de l’hallucination qui, elle, n’a aucun fondement dans la   réalité.  Au sens spirituel, il s’agit de la matrice électromagnétique de densification en relation, dans ses structures et ses fonctions, avec la matérialisation, la dualité, le mental, l’ego, le sens de la limite et du manque et la peur.

Nul ne peut se fier à ce qu’une perception donne comme preuve puisqu’elle ne capte que l’aspect superficiel d’une réalité.  Tout miroir renvoie un reflet, non la réalité.  On voit le firmament bleu alors qu’il s’agit d’une illusion; on dit que le soleil est chaud, ce qui représente une autre illusion; on croit la lune argentée, ce qu’elle n’est pas, ce qui reste donc une illusion.  Toute perception des sens fournit une approximation des choses, non sa réalité, car elle ne rend compte que de leur surface ou de leur aspect extérieur.  La réalité des choses réside à l’intérieur des phénomènes, au niveau de leurs vibrations.  Or, les vibrations ne se captent qu’à l’intérieur de soi.

N’importe qui devrait se lasser de jouer avec les reflets, au point d’en avoir marre.  À jouer avec eux, nul ne connaîtra jamais rien d’autre que des phénomènes engendrant des fantasmes, donc des «fantômes», des illusions, ce qui porte tout au plus à émettre des hypothèses.  Aussi longtemps que l’être humain se contentera de regarder des images, au lieu de se mettre en harmonie avec la Réalité, qui vibre à l’intérieur, au plus profond de lui, il ne pourra exprimer autre chose qu’une partie de cette image.  Et il ne pourra élaborer qu’une vaine science intellectuelle.

Au plan intellectuel, tout est dualité.  Pour saisir la Vie dans son ensemble, il faut accéder à l’Unité qui la recouvre.  C’est le seul moyen de l’appréhender hors de l’opposition immédiate, de la déchirure qu’elle provoque, dans les plans inférieurs.  L’intellect joue avec la multiplicité et la morcelle toujours davantage.

Sur les plans inférieurs, l’être humain existe, mais il ne vit pas vraiment.  Il traverse un grand rêve qu’il prend pour la réalité.  Il se disperse dans le royaume de Maya.  Il y vit dans un état d’hypnose, inconscient, mené par ses sens objectifs, parce qu’il ne s’est pas retourné vers l’intérieur.  Cela résulte du fait qu’il a muselé son intuition.  Aussi, perd-il tout son temps à témoigner de sa fausse identité, de sa personnalité, assoiffé de jouissance, de puissance, de renommée et de possession. Il s’active pour se donner bonne conscience: il performe, il rivalise, il s’établit en concurrence, il se spécialise, il s’anesthésie.

L’illusion la plus tenace de l’être humain réside dans son goût pour la souffrance et le tragique.  Voilà comment M. Chaplan a pu s’exclamer: «La dernière illusion est de croire qu’on les a toutes perdues.»  Évitons de confondre illusion et hallucination.  L’illusion repose sur une expérience sensorielle réelle; l’hallucination n’est généralement que le fruit de l’imagination.

En fait, au sens spirituel, l’illusion, appelée «maya» en sanskrit, se définit comme un phénomène qui paraît absolument vrai, sans l’être, qui empêche de voir au-delà des apparences pour atteindre la Réalité.  Elle identifie d’abord la Matière ou les phénomènes de la Nature.  Si elle paraît réelle, c’est que la majorité des êtres humains croient qu’elle n’en est pas une et la gardent figée.  Elle sert de support à l’expérience pour affirmer le discernement et la sagesse.    Elle permet d’établir les différences, identifiant un vide à remplir.

En ce sens, il n’existe qu’une illusion, celle du besoin, dont toutes les autres ne sont qu’un grossissement ou une enflure pour la justifier.  Il importe de prendre l’illusion pour ce qu’elle est afin de déterminer sa signification, ce qui permet à l’être de se recréer à neuf en faisant de nouveaux choix plus réalistes.

Le Créateur a divinement prévu le phénomène de l’illusion.  Il voulait ainsi fournir un champ contextuel localisé dans lequel l’être humain pourrait se recréer dans une version plus grandiose de la vision la plus grande qu’il ait jamais entretenue à propos de sa Réalité ultime.

