L’EUCHARISTIE, LE NOUVEAU SACRIFICE…

L’eucharistie représente le sacrement essentiel du Christianisme qui perpétue et commémore le sacrifice de Jésus sur la croix.  Il s’agirait du seul sacrement institué par Jésus lui-même, peu avant sa mort.  L’Église catholique opine que, sous les espèces du pain et du vin, le corps, le sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ se retrouvent substantiellement, quoique non de façon sensible, après les paroles rieucharistietuelles de la consécration.  Ce phénomène de transsubstantiation se produirait par la vertu des propres paroles de Jésus : «Hoc est enim corpus meum…»  «Hoc est sanguinus…»

Ainsi, le Christ resterait le vrai et unique prêtre, les ministres de l’office n’agissant que comme des représentants ou des figurants.  Ce qui n’empêcherait pas une identité d’exister entre le corps eucharistique et le corps historique de Jésus.  Pour les Chrétiens, ce rite, signe de la Nouvelle Alliance, représente le pacte scellé et renouvelé par le Christ avec le Peuple élu.  Cette consécration rituelle commémore la Cène, le dernier repas que le Seigneur prit avec ses disciples, la veille de sa Passion.  Par son renouvellement, elle permet aux fidèles de se retrouver comme des contemporains de Jésus, d’accueillir le baptême purificateur et de s’engager dans leur propre libération.

Dans le calice, le Vase d’élection ou le Graal, le prêtre consacre l’hostie (le pain comme victime) et le vin (figure de l’harmonisation du feu et de l’eau) comme corps et sang du Christ.  Ces espèces symbolisent l’engagement des fidèles à communier avec la Vie totale et à réaliser en eux-mêmes l’œuvre de la rédemption, l’Alchimie spirituelle, en renouant l’Alliance entre le Ciel et la Terre.  Elle marque le début du chemin de croix personnel dans le sacrifice amoureux, chez l’être de bon vouloir, des éléments matériels qui entravent l’évolution sur la Voie de l’Illumination (l’Ascension).

Mais, pour le mental qui cherche à comprendre, des explications s’imposent pour justifier le fait que le changement s’opère à l’intérieur du pain et du vin, sans qu’il y ait de changement à l’extérieur, au niveau de l’apparence, de la couleur et de la saveur.  Au dire des théologiens, cette réalité divine, cachée sous des apparences matérielles, permettrait de sauvegarder la foi du Chrétien, même de la provoquer, en lui fournissant l’occasion de s’exercer à augmenter son mérite en tant que croyant.  En outre, ce rituel donnerait plus de prix au corps du Christ, dans l’estime des fidèles, puisque, d’habitude, un être cherche avec plus de soin et d‘intérêt ce qui est caché ou voilé.  Enfin, il écarterait la répugnance naturelle qu’éprouve l’être humain à manger de la chair vive et à boire du sang.  Ainsi, conformément au dogme catholique, dans la phrase de consécration, Jésus aurait bel et bien désigné son corps réel, celui qui devait être livré pour le rachat des péchés.  Étonnant mystère pour le profane, Jésus aurait offert son corps et sa vie, non divisés et partagés en morceaux, mais dans leur intégrité.  En effet, par la puissance divine, sa chair parviendrait à se multiplier dans chaque hostie et son sang dans chaque goutte de vin.  Il est clair que cette explication de la transsubstantiation ne peut satisfaire l’être rationnel, à moins qu’on ne la rattache à un rite essénien très ancien de la fabrication du «pain de vie» à partir de la contribution de jeunes vierges.

En fait, d’origine druidique, ce rite du pain et du vin servait, initialement, à célébrer les équinoxes et les solstices par le mariage des Forces de la Nature et de celles du Ciel, un mariage sacré destiné à produire l’harmonie par opposition.  Il exprimait l’équité qui devait présider entre tous dans la distribution des fruits nourrissants de la Terre, mûris au Soleil, objet du travail de la collectivité.  On sait que ce rite ne figure nullement dans celui de la Pâque juive.  En fait, à titre de rite d’action de grâce, l’eucharistie devrait tout simplement représenter une communion directe et intime avec la Source de Vie.  Étymologiquement, elle rappelle cette «action de grâce», d’où elle exprime le désir de relier le Haut et le Bas, le Ciel et la Terre, opérant la transformation par le feu (vin) du pain (terre).  Elle recrée rituellement la Cène, hors du temps et de l’espace, pour évoquer la manifestation du Principe christique dans le Monde.   Jésus l’a ingénieusement inventée dans une tentative de mettre un terme au massacre rituel des animaux, un témoignage de dévotion désuet et stérile, lors de certaines fêtes publiques.

Il est évident que le phénomène de la transsubstantiation n’existe pas.  Les paroles rituelles ne transforment pas vraiment le pain et le vin en corps et en sang du Christ.  Le pain (substance et nourriture) et le vin (principe subtil et boisson) rappellent simplement les Noces sacrées du Père divin (Alpha) et de la Mère céleste (Omega), que chacun est appelé à honorer parce qu’ils sont les Principes originels qui l’ont engendré.  Le pain (coagula) et le vin (solve) ne peuvent représenter cet apparent mystère alchimique qu’en tant qu’éléments simples et communs pouvant rappeler que toute matière n’est jamais que la cristallisation temporaire de l’Esprit de Vie et que toute cristallisation, imprégnée de Lumière spirituelle, retrouve sa vitalité primitive et retourne à son Point d’origine.  Jésus a réactualisé cet ancien rite afin d’amener l’humanité à interrompre l’abattage de animaux offerts en sacrifice à Dieu, une aberration puisque déjà, de toute éternité, tout lui appartient, à titre de Créateur du Cosmos et de Titulaire unique du  droit de vie ou de mort sur les êtres.  Tout dieu qui a réclamé des sacrifices d‘animaux ne pouvait être qu’un faux-dieu, donc un imposteur qui devait y gagner quelque chose, comme le rehaussement de ses énergies en chute.

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