UNE RÉFLEXION SPIRITUELLE SUR L’EUTHANASIE…

L’euthanasie recouvre l’ensemble des méthodes visant à assurer une mort sans souffrance dans le cas d’une longue agonie ou une maladie chronique très douloureuse.  Puisque sa pratique relève à la fois des domaines philosophiques, moraux, éthiques et légaux, son contenu exact et son acceptation sont générateurs de puissantes controverses et débats d’idées.  Avec l’augmentation de l’espérance de Euthanasie (1)vie, dans l’ordre médical, il peut survenir des cas inédits dans les annales de l’histoire humaine auxquels il faut trouver des réponses adaptées au présent millénaire.

Certes, la vie est sacrée.  Nul ne peut la détruire du fait qu’il faut avoir une grande considération pour la vie qui a été engendrée par le Créateur.  Cependant, et cela est toujours le résultat des erreurs humaines (au niveau de tout ce que les êtres incarnés peuvent absorber), quand il n’y a plus aucun espoir, quand la souffrance devient intolérable, quand quelqu’un peutabréger cette souffrance par un acte d’amour, cela est réellement un acte de compassion.  Ce n’est absolument pas répréhensible au niveau karmique de le faire, si c’est fait, réellement, dans la conscience totale d’abréger les grandes souffrances humaines.

Bien sûr, la personne qui souffre doit arriver au terme de sa vie, et il ne doit plus y avoir, pour elle, d’espoir de guérison.  En pareil cas, elle vit son plan de vie, et il faut se poser les questions suivantes : «Combien de temps aura-t-elle à vivre cette souffrance?»  «Est-ce que ça lui apportera beaucoup plus de vivre cette souffrance pendant une longue période?»

Pour tout dire, lorsqu’il y a une immense souffrance, son âme est parfois obligée de quitter son corps.  En conséquence, au-delà d’un certain seuil de souffrance, cela n’apporte plus rien à l’âme, au niveau de l’expérimentation, que la personne reste vivante.  Bien au contraire, cela imprègne l’âme d’une souffrance dont elle pourrait se passer.  À quoi cela sert-il d’imprégner totalement une âme de cette souffrance qui n’est pas évolutive, même si, au départ, cette souffrance reste l’application de la loi de Cause à effet?   Pourquoi devriez-vous maintenir la vie alors qu’elle n’a plus de raison d’être du fait qu’elle n’apprend plus rien?

Il faut savoir qu’il existe deux formes d’euthanasie, l’une passive, l’autre, active.  Il est d’usage de séparer l’«euthanasie active», qui désigne un acte volontaire en vue d’abréger la vie du patient de l’«euthanasie passive», qui consiste à cesser un traitement curatif ou à arrêter l’usage d’instruments ou de produits maintenant un patient en vie. Dans ce dernier cas, le milieu médical n’utilise aucun moyen hâtant la mort du patient.

Dans un premier cas, avec le développement des sciences biomédicales et des nouvelles technologies qui s’y rattachent, il est aujourd’hui possible de maintenir en vie un patient en phase terminale durant des jours, voire des mois, alors que le mourant devrait normalement être mort de façon naturelle. Lorsqu’une personne n’a plus sa conscience et que lamort-décès maladie continue à progresser sans pouvoir faire marche arrière, il n’y a sûrement pas de nécessité de maintenir cette personne dans l’existence avec des moyens artificiels et de la réduire au simple état végétatif.  On peut naturellement mettre fin à ses traitements en pareil cas d’acharnement thérapeutique.

Quant à l’euthanasie active, appliquée par humanisme, elle implique que l’acte soit fait dans l’intention de provoquer directement la mort de personnes en mal de vivre et qui souhaitent en finir avec l’existence.  Cependant, cette pratique n’est pas encore admise dans notre système judiciaire.  Le problème réside dans le fait que bon nombre de contemporains ne sont pas prêts à approuver un tel geste d’humanisme, étant encore trop enracinés dans leurs valeurs traditionnelles. Ces valeurs sont tout à fait justifiées pour l’époque mais sont devenues désuètes pour d’autres à l’aube du troisième millénaire.  Dans ce cas, le point de vue ésotérique relatif au suicide pourrait donner des pistes de réflexion.  En outre, la motivation de celui qui veut que des autorités compétentes passent à l’acte en son nom pourrait devenir très éclairante.  Il faut penser que, dans un tel cas, il y a deux consciences d’impliquées, qui peuvent avoir des valeurs morales différentes : le requérant et le praticien.  En termes de morale, intervient la question du salut de l’âme autant de l’un que de l’autre, ce qui peut rendre l’acte préoccupant, voire traumatisant.

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