L’espace, généralement symbolisé par un cercle blanc, désigne tout lieu plus ou moins bien délimité où une réalité peut apparaître ou phénomène se produire ou toute distance entre deux points.  Il s’agit d’une notion purement mentale puisque, en Dieu, il n’y a que l’Être, sans espace ni temps.  Sauf que, intellectuellement, celle-ci donne naissance au concept de la variation dans la connexité des objets de l’Univers et il se mesure par le temps qui, au niveau mental, réduit les notions d’ultimité et d’identité.  L’espace ne peut s’étudier sans le temps, et inversement.  L’un et l’autre naissent d’une représentation extérieur de la Réalité intérieure, d’où ils représentent des illusions au sens qu’ils ne sont pas ce que l’entendement en pense.

   En vérité, tout espace représente une création du mental qui évalue le temps mis à passer d’un endroit à un autre, une notion qui se développe sans cesse selon la limitation des esprits qui l’animent.  En spiritualité, on l’appelle l’Éther et on le définit comme la matrice de l’infini qui porte tous les objets et qui maintient les corps célestes à distance tout en les reliant.  Il s’agit du cadre subtil dans lequeespacel l’Univers, issu du Chaos, s’organise, donc du lieu où se déploient toutes les énergies divines ou de l’énergie invisible qui retient la Matière.  Ainsi associé au Chaos originel, il désigne le lieu des possibles et des réalisations.  On figure cette étendue incommensurable de la Sphère cosmique en expansion, d’où peuvent résulter d’imprévisibles ordres nouveaux, par le cercle blanc.  Bien qu’on n’en connaisse pas le Centre, il se dilate en tous sens, constituant l’Infini où se meut l’Univers.  Dans la Cabale, il désigne «Kether».

   Comme on le sait maintenant, avec le temps, l’espace est une illusion du mental, un état de conscience temporaire.  Il n’y a ni espace ni temps: tout se passe dans l’Eternel présent.  Mais l’homme s’est incarné pour visualiser, image par image, tout son film de vie.  Sa bobine est déjà achevée, mais il cherche maintenant à la comprendre pour développer son pouvoir conscient de co-créateur.  C’est mentalement qu’on prend conscience de l’espace, car il ne peut se localiser nulle part.  On l’applique en relation avec le temps avec ses déplacements apparents.  Mais le temps et l’espace sont des mouvements de conscience qu’on peut accélérer ou ralentir.  La notion de temps résulte de la durée du mouvement de la conscience dans l’espace.  La notion d’espace résulte du déplacement du mouvement de la conscience dans le temps.  Le temps et l’espace dépendent toujours de la relation de notre conscience dans ses états d’être, dans ses relations avec les choses et les êtres.

   En croyant au temps et à l’espace, l’être humain, qui est multidimensionnel, se limite.  Ces facteurs n’existent pas en soi.  Seul le mouvement vibratoire, inculqué par l’Énergie divine, existe.  Le mouvement des vibrations explique les changements successifs d’états d’être.  Pour son malheur, l’homme est porté à accorder à son pouvoir mental, qui perçoit les mirages de la Nature, une confiance exagérée, d’où il tire ses notions de temps et d’espace.  En réalité, il pourrait de préférence consacrer ses énergies à contempler l’éternité dans le temps.  Le temps ne détermine, pour le mental humain, que des critères de distance et de durée de son mouvement intérieur.  L’extérieur est le reflet de l’intérieur, non la réalité.

   Le temps et l’espace sont des produits de la conscience réalisés au moyen des impressions nées des facultés sensorielles, dites objectives, les réalités intérieures (ou actualités) étant dites subjectives.  Ainsi, les scènes sont captées par les yeux et drainées vers la conscience, sous forme d’énergie, non de matière.  Il en va de même pour les autres perceptions.  D’où tout est énergie, fréquence vibratoire, mouvement de conscience, état d’être.  A une certaine fréquence vibratoire, l’énergie donne la senteur; à une autre, la vision; à une autre, le goût; à une autre, le son; à une autre, la sensation (le tact ou le toucher).  Il n’existe qu’un courant cosmique qui joue un rôle d’égale importance dans la formation des Univers et du Cosmos, la force vitale et la conscience de l’homme.  Il ne s’agit pas là de pouvoirs séparés et isolés, opérant en l’homme, mais de forces universelles.

