DÉPENDAMMENT DU COMPORTEMENT ET DE L’ATTITUDE DE CHACUN, LES RELATIONS HUMAINES, GAGE DE SURVIE, PEUVENT AUTANT SERVIR À L’ÉPANOUISSEMENT QU’À L’INHIBITION…

La «relation» évoque le lien d’échange, de dépendance ou d’influence réciproque.  Quant aux «relations humaines», elles désignent les rapports que les humains établissent entre eux par amour ou pour assurer leur survie.  Elles peuvent devenir très rentables et salutaires, mais elles peuvent aussi se heurter à bien des embûches.  IMixite-socialel faut se rappeler que tout être, par sa partialité et sa subjectivité, enregistre bien peu de choses de la réalité de l’autre, bien plus centré sur lui-même que sur l’autre, vivant dans sa peau, non dans celle de l’autre.  En outre, chacun organise ses perceptions en interprétations, en un tout seulement cohérent pour lui, reflétant davantage son expérience personnelle que celle de l’autre.  Enfin, chacun agit en fonction de l’image qu’il se fait de l’autre, non de sa véritable réalité.  D’où un sage a dit: «Ne juge pas un homme avant d’avoir couvert bien des distances dans ses souliers.»

En fait, chacun conserve des préjugés tenaces, forcément inadéquats, qui agissent à la manière de filtres perceptuels.  Pour être rentable, la relation que deux êtres établissent entre eux, doit se soumettre à une analyse critique réciproque et à une adaptation mutuelle.  Chacun accepte ou rejette des caractéristiques de l’autre de manière à rester original, très personnel.  Il faut encore déterminer le genre de relation que l’on veut établir avec l’autre, selon l’enrichissement possible qu’on y perçoit, et s’y maintenir pour éviter qu’il ne dégénère et ne perde son sens premier.

Les êtres humains aiment vivre en commun pour se donner une plus grande force, une meilleure sécurité, favoriser leurs échanges, rendre leur vie plus mouvementée et divertissante.  Aussi, pour maintenir l’harmonie, faut-il vivre avec les autres dans une relation d’égal à égal plutôt que de dominant à dominé ou de possédé et rejeté.  On y parvient en étant fidèle à soi-même, en affirmant sa vérité, en faisant les concessions nécessaires, en avançant là où on veut aller, en faisant de chaque instant de sa vie une réussite personnelle.  En effet, on peut se nourrir des autres, mais sans les dévorer comme un affamé, car il faut rester autonome et indépendant, tout en restant fraternel et solidaire.  On doit également éviter de se laisser manipuler pour rester libre de choisir ce qu’on veut partager avec autrui.  Et lorsqu’on accepte de partager, il faut le faire de la bonne manière, en évitant de gruger les autres et de se laisser gruger.  Visant la coopération, une relation consiste en une association de modulations de fréquence, en une convention de fréquence.  Idéalement, elle vise à s’impliquer ave les autres dans une foule de rapport et d’échanges de la vie courante tout en restant libre et ne respectant la liberté des autres.  Le temps que dure une relation importe moins que la qualité de cette relation.

Les relations interpersonnelles existent pour apprendre à mieux aimer.  Elles représentent un défi constant appelant à créer, à exprimer et à vivre des aspects de plus en plus magnifiques de soi-même.  On n’est ce qu’on est qu’en relation avec un être, un endroit ou un événement qu’on n’est pas.  C’est la loi du monde relatif.  Le but d’une relation vise à saisir ce qu’on peut y apporter autant que ce qu’on peut en tirer.  Il s’agit de choisir quelle part de soi-même on veut y voir apparaître de même que ce qu’on peut en prendre et en retirer.  En vérité, on attire certaines personnes dans sa vie pour qu’elles aident à dévoiler les secteurs où on a besoin de s’ouvrir davantage.  Une partie de la leçon consiste à rester ouvert et plein d’amour, même lorsqu’on est blessé.

Au plan du couple humain ou de la relation amoureuse, une impasse majeure se précise.  Ce qui représentait hier encore le fondement de la cohésion familiale et sociale ne représente plus beaucoup de stabilité ou de sécurité, éclatant au moindre sursaut affectif, même s’il y a des enfants.  Aux taux élevés de séparations et de divorces s’ajoute un indice élevé de célibat et de violence conjugale.  Les rapports entre les sexes dénotent une piètre compréhension des êtres en eux et des êtres avec la vie.  Ils expriment une résistance à l’acceptation de l’émancipation de la femme et à son accession à l’égalité et une incompréhension fondamentale des rôles fonctionnels découlant des aspects de la polarité humaine.

