L’ÉVOLUTION CULMINE DANS L’ASCENSION…

 

Le Cosmos représente un système mental en mouvement constant, donc en changement perpétuel.  En conséquence, l’être réfractaire au changement oppose de la résistance au sens de la Vie et il s’expose à stagner, avant de péricliter et de régresser.  L’être humain gagne à rester souple et à accepter de changer et de s’ouvrir à la nouveauté, ce qui est le sens moderne du mot conversion, désignant un retournement de conscience.  Il maintient ses énergies en restant ouvert à la nouveauté.  Les conditions des temps actuels et celles de la planète changeront quand chaque être se sera dégagé de ses regrets, de ses remords, de ses culpabilités, de ses peurs, de ses limites, de ses désirs de possession, d’accaparement, de domination, de notoriété, de pouvoir, de vengeance et évolutionde sa haine qui forment la trame de ses guerres intimes, de sa propension à faire resurgir un passé dépassé, de suivre une morale étriquée, d’entretenir des croyances, des superstitions, des stéréotypes, des préjugés, des habitudes stériles et paralysantes.

On peut considérer l’Évolution comme une suite graduelle de transformations cosmiques, qui vont dans un même sens, à travers des cycles, révélant des changements insensibles vers une forme plus achevée et parfaite.  Le mécanisme par lequel l’individu accède à perception juste de la réalité et de sa propre intégration au Cosmos unificateur.

Il s’agit du Jeu amoureux de l’Émanation qui permet de comprendre qu’on est un être immortel qui doit se connaître ou se reconnaître, donc retrouver son statut divin voilé ou perdu.  Il mène à retrouver la Conscience divine qui amène à s’exprimer par l’amour et le service inconditionnel en tant que partie intégrante de la Conscience directrice du Créateur.  En fait, l’évolution témoigne davantage des progrès de la Puissance de la Conscience divine pour dominer les limites physiques et tous les états de conscience qui limitent apparemment la pleine expression de l’Amour de Dieu dans tous les Royaumes d e l’Intelligence.  Elle témoigne de la validation dans l’expérience concrète des concepts divins liés autour d’un But ultime.  De ce fait, on a pu la définir comme le processus sans fin de la formation du Corps divin (Cosmos) à partir de l’information que Dieu détient ou, plus clairement, comme le développement progressif, en perpétuel perfectionnement, de toute la Manifestation à travers les Cycles qui mènent à l’Unité.

Selon le point de vue, le mot évolution et le mot involution peuvent devenir synonymes, selon les Textes sacrés qu’on lit, alors qu’ils signifient exactement le contraire.  Il faut donc comprendre à quel niveau de compréhension l’auteur mystique se place.  En général, au niveau ontologique de la Manifestation, le cycle de l’Involution représente le cycle de la construction des Mondes, dans le Cosmos, le cycle pendant lequel les vibrations s’éloignent de Dieu et, en conséquence, se densifient.  Le cycle de l’Évolution représente alors celui pendant lequel les Mondes, dans le Cosmos, se désintègrent ou se raréfient, devenant plus subtils, parce qu’ils se rapprochent de Dieu qui les aspire en les illuminant.  Au niveau mental, c’est le contraire qu’il faut comprendre.  On dit que l’homme évolue tant et aussi longtemps qu’il descend dans la Matière, construit ses véhicules et élabore sa substance.  On dit qu’il involue à partir du moment ou, lassé de la Matière, dont il a éprouvé la vanité ou dont il a épuisé toutes les ressources qui l’ont rendu conscient, il se convertit, retourne sa conscience, dans un désir de réintégrer la Maison du Père, le Centre divin.  Il évolue donc du Point Alpha (le Point de départ, la Source) à la Matière, mais il involue de la Matière à l’Oméga (le Point d’aboutissement de son cheminement, le Retour à la Source).

Tout est en perpétuel mouvement, en éternel changement.  Mais le mouvement du changement peut aussi bien être évolutif qu’involutif.  Pour expliquer l’apparente contradiction des Textes sacrés, à laquelle nous venons de faire allusion, la Rose-Croix propose l’éclairage suivant.  Pour eux, l’Évolution commence en toutes choses lorsque l’impulsion initiale d’un ordre, d’un projet, d’un objectif nouveau, forcément supérieur, se manifeste.  Elle s’amorce donc par la perception d’un état idéal qui surpasse celui qui existe déjà.  Ainsi, au niveau de la Matière, l’idéal se manifeste par la Forme pure, mais, dans la Conscience, elle se manifeste par la spiritualité, l’Illumination.  Quant à l’Involution, elle commence en toutes choses lorsque la Forme ou l’Expression supérieure de leur évolution est achevée.  Elle commence donc lorsque ce que leur germe contenait en puissance a porté fruit.  Alors, au niveau de la Matière, les Formes se désagrègent, mais, dans le mental, les capacités ou les aptitudes s’affaiblissent et s’amenuisent.

Au sens large, la Rose-Croix tire finalement la conclusion que le Plan des choses, dans son ensemble, tant qu’il exprime ses potentiels, constitue l’Évolution, tandis que, lorsque les choses du Plan retournent à leurs éléments fondamentaux, conservant en puissances leur force de renouvellement, cela constitue l’Involution.  Il en serait ainsi parce que la Matière, qui est Esprit condensé, mais quand même Esprit, serait étroitement liée à la chimie de la vie, en même temps qu’à d’autres principes d’utilité et de beauté, et évoluerait en aspirant à la forme qui maintiendra le mieux la vie.  Ainsi, bien qu’une forme vivante puisse, à son terme, entrer dans un cycle évolutif, en se désagrégeant en ses éléments d’origine, la vie, dans sa renaissance, par le processus d’évolution, atteint de nouveau son précédent état d’élévation, en vertu des diverses formes par lesquelles elle est passée antérieurement.  Chacune des formes, par sa variété, donne naissance à une impulsion nouvelle, permettant à la vie de se perpétuer, en transcendant ses précédentes manifestations.  D’ailleurs, la vie, lorsqu’elle a atteint un degré élevé de développement ou d’accomplissement, commence toujours son expression séparée par la forme la plus élevée qu’elle a atteinte précédemment, malgré que cette dernière forme comprenne les autres formes évolutives (stades évolutifs) par lesquelles elle est passée.

Pour résumer, nous conserverons cette nomenclature pour nous entendre sur le sens de l’Évolution et de l’Involution.  Nous retiendrons le mot évolution au sens d’expansion de la conscience (progrès de la vie) et le mot involution au sens de rétrécissement de la conscience (repli ou retrait de la vie).  Évoluer, c’est donc agrandir sa conscience en passant d’une expression inférieure à une expression supérieure de son être.  Évoluer, c’est intensifier ses vibrations en développant sa sensibilité à l’intuition, à la voix intérieure de l’Esprit.  Évoluer, c’est se transformer de façon graduelle et continue en progressant à son rythme et selon sa loi propre.

La Loi de l’Évolution, c’est l’expression de la Loi de la Vie qui fait que tout progresse.  Symboliquement, on dit que l’Évolution va de la droite au cercle en passant par la spirale.  La Loi de l’Évolution est un corollaire de la Loi de Cause à Effet qui veut que toute cause ait un effet et que tout effet découle d’une cause.  En fait, tout arrive conformément à la Loi de l’Être, la Loi des Lois.  Ainsi, le but de la Vie ne conduit pas au bonheur dans le monde, dans un paradis artificiel de matière, mais elle impose l’expérience comme moyen de se perfectionner, de s’accomplir.  L’expérience ressort en effet de la connaissance des effets qui résulte des causes (paroles, pensées, sentiments, actions).  L’expérience est l’objet de la vie.  De même que le développement de la volonté qui est la force au moyen de laquelle chacun met en œuvre les résultats de son expérience.

L’Évolution est conditionnée par trois facteurs: la limitation (résistance de la Matière), la manifestation périodique (respect des Cycles) et l’expansion (ouverture de conscience).  Elle fait que la Vie s’emprisonne dans divers aspects, se développant dans des formes toujours supérieures, plus propres à ses impulsions, jusqu’au moment de la libération consciente ou de la maîtrise totale.  Toute évolution suppose un changement et un effort.  Dans la vie, tout est en état de tension, parce que tout progresse, veut s’achever, s’accomplir.  Le Cosmos ne connaît aucun repos parce que le repos marquerait la fin de la vie.  De la matière organique à la matière inorganique (minérale), les corps subissent une physique et une chimie sans fin.  Pour être caché à l’œil humain, l’effort interne des métaux n’est pas moins âpre ni moins continu que la vie de l’homme.  Partout les échanges moléculaires se poursuivent incessamment, indéfiniment.

