Une religion à plusieurs visages…

L’Hindouisme, ou «sanātanadharma», qui signifie «Loi éternelle», et qui n’a ni fondateur ni Église, est l’une des plus vieilles religions du monde encore pratiquées, formant le troisième bassin religieux du monde, après le Christianisme et la religion musulmane. Il est étroitement relié à la langue sanscrite, l’une des premières modulations terrestres du Verbe qui se fait chair et de de la Langue des anges, évoquant un registre sonore de haute intensité vibratoire.  Il n’est pas étonnant que la majorité des Initiés incarnés portent un nom emprunté à cette langue très ancienne pour identifier leur rôle fonctionnel.  Il admet d’emblée la réincarnation régie par le principe du Karma (Causalité éthique) qui empêche un être qui n’a pas dissous ses liens karmiques et accompli sa Réalisation (Illumination) de s’extraire de la Roue de la Vie.  La majorité des temples contiennent un linga et un yoni symbolisant les parèdres (le Couple divin) par le phallus (principe masculin) et la matrice (féminin).

La particularité de l’hindouisme, une religion syncrétique, est de n’avoir ni prophètes ni dogmes fondamentaux. Cependant, les hindous contemporains croient en l’autorité des «Vedas» qui, selon la Tradition, furent révélés aux hommes, grâce à la «vision» des Rishis ou Régents du Monde. Ainsi, si l’origine de l’hindouisme peut remonter à la civilisation de l’Indus («Sindhou»), avec les premières manifestations de la culture indienne, apparue aux environs du IIIe millénaire av. J.-C5, sa forme récente remonte à la période védique, la religion des Indo-européens qui ont pénétré l’Inde en 1500 av J.-C. En fait, l’Hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques issus d’une tradition remontant à la protohistoire indienne, la pratique hindouiste étant issue d’une tradition orale très ancienne. Ainsi, cette religion a ainsi assimilé les croyances et les philosophies venues des nombreuses conquêtes et invasions qui ont affligé le sous-continent indien. En conséquence, cette religion a beaucoup évolué au cours du temps, des cultes phalliques ou des déesses-mères, présents dans la religion harappéenne (civilisation de la vallée de l’Indus), à sa forme triadique, en passant par le védisme aryen, polythéiste, et le brahmanisme. Au-delà du syncrétisme théologique, l’Hindouisme d’avant les invasions islamiques et le colonialisme européen, qui soumirent l’Inde à leur autorité, était un vecteur pour toutes les sciences et tous les savoir qui avaient en commun le substrat religieux : hindouisme-2-symbolele droit, la politique, l’architecture, l’astrologie, la philosophie, la médecine, etc. On pense notamment à la théorie de la santé de l’«Âyurveda».

Malgré ses nombreuses divinités, qui représentent davantage des aspects de la Divinité unique, ce qui l’exclut du polythéisme, cette religion retient d’abord trois divinités, accompagnées de leur parèdre ou «Shakti» (leur contrepartie féminine), formant la Trinité (ou «Trimurti») : Brahma, Vishnu et Shiva (Çiva). Il est difficile de déterminer leur préséance mutuelle, du fait que certains sont Brahmaniques, d’autres Vishnouites, et d’autres, Shivaïtes. Certains Indiens vénèrent particulièrement l’un de leurs Avatars, Krishna ou Hari. L’Hindouisme approuve et maintient le système des castes, bien qu’il ait été dissous par l’État, mais qui, dans la perspective de la réincarnation, divise la société en quatre clans bien distincts, dont une classe qu’on invite à ne pas fréquenter, les «Intouchables», des impurs.

Le système des castes, formulé à l’origine par Manu, le Grand Législateur, visait une fin admirable. Ce grand esprit avait clairement compris que les êtres humains pouvaient se distinguer en quatre classes, par rapport à leur évolution naturelle. Il avait identifié ceux qui étaient capables de rendre service à la société par un travail physique et qui ne demandaient pas mieux que de se mettre au labeur («Sûdras»); ceux qui aimaient s’adonner à l’agriculture, au commerce et aux affaires en général («Vaisyas»); ceux qui se signalaient par leurs talents d’administrateurs, d’exécutifs, de protecteurs, de dirigeants et de guerriers («Ksatriyas»); et ceux qui, par leur nature contemplative, préféraient la quête métaphysique et l’inspiration spirituelle et qui pouvaient servir d’inspiration aux autres («Brâhmanas»).

Le système des castes ne préconisait pas une reconnaissance sociale par la naissance, le degré de spiritualité, le devoir, le lignage ou autre, réclamant plutôt que chacun témoigne du respect envers les membres de la société dans la mesure où ils démontraient de la sagesse, de la vertu, de l’âge, de la parenté et, en dernier lieu, de l’abondance. Sauf que, dans ce dernier cas, s’il faisait l’éloge de la prospérité, il appelait à en rendre les fruits disponibles pour les usages charitables, réprimant toute velléité de thésauriser. Il assignait un faible rang aux êtres humains dépourvus de conscience. Hélas, au cours des siècles, de sérieux maux ont découlé de son système lorsque les castes ont tendu à se cristalliser dans un cadre héréditaire plutôt que par les qualités naturelles, ce qui le rendait erratique, donc caduc.

Dans la Tradition hindoue, la caste désigne un groupe social qui se distingue par des privilèges particuliers, en principe acquis par ses mérites spirituels ou sociaux, souvent héréditaires. Ces quatre subdivisions sociales comprennent les «brahmanes», prêtres et enseignants;   les «ksatriya», rois et guerriers; les «vaisya», marchands et agriculteurs; et les «sûdra», artisans et serviteurs. Ce système fut imaginé par les fondateurs aryens de l’Hindouisme pour maintenir assujettis les Dravidiens au teint foncé. Alors, on lia logiquement la loi du karma à ce système, pour amener les castes inférieures à accepter leur sort sans se plaindre, les assurant qu’ils pouvaient ainsi améliorer leur destin, selon leur mérite, d’incarnation en incarnation, pour se hisser dans cette hiérarchie sociale.

Les tenants de ce système opinent que ce principe hiérarchique devrait prendre une valeur universelle relative à la société, mais, plus encore, relative à l’individu, perçu comme une société en miniature. Ainsi, la fonction sacerdotale serait reliée à l’autorité spirituelle, soit au devoir de combler ses besoins spirituels et intellectuels. La fonction royale serait reliée au pouvoir temporel, aux activités de commandement, de justice, de force et de maîtrise de soi. La fonction économique viserait à produire la richesse collective, à participer aux aspects économiques, commerciaux et agricoles de l’existence, aux activités de production et d’échange. Enfin, la fonction de service référerait aux activités les plus modestes, soit aux activités laborieuses en tant que main-d’œuvre, exprimant le besoin de mettre la main à la pâte.

De ce fait, les castes ne figureraient plus que des phases d’évolution, qui se rencontreraient d’ailleurs dans la vie intérieure de tout individu, révélant des fonctions psychiques. On pourrait les associer aux saisons de l’année et de la vie : hiver, méditation; printemps, conquête de la lumière; été, négociations, mûrissements, voyages; puis, automne, récolte et engrangement.

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