Les domaines du masculin et du féminin ne doivent plus être perçus comme des oppositions fondamentales, qui jouent au détriment de la femme, servant l’homme.  Ce sont deux mondes différents, compatibles et complémentaires, qui ne peuvent être évalués qu’en termes de sexe biologique ou de rôle social, mais aussi en termes de différence psychique se fondant sur deux qualités d’énergie.  Sommairement, le principe masculin, actif, ‘exerce dans la formation de projets et l’atteinte des buts, distançant, différenciant, séparant, analysant les phénomènes.  Il assure la maîtrise du monde par l’émission d’idées, la créativité concrète, la pose de limites, l’établissement de frontières, l’extraversion.  Quant au principe féminin, réceptif, il s’exerce dans l’organisation des éléments, la gestation des idées, l’établissement des relations valables.  Il se consacre plus naturellement aux rencontres, à la création de liens affectifs, à la dispensation de soins, à l’affiliation et à la coopération entre les êtres.  Attaché à la vie et à la croissance, il obéit aux lois de la Nature, fixé sur l’éternel présent, l’introversion.

Dans son ensemble, la vie constitue un échange incessant entre ces deux polarités, révélées par les sexes, mais présentes en chaque individu, dans un mouvement d’alternance et d’équilibre des forces.  Les êtres humains, qui participent à la même dynamique cosmique, subissent les mêmes influences.  L’évolution humaine est ponctuée de l’alternance des cycles patriarcaux et des cycles matriarcaux jusqu’à ce que les forces s’équilibrent dans la compréhension mutuelle.  Actuellement, il faut accepter qu’un cycle patriarcal s’achève, un cycle matriarcal s’étant esquissé il y a environ deux mille ans, renforcé par l’accélération de la présente ère du Verseau.  En cette période de transition, le subtil équilibre de ces champs de force s’est rapidement rompu.  Le principe féminin, isolé et dévalorisé, ne pouvait plus être fécondé par le principe masculin, trop dominateur, qui ne pouvait plus croître.  Plus nourri de ses racines de vie, il en vient à se durcir, à s’aigrir, à se déshumaniser, jusqu’à ce qu’il devienne tyrannique et criminel, chez les hommes qui se ferment aux influences subtiles du présent cycle d’inversion des aspects de la polarité.  La polarisation entretenue du masculin, prelations-humainesar résistance aux présentes énergies, produit une coupure entre la tête et le corps, au niveau du cœur.  Ainsi, quand surgit un conflit, les êtres humains ne peuvent plus s’appuyer sur leur fondement instinctif pour trouver une réponse adéquate, ce qui engendre un sentiment d’instabilité, d’impuissance, de désespoir, de démission, qui ouvre une brèche à la folie.

L’homme et la femme sortent profondément mutilés du conditionnement psychique et physique imposé par une longue culture patriarcale.  L’homme est devenu un être de conquête et de performance, un pourvoyeur bourreau de travail et un guerrier, qui s’est coupé de son âme.  La femme est devenue un objet de plaisir et un instrument servile qui a perdu son identité et son autonomie, coupée de sa tête, en tant qu’âme du foyer.  Cela devait réveiller la rivalité des sexes qui a amené à l’explosion de la cellule familiale, où les foyers monoparentaux, largement gérés par la femme, se multiplient, le père ayant déserté, frustré et amer, ne sachant plus comment réagir.

Cela entraîne des conséquences graves sur les jeunes générations qui, espérons-le, doivent porter en eux le dynamisme pour peu à peu s’adapter et recréer l’équilibre.  Mais, pour l’instant, la jeune fille, privée de solides références à la féminité, chez une mère amputée de la sienne, manque en même temps d’un contact valorisant avec la masculinité.  Aussi développe-t-elle une identité féminine fragile, grandement dépourvue d’estime de soi, de valeurs sécurisantes, développant une dépendance face à l’homme, qu’elle ne comprend pas, et une incapacité d’accéder à son potentiel, parce que coupée de ses pulsions fondamentales.  Placée devant le choix impossible de s’identifier à l’essence féminine, elle ne peut réagir que par la défensive face à l’homme.  Ainsi, cherchant à exercer le contrôle, elle oriente sa vie et ses relations vers une recherche de perfection, d’autonomie, d’efficacité et d’ordre.  Par là, elle récupère maladroitement ce qui lui manquait pour établir un dialogue égalitaire avec l’homme.

Du côté du jeune homme, les conséquences sont aussi largement désastreuses.  Souvent éduqué par sa mère, qui porte sa féminité blessée, il combat pour se défaire de ce lien, dépréciant son énergie, cherchant à conquérir, sans modèle, son identité masculine.  Aussi, dans sa vie affective, surestime-t-il le sentiment de son identité supérieure, dévalorisant le rôle féminin.  Alors, il nie ses sentiments et sa sensibilité, refusant d’admettre son insécurité, son déséquilibre, sa fragilité, son impuissance.  Il cultive à outrance le sens du pouvoir, de l’objectivité, de la rationalité, du contrôle sur tout et tous.

