EN SPIRITUALITÉ, LA LOI DE L’EXCEPTION PEUT DEVENIR UN COUTEAU À DEUX TRANCHANTS… 

L’exception désigne le fait d’échapper à une règle ou de ne pas être compris dans un principe.  Elle éclaire encore ce qui est singulier, particulier, rare, donc en dehors du général ou du commun.

À l’occasion, l’être ordinaireexception-1, au sens d’être encore spirituellement endormi, peut avoir l’impression que certains êtres autour de lui échappent à la Commune Mesure, ce qu’il peut confondre avec une intervention miraculeuse, un passe-droit, une faveur, un privilège, du favoritisme.  Mais, en fait, c’est qu’il n’est pas prêt, qu’il ne vibre pas au même niveau : mais, il connaîtra bien la même réalité que les autres à son heure.  On parle en effet, en métaphysique, en ésotérisme ou en mysticisme, d’une «loi de l’Exception» qu’il faut bien comprendre et traduire.

En fait, la Loi ne fait jamais exception ni acceptation de personne.  Mais un être particulier, par le degré de conscience qu’il a atteint, bien qu’il ne soit pas forcément notable, peut effectivement échapper à l’ensemble des influences dont l’action, dans le monde inférieur, vient affecter le monde intérieur.

Celui qui a dépassé le plan sur lequel s’exerce une loi, n’est plus soumis à cette loi.  Dans son corps éthérique ou astral, un trépassé ne se comporte pas comme un être incarné.  Voilà l’explication qui peut prendre une apparence exceptionnelle, pour la compréhension de l’homme ordinaire, mais pas à l’Ordre cosmique.  C’est justement ce qui se passe présentement dans une humanité où deux pôles se précisent et s’écartent de plus en plus, l’un s’enfonçant dans la densité et la dualité, avec sa dynamique d’alourdissement karmique, tandis que l’autre s’élève dans l’Ordre de la Grâce permanente, avec sa dynamique de facilitation spirituelle.

En effet, l’être conscient, qui collabore consciemment avec le Plan divin, exécute la Volonté de Dieu en tous points, s’élève rapidement au-dessus des lois des plans inférieurs.  S’étant engagé sur le Sentier mystique, il laisse fondre de plus en plus son intellect, de sorte qu’il échappe de plus en plus à la loi générale des plans denses ou grossiers.  Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une loi d’exception, mais d’une loi de confirmation de la sincérité et de l’authenticité de la recherche de l’adepte.  C’est le Pouvoir, conféré par le Savoir, qui opère la merveille apparente.

Mais la loi d’Exception peut également prendre le sens que, en tant qu’être libre et complet, chacun détient le droit à l’autonomie lui permettant de réaliser son unicité.  Un être engagé dans l’invention de lui-même n’a pas à respecter la loi générale, d’où il ne monte pas sur le vaisseau collectif, s’il mène à la dérive et au naufrage.  Chacun est roi et maître dans son univers de sorte qu’il n’a pas à se soumettre à aucun gouvernement, à aucune religion, à qui que ce soit.

La loi d’exception ne doit pas s’entendre au sens où Dieu accorderait des privilèges, ferait des faveurs, aurait ses êtres chers ou, disons, pour mieux comprendre, des chouchous.  L’Absolu reconnaît tous ses enfants comme égaux.  Sauf que chacun choisit son destin d’après son degré de conscience, sa vision de la Réalité.  Par le Principe unique, aucune loi ne tolère d’exception, ce qui explique que le prodige ou le miracle ne peuvent exister.  Cette loi doit plutôt se comprendre au sens où c’est un être qui, lui-même  par ses choix conscients ou inconscients, se range dans un registre vibratoire plutôt que dans un autre.

Un principe cosmique dit que «Tout est en haut comme en bas, mais de façon inversée.»  Justement, il y a des gens qui évoluent et d’autres qui continuent d’involuer.  Ceux qui régressent (plongent dans l’Involution) et se densifient davantage ne réagissent pas de la même manière à la Lumière spirituelle que ceux qui évoluent et se raréfient toujours plus.  Pour comprendre ce phénomène, par comparaison, on comprendra que la matière chauffée brûle ou se dissout, tandis que l’eau chauffée se volatilise et se disperse et que l’air chauffée s’élève et se dilate.  Toute réalité réagit à son ordre de réalité.

Peut-être protestera-t-on suite à cette affirmation, pourtant véridique, l’être éveillé n’est pas traité comme l’être endormi.  Par exemple, tout être avancé dans son Illumination personnelle peut vivre un plus grand bonheur que l’être peut éveillé spirituellement, comme il peut subir une répercussion plus puissante que lui, en cas de faux pas, ce qui tient de la puissance de rayonnement de son champ magnétique.     Il faut savoir que, de même qu’un parent sage n’accorde pas le même traitement à un enfant en bas âge qu’à un adolescent ou que la société n’accorde pas les mêmes droits à un débile mental qu’à un citoyen sain, ainsi la Loi ne s’exprime pas de la même manière pour tous dans leur accession à la maturité spirituelle.  Celui qui vit encore dans les ténèbres rencontre les obstacles de sa situation, avec les compréhensions qui s’imposent, tandis que l’Illuminé vit dans la plénitude et la béatitude de l’Unité, où il n’a plus rien à apprendre, n’ayant plus qu’à Être.

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