L’IMPOSITION DE PRIVATIONS PRÉSUMÉES MÉRITOIRES

 

Dans la période pascale où la religion chrétienne fait l’apologie des souffrances de Jésus et de son sacrifice sur la croix, supposément pour le rachat de l’humanité, l’abord du sujet du sacrifice volontaire devient des plus pertinents.  Trop de chercheurs considèrent la souffrance comme naturelle ou ils la subissent à défaut d’en connaître le message profond.

Certaines religions propagent encore la notion de la nécessité de s’imposer des privations comme moyen de rétribuer pour ses fautes et d’assurer son salut.  Ainsi, on fait l’éloge du sacrifice, du jeûne, même de certaines formes d’ascétisme.  À preuve, l’épisode du Carême annuel, chez les Catholiques et les Orthodoxes, et du Ramadan, chez les Musulmans.  Une fois detéléchargement plus, ces enseignements exotériques ne semblent pas avoir compris qu’un principe spirituel ne doit pas être pris et appliqué au pied de la lettre, mais compris dans l’Esprit.

En lui-même, le sacrifice ne peut qu’évoquer la responsabilité d’un être conscient de renoncer à ce qui l’écarte du Sentier spirituel, ce qui fait obstacle à sa progression dans la Lumière, ce qui l’amène à se dévoyer, à louvoyer, à tourner en rond ou à prendre la Voie à contre-sens, ce qui entretient les illusions, représente un investissement vain d’énergie, constitue une perte de temps.  Pour le reste, c’est la règle du Juste Milieu qui s’applique, à savoir qu’il est permis d’expérimenter un peu de tout sans excès ni abus.  Pour connaître tous les aspects de son être, autant dans le physique, le psychique que dans le spirituel, un être évolutif aurait tort de se priver des bonnes choses de la vie ou de ce qui fait la joie de vivre.

Par un atavisme tenace, la plupart des êtres humains ont une compréhension étriquée et erratique de la souffrance, de sorte que, même hors des religions, nombre d’êtres incarnés croient que l’évolution sur Terre ne peut qu’impliquer une part de difficultés, avec la souffrance qui en résulte.  Or, par la loi d’Attraction, chacun attire ce qu’il croit, qui devient son destin, ce qui ne peut qu’être renforcé par la conscience collective.  De ce fait, il n’est pas étonnant que la souffrance soit aussi répandue dans le monde et que, une fois qu’on y a réglé un problème, il en surgit un autre, souvent plus difficile à résoudre.  À une époque, le mal incurable à redouter s’appelait la tuberculose, qui a été remplacé par le cancer, puis par le sida et, maintenant dépassé les empoisonnements alimentaires (bactérie Escherichia coli ou E. coli) et les maladies virales (dans l’ordre, grippe aviaire, grippe porcine et encéphalopathie spongiforme bovine ou «maladie de la vache folle», déjà remplacée par les infections virales dites «difficiles», notamment le H1N1, dont la souche ne cesse de se transformer ou de muer.

Cette succession de maux ne fait qu’appesantir la croyance que, sur Terre, nul être vivant ne peut échapper à une certaine fatalité.  Ainsi, la majorité auraient du mal accepteraient mal de se faire dire que, chez l’être humain, la maladie provient d’une incompréhension de sa réalité, d’une répercussion karmique ou d’une incurie prolongée, de sorte que, celui qui a dépassé un certain taux vibratoire s’assure que la maladie ne puisse coller à lui du fait que, au niveau de la Cause suprême, la Lumière ne détient pas d’adversaire, l’Ombre n’étant qu’un affaiblissement de la Lumière, le résultat de la densification temporaire de la Réalité en apparences ou en illusions.  C’est dire que la douleur, comme la souffrance, naît du fait que, par l’activité de son intellect, un être en vient arbitrairement à se croire séparé de sa Source originelle et que, dans l’obscuration qui résulte de la densification et la dualisation de l’Essence spirituelle, par ignorance, soit par oubli de sa Puissance propre et de la Route du Retour à son Point d’origine, il ne cesse de s’extérioriser, accentuant toujours davantage son individualité apparente et renforçant tout autant son ego ou personnalité.