L’être humain n’échappe pas à cette dynamique, qui l’englobe en entier, depuis son corps physique (charnel) jusqu’à sa partie spirituelle.  Pas un de ses gestes, depuis le premier au dernier, ne témoigne pas d’un effort physique, psychique ou spirituel: effort contre les obstacles, défi des limitations, adaptation aux circonstances et au milieu, création interne continue.  L’homme ne peut accéder à l’indépendance, à l’autonomie, à la liberté, sans d’incessantes frictions, des heurts continuels à la frontière de son espace psychique.  Chaque obstacle se présente à lui pour lui apprendre une leçon, pour le confronter à lui-même, non pour le punir ou l’écraser.  C’est par le défi de l’obstacle qu’il développe son intelligence, son initiative, sa force, sa résistance, sa robustesse, sa confiance, sa foi.  L’obstacle et la nécessité mènent mieux à la créativité que la facilité.  L’obstacle apparaît donc comme un Poteau indicateur, un jalon, une balise, non comme une sanction ou un malheur.

Tout ce qui contribue à manifester le Plan divin est appelé à grandir indéfiniment; tout ce qui s’oppose au Plan divin est appelé à être anéanti, tôt ou tard.  Cette loi préside au développement de la conscience, permettant au germe latent de l’âme (source de la sensibilité et du sentiment) de puiser dans le Grand Tout.  Cette conscience se développe progressivement, en spirale, au sein du Cercle divin.  La Forme se manifeste d’abord de façon dense et stable.  Puis, la Lumière la pénètre, initiant le cycle de l’Évolution, lent d’abord, puis de plus en plus accéléré.  Si la forme résiste, se contracte, se cristallise, la Lumière la détruit, la pulvérise, la renvoyant au Chaos primitif, d’où elle pourra la réutiliser sous d’autres formes plus souples et réceptives.  Si la Forme collabore, par’ sa réceptivité, le rythme évolutif s’accroît sans cesse jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus aucunement limiter la Lumière (transmutation, transfiguration).  Puis elle l’entraîne avec elle au Royaume des Archétypes (Illumination).  Tout progrès s’accomplit selon un cycle d’occultation et d’illumination.  Toute faculté précédemment acquise est pour ainsi dire momentanément voilée, donc apparemment perdue, pour être plus tard retrouvée sous une forme supérieure, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement maîtrisée.  Ainsi, le progrès suit une progression en spirale autour de la Montagne sacrée de l’Initiation.

Dans son évolution personnelle, l’homme peut s’entraver grandement, par méprise ou ignorance.  Trop centré sur la matière et la sensualité, il dresse devant lui des obstacles physiques.  S’il s’active trop ou se surmène, abuse de sa sensualité, il se crée des blocages dans l’éthérique.  S’il recherche trop les émotions et les attachements, il s’entrave dans l’astral.  S’il développe trop son intellect, par un goût trop prononcé du raisonnement et des études, il se limite au niveau mental.  S’il recherche trop les faits de l’esprit, comme le spiritisme, l’occultisme, la parapsychologie, l’abus de la parole, il s’entrave au niveau psychique ou causal.  S’il cherche trop à se désincarner, négligeant son corps, son instrument d’expérience dans le concret, il se restreint au niveau animique.  S’il mène une quête spirituelle trop affective, trop moralisatrice, trop sacrifiée, exagérée, il se freine au niveau mystique.  Un peu de tout sans abus: voilà la Loi du Juste Milieu.  Car, comme le disait Satprem: Le progrès, en définitive, ne consiste pas tant à s’élever qu’à décanter tout ce qui encombre — Quant on est clair, tout est là.  L’homme est déjà un être entier, complet, total et parfait en lui-même: il ne lui reste qu’à en retrouver le souvenir.

Ce même auteur mystique avait dit ailleurs: L’évolution, c’est la découverte consciente du Grand Milieu et de la Grande Loi: ces millions et ces millions de petits agrégats qui découvrent chacun la merveille du Grand Tout qu’ils sont…  Le but de l’évolution, c’est une conscience totale, de même que le but de la graine c’est un arbre total…  L’évolution, c’est s’apercevoir de ce qui est vraiment là…  L’évolution ne construit pas des civilisations, elle construit des consciences de plus en plus larges.  Aïvanhov ajoutait pour sa part: Si vous tenez vraiment à votre évolution, à votre renforcement, à votre victoire définitive, il faut travailler pour l’harmonie: harmoniser tout votre être avec les forces de l’univers.  Toute la puissance du disciple est justement dans sa volonté de se mettre en harmonie.

LA LOI DE L’ÉVOLUTION

Selon les auteurs, ce principe cosmique de la Loi unique porte diversement les noms de loi de la Croissance, du Progrès, du Développement ou de l’Expansion infinie.

Apparemment, bien que l’Être unique et suprême, qu’on appelle Dieu, soit intangible et immuable, tout change, tout bouge, tout évolue vers une réalité plus achevée, d’après le point focal sur lequel l’être individuel, qui fait l’étude de sa Réalité globale, porte sa conscience.  Pour l’être incarné, désireux d’accéder à la liberté et à la co-création avec la Source divine, par la connaissance parfaite de lui-même, cela suppose l’exploration de tous les plans de la Conscience divine à partir du plan de la densité et de la dualité, jusqu’au plan transcendant de l’Être-Un, à partir de l’oubli le plus complet qu’il soit possible de sa Réalité divine.  Mais, pour celui-ci, il ne s’agit que d’une obnubilation volontaire et passagère, qui implique le maintien d’un lien ténu d’énergie avec la Source originelle, ce qui laisse comprendre que sa quête spirituelle individuelle devient, non la nécessité d’engendrer une réalité parfaite de lui-même, mais l’obligation de redécouvrir consciemment sa Réalité primordiale.

Pour comprendre le sens de ces premières assertions, il faut comprendre que pour sortir de l’influence prédominante de la Source divine, l’être humain devait s’écarter d’elle jusqu’à un point où il pourrait apparemment s’en séparer, afin de prendre conscience de sa propre réalité.  Pour ainsi dire, tant qu’il prenait son être dans la Lumière intense de son Créateur, il ne détenait aucune existence individuelle, vibrant au rythme même de Dieu sans pouvoir prendre conscience de la moindre réalité subjective.  Pour développer une conscience connaissante propre, il devait s’imposer des conditions particulières, à partir d’une plongée dans les plans inférieurs, afin d’atteindre le plan le plus bas ou le moins vibrant qui, lui évitant se densifier de manière irréversible, lui permettrait, par sa propre expérience, un réveil progressif lui assurant de pouvoir remonter jusqu’à son Royaume originel.

C’est ainsi que l’Esprit s’est enveloppé de couches successives d’énergie de plus en plus denses pour parvenir jusqu’à la matière sans la pulvériser, le lien qui le gardait uni avec l’être incarné faisant office de son âme, soit d’un centre intermédiaire ou d’un médiateur réversible assurant la communication des instances du Monde d’en haut avec celui d’en bas, soit du Ciel avec la Terre, ce qu’il est convenu d’appeler l’Alliance éternelle de Dieu avec sa créature.  Pour ainsi dire, l’âme s’est revêtue de matière pour se dégrossir, pour prendre conscience d’elle-même et développer son libre arbitre à travers de multiples expériences.  Cela lui assurait, au terme de son périple d’exploration, de retourner à la Source unique dans la pleine conscience d’elle-même et s’assumer un rôle d’associée avec le Créateur unique.  Dans cette acceptation de plonger jusqu’aux confins ou à la périphérie de la Conscience cosmique, par l’âme, l’Esprit divin, apparemment individualisé, se permettait d’accélérer son expérience de connaissance complète de lui-même.  Autrement dit, il parvenait à valider concrètement ses concepts subtils dans son jeu de Sujet unique qui se prend pour Objet de sa contemplation par l’intermédiaire d’une infinité d’Étincelles divines.

Dans ce contexte, l’âme humaine n’est qu’un centre de l’action divine à travers lequel le Pouvoir divin opère en permanence pour s’assurer d’une plus grande expression et d’une plus vaste expansion dans un schème de croissance ordonnée.  Par chaque âme, quelle que soit l’apparence qu’elle revêt, le Pouvoir divin projette toujours vers l’avant, vers une forme plus complète, plus achevée, plus raffinée, de manière à produire de nouvelles conditions.  À travers elle, le Centre divin exprime ainsi un Pouvoir autant créatif que directif puisqu’il porte une intention et un but ultime.  Dans ce processus évolutif, l’Individualité, qui représente la Véritable Émanation divine en chaque être, tend toujours à s’unir à l’Esprit de Vie puisque l’évolution prend la direction de la périphérie vers le Centre unique.