En vérité, la Grande Fiction consiste dans le fait que l’être humain doit simuler ne pas être quelque chose pour comprendre qui il est.  Pour lui, elle consiste dans l’oubli d’être une Étincelle divine qui réside temporairement dans une structure physique.  Elle implique le fait de croire être séparé de Dieu, la Source de la Vie, et de prendre l’existence physique pour le monde réel, ce qui mène à prendre son corps pour son vrai soi.

En ce sens, mettre fin à l’illusion consisterait à mettre fin à la vie, qui n’est que survie.  La perte du sens de la Perfection engendre le besoin, qui engendre successivement le sentiment d’échec;  l’esprit de séparation;  l’impression de manque ou d’incomplétude;  les exigences et les récriminations;  les jugements de valeur;  la réprobation (surtout de la difillusion-2férence);  les conditions;  le illusion-1sentiment d’infériorité ou de supériorité.  Et, finalement, ce sentiment d’infériorité ou de supériorité engendre l’ignorance, puis la régression.

Au plan individuel, l’illusion résulte toujours d’un manque d’expérience personnelle provenant surtout de l’acceptation trop spontanée des pensées et des croyances d’autrui qu’on refuse de remettre personnellement en cause.  Toute vérité peut être modifiée avec le temps ou être adaptée à soi-même.  Ainsi, on trouve sa vérité dans la Vérité.  Il faut accepter de voir clairement le monde, en refusant d’accepter les choses simplement parce que les autres les acceptent.  Il faut remettre en question ce qu’on lit et entend, passant tout au crible de son sens commun, de son discernement et de sa sagesse.  On gagne à aller au-delà de ce qui est communément admis comme vrai pour découvrir sa propre vérité.  Il faut croire en sa vérité, suivre son cœur, pour s’investir dans ce qu’on choisit, non dans ce que les autres disent être le meilleur.  En découvrant ce qui est vrai pour soi, on sert d’exemple, aidant les autres à trouver leur voie véritable.

Pour sortir de l’illusion, il faut découvrir sa propre vérité et la vivre de façon intègre et intégrale, tout en la concevant comme relative ou évolutive.  Dans une autre perspective, l’illusion résulte du fait qu’on se concentre davantage sur le niveau dense de la matière que sur la vérité des plus hautes réalités parce qu’on n’est pas suffisamment uni à sa Conscience divine, sa Réalité causale et première.  Elle résulte d’un taux vibratoire réduit par le fait qu’on ne s’aime pas suffisamment et qu’on n’exprime pas assez de compassion pour autrui  Quand on ne s’aime pas et n’aime pas, on vibre à une vérité moindre.  Ne pouvant percevoir le monde avec la vision de son Grand Soi, on a du mal à établir la différence entre le vrai et le faux, choisissant une chose, mais en obtenant une autre.

Un être peut comprendre qu’il vit dans l’illusion chaque fois que, réalisant un désir, il constate qu’il n’apporte pas ce qu’on attendait.  Ne connaissant pas sa vérité profonde, il ne parvient pas à manifester tout ce qui comblerait et il ne parvient pas à rayonner au mieux qui il est.  Il ne réussit pas à évaluer correctement les situations, à savoir quelles actions entreprendre pour produire les résultats souhaités.  Il ne sait pas sur quel plan se placer pour aider les autres, incapable de reconnaître son degré de développement et de compréhension.  Il ment et il se ment, ne pouvant percevoir, au-delà des apparences, ce qui est réel.

On croit systématiquement ce qu’on entend au lieu d’en vérifier l’authenticité, ne sachant pas ce qu’il y a en cela de vrai pour soi.  On vit de croyances, au lieu de certitudes, se laissant influencer  par l’opinion des autres ou refusant de les laisser croire autrement.  Ne détenant pas une claire vision de sa destinée, on ne sait pas quoi entreprendre pour l’accomplir.  On ne sait pas percevoir la divinité des gens au-delà de leur personnalité.  On se laisse dévier de sa route par le doute ou la pensée qu’on n’est pas assez bien.  On manque de force ou de courage pour jouer son rôle et réaliser sa tâche à son goût et à sa manière.