Toutes ces difficultés peuvent ouvrir au développement de l’androgynie, mais, pour l’instant, elles mènent les relations amoureuses dans une impasse, où tous les modèles d’harmonisation doivent être inventés.  Pour l’heure, elles se nourrissent de cette piètre pitance d’un partage maladroit de deux

vulnérabilités qui se cabrent souvent et ont du mal à s’épanouir par manque d’ouverture et d’effort de compréhension mutuelle.  Pour inventer des modèles sécurisants et valorisants, l’homme et la femme devront reconnecter avec leurs corps frigide, leurs instincts bâillonnés, leurs émotions refoulées et taries, leur sexualité vide et moribonde.  En cela, la femme reconnaîtra probablement plus rapidement son essence, d’où elle pourra instruire l’homme avec tact et compréhension.

Pour l’homme et la femme, cette descente dans l’inconscient féminin passe par la reconnaissance de sa vulnérabilité et de sa peccabilité, de ses besoins d’affection et de dépendance, soit de complémentarité.  Ce processus de mutation comporte sa large part de souffrance, car il se fonde sur l’ouverture, le dévoilement, la transparence, à la disponibilité et la réceptivité au monde de l’autre.  Cela ne va pas de soi, impliquant des concessions, des ajustements, des acceptations, des adaptations, alors qu’on s’est coupé et muré dans sa supériorité présumée.  Il faut reconnaître que la différence n’a rien d’inquiétant, ne pouvant que nourrir et enrichir, hors de toute idée de concurrence et de contrôle.  Il faut apprendre à se connaître et à se reconnaître de part et d’autre, co-naître l’un à l’autre.  Il faut accepter de perdre ce qui n’au aucune valeur en soi : les éléments de stérile séparativité.

Peu importe le sexe, c’est en acceptant sa part de féminité, de part et d’autre, qu’on pourra renouer le lien avec la vie et faire confiance au processus constant du changement, du renouveau, même de la renaissance.  On y gagnera aussi en aptitude à lâcher prise pour accepter de laisser aller ses besoins fictifs de contrôle et de perfection pour s’ouvrir à la plénitude de la vie, dégagé de tout conflit et de toute concurrence, acceptant enfin de vivre, pas seulement de s’opposer et de survivre.  Qu’on ne s’y trompe pas, la réalisation du pouvoir intérieur passe par la reconnaissance et l’acceptation de ses forces et de ses faiblesses, de ses grandeurs et de ses bassesses.   Alors, on mâte de façon responsable son tyran et sa victime intérieurs.  Et c’est dans la fusion créatrice du masculin et du féminin en soi qu’on rend possible cette transformation, réalisant la nécessité des deux pôles pour vivre pleinement.  C’est dans ce processus qu’on se guérit et qu’on répare ses relations.

Pour tout dire, les grandes transitions se vivent toujours dans une énergie de polarité féminine.  L’éclatement des structures périmées, des anciens modèles, des schèmes vétustes, des valeurs surannées, provoquent toujours un vide.  Le vide invite à se faire coupe, donc réceptif et accueillant, malgré les insécurités passagères qu’il entraîne.  Mais ils permettent, dans la perte de contrôle et l’impuissance, de s’ouvrir l’un à l’autre pour inventer de nouvelles sécurités qui permettront aux nouvelles énergies de se libérer et de féconder les esprits.  Ils permettent de descendre vers les profondeurs de l’Être pour approfondir dès les racinerelations-humaines-2s de la dualité dans l’Unité indissoluble.  Aussi cette période de mutation invite-t-elle plus à la méditation pour saisir plus intuitivement les correctifs à apporter qu’aux improvisations et aux réaménagements même de bonne volonté.

Nul ne peut demander à l’Univers d’harmoniser une relation contre le gré de l’un des deux partenaires.  Ainsi, au lieu de demander d’être aimé par une personne en particulier, on doit se préparer à rencontrer une personne qui exprimera de l’amour comme on le souhaite.  Il faut demander dans un esprit d’ouverture et de détachement, abandonnant le passé et s’ouvrant à l’avenir.  Si on encombre sa vie d’une relation désagréable depuis longtemps, investissant temps et énergie à harmoniser une relation qui ne satisfait pas, on ne fait aucune place pour vivre une relation épanouissante avec quelqu’un d’autre.  On cultive une illusion de sa personnalité plutôt que la vérité de son âme, en s’attachant à la forme plutôt qu’à l’essence de la réalité.  On complique la tâche de l’Univers en lui demandant une chose impossible, en lui demandant un miracle, en exigent un tour de magie, dans le bri d’une liberté ou dans une demande trop spécifique.  L’Univers répond aux besoins de l’âme avant ceux de la personnalité, à moins qu’ils concordent.

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