En cela, la personnalité (qu’on appelle diversement l’ego ou le petit moi), créature illusoire du mental, peut retarder le processus de retour à la Source originelle.  En effet, dans son libre arbitre, l’être individuel croît en conscience selon ce qu’il découvre, soit selon ce qu’il connaît et comprend, surtout selon ce que, stimulé par ses désirs et flatté dans sa sensualité, il en vient à affirmer avec prédilection.  Ce sur quoi il centre son intellect, il le voit germer et donner fruit, de l’invisible à la réalité tangible, du plan causal au plan matériel.

Pour évoluer, au vrai sens spirituel, un être doit partir d’où il en est, soit se reconnaître comme il est, avec ces grandeurs et ses faiblesses apparentes, donc être lui-même, puis apprendre à se connaître davantage à travers ses expériences.  En développant cette attitude, il gagne en sérénité et il s’assure de progresser.  Aussi doit-il retenir que, tout au long du jour, les idées qui occupent son esprit, comme les ressentis qu’il éprouve, déterminent, pour le meilleur ou pour le pire, l’orientation de son destin.  Que cela se passe consciemment ou inconsciemment.  Il en va de même pour les paroles, qui ajoutent la vibration sonore à l’énergie de la pensée et des sentiments, et des actes  qui les concrétisent.  Ainsi, puisqu’il vit dans un système mental, tout ce qui se produit dans la vie d’un être incarné ne provient, en réalité, que de l’expression de sa pensée qui supporte son sentiment, alimente sa parole et détermine son agir.  De ce fait, ce qui est communément appelé progrès ou évolution n’est rien d’autre que l’expression concrète de l’idée de plus en plus juste, adéquate, cohérente ou pertinente qu’un être se fait de Dieu et de son but ultime.  Cette idée résulte d’une maturation spirituelle normale ou d’une expérience douloureuse qui l’y prépare, selon la réceptivité et la motivation à l’éveil de chacun.

Alors, il faudrait comprendre pourquoi certains êtres, très extériorisés, donc très matérialistes, mettent autant de temps à se joindre de bon gré au mouvement évolutif.  La raison réside dans le fait qu’ils n’y tiennent pas tellement par manque de confiance ou par ignorance.  Ils ont omis de se poser les bonnes questions relatives au motif de leur incarnation.  Car celui qui demande reçoit;  celui qui cherche, finit par trouver;  celui qui frappe à la Porte de la Réintégration, se la voit ouvrir.  Dans l’ordre terrestre, un plan jusque-là très dense, toute découverte d’une vérité supposait une résistance préalable, justifiable, en ce sens que même le chercheur inconscient veut savoir de quoi une réalité retourne avant de l’accepter.  Longtemps, il présume une sécurité dans ses croyances ou son faux savoir et il craint de la perdre en les abandonnant pour accepter le vrai savoir.  Il est un fait que celui qui s’acharne à défendre un point, surtout s’il est faux ou peu sûr, s’empêche de découvrir les autres aspects de la Vérité.  Qui pourrait remplir de vin nouveau une urne pleine de vieux vin?  Du reste, il paraît que le mélange du vieux vin avec le vin nouveau gâche tout le plaisir d’une libation!

Ces considérations amènent à se demander comment l’être piégé dans la matière et la dualité peut se changer pour réussir à évoluer.  En tout temps, un être doit vive comme il l’entend, respecter son rythme, agir selon ses connaissances et ses moyens.  Et il doit agir ainsi sans remords ni sentiments de culpabilité.  La sagesse rappelle qu’il vaut mieux faire plusieurs erreurs par jour que de ne rien faire, car l’expérience amène toujours à découvrir une plus large part de la Vérité par le développement de la vérité personnelle.  Ne serait-ce qu’en apprenant ce qu’il convient d’éviter.  Tous les chemins mènent au Centre éternel.  Toute expérience comporte sa part de lumière.  En rejetant la fausse loyauté et l’attachement stérile, chacun gagne à s’écarter des objets, des situations, des milieux et des êtres qui ne lui plaisent pas.  Il gagne encore à se dégager de toute responsabilité fausse et fictive, nul n’étant responsable que de lui-même, et chacun de lui-même.  Pour le reste, se faisant lucide, il n’a qu’à apprendre à discerner entre ce qui fait la vérité et ce qui forme une idée préconçue.  Plus encore, il gagne à apprendre à s’ouvrir à l’inspiration qui lui provient d’en haut, par l’intérieur.

L’ÉVOLUTION, TEXTE ENRICHI

L’évolution recouvre la suite graduelle des transformations cosmiques, qui vont dans un même sens, à travers des cycles, révélant des changements insensibles vers une forme plus achevée et parfaite.  Elle peut désigner le mécanisme par lequel l’individu accède à la perception juste de la réalité et de sa propre intégration au Cosmos unificateur.  Elle peut encore inclure le développement progressif et le perfectionnement de toute la manifestation, impliquant un progrès ordonné.  Il s’agit du franchissement progressif des plans de conscience dans la quête d’identification avec l’Étincelle divine et de la fusion avec Dieu.  Elle implique les transformations successives de la conscience.  Elle représente la quête d’une union toujours accrue avec son Grand Soi pour faire l’expérience d’états de conscience plus élevés, raffinés ou achevés.  Dans un dernier sens, il se peut qu’elle ne traduise qu’une impulsion vers un objectif supérieur.

L’Évolution représente le Jeu amoureux de l’Émanation ou la Manifestation de l’Esprit dans les plans mental et physique.  Pour se produire, elle requiert un engagement ferme, une discipline et l’attention (le fait d’être témoin de ses pensées, de ses émotions et de ses actions) et l’alignement de la volonté humaine sur la Volonté divine.  Nul ne sera sauvé par procuration ou par interposition de personne, chacun sera sauvé par son propre Soi divin.  L’Évolution permet de comprendre qu’on est un être immortel qui doit se connaître ou se reconnaître, donc retrouver son statut divin voilé ou perdu.  Elle mène à retrouver la Conscience divine qui amène à s’exprimer par l’amour et le service inconditionnel en tant que partie intégrante de la Conscience directrice du Créateur.

En fait, l’évolution témoigne davantage des progrès de la Puissance de la Conscience divine pour dominer les limites physiques et tous les états de conscience qui limitent apparemment la pleine expression de l’Amour de Dieu dans tous les Royaumes d e l’Intelligence.  Elle témoigne de la validation dans l’expérience concrète des concepts divins liés autour d’un But ultime.  De ce fait, on a pu la définir comme le processus sans fin de la formation du Corps divin (Cosmos) à partir de l’information que Dieu détient ou, plus clairement, comme le développement progressif, en perpétuel perfectionnement, de toute la Manifestation à travers les Cycles qui mènent à l’Unité.  Et, pour évoluer spirituellement, nul n’a besoin de se retirer du monde sous prétexte de vivre dans un environnement parfait, exempt de négativité autour de lui.  Ainsi, tout tend à la perfection, par l’accroissement de la fréquence vibratoire, devenant plus élevé et achevé dans ses manifestations.  En cela, toute révolution est une entrave à l’évolution.  L’être humain s’est incarné pour apprendre à fusionner avec sa Conscience divine au milieu des différentes énergies présentes sur la Terre.  On évitera de croire que la quête intérieure et la vie quotidienne sont deux choses distinctes, car il n’existe pas de parenthèses sacrées, mais la vie unique.  La vie propose l’Initiation dans l’or de tout instant à travers le service auquel le cœur est appelé.

Selon le point de vue, le mot «évolution» et le mot «involution» peuvent devenir synonymes, selon les Textes sacrés qu’on lit, alors qu’ils signifient exactement le contraire.  Il faut donc comprendre à quel niveau de compréhension l’auteur mystique se place.  En général, au niveau ontologique de la Manifestation, le cycle de l’Involution représente le cycle de la construction des Mondes, dans le Cosmos, le cycle pendant lequel les vibrations s’éloignent de Dieu et, en conséquence, se densifient.  Le cycle de l’Évolution représente alors celui pendant lequel les Mondes, dans le Cosmos, se désintègrent ou se raréfient, devenant plus subtils, parce qu’ils se rapprochent de Dieu qui les aspire en les illuminant.  Au niveau mental, c’est le contraire qu’il faut comprendre.  On dit que l’homme évolue tant et aussi longtemps qu’il descend dans la Matière, construit ses véhicules et élabore sa substance.  On dit qu’il régresse à partir du moment où, lassé de la Matière, dont il a éprouvé la vanité ou dont il a épuisé toutes les ressources qui l’ont rendu conscient, il se convertit, retourne sa conscience, dans un désir de réintégrer la Maison du Père, le Centre divin.  Il évolue donc du Point Alpha (le Point de départ, la Source) à la Matière, mais il involue de la Matière à l’Oméga (le Point d’aboutissement de son cheminement, le Retour à la Source).