C’est ainsi qu’on peut s’illusionner de mille façons.  L’illusion représente le symbole des mondes-reflets (antimondes) qui ont une vision limitée de Dieu et qui pervertissent l’image de sa Création originelle.  Autrement dit, elle résulte de l’aspect négatif, magnétique ou lunaire de la polarité qui semble s’établir en opposition de son aspect positif, électrique ou solaire.  Elle porte à se croire réel;  à se limiter à une forme de réalité;  à se croire le seul monde qui existe dans l’Univers;  à se croire supérieur à un au-delà immense et inconnu;  à s’attacher à ses préjugés (ne croire que ce qu’on voit);  à s’identifier à sa sphère d’existence;  à enfermer son âme dans les reflets (enfers ou paradis artificiels);  à se croire unique au monde;  à se croire au-delà de tout;  à se vanter de connaître le monde des étoiles par la science;  à se croire séparé du reste du Cosmos;  à s’arrêter dans son pèlerinage évolutif à l’état de ses connaissances au lieu de chercher la sagesse.

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On peut regrouper l’illusion du «déjà vu» dans les expressions illusion du «déjà vécu» (paramnésie) et illusion du «déjà éprouvé».  Il s’agit surtout d’une fausse reconnaissance au niveau des sensations et des sentiments, soit de l’identification d’une perception présente avec une perception antérieure analogue, au dire de la science.  Pour la métaphysique, il s’agit souvent du souvenir d’expériences oniriques à travers le temps et l’espace.  Plus la conscience monte haut, plus le temps et l’espace sont télescopés.

L’illusion du moi, qui amène à s’identifier à sa personnalité, à se sentir séparé des autres et de Dieu et à se prendre pour le centre du monde, produit  progressivement le voilement du Soi et l’oubli des origines divines.  L’être humain qui est prêt à se délivrer de l’esclavage d’une existence matérielle et d’un mode de vie égocentrique doit s’abandonner inconditionnellement à son Moi divin, aussi appelé le Soi divin.  En retour, il reçoit la révélation de ses potentiels infinis de sorte que, sans le moindre sentiment de perte, uniquement assuré de gagner ou de vaincre, son âme se met à percevoir la vie comme une valeur cosmique, non seulement humaine.  Il change ses allégeances au fur et à mesure qu’il accroît son aptitude à développer la Lumière, à prendre conscience de la pénétration de l’Absolu en lui.  En vérité, rien d’autre que la Conscience divine ne peut suffire à l’être humain, un Dieu-Homme.  Tout être incarné doit marcher sur la Voie de la régénération et de la rénovation cosmiques pour retrouver le Royaume qu’il a perdu.  C’est en fixant son regard sur la Présence de Dieu que les vieilles réalités passent et se dissolvent, remplacées par les nouvelles, assurant le progrès spirituel appelé évolution.  Dans la Cabale, on assure qu’elle est engendrée par Yesod, le Fondement, la sphère de la Lune.

Les illusions du monde désignent les écrans qui brouillent la Réalité divine et qui en dissimulent le Grand Dessein (la Volonté), même aux yeux des plus érudits.  L’être humain peut s’en échapper selon le degré de confiance qu’il témoigne à ses propres capacités de percevoir la Vérité et d’ultimement rentrer dans la Réalité.

