Pour la plupart des gens, l’humilité revêt un aspect négatif : elle consiste à s’abstenir de donner son opinion, à se considérer comme inférieur, à s’en tenir à son petit pain.  Plusieurs pensent agir humblement en plaçant Dieu sur un piédestal si élevé qu’ils ne parviennent plus à l’atteindre.  Ainsi, Dieu n’a plus de place ni de signification dans leur vie quotidienne.  On dit que c’est humain…  Ainsi, on en vient à justifier toutes les limites.  «Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.»

L’humilité consiste à savoir être fier de ce que l’on est, mais nullement prétentieux de ce qu’on n’est pas.  Elle amène à apprécier ses qualités personnelles, ses possibilités, tout en reconnaissant leur source.  Elle permet de savoir qu’on est toujours au bon endroit, au bon moment, pour la bonne expérience.  Elle porte à accepter le moment présent, son état d’être, son attitude, l’endroit où on se trouve, les circonstances qui se présentent, les gens de son entourage comme ils sont.

L’humilité habilite à faire tout cela sans arrière-pensée, sans comparaison, sans tabou, sans sens du sacré, tout naturellement, tout simplement.  Elle exprime la candeur de découvrir, la clarté d’être intelligent, la joie de vivre, la douceur de la fraternité, la tendresse de l’amitié, la volupté de la caresse, la fierté du succès, la compassion de celui qui comprend.  L’humilité, c’est l’humilité, avec sa lumière, son rayonnement.

L’humilité ne consiste pas à tenter d’éviter l’orgueil.  L’être humain n’a rien inventé, il dénature plutôt, car l’orgueil est à l’homme ce que l’humilité est au Christ.  L’humilité est moins l’attitude du chien battu que l’ouverture souriante de l’enfant.  Chacun a tant à apprendre bien qu’il soit comblé.  Considérons l’enfant, sa confiance, son abandon, ses escapades, sa ténacité, son entrain.  Spontanément, on est porté à le caresser, à le nourrir, à lui pardonner, car il est ce qu’il est, il est libre et aimant.

Chacun doit avoir l’humilité de demander de l’aide, de l’affection, de l’attention et de l’accepter.  Chacun doit avoir l’humilité de sourire de ses gaffes, de ses erreurs et d’en tirer parti.  Chacun doit s’accorder l’humilité d’être aimant, affectueux, spontané et faillible.  Personne ne va pas perdre son cœur à aimer, ni son intelligence à pense, ni ses mains à servir.  L’Ordre existe, et chacun en est.  Chacun en est en toute humilité.

Janaka-anandâ © 1980-2014 Yogi Inn, Vermont, USA.

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