Tout est en perpétuel mouvement, en éternel changement.  Mais le mouvement du changement peut aussi bien être évolutif qu’involutif.  Pour expliquer l’apparente contradiction des Textes sacrés, à laquelle nous venons de faire allusion, la Rose-Croix propose l’éclairage suivant.  Pour eux, l’Évolution commence en toutes choses lorsque l’impulsion initiale d’un ordre, d’un projet, d’un objectif nouveau, forcément supérieur, se manifeste.  Elle s’amorce donc par la perception d’un état idéal qui surpasse celui qui existe déjà.  Ainsi, au niveau de la Matière, l’idéal se manifeste par la Forme pure, mais, dans la Conscience, elle se manifeste par la spiritualité, l’Illumination.  Quant à l’Involution, elle commence en toutes choses lorsque la Forme ou l’Expression supérieure de leur évolution est achevée.  Elle commence donc lorsque ce que leur germe contenait en puissance a porté fruit.  Alors, au niveau de la Matière, les Formes se désagrègent, mais, dans le mental, les capacités ou les aptitudes s’affaiblissent et s’amenuisent.

Au sens large, la Rose-Croix tire finalement la conclusion que le Plan des choses, dans son ensemble, tant qu’il exprime ses potentiels, constitue l’Évolution, tandis que, lorsque les choses du Plan retournent à leurs éléments fondamentaux, conservant en puissances leur force de renouvellement, cela constitue l’Involution.  Il en serait ainsi parce que la Matière, qui est Esprit condensé, mais quand même Esprit, serait étroitement liée à la chimie de la vie, en même temps qu’à d’autres principes d’utilité et de beauté, et évoluerait en aspirant à la forme qui maintiendra le mieux la vie.  Ainsi, bien qu’une forme vivante puisse, à son terme, entrer dans un cycle évolutif, en se désagrégeant en ses éléments d’origine, la vie, dans sa renaissance, par le processus d’évolution, atteint de nouveau son précédent état d’élévation, en vertu des diverses formes par lesquelles elle est passée antérieurement.  Chacune des formes, par sa variété, donne naissance à une impulsion nouvelle, permettant à la vie de se perpétuer, en transcendant ses précédentes manifestations.  D’ailleurs, la vie, lorsqu’elle a atteint un degré élevé de développement ou d’accomplissement, commence toujours son expression séparée par la forme la plus élevée qu’elle a atteinte précédemment, malgré que cette dernière forme comprenne les autres formes évolutives (stades évolutifs) par lesquelles elle est passée.

Pour résumer, nous conserverons cette nomenclature pour nous entendre sur le sens de l’Évolution et de l’Involution.  Nous retiendrons le mot évolution au sens d’expansion de la conscience (progrès de la vie) et le mot involution au sens de rétrécissement de la conscience (repli ou retrait de la vie).  Évoluer, c’est donc agrandir sa conscience en passant d’une expression inférieure à une expression supérieure de son être.  Évoluer, c’est intensifier ses vibrations en développant sa sensibilité à l’intuition, à la voix intérieure de l’Esprit.  Évoluer, c’est se transformer de façon graduelle et continue en progressant à son rythme et selon sa loi propre.  L’évolution se produit naturellement avec l’accroissement de son observation, de son attention, donc de sa conscience.  Elle se développe proportionnellement à l’intensité de son contact avec les dimensions élevées, au-delà du plan terrestre.  Ce contact assouplit l’être l’amenant à concevoir que tout est possible quand l’esprit s’ouvre à explorer l’inconnu de l’Infini.  En fusionnant avec son Grand Soi, tout être augmente ses facultés psychiques.  Il n’est pas nécessaire de développer des hautes facultés pour évoluer spirituellement, mais elles peuvent faire partie de son évolution.  Un être peut les développer consciemment ou les laisser apparaître naturellement au cours de son cheminement.

Plus un être évolue, plus il apprend à diffuser la lumière pour renforcer et recharger sa propre énergie et celle des autres, en commençant par ceux qui sont plus près de lui.  L’être en vient à faire tellement confiance à sa capacité de ressentir l’énergie qu’il se sent partout en sécurité.  Il capte ses directives intérieures clairement et il agit en conséquence.  Il s’harmonise facilement avec l’énergie des différentes personnes qu’il rencontre.   Il apprend à devenir transparent, même à transformer les énergies négatives.  Devenant amoureux au vrai sens du terme, il rencontre la paix partout où il va.  Jour après jour, s’élevant à des niveaux plus élevés de conscience, il devient plus conscient des énergies subtiles des autres dimensions, des autres formes de vie.  Il accroît son aptitude d’engendrer des changements rapides et constructifs dans son corps physique, découvrant les moyens de se guérir lui-même.  Il dissout ses peurs ou, tout au moins, il apprend à les regarder en face quand elles surgissent, sans en être perturbé outre mesure.  Il apprend à leur parler, à leur adresser son amour, à décrypter leurs messages.  Il ressent immédiatement ces moments où il n’est pas au meilleur de lui-même, capable de retrouver rapidement un état d’équilibre, de concentration et de calme.  Surtout, parce que l’évolution est d’abord spirituelle, plus complète que le développement personnel, il se met en contact avec son Pouvoir supérieur et il recourt à ce contact pour renforcer son évolution.  Alors, il ne perçoit plus aucune limite à son potentiel d’expansion.  Le plus grand piège de l’évolution, c’est de chercher à développer des facultés comme s’il s’agissait de buts en eux-mêmes plutôt que de les considérer comme des outils d’expansion et de rayonnement amoureux.

La Loi de l’Évolution, c’est l’expression de la Loi de la Vie qui fait que tout progresse.  Elle sert d’école aux pénibles sanctions et aux diplômes difficiles à obtenir.  Elle implique avant tout que tout ce qui naît choisisse comme but d’atteindre un palier supérieur.   Car ceux qui n’avancent pas reculent.  Ceux qui reculent trop loin sont consumés dans le brasier de la dissolution.  Ceux-là commencent par stagner, ils s’endorment et régressent, subissant le fouet de la douleur et la cravache de la souffrance.  La loi de l’Évolution inculque un mouvement perpétuel vers l’avant.  Ce qui fait que chacun est poussé à avancer, à travers son inconscience, jusqu’à apporter sa collaboration volontaire à sa propre déification.  Car celui qui s’opposerait serait happé dans l’Abîme.  Mais il ne faut marcher ni trop vite ni trop lentement, mais toujours en respectant les lois de la Vie et les nécessités de la Voie évolutive.  Comme le dit l’adage, il faut savoir se hâter lentement.  La montée de la Vie s’effectue au service de l’Esprit divin.

Symboliquement, on dit que l’Évolution va de la droite au cercle en passant par la spirale.  La Loi de l’Évolution est un corollaire de la Loi de Cause à Effet qui veut que toute cause ait un effet et que tout effet découle d’une cause.  En fait, tout arrive conformément à la Loi de l’Être, la Loi des Lois.  Ainsi, le but de la Vie ne conduit pas au bonheur dans le monde, dans un paradis artificiel de matière, mais elle impose l’expérience comme moyen de se perfectionner, de s’accomplir.  L’expérience ressort en effet de la connaissance des effets qui résulte des causes (paroles, pensées, sentiments, actions).  L’expérience est l’objet de la vie.  De même que le développement de la volonté qui est la force au moyen de laquelle chacun met en œuvre les résultats de son expérience.  Évoluer, croître ou grandir, c’est rentrer en soi au Centre spirituel de son être, rétrécir à l’intérieur de ses masques, remonter et rapetisser jusqu’à l’Atome premier, le Soleil de toute éternité.

L’Évolution est conditionnée par trois facteurs: la limitation (résistance de la Matière), la manifestation périodique (respect des Cycles) et l’expansion (ouverture de conscience).  Elle fait que la Vie s’emprisonne dans divers aspects, se développant dans des formes toujours supérieures, plus propres à ses impulsions, jusqu’au moment de la libération consciente ou de la maîtrise totale.  Toute évolution suppose un changement et un effort.  Dans la vie, tout est en état de tension, parce que tout progresse, veut s’achever, s’accomplir.  Le Cosmos ne connaît aucun repos parce que le repos marquerait la fin de la vie.  De la matière organique à la matière inorganique (minérale), les corps subissent une physique et une chimie sans fin.  Pour être caché à l’œil humain, l’effort interne des métaux n’est pas moins âpre ni moins continu que la vie de l’homme.  Partout les échanges moléculaires se poursuivent incessamment, indéfiniment.