Quant aux illusions mystiques, elles réfèrent aux croyances spirituelles qui ne peuvent être confirmées par le Savoir ou la Sagesse.  Pour certains, prévenus que la Voie de la spiritualité mène à un Jardin de Roses, ils en viennent à croire que, du jour au lendemain, ils pourront accéder au bonheur suprême en vivant désormais de passes et de magie.  C’est oublier que chacun doit d’abord apprendre, par l’expérience personnelle, à manipuler les roses sans se piquer à leurs épines acérées.  Nul ne devient un grand virtuose sans la pratique.  Or, la première partie de l’expérience spirituelle, la plus longue, consiste à nettoyer et purifier en désapprenant.  Il faut se délivrer de ses illusions, renoncer à ses fausses croyances, nettoyer sa pensée et son cœur, rompre avec ses programmations et ses conditionnements, apprendre le détachement, afin de parvenir à ouvrir ses centres inférieurs.  Du reste, le Sentier spirituel attire toutes sortes de gens qui servent à reproduire, en miniature, une cellule sociale, propre à révéler les diverses espèces d’individus, des meilleures aux pires, qui sert de laboratoire de vie.  Voilà qui lui permet de collaborer à l’évolution du Monde dans un modèle à échelle réduite.  Or, comme on dit, on peut améliorer un chardon, mais on ne peut pas le transformer en rose.  Le mystique peut attirer nombre de papillons de nuit qui peuvent dévaster son milieu avant de se brûler les ailes.  D’où, sans sombrer dans la suspicion, il doit rester sage et entretenir sa vigilance face aux gens qui l’entourent.  Les ennemis de la Lumière savent fort bien se déguiser.  Satan ne se présente jamais avec ses attributs diaboliques, mais il se revêt de sa plus grande lumière, lorsqu’il veut séduire et opérer des ravages.  Mais les plus grandes illusions spirituelles proviennent du sujet lui-même qui peut être porté à développer un sentiment de supériorité plus ou moins conscient et à se prendre pour un membre de l’élite du Monde.  Certains se fourvoient sur l’acuité présumée de leurs facultés spirituelles en confondant leurs rêves ou leurs fantaisies avec la réalité.  Par exemple, quand ils ne confondent pas la fin avec les moyens, ils peuvent prendre une rémanence rétinienne pour la perception de l’aura, confondre un songe révélateur avec une initiation majeure, élever un petit accomplissement au niveau d’une grande performance.  Ils peuvent s’épancher en vantardise, révéler publiquement leurs confirmations intimes, jeter de la poudre aux yeux des plus lents ou des plus faibles, sans réaliser à quel point ils se leurrent et se font du tort.  D‘autres collectionnent les enseignements des diverses échelles évolutives sans réaliser à quel point ils peuvent préparer une grande confusion et bien des frustrations.  Car ils ne tardent pas à stagner sur un plateau évolutif et, souvent, à abandonner le Sentier, perdus dans l’amertume, portés à projeter leurs torts et leurs travers sur les autres.  Seul peut avancer dans la facilité et la grâce celui qui sait agir de façon discrète et détachée, dans le silence et le secret, acceptant avec la même simplicité ses faiblesses et ses forces, ses hauts et ses bas, ses échecs et ses réalisations, les flatteries et les insultes, s’investissant de façon sincère, libre et autonome, mais sans séparativité.  En spiritualité, il faut rester déterminé, patient, persévérant, agir dillusion-3ans l’ordre et la discipline, impartial, objectif, réaliste et enthousiaste.  En effet, les optimistes comme les pessimistes échouent lamentablement en s’extrayant de la Voie royale, celle du Juste Milieu.

Les illusions paramnésiques couvrent les notions d’illusion des sosies, du «déjà vu», du «déjà vécu» ou du «déjà éprouvé».  Aux dires de la science, il s’agit d’une fausse reconnaissance, souvent rien qu’apparente, au plan de l’interprétation des sensations et des sentiments, soit de l’identification d’une perception présente avec une perception antérieure analogue.  Mais en spiritualité, on associe souvent ces impressions au souvenir d’expériences oniriques (projections dans le futur) ou d’expériences des vies antérieures.

La coquille d’illusions désigne un blocage par lequel un sujet, avancé sur le Sentier de l’illumination, tente d’interpréter sa vérité au lieu de pénétrer la Vérité.  Ainsi, il cherche à s’entendre dire ce qu’il aime entendre, au lieu de saisir ce qu’il faut; il tente de manifester ce qu’il croit être bon, au lieu de laisser se manifester ce qui est bon; il peut aller jusqu’à s’ériger un mur de protection entre lui et les autres ou entre la vérité qu’il a acquise et la Vérité pure et simple.

La Grande Illusion traduit le mot sanskrit «Maya», qui désigne la Mère du Monde, le Reflet du Monde, le Miroir du Père Créateur, l’Intelligence cosmique.  Il s’agit de la Nature trompeuse qui découle de la dualité apparente ou des apparences des phénomènes qui masquent ce qu’ils sont en réalité, comme cause.  Dès l’instant où l’être humain commence à se libérer d’elle, il échappe progressivement aux mirages et aux reflets du Monde, renversant le mouvement de la Roue de la Vie.  Alors, il se permet d’œuvrer, non sans effort, dans la direction opposée à celle qu’il suivait.  Il doit s’y prendre patiemment pour devenir toujours plus conscient et agir en tant qu’âme qui avance dans la Lumière et y pénètre finalement victorieux.  À ce moment, il devient un Sauveur du Monde pour avoir dissout le désir et avoir triomphé de la mort.

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