En termes simples, la douleur, comme la souffrance, surgit de l’égoïsme et de l’ignorance qui mènent à présumément se tirer de l’Unité cosmique, à s’écarter de la Cause première et unique, dans une projection de plus en plus forte de sa conscience vers l’extérieur, le monde des apparences et des reflets, et dans une apparente individualisation de plus en plus évidente.  En cela, l’une des principales causes du mal apparent réside dans l’attachement à l’Illusion ou à Maya, aux valeurs éphémères ou périssables, qui renforce la résistance à la vie qui, dégénérant dans utéléchargement (1)ne lutte constante pour la survie, la satisfaction des sens et l’obtention du bien-être, densifie de plus en plus un être, réduit en lui le courant de vie ou la circulation des énergies cosmiques.  Mené par ses pulsions de survie, un être ne vit plus, il vivote, pris dans des dilemmes du quotidien qui, dans leur part non résolue, alourdissent son fardeau, le faisant incliner vers la décrépitude et la mort.

En eux-mêmes, la douleur, comme la souffrance, ne sont rien d’autre que l’aiguillon qui, dans l’immédiat, signale une errance dans l’Illusion, un écartement de la Voie évolutive, qui empêche de progresser vers le sommet de la Maîtrise spirituelle.  Ils attirent l’attention sur la nécessité de s’ajuster à une cause plutôt que de tenter de contrer les effets.  Mais comment le comprendre dans un monde où les religions valorisent la souffrance et où la médecine, qui devrait chercher les moyens de guérison, ce qui ne peut se faire que dans une prise en charge globale d’un patient, ne fait que traiter et soigner, ne s’occupant à peu près que de faire disparaître les symptômes.  La correction d’un symptôme n’amène qu’à déplacer le mal et à retarder une échéance fatale puisque ce qui n’est pas harmonisé au niveau de la cause ne peut que laisser présager une récidive, probablement plus radicale.

Le seul moyen d’éliminer la douleur et la souffrance, c’est d’ouvrir sa conscience par l’application de l’Amour pur, une notion qu’il faut comprendre pour éviter de la confondre avec l’affection, la possessivité, l’ingérence.  Par la puissance de son Amour vrai, qui implique l’authenticité, la sincérité, l’intégrité et la responsabilité, un être aide à transformer tout ce qui ne doit plus être en une énergie lumineuse qui augmente son taux vibratoire, le seul moyen d’échapper aux contingences restrictives, et de s’accomplir dans la Lumière divine.  Ce Savoir implique la nécessité de pourvoir au nécessaire, mais sans oublier d’aller d’abord à l’essentiel, par une exploration intérieure, où réside tout Pouvoir, en renonçant de plus aux aspects factices et confondants, mais si séduisants, du monde.

Toute quête de vitalité, fondement de l’Immortalité, commence par l’acceptation de son unicité qui ne peut amener un être qu’à s’accepter dans sa spécificité, qui le rend irremplaçable, à s’aimer inconditionnellement, à s’accorder la première place, sans récuser la nécessité de collaborer au bien commun, et à rejeter les modèles imposés par l’extérieur, s’ils ne correspondent pas aux intuitions de son cœur et aux inspirations de l’Esprit en soi.  Cela implique qu’un être s’impose d’assumer sa liberté et d’aller à contre-courant de la multitude, même s’il devait se retrouver seul, si celle-ci, régie par la mentalité grégaire, qui maintient dans la médiocrité, en nivelant vers le bas, par son consensus tacite d’adopter le dénominateur commun, choisit de tourner en rond au pied de la Montagne sacrée, par manque d’aspiration.

En cela, chaque expérience du quotidien, qui doit devenir la priorité, révèle à un être ce qui doit être transmuté ou élevé en lui afin de lui permettre de rejoindre son Centre intime et de fusionner avec lui.  Un être qui vibre constamment de la fréquence de l’Amour vrai ne peut régresser, se flétrir, il ne peut que devenir plus subtil, délicat et raffinimagesé, s’approchant de l’Immortalité dans l’Éternité.  Dans ce contexte, la douleur, comme la souffrance, donnent le signal d’une incohérence qui, si elle n’est pas corrigée, peut désorienter, soit mener dans la direction opposée à celle qui est cherchée : le Retour à l’Unité.

Sans nier les avantages d’un jeûne bien mené, il faut affirmer que nul ne gagne à faire l’apologie de la douleur et la souffrance, qui n’est pas inhérente au destin humain.  Dans son ignorance de la Réalité, l’être incarné en vient à douter de l’existence de Dieu ou de sa Providence lorsque tout tourne mal pour lui ou autour de lui, lorsqu’il devient le témoin d’aberrations et d’abominations dont il se croit lui-même incapable.  Alors, il se demande pourquoi Dieu n’intervient pas pour punir les méchants et récompenser les bons, ce qui peut l’amener à incliner vers l’agnosticisme ou l’athéisme.  C’est oublier que, à l’Origine, l’Homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, une Gloire qu’il n’a jamais perdue, mais qu’il en est venu à oublier, dans son obnubilation progressive, après son choix contestable, nullement nécessaire, au sens qu’il n’était pas compris dans sa mission, d’explorer le monde matériel, ce qui l’a privé des joies du Paradis, du souvenir de son Essence originelle et de son Pouvoir infini.