L’être humain n’échappe pas à cette dynamique, qui l’englobe en entier, depuis son corps physique (charnel) jusqu’à sa partie spirituelle.  Pas un de ses gestes, depuis le premier au dernier, ne témoigne pas d’un effort physique, psychique ou spirituel: effort contre les obstacles, défi des limitations, adaptation aux circonstances et au milieu, création interne continue.  L’homme ne peut accéder à l’indépendance, à l’autonomie, à la liberté, sans d’incessantes frictions, des heurts continuels à la frontière de son espace psychique.  Chaque obstacle se présente à lui pour lui apprendre une leçon, pour le confronter à lui-même, non pour le punir ou l’écraser.  C’est par le défi de l’obstacle qu’il développe son intelligence, son initiative, sa force, sa résistance, sa robustesse, sa confiance, sa foi.  L’obstacle et la nécessité mènent mieux à la créativité que la facilité.  L’obstacle apparaît donc comme un Poteau indicateur, un jalon, une balise, non comme une sanction ou un malheur.

L’évolution vise à apprendre à être, tout simplement, à mieux être à chaque instant, dans la confiance en Dieu et en l’Univers, et à grandir sans cesse dans l’amour et la Lumière.  Elle vise d’une part à apprendre à s’individualiser (à fusionner avec son âme) et, d’autre part, à se relier au Tout simultanément.  Elle vise à découvrir ce qu’est la vie, la vérité et l’amour qui l’exprime.   Pour l’âme, l’évolution est le critère primordial.  Pour elle, c’est un processus joyeux et facile.  Elle est toujours disposée à aider l’être incarné pour qu’il en soit ainsi.  Mais le mental, pour sa part, peut préférer évoluer à travers la douleur plutôt qu’à travers la joie et la douceur.  L’âme, qui respecte le libre arbitre, suit la voie que le mental choisit pour opérer les changements requis pour l’évolution.  Pour l’âme, c’est l’évolution qui est le but final, non le moyen pour y parvenir.  Elle laisse le mental évoluer à son gré et à son rythme, lui permettant de choisir ses buts et les changements qu’il désire.  Plus le mental s’unit intimement à l’âme, mieux l’Esprit l’aide à évoluer dans la sérénité.  Pour évoluer, il suffit de reconnaître, par l’observation, ce qui sert à exprimer le meilleur de soi (sa conscience la plus élevée) et y adapter ses comportements et ses choix, en se dirigeant vers l’Unité et en s’éloignant de la séparation.  L’évolution demeure un mouvement vers la Vérité dont l’ultime expression est l’Unité.  Elle consiste à amener les différentes visions de son être à accepter sa vision la plus élevée, porté par son Être intérieur, pour réaliser son but ultime.

Il faut aimer d’un même amour tous les moments de son processus d’évolution spirituelle puisqu’il passe par des cycles agréables et désagréables, fastes et néfastes.  Il faut faire de petits pas, évitant de faire des grands pas pour que toutes les dimensions de l’être évoluent dans la cohésion et la synchronisation.  Autrement, on risque de se fracasser la margoulette sur la haute marche qu’on cherche à atteindre au lieu d’y mettre vraiment le pied.  Certains jours, on percevra toutes les idées nouvelles, par rapport à la manière de vivre sa vie, alors que d’autres, on ne voudra même pas y penser.  Pour un temps, on fera un travail intérieur intense, mais, à d’autres moments, on ne voudra faire qu’un petit nombre de changements dans sa vie extérieure.  Tout fonctionne par cycles, même la croissance spirituelle.  Tantôt on cherche à prendre une retraite loin du monde tantôt on est poussé vers le monde extérieur.  Tantôt on veut s’activer tantôt on veut paresser.  L’intensité de sa concentration sur son évolution croît et décroît au fur et à mesure qu’on s’ouvre à de nouvelles réalisations et qu’on les intègre ensuite au reste de sa vie.  Dans un cas comme dans l’autre, inutile d’essayer de se changer, il faut savoir simplement s’aimer soi-même tel que l’on est.

En réalité, c’est le Soi supérieur qui mène vers tous ces états et ces transformations parce qu’on en a besoin pour évoluer spirituellement.  Il est toujours présent, prêt à guider et à aimer.  Par lui, on détient toutes les réponses en soi-même.  La croissance spirituelle passe par un chemin individuel sur lequel il importe de suivre sa propre sagesse intérieure à propos de ce qu’on doit faire et du moment où on doit le faire.  Il reste à comprendre que, quoi qu’on fasse à chaque instant, cela est parfait pour soi.  Il faut arrêter d’essayer d’être parfait.  Tout ce qu’on fait est déjà parfait.  Il faut laisser tomber tous ses jugements sur son degré d’évolution ou sur ce qu’on devrait faire pour grandir spirituellement.  La clef maîtresse, c’est de s’aimer, d’aimer ce qu’on est au niveau évolutif dans le moment présent.  On gagne à abandonner les vieilles programmations et les vieilles croyances qui ne servent plus pour s’élever sans cesse dans la conscience.  Et tout, partout, y concourt.  Il suffit d’agir à partir de son cœur, de faire confiance à ses messages intérieurs et d’agir selon ces derniers.  Un plus grand calme s’installera en soi si on prend du plaisir à vivre et si on comprend sa vie.

En évoluant, on trouve un sens plus clair de ses intentions, un plus grand sentiment de responsabilité et une plus grande compréhension des événements.  On parvient à créer tout ce qu’on désire de plus en plus rapidement, on maîtrise plus facilement tout ce qui semblait être un grand défi, on apprend ses leçons de vie plus rapidement, on affine ses outils pour évoluer toujours plus vite.  Pour évoluer, il faut affirmer son engagement à atteindre sa haute destinée et à servir le monde, en communion avec la grande communauté d’êtres évolués dont on fait partie pour capter leur amour et leur soutien, en s’unissant toujours davantage à sa Conscience divine.  Alors, on découvre ne faire qu’un en soi-même et avec le Tout.  À chaque instant, il suffit de se demander ce qu’on peut faire, dès  maintenant, pour contribuer au mieux à son évolution spirituelle, écouter pour bien saisir la réponse, puis l’appliquer.

Tous les aspects de sa vie quotidienne ont un impact également important sur son évolution spirituelle.  Bien s’oxygéner, bien se nourrir, bien dormir, gagner son pain, payer son logis, prendre du bon temps, développer son autonomie et son autosuffisance.  Tout importe autant que de méditer pour recevoir des directions de son Grand Soi.  Un être évolue en vivant sa vie dans sa totalité, non pas en cherchant à échapper aux contingences de sa vie pour vivre en ermite.  Chacun est là, sur la Terre, pour apprendre de chaque être, de chaque situation, de chaque défi.  Chacun est là pour apprendre à être pleinement présent et conscient de ce qui se passe en lui et autour de lui, ajoutant plus d’amour et de lumière, donc plus d’harmonie et de clarté à tout ce qu’il fait.  L’évolution spirituelle consiste à apprendre à bien gérer sa vie dans tous les domaines, de ses relations personnelles à ses relations professionnelles à ses relations spirituelles.

En rayonnant la lumière spirituelle acquise dans tout ce qu’on fait, en le faisant plus consciemment, plus amoureusement, en transformant chacune de ses expériences en une occasion de grandir, on fusionne avec son Soi spirituel.  Au départ, il se peut qu’on ne parvienne pas souvent à se centrer sur sa croissance spirituelle.  Mais, avec le temps, cette initiative finira par occuper une partie toujours plus importante de sa vie.  On apprendra à transformer chaque activité en une occasion d’évoluer, de l’activité la plus commune à l’activité la plus noble.  Il faut apprendre à rester centré sur ce qu’on fait dans le moment présent pour tout accomplir dans un état de conscience plus élevé.  Ce n’est pas parce qu’on ne parvient pas à garder son cœur toujours ouvert, à tout vivre dans la félicité, qu’on n’évolue pas ou qu’on s’éveille moins.  Des soucis peuvent survenir, d’ancienne peur surgir.  Et après !  En baignant du mieux qu’on le peut sa personnalité dans la Lumière de son Être intérieur, on parvient à écouter les moments difficiles, à traverser ces moments plus facilement et rapidement.  Les progrès spirituels ne sont pas appelés à toujours devenir immédiatement évidents.  Avec le temps, on apprend à trouver ou à retrouver un état de conscience élevé.  Ses visions intérieures se font plus fréquentes, les coïncidences se précisent, les liens psychiques s’éclairent, les éclairs de connaissance intérieure surviennent plus souvent.  Il s’agit de reconnaître ces moments privilégiés pour les amener à se répéter et à se prolonger.

