LES RÉSEAUX SOCIAUX: NOTRE EXPÉRIENCE PERSONNELLE…

Le site de réseau social est un instrument de la Toile mondiale qui permet à ses utilisateurs de créer et d’entretenir un réseau en ligne, donc, en général, qui permet aux utilisateurs, par leur propre page de profil, qu’ils peuvent relier aux pages de profil de leur réseau, ce qu’on appelle les amis virtuels, et qui offre plusieurs moyens d’interaction : chat écrit ou vocal, babillard, partage de photos, de vidéos ou de fichiers, etc.  Il devient rapidement une communauté de personnes qui entendent partager entre eux leurs intérêts et leurs activités ou qui comptent découvrir les conceptions et les activités d’autres personnes qui fréquentent Internet.

Dans notre cas, c’est avec beaucoup d’appréhension que nous avions accepté de nous joindre au réseau social «Facebook», suite à la géniale suggestion de notre webmestre, qui y voyait l’une des moyens privilégiés d’augmenter notre visibilité sur la Toile mondiale et, par ricochet, l’achalandage de notre site, moyennant la prise de certaines autres initiatives précises au niveau du contenu.

Pourquoi parlons-nous d’appréhension?  Tout simplement parce que les réseaux sociaux accordent l’accès à tous les gens sans égard à leur degré d’équilibre mental, de motivation, de discernement et de sagesse, de formation et de culture, tous détenant une égale autorité de commenter les propos d’autrui — chacun pouvant se permettre de jouer au Petit-Joe-Connaissant, comme on dit au Québec, ou à Grosjean qui tente d’en remontrer à son curé, comme on dit ailleurs dans les pays francophones — peu soucieux de dénaturer l’intention d’un exposé, de modifier ou de diluer son contenu ou de l’exposer à la polémique.  Ou il peut se mêler de dire qu’il aime, approuve ou désapprouve tel contenu, au gré de ses fantaisies ou de ses croyances, qu’il expose comme des vérités reseaux-sociauxabsolues de même poids, alors qu’un guide spirituel, généralement asses dénué de motivations égotiques, insensible à l’éloge comme à l’insulte, ne tire nulle gloire d’être approuvé et nul déshonneur d’être désapprouvé.

Car l’enseignement spirituel — qu’on appelle parfois métaphysique appliquée ou art de vivre, dans un langage plus moderne — vise à fournir une formation initiatique.  Pour cette raison, même s’il est dispensé par des êtres humains, il ne peut en aucun cas admettre la discussion, l’interprétation ou la contestation.  Il est à prendre ou à laisser tel qu’il est présenté.  En outre, celui qui le présente n’acceptera jamais de se lancer dans un débat d’idées pour justifier ses affirmations.  Pour ouvrir les consciences et favoriser l’évolution spirituelle, il détient le rôle de dire les choses comme elles sont à dire et non comme les gens voudraient  les entendre quand, entre ce que pense le populo et l’initié, il y a une telle marge, qu’il y a même une inversion de valeurs.  Il n’est pas étonnant que, à prime abord, les propos d’un initié puissent choquer ou qu’ils contiennent une part de vérité difficile à avaler (à assimiler).

L’enseignement spirituel qui provient d’un initié avéré, exprime la Réalité intangible ou  la Vérité absolue de la Source suprême telle qu’elle s’exprime depuis des temps immémoriaux à travers la Hiérarchie cosmique légitime et telle qu’elle a toujours été relayée sur la terre à travers une succession disciplique qui ne peut en changer le contenu, mais peut l’adapter à une époque.  Et, pour rester approuvé de la Hiérarchie supérieure, il est sensé faire preuve de suffisamment de conscience pour n’exprimer qu’un savoir, donc uniquement les vérités qu’il maîtrise parfaitement lui-même et dont il détient ainsi la certitude absolue.  Ainsi, il ne s’expose pas à devenir un borgne qui guide des aveugles et à être démis de ses fonctions par les instances supérieures.

Du moins, jusqu’à récemment, c’est ainsi que se passaient les choses.   Mais, depuis quelque temps, on a écarté les initiés, pour accorder sa prédilection  aux transmetteurs (channels) qui, par manque de formation dans une voie spirituelle authentique, ne comprennent même pas le message qu’ils véhiculent.   À preuve, les mots et les tournures qu’ils choisissent pour tenter d’expliquer les réalités subtiles ou les lois de la Vie.  Ils osent même se targuer de leur pseudo liberté et de leur présumée candeur, par rapport aux anciens paradigmes, qui leur permettraient d’ébranler les structures anciennes et de libérer les consciences prisonnières de systèmes désuets.  Mine de rien,  dans un étrange deux poids et deux  mesures, ils se font les arbitres absolus des nouvelles manières de faire et de penser,  prêchant pour leur propre clocher et tentant d’abattre les autres, se présentant à la fois les dénonciateurs des vieilles valeurs et les défenseurs des nouvelles.