   En spiritualité, la notion d’espace a donné lieu à la création de certaines expressions imagées ou symboliques qu’il importe de connaître pour faciliter la compréhension de ses lectures ou des transmissions intimes.  Dans la Tradition celtique, l’Espace blanc désigne le Paradis, le Lieu pur, heureux et sacré.

   On représente l’espace qui définit une forme par un rectangle contenant une croix couchée et un trait central qui le traverse à la verticale en le débordant.

   L’espace intérieur couvre l’ensemble des potentialités humaines sur la voie des actualisations progressives couvrant le conscient, l’inconscient et d’imprévisibles possibles.

   Pour sa part, l’espace psychique, une expression si chère à l’être libre, évoque le champ d’expression personnel de chacun, toujours inviolable, ce milieu subtil dans lequel un être vit et se meut.   Plus précisément, on entend par cette expression le champ magnétique qui entoure un sujet et qui délimite son univers personnel, dans lequel il est le maître absolu.  On parle parfois de ((royaume individuel)) pour décrire la même réalité.  L’homme est un être entier, complet, total et parfait en lui-même, malgré qu’il l’ait oublié.  Il est le seul maître et le seul directeur dans son univers, y détenant une force et un pouvoir absolus.  Rien ne peut l’y atteindre sans son consentement implicite ou tacite.  Il craint donc vainement les attaques des autres, dans le visible comme dans l’invisible.  Et c’est souvent cette peur qui le justifie de se méfier de ce qui l’entoure: il attire puissamment ce qu’il craint.   Il couvre le territoire visible et invisible sur lequel un sujet peut exercer son droit absolu de gérance et de régence.  Il recouvre le milieu dans lequel vit et se meut un être ou une collectivité qui y édifie et y organise ses constructions.  Il est formé par l’ensemble des coordonnées et des repères qui composent un système mobile de relations, à partir d’un centre conscient, apte à rayonner ou à prendre de l’expansion à travers les multiples dimensions, conformément à son plan individuel d’évolution, à sa fréquence et à son rythme évolutifs.  Schématiquement, on peut le réduire à trois axes de deux directions chacune : est-ouest, nord-sud et zénith-nadir ou droite-gauche, avant-arrière et haut-bas.  Le temps s’y ajoute comme mesure du mouvement (aplan-espacevant-pendant-après) et des vitesses (plus-égal-moins).  Mais, quel que soit le point d’où porte le regard, jamais n’est perçue la totalité de cet espace.

   L’espace sacré du cœur, aussi appelé ((chambre secrète du cœur)), désigne une dimension intemporelle de la conscience où tout est possible dans l’immédiateté.  Elle ressemble à un petit tore compris dans un autre plus grand qui la contient.

   L’espace vierge ou sacré réfère à l’espace qui se présente entre l’électron et le noyau atomique ardent, rempli de l’Essence vitale de Dieu ou de  l’Énergie puissante de l’Esprit.

   On peut compléter avec d’autres expressions reliées à l’espace.  Ainsi, dans une illustration ou un songe, le degré d’élévation dans l’espace correspond au niveau d’intensité de la vie intérieure du sujet (degré de conscience spirituelle) en regard de la Perfection suprême.  Il établit la mesure dans laquelle l’Esprit divin transcende les conditions matérielles de l’existence.  Il évoque le degré d’assomption ou d’ascension dans l’Échelle évolutive infinie.

   L’expression vêtu d’espace sert d’euphémisme mystique pour désigner la nudité d’un personnage ou d’une entité.  En Sorcellerie, elle identifie la pratique de la nudité rituelle.

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