Chaque pas vers une conscience plus élevée rend le prochain pas plus facile.  En cela, plus on se rapproche de l’éveil, plus on reconnaît les signes de son progrès.  On peut passer des années à établir des fondations, sans noter trop de changements.  Puis, un jour, on progresse simultanément dans plusieurs domaines.  Alors, sa croissance s’accélère parce que, sans s’en rendre compte, à un certain niveau, on se donnait les outils pour prendre en charge sa propre évolution.  Au début, on est moins conscient de ce qu’on fait pour orienter son évolution,  Aussi aura-t-on intérêt à ouvrir ses centres énergétiques surtout en tirant les leçons de ses expériences ordinaires et en aidant les autres.  Les résultats sont moins apparents parce qu’on apprend d’abord à affirmer sa personnalité.  Ensuite, on peut agir sur ses centres d’énergie (centres émotionnel, mental et spirituel) en apprenant à méditer.

Au début, il faut surtout travailler sur sa personnalité qui peut souvent se sentir trahie par le rôle sans cesse accru qu’assume son Grand Soi dans sa vie.  Elle suggère qu’on se protège davantage contre les influences subtiles, qu’on se méfie des pas que l’on fait, qu’on cesse son cheminement.  Alors, on peut connaître des phases de colère, de dépression, des fluctuations émotives, la sensation de ne plus être soi-même ou de ne plus s’appartenir.  En pareil cas, il faut savoir se donner beaucoup d’amour et se déterminer à aller de l’avant, en appelant son Grand Soi à apporter son réconfort, à donner des indices qu’un monde meilleur s’engendre.  Dans ces cas, on est en croissance accélérée, établissant une nouvelle et profonde connexion avec son Être intérieur.  Sans trop s’en rendre compte, on œuvre à relâcher de vieilles habitudes, les voyant remonter à la surface.  Il faut demander une direction accrue pour abandonner ces vieux schémas afin que de nouveaux émergent.  C’est ainsi qu’on permet au meilleur de soi-même d’émerger.

Chacun doit se faire ce présent d’évoluer envers et contre tout, envers et contre tous.  On doit éviter de repousser l’agression à son pouvoir personnel en attendant qu’un autre le fasse à sa place ou aide à le faire.   Il faut éviter d’attendre que les autres soient aussi prêts que soi à évoluer pour choisir de le faire.  Il y va de son propre salut, de son propre bonheur, de son propre accomplissement.  Chacun doit plutôt faire de son comportement un exemple dont on peut s’inspirer, non s’imposer intégralement.  Accepter d’évoluer, c’est le plus grand cadeau qu’on puisse se faire.  En évoluant, on se donne des instruments pour transformer plus facilement sa réalité, même au niveau physique.  On accroît la maîtrise de sa vie.  Et l’énergie qu’on y consacre revient multipliée.  Plus on évolue, plus il est facile de manifester ce qu’on désire.  Évoluer, c’est un engagement personnel à son endroit, la seule façon de répondre de manière responsable aux attentes de son Soi supérieur.

Pour évoluer spirituellement, il importe de savoir qu’on crée sa propre réalité, que, dans son présent, on engendre son futur probable.  Aussi faut-il savoir prendre la responsabilité de tout ce qui arrive à soi et accepter de créer la vie qu’on désire.  Chacun est la source, le créateur de sa propre vie par ses pensées, ses ressentis, ses paroles, ses croyances, ses intentions, ses actions.  Voilà ce qui détermine ses vibrations comme celles des personnes, des objets et des circonstances qu’on attire dans sa vie.  En cela, ses sentiments et ses intentions déterminent la vitesse à laquelle on obtient ce qu’on dit et pense.  Son monde intérieur détermine son monde extérieur.  Créant sa propre réalité, on peut choisir la réalité qu’on désire.  Chaque décision qu’on prend et chaque choix qu’on fait orientent sa réalité.  Il faut éviter de se laisser méduser par le délai nécessaire entre l’expression d’une pensée et sa réalisation qui amène à ignorer ce fait ou à croire le contraire, à savoir qu’on est l’objet du cours de la vie, à la merci de forces énormes et incontrôlables.  On doit plutôt croire qu’on crée toute expérience comme une occasion favorable d’évoluer pour transformer son monde et tout le monde.  C’est en acceptant qu’on crée sa réalité qu’on désire le faire, qu’on apprend à le faire, qu’on développe sa puissance et qu’on devient maître de sa vie.  Ainsi, on apprend à toujours se donner davantage à tous égards, en choisissant sans cesse le meilleur pour soi.  En cela, il n’y a pas de limite à ce qu’on peut obtenir et réaliser, car on peut exprimer son plein potentiel pour devenir tout ce qu’on peut être.  Mais il faut commencer par savoir manifester ce qui est vrai pour soi.

Chaque situation fournit une occasion d’évoluer.  Puisque l’Univers fonctionne parfaitement, tout ce qui arrive sert le meilleur de ses intérêts.  Tout ce qui arrive fournit l’occasion de devenir plus fort, plus sage, plus amoureux, plus accompli.  Certaines situations offrent la possibilité d’abandonner un attachement, de laisser partir une émotion qui ne sert plus.  D’autres offrent la possibilité de s’ouvrir à de nouvelles relations ou d’affiner ses sentiments.  En évoluant spirituellement, on obtient une meilleure compréhension des choses, arrivant à saisir la perfection de tout ce qui se produit en soi et partout.  Cette perspective plus large permet d’englober tout son passé dans la certitude que ce qu’on a vécu, qu’on a pu interpréter comme négatif, offrait une occasion d’évoluer, de prendre un nouveau départ, de s’adapter à une nouvelle réalité.  De même, on peut faire confiance que les actions des autres servent également le meilleur pour soi, même si on ne comprend pas encore pourquoi.  Ainsi, peu importe ce qui arrive, il faut croire que, l’Univers étant parfait, tout ce qui s’y passe est parfait.  Au point que si une chose espérée ne se produit pas, on puisse toujours croire qu’une meilleure se prépare.  On doit donc éviter de forcer son Soi supérieur à créer ses images telles qu’on les conçoit et qu’on tient qu’elles se réalisent.  Encore faut-il accepter qu’une plus grande sagesse opère sans cesse.  Son Grand Soi donne toujours autant de bonnes choses qu’on se permet d’en recevoir.  Mais cela devient possible dans la mesure où on se laisse guider par l’intuition, plutôt que par le mental, abandonnant sa propension à vouloir gérer et contrôler chaque minute de sa vie.

L’évolution spirituelle consiste à atteindre de nouveaux niveaux de compréhension relativement à la conscience et à la vie.  C’est le principal but de la vie pour éviter que l’énergie se contracte ou se densifie à travers soi.  Le premier pas de l’évolution consiste à atteindre l’illumination, l’état d’éveil parfait.  En fait, l’évolution d’un être ne cesse jamais, même s’il a atteint de hauts niveaux spirituels.  Dans l’infinité de la Conscience divine, il reste toujours des niveaux supérieurs à explorer.  Les deux éléments fondamentaux de l’évolution constituent la pureté d’intention et l’intensité de son désir.  Plus son intention est pure et plus son désir est intense, plus on s’éveille rapidement, dans la mesure où on ne crée aucune attente ni aucune tension.  La meilleure façon d’accroître son désir d’évoluer, c’est de demander à son Grand Soi d’en faire comprendre et ressentir les avantages, de révéler combien sa vie deviendra meilleure si on suit la voie de l’éveil.

Pour évoluer dans la facilité et la sérénité, il importe d’examiner ses croyances à propos de ce processus.  Il faut purifier ses croyances, les assouplir, s’ouvrir l’esprit, apprendre à faire confiance à l’Univers comme à un ami.  Il faut cesser de croire qu’il faille lutter, souffrir, traverser des crises, mettre bien du temps, sacrifier ses désirs, vivre plusieurs vies pour atteindre l’éveil spirituel.  L’illumination peut se produire soudainement, n’importe où et n’importe quand.  Chacun crée les événements qui le font grandir d’après ses conceptions de l’évolution.  En conséquence, il faut se débarrasser de toutes ses croyances négatives et limitatives concernant l’éveil, se donner la permission d’expérimenter ce qui a une réelle valeur pour soi, d’évoluer de façon plus simple, rapide et facile.  Une des premières choses à faire pour évoluer harmonieusement, c’est d’abandonner ses idées préconçues et ses illusions relatives à son niveau d’accomplissement actuel.  Il n’est pas nécessaire de parvenir à accomplir des prodiges pour être hautement évolué, mais il ne faut pas non plus se leurrer sur ses possibilités réelles.  Le premier pas consiste à apprendre à se centrer vers le haut, de faire son travail quotidien avec amour, en se concentrant sur le service des autres, mais sans oublier de s’accorder la première place.