Le problème réside dans le fait que celui qui n’est pas initié ne s’est généralement pas donné une preuve complète de ses allégations ou de ses croyances, quand il ne s’agit pas de superstitions, qu’il prend pour des certitudes et qu’il expose, comme  tels, parce qu’il se les est fait répéter depuis sa naissance ou parce qu’il les a puisés dans des pseudos livres sacrés exprimant la Parole de Dieu.  Or, sur terre, il n’existe aucun écrit de ce genre, mais il faut le savoir.  Tous les écrits attribués à Dieu n’expriment, bien souvent, que les propos de faux-dieux et les faits et gestes de leurs suppôts, qui, sous le couvert de guides religieux, n’entendaient que manipuler les masses pour mieux les soumettre, les maintenir dans l’ignorance et les contrôler.  Même la religion bouddhiste, qui apparaît comme la religion par excellence sur cette terre, comporte de tels travers de compréhension que la majorité des bouddhistes, jusqu’à Bouddha lui-même, devront se réincarner pour réviser leurs excès ascétiques et leurs prétentions spirituelles.

Mais le plus grand problème avec les réseaux sociaux, c’est qu’ils forcent presque à faire diluer les messages spirituels.  Car, c’est bien connu, plus un mode de communication comporte de membres ou d’adeptes, plus il réduit le commun dénominateur de la compréhension et de l’acceptation, autant dans les domaines intellectuel, psychique que spirituel.  En outre, une étude récente a démontré que ce mode de réseautage attire d’abord deux catégories de personnes.  D’abord des gens qui, dans la vie extérieure, sont largement dépourvus d’estime de soi et de rayonnement personnel qui, par la faveur de l’anonymat, réussissent à se valoriser, à se revaloriser artificiellement ou à se défouler copieusement.  Puis, des gens désœuvrés qui, incapables de se prendre en main et d’exercer une véritable créativité, dans la vie courante, trouvent, dans ce même schéma voilé, une apparente occupation valable, ce qu’ils peuvent finir par concevoir comme une mission qu’ils tentent d’imposer aux autres.  Et ce sont souvent ces deux catégories d’êtres, des minus, sous un aspect ou un autre de leur personnalité, au surcroît de farouches défenseurs de l’égalité des êtres et de la démocratie (l’une des pires illusions spirituelles du monde actuel), qui se permettent ensuite d’intervenir en maîtres doctes et  impérieux sur tous les forums de la Toile mondiale, s’accordant la même crédibilité que l’initié qui a mis des années à se former sous la direction douce et ferme de maîtres avérés.

Quoi qu’il en soit, après quelques années de cette expérience, nous avons découvert – car nous apprenons encore presque tous les jours – que les réseaux sociaux, comme toutes les autres réalités, comportent leur part d’avantages et d’inconvénients, ce qui ne doit pas servir d’invitation à les craindre et à les décrier.  L’important, ce n’est pas d’être pour ou contre un média qui comporte forcément son revers de la médaille, mais de faire comprendre aux utilisateurs que, en ligne, ils gagnent à adopter un comportement sûr et critique, à respecter les limites d’âge, à garder leurs informations personnelles privées et à agir comme des intervenants lucides et responsables.  Oui, il est certain que les propriétaires de ces instruments de communication, s’ils sont mal intentionnés, peuvent violer le droit à la protection des données personnelles et à la confidentialité.  Pourtant, comme dans la vie courante, chacun y attire ce qui lui ressemble comme miroir grossissant qui lui permet de se remettre en question, ni plus ni moins, sauf, peut-être, qu’il est forcé de s’y dévoiler et qu’il accroît considérablement sa visibilité… et sa notoriété, pour le meilleur ou pour le pire.  Surtout que, pour notre part, à part quelques déceptions et frustrations, consécutives à des abus et des dérapages des amis virtuels, nous y avons fait la connaissance d’êtres exceptionnels, profonds et lumineux, infiniment amoureux et compatissants, dans à peu près toutes les couches de la société mondiale, dont certains sont devenus des amis ou comme des membres de la famille.

© 2012-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.   

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