Ainsi, c’est l’Homme qui a déterminé son destin, le compliquant par l’ajout de circonstances difficiles à transmuter, ce dont son Créateur n’est nullement responsable.  Ne sait-il pas que ce qu’il lie sur Terre, il le lie dans le Ciel?  Pour cette raison, ce qu’il a déséquilibré, c’est lui-même qui doit le rétablir dans l’Ordre originel, ne cherchant jamais de salut ailleurs qu’à l’intérieur de lui-même

Autrement dit, dans son apparente descente, que certains ont confondu avec une «chute», menant à la percevoir comme une déchéance, l’Homme ne devait pas descendre plus bas que le plan éthérique, un plan relativement subtil qui ne tamise et ne déforme pas la Lumière spirituelle au point d’oublier ses facultés originelles.  C’est le premier plan où tout transité en provenance du plan de la densité aboutit, où il retrouve le degré de conscience qu’il a acquis sur le Sentier du Retour à la Maison du Père-Mère et où il se ressent si bien et si léger, soudainement délivré de son corps physique.

La douleur, comme la souffrance, ne participe pas d’une punition divine comme sanction d’une faute grave, elles ne représentent, par incompréhension fondamentale, qu’une mauvaise habitude de l’apprentissage terrestre.  Elles représentent le signe immédiat d’une fermeture intime, qui réduit l’énergie vitale, le résultat d’un affaiblissement de la conscience, source de l’ignorance.  Elles donnent le signal qu’un être incarné transgresse un principe cosmique ou qu’il viole une loi naturelle.  Symboliquement, l’endroit où elles s’expriment en dit long sur la cause qui les provoque.  Sachant que tout est possible à un être omnipotent, que tout se redresse, se répare et se guérit, personne n’a intérêt à se priver de l’intégrité physique, de l’équilibre psychique et de la Lumière spirituelle.  Sauf que, par ses croyances erronées, il ne peut faire leur apologie sans en subir les conséquences morbides.

La douleur et la souffrance peuvent souvent servir de moyen de défense contre la culpabilité ou l’infériorité.  Bien des êtres se punissent délibérément de façon masochiste.  On le comprend par le recours aux larmes par lequel certains êtres inconscients se servent pour implorer la pitié et la clémence parce qu’ils se sentent apathiques, fragileCakes and bound hands isolated on white backgrounds et vulnérables, donc qu’ils ne veulent pas assumer leurs responsabilités, les conséquences de leurs choix conscients ou inconscients.  Si un être confronte la douleur des autres, il ne gagne rien à s’en réjouir, mais il lui faut révérer la Sagesse suprême qui l’y a installée pour signaler une erreur de parcours.

La souffrance, la sienne comme celle des autres, résulte d’une compréhension imparfaite, d’une opposition à la conscience, du dévoiement des sens.  Si un être sait en trouver la cause en lui, il y trouvera une grande occasion ou un grand moyen d’avancement, il découvrira l’un des nombreux et merveilleux secrets qu’il porte, une faculté latente à activer.  S’il ne le fait pas, la Sagesse supérieure lui fournira d’autres raisons de se mettre à la tâche de comprendre sa nature et d’éviter l’égarement.

La Gloire de Jésus ne réside pas dans l’épisode malheureux de sa passion, mais dans le phénomène étonnant de sa résurrection.  Ce destin humain ne faisait pas partie de sa mission originelle, qui consistait à expliquer les textes anciens et à en adapter les messages en les résumant à la loi unique de l’Amour, comme clé du Salut.  Sentant l’humanité quelque peu réceptive, il a ajouté cette expérience douloureuse pour démontrer que la Vie l’emporte toujours sur la mort, qui n’est qu’une illusion.  Et il a confirmé la validité du moyen unique de passer du trépas à la Vie éternelle : l’Amour pur, soit l’Amour constant, inconditionnel, impersonnel, sans attente et sans jugement.

Pour le reste, il n’est point besoin de souffrir pour grandir en conscience, surtout que Dieu n’a plus rien à apprendre de telles expériences terrestres!

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