Nul ne peut évoluer en poursuivant une vérité figée, on ne peut évoluer qu’en modifiant progressivement ses objectifs, même ses idéaux les plus chers.  L’évolution s’exprime par un cheminement personnel.  En cela, seul le Maître intérieur peut se faire le juge des progrès accomplis.  Ainsi, un guide spirituel ne peut qu’orienter les réflexions d’un aspirant vers ce qui favorise sa progression sur le Sentier mystique.  Son rôle consiste à mettre en évidence les clefs nécessaires pour ouvrir les portails menant à l’illumination.  Une des pires entraves à l’évolution, c’est un mental qui regarde les autres évoluer pour les imiter ou qui amène à se regarder soi-même évoluer pour se complaire ou se désespérer de l’état de conscience acquis.  S’analyser, se remettre sans cesse en question ne doit pas aboutir à de tels résultats.  On évolue en s’efforçant, jour après jour, de polir le joyau de son âme par le moyen de ses expériences quotidiennes.  Il faut se concentrer à opérer en soi cette alchimie de l’Être qui peu à peu permet de dissoudre le petit moi (l’ego) pour parvenir à la Conscience cosmique.  L’enseignement initiatique fournit des instruments pour y arriver plus rapidement et avec plus de facilité.  Et ce ne sont pas les instruments qu’il faut questionner dans ses échecs, mais la dextérité de l’artisan.  Il faut que l’apprenti que l’on est paie de sa personne pour développer les moyens de réaliser son propre chef d’œuvre.

Lorsqu’un aspirant rencontre un guide spirituel, l’une des premières questions qu’il lui pose est la suivante : «Qu’es-tu prêt à donner pour obtenir ce que tu cherches?»  Ce qui laisse entendre : «Qu’es-tu prêt à te donner pour parvenir à ton but?»  Il serait bien commode de n’avoir qu’à s’affilier à un Ordre initiatique pour en retirer, du coup, sans effort personnel, sans initiative ni imagination, un maximum de bienfaits et de privilèges, une connaissance poussée des Lois universelles, un développement rapide de ses facultés latentes, la manifestation d’une vie plus intense, mieux réussie, plus heureuse.  Il faut éviter de trop s’enthousiasmer lorsqu’on s’entend parler de la possibilité de réaliser la Maîtrise totale.  Mieux dit, en pareil cas, il faut éviter de sombrer dans la pensée magique.  On ne parvient pas à la Réalisation suprême sans renoncement et sans passer par un long processus évolutif, à la fois analogue et différent pour chacun.  Il faut réprimer son ardeur si on veut éviter que l’élan du début ne se transforme en doute, suite à une expérience ratée, ou en découragement, suite à un apprentissage difficile, à un enseignement ardu.  En outre, en connaissant mieux ses compagnons d’étude, on peut se sentir frustré de leur avoir prêté une trop grande perfection, de les découvrir autres qu’on les croyait, et se laisser envahir par le désir d’aller évoluer seul, d’aller évoluer ailleurs ou de mettre fin à ses recherches.

Pour tout dire, les trois vertus fondamentales de l’évolution sont la constance, le service et l’amour.  On pourrait mieux dire qu’en servant amoureusement, de façon constante, on parvient inéluctablement à la maîtrise de la vie.  Il reste à comprendre ce que signifie servir amoureusement.  On doit comprendre que même les étudiants d’une même philosophie de vie, selon leur développement personnel, leurs aspirations et les possibilités que leur offre leur présente incarnation, ne suivent pas rigoureusement la même progression et ne privilégient pas les mêmes moyens.  Certains préfèrent la concentration et la méditation, d’autres la visualisation et l’action, d’autres le service amoureux et désintéressé.  À différentes périodes de sa vie, un étudiant pourra du reste changer de moyens et de techniques.  Dans ce domaine plus qu’ailleurs, les comparaisons sont vaines et stériles, car il faut laisser l’autre libre sans jamais le juger.  Chacun est appelé à faire fructifier ses talents de la manière qu’il le conçoit lui-même.  Au fil des mois et des années, ce qui importe, c’est de pouvoir constater que l’on progresse, que l’on découvre peu à peu de nouveaux horizons, qu’on élargit son champ de conscience.  Cela, on le constate par le fait qu’on parvient à régler plus rapidement ses problèmes, qu’on sent son bien-être et sa sérénité s’affermir.  On modifie par là l’idée que l’on se fait de l’Idéal en clarifiant sans cesse la perception de ce que l’on est et de ce vers quoi on tend.

C’est cela, évoluer.  Mais on évolue en marchant ensemble, ce qui rassure le pas.  Il faut éviter de se laisser détourner par le chant des sirènes, messagères des illusions matérielles et sensuelles, qui cherchent à détourner de la route, promettant le bonheur dans la vie ou une évolution fulgurante.  Et qu’on ne se décourage pas même si on n’a pas l’impression de progresser aussi vite qu’on le souhaite.  En avançant, on déplace un poids équivalent d’obscurité à la lumière acquise et on se révèle d’abord, dans l’intensité de sa lumière personnelle, l’étendue de l’obscurité de son ignorance.  Au bout de la route, extasié, on découvrira la clef de l’énigme de son évolution : l’illumination.

Pour une large partie, évoluer signifie choisir d’imaginer pour soi ce qu’il y a de meilleur en s’identifiant à son âme, à la partie la plus profonde de son être qui choisit les pensées, les sentiments, les désirs et les réactions à entretenir dans son esprit et dans son être.  L’évolution commence donc par la maîtrise du mental de manière à s’en servir pour garder à ses pensées une nature élevée et constructive.  On ne grandit jamais que dans la mesure où on se donne à plus grand que soi, soit à un idéal plus élevé que ses limites apparentes.  Et on accélère son évolution dès qu’on cherche plutôt à être heureux qu’à avoir raison.  Évoluer dans la joie sereine mène plus rapidement au but que d’évoluer dans le sérieux et la lutte.  L’évolution confère une liberté toujours accrue, par le discernement, la compréhension et la maîtrise de soi.  Elle mène à la perfection dans la maîtrise spirituelle de soi, conduisant à l’accomplissement complet du libre arbitre personnel et universel.  Elle apprend à s’harmoniser avec l’Étincelle divine, en soi, de manière à mener une existence plus vaste et plus riche, dans un juste équilibre de réalisme et d’idéalisme.  On peut l’accélérer surtout en cherchant avec diligence, en renonçant à son petit moi et en demeurant centré sur sa propre croissance et son propre moi en évitant de se mêler indûment des affaires d’autrui.

L’évolution consiste à s’éveiller sans cesse davantage à la réalité de son Soi supérieur pour fusionner avec lui, parvenant à être lui en permanence.  On a pu entendre dire qu’il faut des vies pour atteindre cet état d’illumination, voilà qui peut devenir un piège évolutif.  Car on peut toujours imaginer atteindre l’éveil parfait en une seule vie, donc dans sa présente vie.  Bien sûr, dans le passé, l’Humanité évoluait lentement.  Les énergies du plan terrestre étaient plus denses, le niveau de conscience de la collectivité était déficient, le nombre de maîtres spirituels était restreint.  Pour ces raisons, l’éveil parfait ne devenait possible que pour une minorité, après des années d’entraînement spécifique, souvent étalées sur plusieurs vies.  Le Sentier évolutif restait étroit nécessitant une grande discipline pour le suivre et l’élargir.   Aujourd’hui, à cause du haut niveau de conscience d’un grand nombre d’êtres humains, la vague de lumière qui traverse l’Univers solaire ouvre largement la voie vers les plans supérieurs, engendrant une occasion favorable, pour des milliers de personnes, d’atteindre l’éveil au cours de leur présente vie.  En fait, cette illumination devient possible pour tous ceux qui la choisissent et suivent la direction de leur Grand Soi pour la rendre possible.  Ce choix comporte l’intention d’explorer sans cesse de nouveaux aspects de soi-même pour apprendre à se connaître parfaitement.  Ainsi, nul n’est définitivement lié à la lente évolution du courant de l’Humanité dont il est issu.  Puisque l’initiation de  chacun résulte de son travail constant sur lui-même, cela lui permet de se réaliser plus rapidement que d’autres.  Certains se sont déjà dégagés, dans leur cœur, de toute emprise dense de la Terre.  Hélas, c’est souvent après avoir longtemps cheminé à travers de grandes difficultés qu’on s’aperçoit enfin que la clef se trouvait au point de départ.

Nul ne peut évoluer sans connaître l’erreur présumée ou l’échec apparent avant de connaître la réussite et le succès.  Et cela, Dieu le sait.  Chacun évolue lentement et difficilement parce qu’il se complique la vie.  À trop lire et étudier, on s’établit des programmes rigides, en venant à croire, à tort, que l’évolution peut se structurer et se mettre en formules, ce que l’âme réprouve et dédaigne.  On établit des normes du bien et du mal au lieu de rester près de l’énergie du moment, à l’écoute de ses désirs, de ses pensées, de ses sentiments.  Si on appartient à un groupe, on essaie de se conformer à la commune mesure.  On s’impose de manger tels aliments et de rejeter tels autres, on se conforme à des rituels stériles, on s’impose des techniques pénibles, on s’établit des règles et des normes factices, on travaille constamment sur soi-même avec contention.  Et on croit pouvoir devenir ainsi un être parfait et évolué.  Il faut se décoincer quelque part, s’alléger l’esprit, se libérer des balises fallacieuses, abandonner les critères rigides.  En se mettant à l’écoute de l’énergie du moment, on devine toujours ce qui est à faire, peu importe que cela paraisse adroit ou maladroit, intelligent ou insensé, bien ou mal.  C’est l’intention amoureuse qui compte, quand l’amour commence par le respect de soi-même.  On résout le dilemme en choisissant toujours de faire ce qu’on aimerait faire plutôt que ce qu’on devrait faire.  Les devoirs et les obligations sont dictés par un mental dominateur et tyrannique.

Tout être évolue sans cesse, même lorsqu’il s’écarte du Sentier spirituel.  Mais on ne s’écarte pas de cette voie du seul fait qu’on traverse une période sombre.  On avance par monts et par vaux.  Parfois, tout va bien, on se sent léger, joyeux, souple, enthousiaste ;  parfois, tout devient ardu et on se sent triste, esseulé, mal à l’aise, triste, embrouillé.  Il faut mettre un terme à tout jugement.  On se facilite la vie en acceptant les choses comme elles se présentent.  Qu’on se permette d’aimer autant le bout de chemin cahoteux que le bout plat et droit !  Qu’on se rende plutôt grâce pour son courage et sa détermination en se déterminant à avancer au mieux, au meilleur de sa connaissance et de ses moyens !  Et qu’on se rappelle en tout temps qu’on est un être d’amour, digne d’amour, qu’on est, en essence, l’amour !  À l’intérieur de la Conscience divine, il existe un modèle parfait de ce qu’un être doit devenir par l’évolution.  Chaque expérience qu’il vit fait partie du Plan cosmique pour l’amener à révéler ce modèle parfait.  Au niveau individuel, le seul Sentier de l’évolution passe par le travail et les efforts personnels.  Mais il est impossible d’évoluer si on ne possède pas en soi l’aspiration.

Tout ce qui contribue à manifester le Plan divin est appelé à grandir indéfiniment; tout ce qui s’oppose au Plan divin est appelé à être anéanti, tôt ou tard.  Cette loi préside au développement de la conscience, permettant au germe latent de l’âme (source de la sensibilité et du sentiment) de puiser dans le Grand Tout.  Cette conscience se développe progressivement, en spirale, au sein du Cercle divin.  La Forme se manifeste d’abord de façon dense et stable.  Puis, la Lumière la pénètre, initiant le cycle de l’Évolution, lent d’abord, puis de plus en plus accéléré.  Si la forme résiste, se contracte, se cristallise, la Lumière la détruit, la pulvérise, la renvoyant au Chaos primitif, d’où elle pourra la réutiliser sous d’autres formes plus souples et réceptives.  Si la Forme collabore, par’ sa réceptivité, le rythme évolutif s’accroît sans cesse jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus aucunement limiter la Lumière (transmutation, transfiguration).  Puis elle l’entraîne avec elle au Royaume des Archétypes (Illumination).  Tout progrès s’accomplit selon un cycle d’occultation et d’illumination.  Toute faculté précédemment acquise est pour ainsi dire momentanément voilée, donc apparemment perdue, pour être plus tard retrouvée sous une forme supérieure, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement maîtrisée.  Ainsi, le progrès suit une progression en spirale autour de la Montagne sacrée de l’Initiation.

Dans son évolution personnelle, l’homme peut s’entraver grandement, par méprise ou ignorance.  Trop centré sur la matière et la sensualité, il dresse devant lui des obstacles physiques.  S’il s’active trop ou se surmène, abuse de sa sensualité, il se crée des blocages dans l’éthérique.  S’il recherche trop les émotions et les attachements, il s’entrave dans l’astral.  S’il développe trop son intellect, par un goût trop prononcé du raisonnement et des études, il se limite au niveau mental.  S’il recherche trop les faits de l’esprit, comme le spiritisme, l’occultisme, la parapsychologie, l’abus de la parole, il s’entrave au nivetéléchargementau psychique ou causal.  S’il cherche trop à se désincarner, négligeant son corps, son instrument d’expérience dans le concret, il se restreint au niveau animique.  S’il mène une quête spirituelle trop affective, trop moralisatrice, trop sacrifiée, exagérée, il se freine au niveau mystique.  Un peu de tout sans abus: voilà la Loi du Juste Milieu.  Car, comme le disait Satprem: «Le progrès, en définitive, ne consiste pas tant à s’élever qu’à décanter tout ce qui encombre — Quand on est clair, tout est là.»  L’homme est déjà un être entier, complet, total et parfait en lui-même: il ne lui reste qu’à en retrouver le souvenir.

Ce même auteur mystique avait dit ailleurs: «L’évolution, c’est la découverte consciente du Grand Milieu et de la Grande Loi: ces millions et ces millions de petits agrégats qui découvrent chacun la merveille du Grand Tout qu’ils sont…  Le but de l’évolution, c’est une conscience totale, de même que le but de la graine c’est un arbre total…  L’évolution, c’est s’apercevoir de ce qui est vraiment là…  L’évolution ne construit pas des civilisations, elle construit des consciences de plus en plus larges.  Aïvanhov ajoutait pour sa part: Si vous tenez vraiment à votre évolution, à votre renforcement, à votre victoire définitive, il faut travailler pour l’harmonie: harmoniser tout votre être avec les forces de l’univers.  Toute la puissance du disciple est justement dans sa volonté de se mettre en harmonie.»

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On considère comme une évolution consciente le fait de diriger le cours de son évolution propre au lieu de simplement l’observer ou de le subir.

L’évolution de la race repose sur le fait que toute espèce est collectivement dirigée par une pensée maîtresse ou un archétype premier comme l’essaim est formé de plusieurs abeilles dirigées par une reine.  Sauf que, pour l’être humain, la maxime qui suit devient très rassurante sur son degré de libre arbitre : Connais-toi et sois libre.

Pour les tenants de l’évolution mystique, celle-ci se déroule en trois phases : purgative, illuminative et unitive.

L’évolution planétaire concerne un schème particulier, celui d’une planète.

L’évolution spirituelle désigne le processus qui permet de fusionner avec l’Esprit (le Grand Soi supérieur) par son âme.  Pierre Lasalle a justement écrit qu’elle consistait à «développer une pensée créatrice illimitée en exprimant un amour inconditionnel».  Elle implique qu’un être développe lui-même sa faculté de se comprendre et de se connaître lui-même à l’intérieur de lui-même de manière à agir de façon plus raffinée.  Tout ce qui arrive dans la vie porte un message, enseigne une leçon à propos de soi-même, d’où il est inutile d’essayer de transformer les autres selon ses vues ou ses visées.  Au fond, le problème d’autrui reste son problème, pas le sien.  Chacun détient le devoir de comprendre ce que chaque situation lui enseigne à propos de lui-même, non à propos de l’autre.  Alors, il convient de laisser l’autre agir à sa guise, être comme il l’entend, sans prendre sur soi ses agissements.  Les comportements négatifs d’autrui révèlent simplement à quel point ils ont besoin d’amour plutôt que de jugement et de condamnation.  Celui qui évolue reçoit la responsabilité toujours croissante de rayonner l’amour, d’émettre la paix, de répondre à l’harmonie.  Dans les sphères supérieures, tout s’unit par un lien psychique et spirituel en une seule conscience.  Ainsi, il importe que chacun contribue à des sentiments plus élevés et plus harmonieux, pour le bien de tous.  En réalité, l’évolution spirituelle consiste à accroître sa conscience de la beauté, à ouvrir son cœur à la bonté, à vivre sa vérité, à se montrer juste, en poursuivant ce que l’on considère comme le Bien suprême.  Elle se mesure à l’aptitude d’exprimer la joie, de manifester l’amour de soi, de témoigner de compréhension et de compassion pour les autres,  de s’ouvrir pour recevoir, de transformer le négatif en constructif, de purifier sa personnalité (ego), de s’ouvrir à la nouveauté, de coopérer avec les autres dans un but commun.

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